‹ Géographie politique des temps modernesChapitre 3 sur 26 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

pour achever de se reconstituer. L'étranger chassé du pays, restait à vaincre l'ennemi intérieur, la féodalité, qui se partageait le royaume, au point de rendre toute désignation générale de limites mensongère. Avec elle, point d'unité possible. Le principe féodal, qui

considérait les peuples comme immeubles desseigneurs, faisait et défaisait les États comme se font les fortunes. Ce que la couronne gagnait en successions, elle le perdait en dots et en apanages. Par là s'étaient dissipés ces herbages de provinces recueillis par saint Louis , par le roi Jean. Loin de souffrir de ces réunions passagères, la féodalité en avait pris plus dé force. Rapprochées du trône par les liens de famille, les maisons nouvelles s'en croyaient aussi moins éloignées par le rang; et en Rétablissant dans les anciennes provinces, elles ajoutaient au sentiment de l'indépendance féodale la fierté du sang royal et les traditions héréditaires du pouvoir souverain. Elles formaient en différents points dn royaume des masses puissantes qui attiraient et absorbaient la petite propriété seigneuriale.

Domaine D'abord les cinq maisons rattachées à la maison féodal, royale par l'origine, et souvent ses rivales par leur puissance et leurs prétentions. C'étaient, dans Tordre de proximité au trône : la maison d'ORLÉANS (issue de Charles Y) «celles d' Anjou, de Bourgogne (issues de Jean)/ la maison d'ÂLENÇON (issue de Philippe le Hardi) , et celle de Bourbon, issue de saint Louis (1). Maison I. La maison d'ORLÉANS partagée depuis U07 en d'Orléans. ^ eui branches : Orléans et Angouléme ; une branche bâtarde avait les comtés de Dunois et de Longueville,

(1) Il y avait encore une famille du sang royal, la maison de Courtehai, issue de Louis-le-Gros. Elle renouvela sous tous les règnes les preuves de son origine , sans pouvoir établir son rang, et s'éteignit sous Louis XV.

IL La maison d* Anjou qui prétendait à la couronne Maison de NapleSy possédait les comtés de Provence, dcMaine . et d'Anjou. Ils étaient devenus l'apanage d'autant de branches à la mort de Louis II (1430) : Louis III avait eu la Provence elle comté de Forcalquier % René l'Anjou, et Charles le Maine. Mais déjà en 1434, René avait recueilli l'héritage de son frère Louis, et vers l'autre extrémité du royaume il avait ajouté à ses États, en 1430, le comté de Bar (à TE, de la Champagne) par héritage de son oncle; en 1431 , par héritage de sa femme, le duché de Lorraine qu'il céda en 1453 à son fils.

III. La maison de Bourgogne , la, plus puissante de Maison <h toutes : apanages, mariages, héritages, contrats civils oti ^2°" politiques, ventes ou traités de paix, tout avait concouru à l'agrandir. C'est ainsi qu'au duché de Bourgogne s'étaient successivement réunis : la Flandre (1384), augmentée du comté de Bourgogne ou Franche-Comté, à l'E. de la Bourgogne (1382), et l'Artois, au S. de la Flandre (1405) , le comté de Namur, à TE. du Hainaut (i 428), le Hainaut, entre Namur et la Flandre, avec la Zëlande, la Hollande et la Frise, au N., qui se rattachaient au Hainaut (l433);au milieu de toutes ces provinces, le Brabant (1430) depuis longtemps accru du Limbourg qui lui confinait à TE. (1282); le Luxembourg, au S.-E. de Namur (1444); en un mol, toute la Belgique jusqu'au-delà de la Meuse et du Rhin; et le traité d'Arras (1435) avait arrondi encore les deux principaux massifs de cette maison, en ajoutant à la Bourgogne les comtés

de Mâcon,d f Auxerre, la châtellenie de Barsur-Seinq et donnant à la Flandre, avec le comté de Boulogne et le Ponthieu, les barrières. mêmes de la France» les villes de la Somme, Saint-Quentin, Amiens, Abbevillé et même an delà de la Somme, les villes de JRoye et de Montdidier (1).

