LA PLATA OU RÉPUBLIQUE ARGENTIN E
pic basaltique de S36 mètres, le Vunque. A i iO kilomètres plus .1 l'ouest, Mas-a-Fuera n'a pas d'habitants. Mas-a-Tierra signifie plus près déterre; Mas-a-Fuera, plus au large.
LA PLATA, OU RÉPUBLIQUE ARaENTINE.
Par leurs grands fleuves, leurs plaines étendues, leur climat excellent, leur prospérité, le rapide apport de l'émigration européenne, les quatorze provinces de la Confédération argentine méritent le nom qu'elles ambitionnent : États-Unis de l'Amérique du Sud. États-Unis moins bien doués que ceux du Nord et ne pouvant atteindre d'aussi hautes destinées. Les provinces de la Plata sont fort en relard sur la terre des Yankees; elles sont vingt fois moins peuplée^, elles ont une aire beaucoup moins vaste, par endroits trop de soleil, et l'eau y manque dans de larges districts.
La République s'étend sur luG raillions d'hectares, trois France, si on la considère comme ne dépassant pas le Vermejo au nord, le Rio Negro de Patagonie au sud. Avec les plaines chaudes du Gran-Chaco, disputées par la Bolivie, et par le Paraguay quand le Paraguay était puissant, avec la froide l'atagonic, à laquelle prétend en vain le Chili, la surface du territoire argcntic monte à 297 millions d'hectares, plus de cinq France. Il y a 1,900,000 habitants environ dans les IbG millions d'hectares compris entre le Verincjo et le Rio Negro, et divisés actuellement en quatorze provinces.
A l'orient, la Confédération donne sur la mer et la rivière Uruguay ; à l'ouest, elle est bornée, sur plus de l',000 kilomètres, par les Andes, que l.'iO kilomètres seulement éloignent de l'océan Pacifique. Ces montagnes forment au sud une chaîne unique, vers le nord elles ont jusqu'à six renilemetils. IClles couvrent une partie de la Plata; l'autre partie, la plus ample,
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apparlienl aux plaines : dran-Cliaco, llanos, pampas, steppes palagons.
Étant si près du Grand Océan, les Andes sont trùs-loin de l'Atlantique, vers lequel s'incline toulle territoire de la Plata. Llles émergent tout à l'occident de la Confédération, immensément hautes. Parmi les cols qui en abaissent l'arête, les uns sont Irés-élevés (3,000 à 4,000 métrés) ; les autres, très-bas, ont servi et servent encore de passage à l'immigration chilienne qui a contribué à peupler les Ktals argentins de l'ouest. Le Bosquete de Porez Husales s'ouvre à 800 métrés seulement d'altitude^ et il y aurait même en un point une telle dépression de la chaîne qu'un torrent patagon irait se jeter dans la mer du Chili.
Sur les frontières chiliennes, le volcan de San-Jose se dresse à 0,000 métrés, le Tapungato à 6,178, le Cerro del Mercedario à 0,798. I/Aconcagun, qui appartient en entier ;\ la Plata, a 0,83 i métrés : c'est le roi des nevados argentins.
Sans largeur à l'horizon de Mendozaet deSan-Juan, les Andes s'épanouissent, en tirant sur le septentrion, par des contre-forts qui se prolongent dans les provinces de la Hioja. de Catamarca, de Saniiago-del-Kstero, de Tucuman, de Salla et de Jujuy. Dans les provinces de San-Luis et de Cordova, des montagnes isolées, d'une hauteur maxima de 2,100 métrés, dominent des plaines à perte de vue. Dans toutes ces sierras dorment de puiss.iules richesses métalliques; toutes jettent dans les vallées des torrents médiocres, car il tombe proportionnellement trés-peu de neige et il y a peu de glace éternelle sur ces hautes montagnes sèches, arides et uniformes. Néanmoins, dix des quatorze Ktats argentins s^ont redeviihles de leurs cultures aux seules cauv d'irrigation des Andes et des Alpes cordoviennes.
A l'occideul, la mout.igne. A l'orienl, trois énormes rivières pui gnguent la mer par lestiaire de la Plata, dont le nom s'est étendu à toute la Confédération.
L'estuaire de la IMata, entre l'Uruguay ou Bande orientale et la Bépuhliquc argentine, sert d'embouchure i\ un bassin fluvial qui est le premier du demi-continent après celui des Amazones et qui prélève à lui seul le quart de l'Amérique du
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Sud. I/esluaire platéen reçoit aux eaux basses 1 8,815 mètres cubes d'eau par seconde : plus que l'éliage de l'Amazone, plus que la moyenne du Mississipi, cl les bateaux à v.ipeur ont devant eux 4,500 kilomètres, de la bouche de l'estuaire à Villamaria, cité brésilienne qui borde une des, liois maîtresses rivières du bassin.
