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III. Région du sud

La péninsule espagnole séparée de la France par les Pyrénées qui la rattachent au continent , et baignée à TE. et au S.-E. par la Méditerranée, à l'O. et au S.-O. par X Océan Atlantique, 8e partageait entre le Portugal et l'Espagne.

Le Portugal occupait toute une partie des côtes Portugai occidentales et méridionales de la péninsule, du Minho à la Guadiana. Toujours allié de l'Angleterre , parceque l'Angleterre était ennemie de l'Espagne, allié jusqu'au servage, il n'avait pu trouver pourtant au milieu des révolutions et des guerres de ce siècle , une seule occasion de reculer son ancienne frontière : c'était toujours le Mnho au N. et une ligne qui , tirée de Melgaço, enveloppait Bragance, et rejoignait le Dùero au-dessus de Mtranda , puis le Duero jusqu'à l'embouchure de YAgueda (1), et une ligne qui suivant et

quoique soumis au roi dé Prusse. Trois cantons, Berne, Lucerne et Zurich sont tour à tour chargés de la direction fédérale; parmi les autres, plusieurs sont partagés quaat à l'administration intérieure, et le caractère de cette administration varie selon les cantons.

(1) A partir du Duero, la frontière remontait le cours de son affluent, YAgueda, suivait un des chaînons de la Sierra de Gâta, pour redescendre ensuite l'Herjat, un des affluents du Tage, qu'elle atteignait avec lui près d'Alcantara (Espagne) ; elle le suivait alors jusqu'à l'embouchure d'un petit affluent, le Sever (près de Montalvao), qu'elle remontait encore pour redescendre ensuite un affluent de la Guadiana, la Chevora; elle Géog.Pol. 16.

coupant tour à tour les. rives de grands fleuves rejoignait la Guadiana au confluent de la Chanza pour atteindre avec elle l'Océan.

Il comprenait six grandes provinces : Entre-Duero-et-Minho, au N.-0., (c. Braga); Tras-o»~ Montes au N.-E., (c. Braganoe); et du N. au S. : Beira(c. liam ego), YEstramadure (c. Lisbonne, capitale de tout le pays) , YAlentéjo (c* Evora) etlesJlgorves (c. Tavira) (1) .

Ce petit pays, jadis si puissant par sa marine, avait pente depuis sa réunion passagère à l'Espagne .presque toutes-ces riches colonies des Indes-Orientales dont il avait ouvert la route aux temps modernes. IT n'y retenait que l'île de Goa, Diu et quelques lieux voisins; la ville de Macav sur la rivière de Canton au S. delà Chine et une partie des Fîle de Timor. Mais il conservait ses établissements sun les deux rivages de l'Afrique: la capitainerie générale de Mozambique à l'E., et la capitainerie générale <X Angola et du Congo à 10. ; de plus, les îles de ce rivage au N. de l'équateur : celles

coupait la Guadiana entre Eivas etBadajos,, environnait OHvença en côtoyant la rivière de ce nom : (Olivenç* et son territoire ont été cédés à l'Espagne parle traité de Badajoz (t801), de sorte que la* frontière suit aujourd'hui les rives-de lia Guadiana jusque vers Mourao) ; elle rejoignait* encore h Guadiana, puis fa quittait pour revenir à elle* en suivant le cours dPun autre de ses affluents, la Chanza, qui sépare YAlentéjo de l'Andalousie. (Carte de Jaillot (1716), de Rtzzi Zanwont et de-BuACH»; ce son! * presque exactement les limites d'aujourd'hui : voyez là carte de ttnUÉ).

(1) C'est aujourd'hui Lagos.— - Chacune- de-ces grandes pro*vinecs se partagéoit en plusieurs corrégiiUries. Nous renvoyons pour le détail' à BuscïmrG, t. Hï, P. 2, ps, 522 ? sqq.

de Saint-Thomas et du Prince , les île» du Cap-Vert, Madère et plus à VO. les Âçores; — enfin, en Amérique, le Brésil t ce vaste empire où se réfugia la nationalité portugaise, pendant les guerres de la révolution.