Une branche de la maison de Bourgogne (1404) possédait encore à l'intérieur de la France les comtés de Nevers et de Rëthel, avec la baronnie de Donzi (près de Nevers).

IV. La maison (TAlençon , qui réunissait au duché de ce nom le comté du Perche (Mortagne).

• Y. Là maison de Boubbon comprenait deux lignes principales :

À. La ligne de Bourbon, subdivisée elle-même en deux branches (1434) : 1° la branche de Bourbon, qui réunissait le ccmté de Clermont en Beauvoisis, domaine originaire de la maison , les duchés de Bourbon (Moulins) et d'Auvergne >(Riom) (2) ; le Forez (Monbrison), le Beaujolais (Beaujeu), la baronnie indépendante deDom&es, à TE., et plusieurs autres villes ou

(1) Dumont, Corpt diplomatique, II, P. 2, p. 309.

(2) Outre le duché d'Auvergne, que la .fille du duc de Berri avait porté, par privilège spécial de Charles VI, à la maison de Bourbon, avec le comté de Montpensier, et le daupkiné d 1 Auvergne, que Louis de Bourbon-Montpensier, son fils, acquérait à sa branche en 1436, il y avait encore le comté d'Auvergne, possédé alors par la maison de La Tour, et qui, légué en 1 524 a Catherine de Médicis , puis donné par Marguerite de Valois au dauphin fils de Henri IV, fut réuni par lui à la couronne.

barounies (1) ; en un mot, une masse asseï compacte depuis le Cher, à l'O., jusqu'au delà de la Saône, à l'E., depuis les autres pays d'Auvergne, au S., jusqu'au duché de Nevers au N. ; — 2° la branche cadette, qui avait reçu à l'origine le duché de Montpensier, et , par un mariage , y avait réuni le Dauphiné d'Auvergne, à TE. du pays (la chàtellenie deVodable et une partie de la Limague) (2).

B. La ligne de ta Marche, dont le comté primitif était échu par mariage à une «branche d'Armagnac. Elle comprenait aussi deux branches (1412), Celle de Vendôme (3) et celle de Carenci.

A prêtées maisons d'origine royale, plusieurs maisons non moins influentes :

A l'O,, la Bretagne. La maison de Montfort en refaisait au roi l'hommage-lige qu'elle lui rendait pour ses domaines originaires, la petite terre de Neauffle et Mont fort YAmauri. — La maison de Blois , deveoue maison de Penthièvre, mais exclue par les Montfort de l'héritage de Bretagne , réunissait encore le comté de Penthièvre (au N* de la Bretagne), la vicomte de Limoges et le comté de Périgord, acheté en

(1) Les baronnies de Roannais et de Cotnbrailles ; les villes de Trévoux et de Châtellard ; celle d'Amberieux dans le Bugey ; les châtellenies d'Évaux, de Chambon, d'Auzence, etc.

(S) Louis I de Bourbon-Montpensier avait épousé, en 1&28, Jeanne d'Auvergne, qui, en 1A36, lui avait légué ses États.

(3) Subdivisée en Vendôme, à l'O. de POrléaaais, et la Roche-sur-Yon, en1£56»

1445 de la maison d'Orléans (branche d'Angouléme).

Au midi , les maisons remuantes de Foix , cTArmagnag et (TAlbret.

1° La maison de Foix avait ses domaines épars au pied des Pyrénées : ses domaines héréditaires, à TE., dans la vallée de YAriége; àl'O., dans le bassin de YAdour, ceux delà maison de Bëarn, qui lui était unie depuis 1290; elle partageait avec réyêque d'Urgel la suzeraineté de la vallée d'Andorre.

2° La maison d' Armagnac était divisée en deux branches : la branche atnée , qui réunissait les quatre comtés principaux d' Armagnac, de Rouer g ue, de Fésenzae et de Fésenzaguet, etc.;— la branche cadette qui, au comté de Pardiac, joignit ceux de \& Marche et de Castres ; (plus tard , en 1 462, le duché de Nemours, nom fameux par les malheurs du prince qui le porta).

