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GRÈCE

supérieur, devant des masses rocheuses, et s'échappent aussi par des katavothra. Quant au Stympbale, on suppose que son katavothron abreuve Tadmirable source de l'Érasinos, petit fleuve qui sort d'une grotte fort éloignée du lac et va tomber presque aussitôt dans le golfe d'Argos. Un fleuve beaucoup plus petit, le Styx ou Gocyte, coule au nord vers le golfe de Corinthe, sous le nom moderne " de Mavro-Nero, l'Eau Noire ou Drako-Nero, TEau du Dragon. Sa source dans les neiges, sa cascade de 60 métrés en deux écharpes d'eaux brillantes, sa brusquerie, ses gorges en font un ruisseau bien digne d'une visite ; mais il y avait en Grèce des torrents plus sinistres, mieux faits pour devenir, dans les mensonges des poètes, la rivière lourde, obscure, sans reflet, fangeuse, que traversait la barque de Garon. Aussi est-ce chez les Latins et non chez les Grecs que le Styx passa d'abord pour un fleuve des Enfers avares.

La Morée comprend cinq nomarchies :

L'Achaïe et l'Elide,. au nord-ouest, sur le golfe de Gorinthe, sur le golfe de Patras et la mer qui baise les plages de Zante : ce département possède la montagne Erymanthe (2 2*24 mètres), le fleuve Gastouni, ancien Feneios, et le port commerçant de Patras.

La Messénie, au sud-ouest, région de montagnes hachées, sans vraie rivière, sans ville qui soit plus qu'une simple bourgade.

La Laconie, au sud : c'est le pays des plus hautes montagnes péloponésiennes, car là monte la chaîne du Taygète qui domine le vallon de Sparte, parcouru par le vieil Eurotas. L'Eurotas, aujourd'hui nommé Yasilo, est la seule rivière de quelque abondance dans ce pays à jamais immortalisé par sa petite capitale : il tombe dans le beau golfe de Laconie, formé par l'avancement en mer de deux longues montagnes fort élevées qui ressemblent à deux pinces de crustacé grand ouvertes ; de ces pinces, celle d'occident, se termine au cap Matapan, celle d'orient au cap Malée, qui est voisin de la Gythére antique.

L'Argolide et la Corinthie, au nord-est, rattachent la Hellade au Péloponèse, et donnent sur trois golfes : celui de Corinthe, celui d'Égine ou golfe Saronique, renfermant les lies d'Égine et de Salamine, qui furent jadis fameuses comme toute île, toute montagne, toute rivière, toute plage voisine d'Athènes, enfin celui d'Argos ou de Nauplie. Celui-ci tient son premier nom d'une des plus anciennes résidences de la Grèce, de la ville d'Agamemnon, le roi des rois, et son second nom d'un port moderne visité par quelques navires.

L'Arcadie ne borde la mer que sur le golfe d'Argos. Partout ailleurs, elle est terre continentale, si l'on peut appliquer à un pays aussi petit, aussi insulaire que le Péloponèse un terme ayant pour âme le mot continent auquel nous attachons malgré nous l'idée de grandeur, d'étendue, de proportions massives. C'est le « Plateau Central » de la péninsule, et le berceau de son principal fleuve, l'Alphée ou Rouphia, qui roulerait en moyenne 40 mètres cubes d'eau par seconde.

Iles. — Les îles — près d'un million d'hectares et de 450 000 habitants — sortent des flots d'une mer superbement azurée. Ce sont l'Eubée, les Sporades, les Cyclades, enfin les îles Ioniennes, qui ajoutent un cinquième à la population du royaume.

L'Ettbéc, ou Négrepont (408 000 hectares ; 85 000 habitants), terre montagneuse, très-fertile, suffisamment arrosée, s'allonge sur 175 kilomètres, avec seulement 8 à 40 de largeur. Ses monts trop nus dépassent souvent mille mètres, quelques-uns atteignent quinze cents; le Delphi en a 1 745. L'Eubée est séparée de la Hellade par un canal d'eaux bleues moins large à Chalcis que la Seine entre les quais de Paris. Devant cette capitale de l'île, qui se nomme également Négrepont, ti'ois arches suffisent au pont de cinquante mètres qui mène en Béotie, c'est-à-dire sur le continent. S'il n'y avai ue ce jet de

pierre entre la France et la Grande-Bretagne, Thistoire du monde eût été bien différente.

Les Sporades, dont Tantique nom grec signifie les DisperséeSj sont de petites îles.

Les Cyeiades reçurent ce nom grec de ce qu'elles étaient rangées en cercle autour de Délos. Ces îles calcaires ou volcaniques brûlées, sans eau, ont des habitants plus ou moins mêlés de sang italien ou de sang turc.