L'Espagne comprenait tout le resle de la péninsule Espagne. moins la république $ Andorre au N.-E. (1), et au S. Gibraltar : tous les efforts qu'elle avait tentés dans le cours de la guerre d'Amérique n'avait pu l'arracher aux Anglais, qui le tiennent encore. Pour ne prendre aussi que les grandes divisions de cette contrée, nous nous bornerons à citer : de l'O. à TE. le royaume de Galice comprenant la province de ce nom avec La Corogne pour capitale : St-Jacques de Compostelle, ville d'une importance différente est devenue capitale aujourd'hui ; le royaume de Léon avec le» provinces de Léon (Léon) et celles* des Asturies (Oviedo); les province* Basqws fières dé leurs anciens fueros : Biscaye (Bilbao), Guipuscoa et Alava; le royaume de Navarre (Pampelune); le royaume d y Aragon qui réunissait Y Aragon (Saragosse), la Catalogne (Barcelone) et Valence, au S. des deux précédentes ; le royaume de Castille àl'CL de 1* Aragon, savoir :1a Vieille-Castille (Butgos) qui atteignait à la mer entre les Asturies et le& provinces Basques et la Nouvelle-Cas tille (Madrid) ; le royaume de Murcie, à l'E, et la province d'Estramadure (Badajoz) à 1*0. de la Nouvelle-Castille ; et au S.

(1 ) Placée sous la protection «lu roi d#FnÀWCE et de Tévêque d'U&Gsi» Sa position exceptionnelle s'est maintenue, au milieu des révolutions des deux pays dont eUe relève : une contestation â. ce sujet s'est élevée en 18U.

des trois pays précédents, l'Andalousie (Séville, Cordoue, Jaen et Grenade) (1).

L'Espagne possédait encore les îles Baléares : Majorque, Minorque , reprise aui Anglais en 1782 et qui lui fui conservée au traité de Versailles (1783) (2), Iviça et la petite île de Formentara ; pour l'Italie, elle n'avait pu qu'y placer, sur différents trônes, des princes de la maison royale.

(1) Dans la Galice, et dans les provinces basques, point d'autres divisions principales. Dans le royaume de Léon, les provinces de Léon, de Palencia, de Valladolid, de Toro> de Zamora et de Salamanque. Dans la Navarre, cinq grands districts : de Pampelune, &E$tella y de Tudcla, d'Otite et de Sanguessa. L'Aragon «tait divisé en treize cerrcgimenlos; la Catalogne en quinze vigucries; la province de Valence en treize goeernios. Dans la Vieille- Castille, les provinces de Burgos au N., de Soria à i'E., de Ségovie au S., et d Avila au S.-O. Dans la Nouvelle Castille, les provinces de Madrid au N., de Guadalaxara au N.-E, de Cuença a LE., de Tolède à 10., et de la Manche au S. Dans le royaume de MurCie, six petits districts. Dans FEstramadure, qui conservait toujours son capitaine-général particulier, les 'districts de Plasentia, à'Alcantara, de Truxillo, de Caceres> de Badajo$ t de Meriday de la Serena (ces trois derniers chefs-lieux, le long de la Guadiana) et tfEllerena au S. Dans 1' Andalousie (Vandalazia), le royaume de Séville (territoire de Séville, de San-Lucar, de Xérès, de Cadix, etc., et campagne de Gibraltar) ; les royaumes de Cordoue et de Jaen. Dans le royaume de Grenade en particulier, dix-sept villes, Grenade, Wadix y etc.

(2) Les Anglais reconquirent en 1798 cette île importante, qu'ils rendirent au traité d'Amiens, et depuis l'Espagne Fa gardée.

L'Espagne conservait encore hors de l'Europe la plus vaste domination coloniale.

En Afbique elle occupait Ceuta y Oran (1), etc., sur le rivage septentrional; à l'O., l'archipel des Canaries d* où relevaient, pour l'administration, les îles de Fernando- Po et dÂnnobon (1778), au fond du golfe de Guinée.

Aux Indes-Orientales et dans I'Océanie, les Philippines (ile de Luçon, cap. Manille) , une petite portion de Mindanao , les Mariannes et nominalement les Carolines.