3° La maison d'ALBRBT, dont les posessions (1) se trouvaient dispersées de l'Adour à la Garonne, et qui devait bientôt recueillir l'héritage presque universel de ces puissantes maisons (1512 et 1526). — Le sire d'Orval , second fils du connétable d'Albret , avait hérité de sa mère la principauté de Boisbelle, en Berri.

Nommons en troisième ligne :

Le comté d'AsTARAC (c. Mirande, sur la Baise), que réunit aussi la maison d'Albret.

(1) Elle possédait alors, outre ses domaines primitifs (partie du Basfldoi$ et du Condomoii) , les seigneuries de Tartat, de Mon4de-Marsa», les comtés de Dreux et de Gaure, etc.

Le comté de Commingbs (c. Saint- Bertrand), déjà légué (1443) et réuni (1453) à la couronne; mais qui , pourtant, jusqu'en 1498, fit l'apanage de divers seigneurs (1).

La maison de La Tour, dont une branche acquérait en 1445 la seigneurie de Turenne, qui prétendit à l'indépendance. La principale avait acquis, par un Mire mariage (1422), le comté d'Auvergne (e. Vic-le- Comte).

La maison de Montmorenci (Montmorenci, Ecouen, damville); — celle de la Trémoille (vicomte de Thouars, principauté de Talmond en Poitou, comté de hignien Champagne); — la branche d' Artois, établie dès 1351 dans le comté d .Bu; — les maisons récemment renouvelées de Laval (aux confins de la Bretagne et du Maine), de Sancerrë (au N. du Berri) , de Tonsoirs (à TO. de la Bourgogne).

Enfin , à côté de la féodalité , plusieurs dominations étrangères occupaient, à des titres divers, quelques parties du sol de la France.

Au Midi, les deux maisons royales de Navarre et I' Aragon , qui possédaient de l'autre côté des Pyrénées, la première à TO., la Basse Navarre (Saint- Jean-Pied-de-Port) ; la deuxième à TE., la Cerdagne et le Roussillon (Perpignan) (2).

(1) En U62, Jean d Armagnac; en U72, après sa mort t Odet cTAidies. .

(2) Ces provinces, restituées au roi d'Aragon par saint Louis, furent reçues en gage (1462), perdues (U73), et reprises (U76) par I>ouis XI. Restituées encore à l'Espagne par Charles VIII,

À TE., le Pape, qui régnait dans Avignon et dan* le comtat Venaissin. — La maison de Chalons,. souveraine dans Orange et maîtresse aussi de la baronnie d'Arlai en Franche-Comté, et de Neufchâtel en Suisse. —La maison de Savoie, qui réunissait entre le Rhône et la Saône , la Bresse (Bourg) , le Bugey (Belley) , et le Valromey (Saint-Rambert).

Au N.-E., la maison de Vaudemont, qui , en attendant l'héritage de la Lorraine , réunissait à titre féodal la sirie de Joinville en Champagne et plusieurs comtés de Normandie (Aumak, Har court et Mortain).

Plus, au N., la maison de Lamark, avec Bouillon ' et Sedan, qui devinrent souverainetés.— La maison de Luxembourg , qui avait plusieurs seigneuries tant en France qu'au milieu des Etats de Bourgogne.

Domaine Telle était la féodalité en France et ses divers doroyal.

maines. Mais, au milieu, le pouvoir royal gagnait de plus-en plus tous les jours. Il avait déjà réuni au S.-O. la Guyenne, reconquise sur les Anglais; et de plus, parmi des seigneuries de Gascogne que nous avons énumérées, le comté de Soulé (1306) au pied des Pyrénées et le comté de Comminges, de droit sinon de fait. — Plus à TE. le Languedoc partagé entre les sénéchaussées de Toulouse, de Béziers, de Narbonne, de Garcassonne et de Beaucaire, avec la seigneurie de

elles lui restèrent jusqu'aux règnes de' Louis XIII qui en fit la conquête (I6&2), et de Louis XIV qui se les fit assurer par le traité des Pyrénées (1659).

