‹ Géographie (volume 2)Chapitre 76 sur 104 · LA PLATA, OU UEPUBLIQUE ARGENTINE · texte numérisé non relu

LA PLATA, OU UEPUBLIQUE ARGENTINE

comayo — la plate étendue se revêt de savanes, de fourrés de mimosas, de cactus. Au sud du Salado commence la mer d'herbes des pampas, parcourues par des rivières de montagne qui n'ont pas la force d'atteindre l'artùre fluviale ou la mer, le désert les absorbe en route. Jadis, plusieurs de ces rivières étaient mieux fournies; elles se réunissaient en un grand (leuve qui allait rejoindre la mer par le Rio Colorado : les marais du FJebedero (Bois-tout) signalent encore le trajet de cet antique rio.

Belles de solitude et d'immensité, les pampas, une fois cultivées, auront la laideur de la Beauce, des deux Castille, de toutes les grandes terres à blé. Les collines et les rivières leur manquent, et sont mal remplacées par de légers mouvements de sol, des fourrés d'un chardon d'importation européenne, des flaques d'eau stagnantes nommées esteros, boTiidos ou r.arrisals, des bas-fonds salins, des lits secs et sans autre ombrage que la feuille rare d'arbrisseaux chétifs et la touffe des plantes épineuses. Les pampas, qui sont un vrai sahara sur le bord du massif cordovien, s'améliorent au sud, vers les parages de Buenos-Ayrcs, et s'y transforment en herbages interminables où le voyageur déplace à satiété le centre du même horizon. De loin en loin des eslancias, chclteau et ferme, étable, écurie et haras, logent les troupeaux de bœufs, de chevaux, de moutons, qui sont la richesse de la République, et leurs pasteurs hispano-indiens, les Gauchos^ premiers cavaliers du monde, il y a 05 millions de moutons dans la Plata.

Au midi du Rio Negro, frontière do la Patnijouie^ le froid gagne et peu à peu, à mesure qu'on tire vers la pointe de l'Amérique, les steppes deviennent terre glacée ; parmi leurs 50 à 60,000 habitants indiens, quelques tribus l'emportent pour la taille de l'homme et de la femme sur les peuples les mieux avantagés du globe. Les géants sont communs chez elles, les hommes petits très-rares, et des liabits de peaux tombant jusqu'au pied comme des robes, exhaussent encore en apparence la stature de celte race puissante au visage brun rougeâtre. Ces Indiens ne méritent pas leur nom espagnol de Palagons (Grands-Pieds), car ils ont, au contraire, de jolis l'ieds et de jolicii mains. Les plus grands elles mieux charpoiili's des Pa-

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lagons sont les Téhuekhes; les Péluenclies parlent Araucan.

Au détroit de Magellan, à l'entrée duquel il y a des marées ùc \'6 à 20 mètres de hauteur, le conlincnt finit. De l'autre côté du détroit, jusqu'à la mer du cap llorn, la Terre de Feu, île dont quelques montagnes à neige éternelle dépassent 2,000 mMres, fait nominalement partie du territoire Argentin, comme la Patagonie. Les habitants de ses rives sévères sont des Indiens de stature exiguë, misérables et portés à l'anthropophagie.

En vertu de sa situation sous les zones trés-froidc, froide, tempérée, chaude et très-chaude, la Confédération argentine peut tout obtenir de ses terres, des plantes du haut Nord aux arbres favoris du Tropique. L'I^urope le sait, et ses colons s'y jettent maintenant en masse. D'abord insignifiant, puis mesquin, le mouvement a tellement grandi dans ces dernières années que les arrivants se comptent maintenant par près de cinquante mille chaque année. De la sorte se peuple très-vite un pnys où, d'ailleurs, le nombre des habitants doublerait tous les Aingt-cinq ans sans aucune accession étrangère. 1/immigration aidant, le doublement se fait en quinze ans.

De 1857 à 1870, Buenos-Ayres a reçu 200,000 immigrants: 6,000seulcment en 1800, 38,000 en I8(î9. 1.e nombre deshommes las de l'F.urope qui viennent chercher un asile à la Plata a donc presque septuplé en dix années. Ces Argentins de l'avenir sont einuyés par les ports de Bordeaux, de Bayonne, du Havre, de Marrcille, de l.ivorpool, de fiénes, de Carril, de Vigo, de Barcehine. ^Juelques milliers se fixent dans Id B.'publique de Montevideo, l'immense majorité dans la Confédt ration. Le plus grand ban des immigrants arrive de l'Ildlie, tant du littoral génois et de la l.ombardie que des provinces du Sud; les plus nombreux ensuite sont les Français (Basques, Béarnais, Gascons, languedocien?, Savoisiens, Suisses), puis viennent les Espagnols de l.mgue caslillanne, catalane, g ilicienne ou basque, puis les Aiif^'ais et les Irlandais, fait des jibis étranges pour (jiii sait cnmbien lAiiglais répugne à planter sa tente dans tout pays où sa lan^jne n'a pas la royauté. Les Allemands d'Allemagne ou de Suisse commencent aussi à arriver en grand nombre, les Américains du Nord égalemeul. {}ac le mouvc-

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