Aux Indes-Occidentales, elle partageait l'Amérique du lud avec les Portugais et occupait erv outre la partie méridionale de l'Amérique du nord :

I. Dans l'Amérique du sud, la vice-Toyauté (1778) de Buenos- Ayr es (2) comprenant toutes les possessions espagnoles, à TE. des Cordillères et au S. du Maranham, sous huit intendances et deux gouvernements ; le Haut-Pérou en faisait partie depuis 1778. — La capitainerie générale du Chili à l'O. des Cordillères (3) —La vice-royauté du Pérou (cap. Lima) (4). — La vice-royauté de la Nouvelle-Grenade comprenant trois audiences: Quito, détachée du Pérou en 1778, u sud, Santa-fé-de-Bogota au. centre, et Panama au nord- )uest. — La capitainerie générale de Caracas comprenant a partie orientale de la Terre-Ferme espagnole (5).

II* Dans l'Amérique du nord, la capitainerie générale de

(1) Les Espagnols ont abandonné Oran en 1792.

(2) La vice-royauté de Buenos-Ayres forme aujourd'hui plu* ieurs républiques ou dictatures : le Paraguay (Assomption), la > lata (Buenos-Ayres) et I'Uruguay ou Banda Orientale (Monteideo). — Le haut Pérou répond à la république de Bolivia.

(3) Le Chili forme aujourd'hui la république de ce nom. (£) Aujourd^ui république du PÉROU (Lima),

(5) Ces derniers pays ont formé en 1819 la république de Coombie, et depuis 1831 trois républiques : 1° F Equateur (Quito) u S. t 2° la Nouvelle-Grevadb (Santa-Fè) à l'O., et Veiibxuela Caracas) a l'E.

Guatemala, divisée en quinze provinces (1). — La viceroyauté du Mexique comprenant (1776) la Xouuelle-Espayn? proprement dite (dix intendances et les deux provinces de la vieille et la nouvelle Californie), en outre les provincu intérieures immédiatement soumises au trice-rot (nouveau royaume de Léon et Nfouveau-Santander). — Le gouvernement général de Chihuahua qui complétait les possessions espagnoles au N.-E. (2). — Joignez-y la Louisiane cédée à l'Espagne par la France (1764), après le traité de Paris de 1763 , et la Floride abandonnée à l'Angleterre par ce dernier traité et rendue à l'Espagne par le traité de Versailles (1783) (3). A la sortie du golfe du Mexique, dont les rivages étaient ainsi tout espagnols, l'Espagne conservait Vile de Cuba (cap. la Havane) , Porto-Rico et la partie orientale de Saint-Domingue (4).

Italie. L'Italie environnée an N.-0. par la chaîne des Alpes, et sur tous les antres points par l&Mëditerranét (mer Adriatique au Tî.-E., mer Ionienne au S.-E.el mer de Sicile au S. -O.), avait depuis 1713 subi de bien

(1) Depuis 1821 elle forme la république de Guatemala ob Pbovinces-uhies du centre

($) AujourcThuiTÏTATs-UNis mexicains. Le Texas (cap. San?? lipe), au N.-E., forme depuis 1826 une république séparée, et cette année même (1865) vient de conclure son adjonction aiu États-Unis.

(3) La LauUiane.(c Nouvelle- Orléans)* rendue par FEspag^ ! à la France en 1800, fut cédée par la France aux État-Un" eB 1303, au renouvellement de la guerre après la paixd'J**»**. Les États-Unis prétendirent au reste du rivage. Les hostile commencées en 1 81 &, finirent par leur en livrer la possessio"'

- (traité de 1819, ratifié en 1820 et 1821). — Les cessions de h I France et de l'Espagne (1798, 1803, 1819), ont donné à FA* < nion américaine les États de Louisiane, Mississipi, AufiAUA** | le territoire de Floride. Voir ci-dessus.