Montpellier qui y fut définitivement réunie. — À l'E., le dauphiné, apanage réel de Louis XI, avant qu'il fût roi; depuis 1434, les comtés de Valentinois et deDiois y étaient réunis (1). — Le comté de Lyon, à TE. des domaines de la maison de Bourbon, et à l'O. le Berri qui fat encore donné en apanage au second fils de Char* les VII, avec le droit d'y lever des impôts (1453) —Dans cette région , d'autres provinces reprises aux Anglais : le Poitou ,1a Saintonge XAunis , laTou ratnt .conquêtes de CharlesV (1369-1370), la plus grande partiede la JVormndie et de la Champagne, conquis^ par Charles VII, une faible portion de la Picardie et l'Ile-de-France qui n'appartenait cependant pas intégralement au roi:

Ainsi, de toutes ces maisons, la maison royale, qui avait mente^ïû d'aiileurs sur les autres tous les droits de la suzeraineté, était domaine déjà la plus considérable ; elle allait bientôt s'accroître encore ro ï a1 ' de leurs débris. La ligue du bien public fut impuissante à les protéger contre les envahissements de Louis XI. irmagnac (1473), Sainl-Pol (1475), Nemours (1477), payèrent leur trahison de leurs États et de leur tète : le duc ÏAlençon, aussi dépouillé, dut à peine la vie au sang royal d où il venait. Le bon roi René y perdit lui-même Y Anjou ; et ses autres États, légués encore à Charles du Maine, à la persuasion de Louis XI, vinrent en 1480 grossir l'héritage ^e Charles du Maine laissait au roi en 1481 (2). Ce testa* '

0) Louis XI fut le dernier pour qui le nom de dauphin représenta un véritable apanage ; dès lors il ne fut plus qu'un simple / htre pour les fils aînés des rois. Le Valentinoiê fut encore détaché »u Dauphiné, en 1 498, pour César Borgia ; en 1 548, pour Diane « e Poitiers ; en 1641 , pour le prince de Monaco.

P) Le duché de Bar fut spécialement légué par René d'Anjou

2'* ment, habilement ménagé (1), lui donnait en une fois les dernières provinces de la maison d'Anjou (Maine, Provence) (2). Par d'autres voies, il avait espéré amener aux mêmes fins la succession de Bourgogne. A la mort de Charles le Téméraire (1477), il commença par occuper ce qui était à sa portée, les villes de Ix Somme avec Y Artois, le duché de Bourgogne et bientôt la Franche-Comté. Un mariage pouvait lui donner le reste; il le manqua. Mais à défaut de Marie et de tout l'héritage, la fille de Marie, en s' unissant au Dauphin, lui offrait un moyen d'assurer et de compléter les plus litigieuses de ses acquisitions, l'Artois et la Franche-Comté. Cette union, ' qui faisait la base du traité d'Arras (1482), ne reçut pourtant point son accomplissement. Charles V11I fit mieux. En épousant la duchesse de Bretagne ; il donnait à la France cette importante province (3) ; mais il rendait à Maximilien Y Artois et la Franche-Comté (4), comme il rendait à Ferdiuand d'Aragon, le Roussillon et la Cerdagne, moins par scrupule que par un fol empressement d'aller recueillir au royaume

à son petit-fils duc de Lorraine, et resta à sa maison. F. Du- MONT. III, P. 2, p. 71.

(1) Le 19 oct. 1480, Marguerite d'Anjou, veuve de Henri VI, avait renoncé à tous ses droits sur ces provinces en faveur de Louis XI, «en considération des grands bienfaits et entretènements qu'elle avait reçus de lui.» Dumont, III, P. 2, p. 75.

(2) Charles VIII, en 1486, prononça leur réunion perpétuelle a la couronne. Dumont, Supplément, I , P. 2, p. 473.

(3) Le contrat porte qu'elle restera au dernier vivant, et que, si Charles meurt le premier, sans enfant, Anne ne pourra épouser que le roi de France ou son héritier présomptif, 6 déc. 1 491 ' Dumokt, III, P. 2. p. 271. Il s'agît bien plus, on le voit, de l'union des pays que de l'union des princes.