i«dros(28 000hab.), longue de "55 kilomètres, continue TEubée par de là le détroit de Doro ; ses montagnes approchent de mille métrés. — Tino, île riante qui a 20,000 âmes, continue Andros. — Syra ou Syros n a pas plus de 10 000 hectares, mais elle tient le premier rang parmi toutes ces îles pour le commerce, la richesse et le nombre d'hommes qui dépasse 50000. — Délos, l'île célèbre d'Apollon, se nomme aujourd'hui Sdili : c'est à peine un îlot, et même l'un des plus petits de toutes les Gyclades. — ISaxoSy la plus grande, la mieux arrosée, la plus féconde et la plus jolie des Gyclades, a 12 000 habitants sur près de 50 000 hectares, et des monts qui portent leur cime à mille mètres. Gette île est encore pleine des monuments et des souvenirs du temps où elle apparte • nait aux Yénitiens; le sang italien est à l'origine des meilleures familles naxiennés. — Paros (6 000 hab.) a toujours ses marbres, Antiparos sa grotte à stalactites, plus vantée que de raison. — Dans la fameuse Santorln (15000 hab.), rocher couvert de vignes sans la moindre source vive, le mont Sainl-Élie se dresse à 800 mètres; cette île enferme, entre des falaises qui montent jusqu'à la hauteur de 400 mètres, un golfe très-profond bordé en parlie, du côté libre, par l'île volcanique escarpée de Tliérasia ; c'est de ce golfe que s'élèvent Palœo-Kaïmeni, volcan soulevé 196 ans avant notre ère, Mikro-Kaïmeni, émergé vers 1570, et Néo-Kaïmeni, qui monta des flots au commencement du xvin* siècle. — Milo, volcanique aussi, abrite la baie de Kastron, très-vaste et très-bon mouil» lage.

Les sept Iles ioniennes sèment les côtes de l'Ëpire, delà Hellade et du Péloponèse. Vastes de 260 000 hectares, avec pliis de 250 000 habitants, elles appartenaient à l'Angleterre qui les a cédées à la Grèce. Leurs montagnes calcaires, dépouillées, pauvres en fontaines — ce qui est le propre des îles grecques — donnent beaucoup de vin et d'huile. Tous les Ioniens parlent le grec, mais un grand nombre d'entre eux connaissent l'italien, l'archipel ayant longtemps appartenu à Venise et ayant été fréquenté à toutes les époques par les marins d'Italie. Aussi, dans les Sept lies, la race hellénique, plus pure de sang slave, albanais et turc que dans la plupart des lieux continentaux de la Grèce, est fortement mêlée de principes italiens, et, pour ne dire qu'une différence entre les Ioniens et les autres Grecs, les gens de la Hellade, de la Morée et des îles de l'Archipel n'ont aucunement le génie de la musique, tandis que les nourrissons des Sept lies sont musiciens dans l'âme.

L'île septentrionale, la charmante Corfon, jadis Corcyre, plus voisine de l'Italie que ses autres sœurs, contemple de près les « monts visités par la foudre, » les Acrocérauniens des anciens Grecs, chaîne albanaise haute de 1500 à 1900 mètres. Elle doit sa prépondé^ rance à son étendue, à ses 70000 habitants, à sa ville nommée Corfou comme elle. — Un peu au sud, Pax« regarde, ainsi que Corfou, la montagne de l'Épire ; c'est la moindre des Sept lies : elle n'a qu'un demi-millier d'hommes. — Toujours en tirant vers le midi, Sainte- Maure tiendrait à l'Acarnanie sans un chenal étroit , nullement profond, qui se traverse à gué en marée basse ; ce fut môme autrefois une presqu'île. Quand elle s'appelait Leucade, un de ses promontoires était célèbre dans le monde hellénique par les nombreux amants, vrais ou légendaires, qui de son sommet sautèrent dans l'abîme pour en finir avec l'amour malheureux. — c^éphaionie dispute le premier rang à Corfou pour l'aire, la population, et pour la bonté de son port, Argostoli ; ce

eéOQ. REi-xus, — i, 2^

qui lui manque le plus c'est l'eau, fontaine ou rivière. Sa montagne, le Nero, l'antique Elatos (1 620 mètres), l'emporte en hauteur sur toutes les autres cimes des îles Ioniennes — L'annexe de Céphalonie, Théaki, dont le port est magnifique, porta le nom d'Ithaque : à peine a-t-elle 12 000 habitants, sur un territoire presque cinq fois plus petit que Céphalonie, et cependant elle peut compter sur une célébrité sans fin pour avoir été le patiimoine du « pasteur des peuples, » Odusseus ou Ulysse, le Grec des Grecs. Odusseus ne fut jamais en défaut; il était brave, brillant, beau diseur, mais sa « divine » sagesse touchait de près à la fourberie. De son temps, dans « l'âpre » Ithaque, aussi nommée par lui la « riante, » le mont Nérite, « au feuillage toujours agité parles vents, ï> et les collines moins hautes que cet Olympe de 800 mètres portaient des forêts connues dans toutes leurs retraites par le troupeau du « divin porcher ; » mais si petites fussent-elles à cause de l'exiguïté même de l'île, ces forêts faisaient aux vallons où le vieil Eumée conduisait ses bêtes un ombrage qui n'existe plus. Depuis l'industrieux héros, Ithaque a perdu ses beis, comme Cythère ses bosquets voluptueux, comme Zacynthe ses agréables vergers. — Zante ou Zacynthe, malheureusement sujette aux tremblements de terre, est charmante et fertile, et les Vénitiens l'avaient surnommée la Fleur du Levant. Avec Céphalonie, c'est une des patries du raisin de Corinthe. — Cérigo, très-éloignée de toutes ses sœurs, et même plus rapprochée des Cyclades que des autres îles Ioniennes, regarde la péninsule du cap Malée. Elle lutte donc contre les mêmes flots que ceux qui se heuilent aux caps de la Morée méridionale. C'est une terre nue, où rien, sinon le ciel bleu et la mer bleue, ne rappelle les jardins de Cythère, et cependant Cérigo fut Tîle de Vénus.

Les Gr«cs. Sont-Ils Grecs on Slawes? Le Ifa^e* -^

Les Grecs d'aujourd'hui ne valent pas les hommes qui

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