(4) La partie française, indépendante depuis 1 801 , ^accrut eu

tnds changements sinon dans ses divisions géographi- 3S,au moins dans la nationalité de ses dynasties. En e de la maison d' Autriche, qui retenait le Milanais ectèment et la Toscane par une de ses branches, la ison d'EsPAGNE avait ressaisi deux couronnes au et au N. (Naples — Parme, Plaisance, etc.); et les 1res puissances italiennes se maintenaient à côté lies , agrandies quelquefois par leur rivalité , ou du uns soutenues par leur équilibre. — Commençons rlllaliedu Nord. ,

L'état le plus important était le royaume de Sar- Sardaigne. igné. Avec l'île de ce nom (1), il comprenait sur la te ferme un territoire compacte , borné au N. par i Alpes qui le séparaient du Valais , et par le lac Genève , limite des possessions du canton de ame; à 1*0. par le Rhône, les Alpes et le Var, qui . paraient de la France la Savoie , le Piémont et le mtè de Nice; au S-E. par Y Apennin où il touiait à la république de Gênes ; à TE. il avait acquis rar limite du côté du Milanais , le lac Majeur et le sum jusqu'à son embouchure dans le Pô, et de là

22 de la partie espagnole. Cestla république de HaÏTi, recon- >e parla France en 1825, moyennant une indemnité qui n'est rot payée encore ; divisée de nouveau (l 84 5) et livrée a tous les Dubles d'une révolution incertaine. — Les possessions de FEspae aujourd'hui se réduisent aux suivantes: en Amérique, les îles de *« et de Porto-Rico; en Afrique, C eut a, eic, au N., les Canaries N.-O. et les iles tfÂnnobon et de Fernando- Po, qu'elle a été sur le int de vendre à l'Angleterre ; dans POcéanie, les Philippines et Warinnnet.

0) Elle se divisait en cap de Cagliari (partie du sud), et cap de 1°*ori (partie du nord).

une ligne qui lui .laissait du côté de Plaisance une parlie du Tortonais.

On peut y faire quatre grandes divisions: i° l&Savoie, et 2° le Piémont (1) des deux côtés des Alpes; 3° le Montferrât à l'E., et 4° plus à TE. encore, la partie du Milanais acquise dans les dernières révolutions de l'Italie, pour prix des alliances ou des trahisons des rois sardes, savoir : Y Alexandrin et la Lorfieline (Mortara) , (traité de Turin, 1703); le pays de Novare et de Tortont (préliminaires du traité de Vienne, 1735-1736), et enfin le Vigévanesque, une partie du comté i'Anghiëra, du Pavësan et le territoire de Bobbio qui marquait sa limite extrême du côté de Plaisance (traités de Wornu et d'Aix-la Chapelle combinés) (2).

(1 ) Dans le duché de Savoie, du N. au S. : le duché de ÇK&biais (Thonon), sur les bords du lac de Genève; la baronnie de Faucigny, le duché de Genevois (Genève non comprise), la Savoit proprement dite, le comté de Tarentaite (Mous tiers), le comté de Maurienne (Saint- Jean).

Dans la principauté de Piémont, le Piémont proprement dit (Turin), le comté de Çanavèse (Ivrée), le marquisat de Suu, Quératque , Asti , Saluées, etc., et les Langhes , fiefs impériaux cédés en 1 736 ; ^e duché d'Àoste, la seigneurie de Yerceil et le comté de Nice (Tende, Nice, Oneille, etc.).

(2) Les possessions continentales du roi de Sardaigne furent successivement réunies à la France pendant la révolution : la Savoie et les pays à YO. des Alpes (comté de Nice, etc.) en 1 792 et 1 793 (départements du Mont-Blanc et des Alpes maritimes), le Piémont en 1 798 : on en fit six départements après i paix d'Amiens (1802). Le royaume de Sardaigne, réduit par là à l'île du ce nom, a recouvré en 181 5 ses anciens États, et acquis en outre Gênes et ses dépendances.

A TE. des Etats sardes, le duché de Milan qui avec Milanais, le duché de Mantoue appartenait à l'Autriche (1715) ; la principauté de Castiglione et Solferino (près du lac de Garde), dernier apanage de la maison de Gonzagae, avait aussi été occupée par l'empereur (1692) (1).

Au S.-E. du Milanais, les États de Parme, de Plai- Par ^ c sa^cg et de Guastalla, assurés par le traité d'AU-la- Ghapelle (1748) à l'infant d'Espagne Don Philippe (2).