(4) Ajoutez le Chantait et la seigneurie de Noyers, sauf les

de Naples le dernier et funeste legs de la maison d'Anjou (1).

L'Anjou revenu par héritage, la Bourgogne démembrée, la Bretagne réunie, restaient les grandes maisons royales d'A- Jençon, d'Orléans et de Bourbon. La maison ^Orléans rapporta au trône ce qu'on en avait détaché pour elle et ce qu'elle avait recueilli d'ailleurs: Louis XII, les duchés d'Orléans et de Valcis y les comtés de Blois, -de Soissons, etc. ; François I r , les apanages de la branche d'Ângoulême et ceux mêmes de la branche aînée, que Louis XII avait de nouveau détachés de son domaine comme dot de sa Glle Claude (2). La maison d'ALENCON, rétablie sous la régence d'Anne de Beaujeu dans toutes ses possessions, enrichie en 1497 de l'héritage de la maison d'Armagnac, s'éteignit en 1525, laissant tous ses domaines à la maison royale dont elle aurait pu être héritière. Quant à la principale ligne de la maison de Bourbon, le mariage de Suzanne, fille de Pierre de Beaujeu, de la branche ainée, avec Charles de Bourbon-Montpensier, de la branche cadette, en avait réuni tous les apanages. Mais déjà Louis XI, dans le contrat de mariage d'Anne, sa fille, avec Pierre de Beaujeu, en avait préparé la réversion

droite de souveraineté que s'y réservait Charles V1IL— -Les villes de Besdin, Aire et Béthune, en Artois, étaient mises en séquestre sous la garde d'un maréchal de France, et les comtés de Mdcon , "ÂuxonneetBar-sur-Seine, laissés au roi jusqu'au règlement définitif des droits de chacune des parties. Art. 5 et 12 du traité de Senlis (23 mai U93). Dumont, t. III, P. 2, p. 303.

(1) Traité de Barcelone (19 janvier U93). Dumont, III, P. 2, p. 297.

(2) Dumont, t. IV, P. 1 , p. 88. Ils furent incorporés au domaine r oyal pa r Henri II, fils de cette princesse.

Géog. Pol % 2

à la couronne, an détriment de la branche cadette (1) . I*a trahison du connétable fournit un plus juste motif de l'en dépouiller par arrêt du parlement (1527) (2).

Ainsi avaient disparu les grandes maisons féodales démembrées par la maison régnante, ou devenues royales à leur tour. La France gagnait toujours à ces vicissitudes, et le royaume, dont elles avaient rêvé le partage, était resté an et fort.

bsfagnk. En Espagne, parmi les chrétiens , quatre royaume» étaient restés : au N., la Navarre (cap. Pampelune) 9 entre les Pyrénées, les montagnes de Biscaye, la vieille Gastille et l' Aragon, dont l'Èbreet la rivière Aragon la séparaient à peu près; — au centre, la Gastillr (cap. Tolède), qui, par le royaume de Léon y comprenait tout le rivage du nord, depuis la Navarre jusqu'aux extrémités de la Galice; — à l'O. de la Gastille, le Portugal, qui occupait tout le rivage, du Minho à la Guadiana (cap. Lisbonne qui avait remplacé Coïïnbre en H33) ; — à TE., Y Aragon, qui occupait également le rivage, des Pyrénées à la Ségura, parla Catalogne

(l)DUMONT, III, P.1,p. £65.

(2) Restait la seconde ligne de cette maison, la ligne de lai Marche, dont deux branches existaient encore, celle de Vendôme (Vendôme et la Roche-sur-Yon) , d'où sortit Henri IV, et celle de Carenei, dont le dernier mâle périt, en 1515, à la bataille de Marignan.

oucomlé de Barcelone (1137), le royaume de Faïence (1238), el une partie du royaume de Mur exe.

La Navabre , resserrée contre les Pyrénées f ne Navarre. réassit guère à s'étendre ; car ces montagnes étaient pour elle un obstacle moins puissant encore que tes Irois royaumes voisins. En 1453, elle obéissait au roi d'Aragon qui en avait dépouillé son fils.