Le Rio de la Plata n'a pas moins de 250 kilomètres d'évaseraenl à l'entrée, et pendant 300 kilomètres, il n'a jiimais audessous de 35 à 40 kilomètres de largeur. La fécondité et la grandeur des régions dont il est l'artère le destinent à devenir l'un des emporiums du commerce du monde. 11 reçoit le Parana, renforcé du Paraguay, et l'Uruguay.
En langue guaranie, Parana veut dire la rivière, rivière par excellence. Ce cours d'eau est, en ell'et, le véritable fleuve du bassin. En faibles eaux, il conduit par seconde à l'esluaire 14,600 mètres cubes d'ondes comparativement pures, l'Uruguay 4,215 seulement. Quant au Paraguay, ce n'est pas une rivière de première grandeur.
Le Parana est déjà puissant quimd il quitte le Brésil, son pays natal, au-dessous du « Grand-Saut » de Maracayu, chute de 17 mètres de hauteur où la largeur du fleuve se réduit soudainement de 4,200 à GO mètres. Au-dessus deCorrienles, après 3,000 kilomètres de cours, il engloutit le Paraguay, cours d'eau considérablement moindre que le Parana, malgré son développement de 2,000 kilomètres, (^ette infériorilé n'empêche pas le Paraguay de l'emporter commercialement et politiquement sur le fleuve vainqueur : le Parana, barré par sa cascade, olfre aux navires moins de navigation que le Paraguay, car celui-ci porte des bateaux à vapeur jusque dans le pays de Cuyaba, en plein Brésil.
Du confluent du Paraguay au confluent de l'Uruguay, le Parana n'a jamais moins de cinq kilomètres de largeur; il en a quinze en moyenne. Le lit véritable communique avec un filet de bras morts, de bras coulanls encore, d'îles de boues, d'Ilots où les troncs, les joncs, les alluvions se cimentent et forment un domaine amphibie que la grande crue annuelle engloutit sous six à huit mètres de flots turbides.
Le second afRucnt de l'esluaire, l'Uruguay, vient également
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du lirédl cl tombe aussi par des saltos, prùs de Concordia, dans la province d lùilre-Hios.
\iiiiTc le Parana et l'Lrugnay, la solitude a repris l'empire, et quelques hameaux, des clairières, des tronçons d'églises font seuls ressouvenir des florissantes Missions fondées par les Jésuiles. Les bons iV'res avaient compris le caractère des Indiens Guaranis, et, profitant de leur esprit de discipline, ib avaient parqué ces sauvages bien catéchisés dans des communautés parfaitement tenues, sur dos terrains habilement défrichés. Les Indiens des Missions étaient heureux ; leur race n'est pas de celles qui regrettent amèrement l'espace et la liberté. L'œuvre des Jésuites a péri, des voisins barbares ont saccagé les villages guaranis et voici les Missions vides. Mais déjà les colons européens frappent à leurs portes.
Toujours entre le Parana et ri'ruguay, les provinces d'Entre- Rios et de Corrientcs, plates ou mamelonnées, prodigieusement féconde?, sont trés-ï^aines malgré la clialeur du climat, malgré leur vaste lagune d'ibera, q;ii dirige à la fois ses déversoirs vers l'Uruguay et le Parana, et malgré beaucoup d'autres moindres expansions d'eau sans profondeur. Il s'y trouve des forêts. Ces deux provinces forment la Mrsoputamie nr<jcntiney terre de grand avenir, fort recherchée par les immigrants.
Le Gran-Chaco, les llanos de Manso et les pampas du nord se déroulent entre le pied des Andes, le Paraguay et le Parana. Les pampas du sud et les steppes patagoniens vont de la montagne ;\ l'Atlaulique : toutes ces plaines réunies, le steppe des Patagons non compris, couvrent 130 millions d'hectares.
Le Gran-Chaco, réclamé par trois Hépubliques, sera entamé plus trtt par les Argentins, incessamment renforcés d'immigrants d'i:urope,que par laHolivie, et surtout par le Paraguay dont l'existence même est menacée. Dans ses plaines présq4ic inhabitées vivent des tribus d'indios bravos, errant dans les terres noyées, dans les forêts où rôde le jaguar, dans les arènes stériles oi\ se balancent des bouquets de palmiers. Du Pilcomayo, torrent andin que boivent presque entièrement le soleil cl le sable de la plaine, du Pilcomayo au Vermejo, le Gian-Chaco prend le nom de llanos de Manso. Du Vermejo au Salado — ces deux cours d'eau par'^^gent le sort du Pil-