A l'E. de Parme et au S. du Milanais, les États du Modène. duc de Modène qui pénétraient jusque dans la Toscane par la vallée de Carfagnana. Ils comprenaient avec l'ancien duché de Modène (3), la seigneurie de Correg-

(1 ) En 1 773, le prince Louis de Gonzague la lui avait reconnue en transigeant pour 300,000 florins. — Ces États formèrent, sous l'influence de la république française, la république transpadane devenue république cisalpine (1797) après son union avec la république cispadane (Modène, Bologne, Ferrare, etc.), puis république italienne sous le consulat (1802), et royaume d'iTALis sous l'empire (1805). En 1814, ils sont retombés sous la domination de 1' Autriche avec les anciens États vénitiens (Voyez la Géographie politique de la France, période contemporaine)

(2) Il possédait encore le Val di Taro, sur les confins de Gênes, l'Etat de Pallavicin au bord du Pô (Basseto), et comme dépendances de Guastalla, les principautés de Sabianetta et de Bozzolo dans le Mantouan.— Ces États, cédés à la France (1 801 ) et incorporés à l'empire (1808) (département du Taro), furent donnés par le premier traité de Paris (1814) à Marie-Louise, femme de Napoléon ; et le congrès de Vienne en stipula le retour, après elle, à la maison de Bourbon, dans la personne de l'héritier légitime, fait prince de Lucques en 1 81 5.

(3) Modène, Reggio, Car pi et la province de Frignano (Tonano, Acquaria, etc.)— Modène fit partie de la république cisalpine et du royaume d' Italie jusqu'en 1814.

gio (1635), le duché de la Mirmdole (1711, confirmé par la paix (TAfi-Ia-Cbapelle*, et la principauté de Noveralla, entre Reggio et Correggio (1T87) (1). princl^u- ô fW, 9 ues P^ 18 Etats <P" jusque • 1* avaient sa tés. échapper à ces réunions : la principauté de Monaco entre le comté de Nice et la république de Gènes (2), la principauté de Masserano, fief du saint*-siége dans le Piémont (3); la principauté de Massa-fp-Cararb, à l'fi. de Gènes, sur les côtes de la Toscane : elle était gouvernée par le prince héréditaire de Modène , au titre de sa femme (h).

Ajoutons les trois républiques : Lucques, Gènes et Venise.

Lucqucs. La république de Luques au S.-E. de Massa, sur le rivage de Toscane , se conservait toujours au même état de faiblesse (5).

(1) La ligne de Kovellara (Gonïàgue) s 1 étant éteinte en 1728, Charles VI avait donné en 1 737 , au duc de Modène, l'investiture de ses États.

(2) Nous avons dit que ce petit prince, compromis par son alliance avec la France en 1 6i1 , reçut, en compensation de ce qu'il avait perdu dans le royaume de Naples, le duché de Var leniinoti, et quelques comtés en Provence et en Auvergne, sous la souveraineté de la France. Il y avait garnison française à Monaco.— Mais les traités de 1 81 L-\ 81 5 Vont fait passer sous la suzeraineté de la Sab.dai.gke.

(3) Masserano n'est plus distinct aujourd'hui des États de la Sardaigkb.

(&) Massa et Carare font aujourd'hui partie des États du duc deMOBBVB.

(5) La république de Lucques fut le premier État érigé par Napoléon en principauté pour un membre de sa famille ; il la

La république de Gênbs, bornée au N. par 1 Apennin, Gènes. comprenait , depuis qu'elfe avait recouvré le marquisat de Final (1748), tout le. rivage du golfe de son nom , du cap d'Oneille (Piémont) à Massa. Elle se divisait en deux parties appelées- Rivières : Rivière du levant et Rivière du ponant. Trop faible pour soumettre l'île de Corse révoltée, elle l'avait cédée à la France (1768) et avait à ce prix obtenu son aide pour reconquérir la petite île de Caprcya (1).

Les Etats de Venise sur la terre ferme de l'Italie , Venise, étaient bornés au S. par les États de V Église et le Mantouan, àl'O.par le Milanais sur l'Àdda ; auN. par la Valteline dans les Alpes, l'évêché de Trente sur le revers italien de ces montagnes, elles possessions de l'Autriche en Carinthie ; à TE, par le Frioul autrichien surllsonzo, et par la mer Adriatique. Elle comprenait le Dogado (Venise et les Iles voisines), le Padouan, l&Polesine de Rovigo au S.; et de TE. à l'O. le Vicentin,le Véronais, le BrescianM Bergamasque, la province de Crème, la dernière du côté de Milan ; auN. la marche Trëviseme (Trévise,FeltreelBellune),

donna à sa sœur Élisa (1 805). En 1 815, elle fut donnée à Louis II delà maison de Bourbon, fait roi d'Etrurie en 1803, de Lusitanie en 1807, et finalement prince de Luequet avec l'hérédité de Parmi et de Plaisance, États que sa maison avait cédés en 1 801 .