La Castille, enclavée comme la Navarre à TE. et à Casuile. l'0„ avait au moins, au midi, tout un avenir d'agrandissements glorieux dans le voisinage des Maures. Elle s'y était tournée tout entière, et, se plaçant par la conquête entre les infidèles et les autres royaumes chrétiens, elle s'appropria pour ainsi dire la croisade : elle en recueillit tous les fruits. Déjà , elle possédait une partie des Algarves, et les royaumes de Séville , de Corfoue, de Jaen, de Murcie. Entouré de tous côtés parles armes de la Castille, le royaume de Grenade, qui restait seul, ne pouvait tarder à en subir la loi (1).

Séparés parla Castille des royaumes Mauresques, le Portugal et I'Abagon avaient dirigé leur esprit de conquête vers les deux mers qu'ils regardaient.

Les Portugais continuèrent d'abord en Afrique la croisade interrompue en Europe, à la pointe des Al

(1) L'époque de la puissance coloniale n'avait point encore commencé pour la Castille. Cependant elle avait fait déjà quelles découvertes. Les Canaries, reconnues en 1395, avaient été c «tées, en 141 7, au normand Jean deBelhencourt,qui les vendit ^ un seigneur castillan. Elles passèrent ensuite à Ferdinand-lc- Catholique, et il en compléta la conquête en 1512.

garvés, et Ceutaen fut le prii (1415) (1); puis ils s'aventurèrent dans la voie des découvertes : leur navigation à l'île àeMadère K {M9){2), au Cap-Blanc (1441), au Cap-Vert (1445), les achemina vers le cap de Bonne- Espérance (i486), dans cette route nouvelle qui leur ouvrait l'Orient.

Les Aragonais avaient aussi commencé, aux dépens des inCdèles, leurs agrandissements du côté de la mer. En 1230, ils leur avaient enlevé les îles Baléares ; puis, continuant aux dépens des chrétiens, ils conquirent la Sicile (1282), la Sardaigne (1314) (3). L'acte d'adoption de la reine deNaples, vainement rétracté par elle, avait introduit le roi Alphonse dans son royaume. Il en reçut l'investiture en 1443; mais, à sa mort, il le détacha de la couronne d'Aragon en faveur de son fils Ferdinand (1458).

formations Telle était, vers 1453, la situation de la péninsule. 11 y <î d'K r0yaUme ava ^q uatrer °y aume8 espagnols, mais pas encore un royaume d'Espagne. La Castillk, par sa position centrale, par rétendue de ses domaines si noblement acquis, semblait destinée à une haute influence. Cependant, pour qu'elle l'exerçât au dehors il fallait qu'elle sortît de ses entraves en associante

(1) Alphonse V y ajouta quelques autres places du voisinage (U58-U66).

(2) Les Açores furent successivement reconnues *de 1633 à U57.

(3) L'union perpétuelle de la Sicile et de la Sardaigne à la couronne d' Aragon fut solennellement prononcée aux états de Fraga (1&60). La Corte, un instant conquise, leur avait échappé. Us en conservèrent toujours le titre. Toy. Dumont. ibid y p. 275.

sa fortune quelqu'un des royaumes voisins. En 1382, un mariage semblait lui promettre le Portugal; mais les Portugais rimèrent mieux prendre un roi dans une ligne bâtarde que d'obéir au Castillan (1385). Un autre mariage, conclu en 1469, entre Isabelle de Castilfe et Ferdinand d'Aragon, eut des suites plus durables , au grand avantage des deux couronnes. Réunies à la mort d'Henri IV (1474) et de Jean d'Aragon 1479), elles formèrent la monarchie espagnole telle qu'elle exista depuis. Restaient seulement le royaume de Grenade au S., et au N. la Navarre. En 1492, Isabelle conquit (frenade ; en 1512, Ferdinand reprenait la Navarre dont la eouronne, portée par son père (1425-1479), avait passé après sa mort à la maison de Foix (1).

De ce côté, il s'arrêtait aux Pyrénées (2), mais il les avait franchies sur l'autre point. Les troubles qui éclatèrent dans le royaume après la mort du prince de Yiane, avaient coûté à V Aragon le Roussillon et la Cerdagne que Louis XI reçut d'abord en gage (1463), et dont ensuite il s'empara (1476). Ferdinand se les fit rendre par Charles VIII , empressé de courir à la conquête de l'Italie. Sans doute le royaume de Naples ne tentait pas moins le roi de Sicile ; mais il laissa passer la furie française, prenant toujours ce qu'elle né* gligeait. Puis, lorsque Louis XII, maître du Milanais, se laissa également séduire par cette couronne, il entra en partage avec lui des peines et des profits de la conquête, et pour sa part en garda les profits.

(I) La réunion des grandes-maîtrises des trois ordres militaires et la propagation de la Sainte-Hermandad contribuèrent à affermir à 1 intérieur l'autorité royale sur la féodalité.

(?) La Basu-Navarre ou province au-delà des Porté (Merindada •le ultra puerîos) demeura il à la maison de Foix.

Italie. Tandis que la France et l'Espagne, fortes de leur union intérieure, sentaient le besoin de s'étendre au dehors, I'Italie, (oujours divisée, les invitait à la conquête. En 1453, elle offrait, dans ses trois régions» trois différentes formes de gouvernement : au sud, la royauté; au ceutre, V église ; au nord, les républiques ou les principautés qui en étaient sorties.

Napies. Le royaume de Naples, qui occupait toute la partie méridionale jusqu'à Terracine, au N.-O. et au Tronto, vers le N.-E., appartenait au roi d'Aragon, Alphonsele-Magnanime, qui, appelé et repoussé par la reine Jeanne II, avait fini par en rester maître en 1443. En le léguant à son fils naturel (1458), H ne fit, nous l'avons vu, que retarder sa réunion nouvelle aux autres États de la maison d'Aragon.

Église. Les domaines de I'Eguse, si Ton s'en rapportait aux chartes impériales, comprenaient: Y Exarchat , au N» (Ravenne., Bologne, Imola, Faenza, Ferrare, Commachio, Forli, Géséne, etc.); la Pentapole ou cinq villes des bords de l'Adriatique, à TE. des précédentes (Rimini, Pesaro, Fano, Sinigaglia, Ancône), le duché de Spolette, dans l'ancienne Ombrie, et bien d'autres lieux de la Romagne et de la Toscane, voisins de la campagne de Rome; mais alors les papes n'y avaient plus guère que des prétentions mal reconnues, Ravenne était devenu l'héritage des seigneurs de Polenta, quand Vknise s'en empara eu 1441. Bologne, malgré les réclamations du pape,

figurait, comme ville libre, au traité de Lodi* Samt- Marin formait déjà une république au milieu de» petits Etats de la Romagne, savoir : Ferrare et CommatUo qui appartenaient , avec Modem , à la maiaon d'Esra; les seigneuries de Faenta et d'/ntola, aux Hahfredi; de Forli, aux Ordslaffi; de Camerxm y aux Vitblli; les domaines des Malatesti qui occupaient toute la côte: Cesène, Rimini, Fano, Sinigaqlia; la seigneurie d'Urbin, dont le chef, Frédéric de Moxtefeltro, obtint du pape lui-même, en 1V70, la dignité ducale. Sfohza, qui fit céder à son frère ta seigneurie dePesaro, avait possédé lui-même, pendant quelque temps, la Marche d'Ancône. Il venait de la rendre à l'Eglise, pour s'établir dans le duché de Hilaa; mais la domination du pape, dans cette contrée, devait ôtre bien douteuse, quaû il voyait, aux portes mêmes de Rome, s'élever, sur les deux rives du libre, les châteaux presque indépendants des Orsini et des Colonna. — Ses possessions les plus sûres étaient encore hors des limites des Etats de l'Eglise : Bénéwnf, dans le royaume de Naples ; en France, Avignon, et le Comte* Fanatisât (i).