(1) Gènes, qui forma d^abord avec ses dépendances la république liguriemwe (1 797) demanda sa réunion à l'empire français après la création du royaume d'Italie (1805). On en composa les départements de Mohtenottb, de Gènes et des Apbnkiks. Le congrès de Vienne réunit tout ce territoire à la Sardaigne.

le Cadorin, une partie du Frioûl (Udioe) et de Ybtrù (Gapo d'Istrià), où elle confinait à l'Autriche.

Elle occupait, outre ces possessions compactes, une partie de la Dalmatie, savoir : surla terre ferme, Nona, Zara, Trau, Spalatro, etc., et la plupart des îles voisines de ce rivage, Lucin, Corzola, [Corcyra, nigra), etc. ; spr les côtes de l'Albanie, Larda , Voinizza, Prevesa et Butrinto; et les îles ioniennes, Corfou, Sainte-Maure, Céphdlonie^ Zante, etc. (1).

Le centre de l'Italie se partageait entre la Toscanb et les états de l'Eglise à peu d'exceptions près. Toscane. Le grand-duché de Toscane qui avait passé de la maison d'Espagne à la maison de Lorraine (nouvelle maison d'Autriche) (2), occupait tout le rivage, de Sienne

(1) Venise, abolie comme république par la république française (12 mai 1797), et donnée avec son territoire d'Italie et «FIllyrie à F Autriche au traité de Campo-Formio (1 7 octobre 1 797), fut reprise par la France au traité de Presbourg (26 décembre 1805) et réunie au royaume d'iTALiE (30 mars 1806) jusqu'aux événements de 1 84 A, qui la rendirent à ï" Autriche avec le Milanais (royaume Lombar do- Vénitien). — Les fie* Ionienne*) réunies aussi d'abord à la France (traité de Campo-Formio), mais reconquises et organisées en république (des Sept îles) par les Russes et les Turcs (1800) sont aujourd'hui sous le protectorat, c'est-à-dire, à peu près sous la domination de V Angleterre.

(2) François de Lorraine, installé dans le duché de Toscane en 1737, conformément au traité, en conserva l'administration quâ*nd il parvint à l'empire (1 7£5). A sa mort (1 765), legrand-duché passa au second de ses fils, Léopold, et ce dernier, élu luimême empereur à la mort de son frère Joseph (1 790) transmit immédiatement la Toscane à son second fils Ferdinand. C'est Je prince qui, dépossédé par la révolution française (1801), y "■'

aux Maremmes, borné au N.-O. par la république de Lucques et les Etats de Modène, et environné partout ailleurs par les Etats du Saint-Siège. Il comprenait le Florentin au N., les pays de Pise à TO. et de Sienne au Sv-E. (1), et au N.-O. des Etats de Lucques et de Carrare, Pontremoli, etc.; en outre, les îles de Giglio Gianuti, une partie de l'île d'Elbe, et l'île de Gorgone entre la Corse et le port de Livourne. — Mais le reste de l'île d'JE/fte avec Piombino formait un état indépendant sous les Buoncompagni et les ports de la province de Sienne, appelés Étals des Présides, appartenaient au royaume de Naples (2).

Les Etats de I'Eglise qui environnaient le grand- Église, duché de Toscane depuis Lucques jusqu'à Orbitello , occupaient tout le reste de l'Italie du centre, bornés au N. par le pays de Modène , le Mantouan et les États de Venise (sur le Pô), au S-E. par le royaume de Naples. Ils comprenaient du S. au N. les légations

rétabli en 1814. — Le pays, dans l'intervalle, avait été créé royaume cLÉtrurie sous la branche espagnole de Parme (1 SOI), puis rattaché à, l'empire français (1 807), dont il fit trois départements (Arno, Méditerranée, Ombroné) (1 808).

(1) On distinguait, pour l'administration, trois parties dans le Florentin : Florence, la banlieue de Florence et le reste du territoire, qui était partagé en trente-trois vicariats, formant cinq régions administratives. Le pays de Sienne venait d'être partagé en deux provinces : la supérieure au N., et V inférieure* ou Maremme.

(2) L'île à' Elbe, réunie à la France (1802), et cédée en toute souveraineté à Napoléor par le premier traité de Parts (1814) a été réunie à la Toscane après la chute définitive de l'Empire. Les

de Ferrare et de Bologne ; la Romagne ; le duché i'Urbin; la marche d'Ancône et la marche de Fermo, le long de l'Adriatique; et de l'autre côté de l'Apennin, i du N. au S. , le gouvernement de Cita di Castello, les territoires de Pérouse et d'Orvieto ; le patrimoine de Saint-Pierre (Viterbe), avec le duché de Castro et le comté de Ronciglione à l'O ; le duché de Spolète, h Sabine et la campagne de Rome (Rome) à TE. — Dans ces limites, nous devons le répéter toujours , l'Eglise ne voyait d'exception à sa souveraineté que la petite république de Saint-Mabin , au milieu de la Romagne, et en compensation elle comptait parmi ses domaines lecomtat Venaissin avec Avignon en France; et dans le royaume de Naples, le duché de Bénévent (1.)

Deux-Sici- Le royaume des Deux-Siciles dont nous avons à parler encore , occupait tout le reste de la péninsule Italique et la Sicile. C'était la seconde et la plus importante des souverainetés des Bourbons d'Espagne en Italie. Il est partagé naturellement en deux régions : le royaume de Naples et la Sicile.

villes qui formaient les Était des Présides ont aussi été soumises à la domination de ce pays, auquel elles se rattachent géographiquement.

(1) Les États du Saint-Siège formèrent, sous la république (1798), la république romaine (Rome, Spolète, etc), et une partie de la république cisalpine (Romagne). Sous l'empire la Romagne^ partie du royaume d'iTALis, Rome et le pays voisin, laissés d'abord au pape, furent réunis à Pempire français (1 809), dont i« firent deux départements (Rome et Trasimènb). — Avignon et le comtat Yenaissin, réunis à la France en 1 79Ô, n'en ont plus été se-

Le royaume de Naples formait autrefois quatre provinces qui se trouvaient déjà subdivisées chacune en trois parties. C'étaient : 1° dans l'ancienne Àbrune, les deux Âbruzzes [ultérieure et citërieuré), et le comté de Molise de l'Apennin à l'Adriatique ; 2° dans la terre de Labour, la terre de Laiïour proprement dite (Naples) avec la principauté citérieure sur la mer de Toscane, la principauté ultérieure au milieu des Apennins (là se trouve Bénévent) ; 3° dans la Fouille, la Capitanate, la terre de Bari et la terre d'Otrante qui occupaient le reste du rivage de l'Adriatique; k° dans la Galabre, la Basilicate sur le golfe de Tarente, et à la pointe méridionale de l'Italie, les deux Calabres, citérieure et ultérieure (1).

La Sicile était divisée en trois provinces qu'on appelait vallées : le val de Mazzara (Palerîée et toute la parité occidentale), le vulDemme (Bfessfcïe et le nordest) et Je val de Noto (Gatane, Syracuse).

Au royaniaede'Naple&appartenaient encore, comme notw l'avons vu, les ÈMs des Présides, sur les côtes de la Toscane .- Orbitello, Porto : Erco*e, Mortte-filippo, Porto S.-Stephano/TelamoneetPcrrto-Longone (ce dernier dans l'île d'Elbe). — L'île de Malte quise rattachait au royaume de Sicile par un faible lien de

parés. Bénévent fut rendu au saint-siège avec le reste des États de l'Église (18U et iai 5).

(1) Pendant les guerres de la révolution, Naples, conquise -par la république française, devint république parthÉnofÉenne(1799). Reconquise par l'Empire, elle devint royaume des Deujl-Siciles sous Joseph Bonaparte (18 OS), puis sous Murât (1808). La maison de Bourbov, qui d'ailleurs n'avait jamais perdu la Sicile, y rentra en 1815.

dépendance, parement honorifique, était toujours occupée par l'Ordre religieux de Saint-Jean que les Turcs avaient chassé de Rhodes (1).

Turquie. Pour terminer la géographie de l'Europe, il noosj restée parler de la Tuhquie. Nous avons vu déjà! quelles étaient ses limites en Europe du côté delà Russie, de la Pologne et de l'Autriche au nord, de Test à l'ouest. La Russie lui disputait alors les pays situés au delà du Boug, qui avait servi de froolièrti depuis ses dernières usurpations ; et délaissée des puissances occidentales, la Turquie, non plus que la Pologne qu'elle avait essayé de soutenir, ne pouvaii opposer de résistance à ses progrès ; le Dniester élai| la limite du côté de la Pologne ; du côté de la mouat chie autrichienne les monts de Transylvanie, le M nube, la Save et en partie YVnna ; à l'ouest elle tou chait en Dalmàtie aux possessions vénitiennes et H territoire encore indépendant de Ragusk. — Sauf 11 peu de places que nous avons indiquées, elle conserj vait le reste de la terre ferme, ayant ainsi pour borne à TO. la mer Ionienne, au S. la mer de Candie, à I 't\ la mer de Y Archipel qui lui appartenait, en quelqu sorte, et par les îles qu'elle possédait entièremeût i

(1) L'île de Malte, enlevée à Tordre de Saint- Jean parN^ LÉow, comme il allait en Egypte (1798), fut reprise parles! glais, retenue par eux malgré leurs promesses formelles au trf d'Amiens (1802); et, gardée a la faveur des événements qui* vinrent, elle fait encore aujourd'hui le plus ferme boulevard la puissance anglaise dans la Méditerranée.

par les rivages d'Europe et d'Asie dont elle était également souveraine. Elle partageait de la manière suivante lesprovinces comprises dans ces limites enEurope. v Dans le bassin du Danube, au sud de ce fleuve, de TE. à l'O. : la Bulgarie, sandjiacats de Viddin, Sardique, Sophia. Nicopoîi et Silistrie; — la Servie ou Belgrade : sandjiacats de Belgrade, Kratovia,Novibasçtr (1) ; — la Bosnie : sandjiacats de Bania-louka, Orqkh et Serai. La Croatie (Bihacz) et la Dalmatie ou Hertzegoviné (Mostar) se rattachaient également & ce pachalik.

Au sud de la ligne de montagnes qui environne le bassin du Danube : la Boumilie comprenant toute la Thrace divisée en deux sandjiacats , celui de Viza, où était Constantinople et celui de Kirk-kilissia. Plus à TO., la Macédoine et l'Albanie, sous le nom d'ARnaut, obéissaient au même pacha : en Macédoine, ,deux sandjiacats , Saloniki (Thessalonique) et Ghiustendil;en Albanie, trois sandjiacats : Scutari, Avlone (ou Valona) et-Delfino.

Plus au sud, la Thessalib ou Janixa avec le Sandjiacat de ce nom; — et dans les limiter de la Grèce proprement dite : la Livadie (Hcllade) et la Morée (Péloponèse).

En outre les possessions maritimes : la Chersonèse de Thrace (Gallipoli) et Y Archipel qui formaient le gou-

l (1) La Servie n'est plus aujourd'hui une province : depuis le traité d'Andrinople (i 829) elle est seulement un État tributaire de la Forte sous la garantie de la Russie, comme la Valachie et la Moldavie*

Géoj Poî! 11

vernement du Capoudàn-Pàchà ; — et les autres îles de la Méditerranée : Cerigo (Cythére), Candie (Crète), Chypre, etc.

Enfin les pays qui, sans êlre soumis au régime des pachaliks, étaient dans la dépendance de la Porte : la Valachie et la Moldavie dont les hospodars étaient .nommés par le sultan ; et ce qui restait des provinces tar lares, la Bessarabie et la province È à'Oczakow, théâtre de la guerre qui se faisait alors entre la Russie et la Turquie (1).

(1) Elle perdît la province tfOczakow au traité à'Ya*sy 9 qui fixa le Dniester pour limite. — La Bessarabie (entre le Dniester et le Pruth), ne fut cédée qu'en 1812.

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