Les républiques n'avaient pas mieux réussi à don- États ner à l'Italie duN. celte unité qui eût fait sa force, du Nord. L'esprit étroit du munici pelés avait rendues étrangères à tout esprit national. La ligue des villes lombardes ne promit jamais un peuple lombard. Le danger passé, elles ne connaissaient plus que des sujets ou des enne-

(1) Sismokdi, passim.

mis; et les tyrans, qui presque partout s'emparèrent du pouvoir à la faveur des troubles intérieurs, tendaient è les isoler encore davantage, en dirigeant leurs forces vers des agrandissements» qui tournaient à leur propre puissance. C'est ainsi que, vers la fin du quatorzième siècle, dominai 1 , dans toute l'Italie du N., la maison des Visconti, seigneurs de Milan. Elle finissait en 14OT, et Venise et Florence, au nom de toutes les indépendances menacées, avaient intérêt à ne point souffrir que l'ambitieux Sforza en recueillît l'héritage. Il suffisait de tendre la main à la nouvelle république Milanaise. Mais à Florence, l'autorité naissante des Mé- (Ticis s'accommodait peu du rétablissement des républiques ; et l'avide et cauteleuse Venise/ qui comptait gagner une ou deux provinces, en nourrissant la guerre entre la réplique et son général, se prit à la défendre quand il n'était plus temps. Elle n'en fut pas moins active à combattre l'heureux parvenu. Tous les petits princes du nord, accourus à sa voix, prenaient déjà leur part à l'héritage des Visconti, quand la nouvelle de la prise de Constant inople suspendit les hostilités et amena au traité de Lodi (145 f *, 9 avril). Ce traité, qui établit une sorte d'équilibre parmi les Etats italiens, laisse en même temps entrevoir ce que chacun pesait dans la balance. Conclu par deux puissances, Milan et Venise, il fut offert â quelques-unes , et imposé aux autres, sans qu'on prît leur assentiment. — Traçons à cette époque les limites si changeantes de ces Etats du nord.

Nous y rattachons la Toscane à demi enveloppée par

les Etals de l'Eglise entre l'Apennin et la mer inférieure. Là, Florence et les petites républiques et principautés qui se partageaient avec elle les vallées de YOmbrone et de FArno; Gènes sur la continuation du même rivage.— Puis, dans le vaste bassin du Pô,d'0. enE.,leMoNTferrat, le duché de Màntoue, les Etats de la maison d'EsTE et diverses autres principautés, dispersées sur les deux rives du fleuve ; enfin au N. les trois Etats principaux de Savoie Piémont, de Milan et de Venise.

Le duché de Milan comprenait, avec Milan, les MiIan comtés d'Anghiera et de Pavie (sur le Tessin), le9 villes de Plaisance et de Parme de l'autre côlé du Pô. Castelnovo (à quatre Heue9 N.-O. de Reggio) , ( repris au duc de Modène), Pontremoli, Tortone ( reprise à Charles de Gonzague), Alexandrie (restituée par Guillaume, frère du duc de Montferrat)en marquaient à peu prés les points extrêmes au S.-E. et au S. Du côté du Montferral et de la Savoie, à 1*0. , les frontières étaient encore indécises ; mais Sforze , autorisé par le traité, reprit en peu de jours sur ces deux pays ce que l'ancien duché des Yisconti avait perdu à la guerre , et deux traités particuliers rétablirent les anciennes limites avec le Monlferrat au delà d'Alexandrie , avec la Savoie entre Verceil et Novarre aux rives de la Sesia(l). Du côlé des Vénitiens, à l'E., le nouveau duc étendait même les Etats de son prédécesseur : il leur cédait la province de Crème ; mais avec le Crémonais

(1) Dumont, III, P. 1t p. 211 et 221, 17 Juillet et 30 août • I454.

Gétg. Pol 2.

il gardait les villes qu'il avait prises entre l'Oglio et l'Adda (Sancino, Garavaggio et Castiglione) la Ghiara (TAdda (1).

Venise. Venise , qui maintenant réglait avec lui la situation de l'Italie, £tait restée longtemps comme étrangère à îfrangèns. 8es v « c i ss i lu( les. Détachée du continent par ses lagunes, ville marine, pour ainsi dire, elle n'avait cherché d'abord que des conquêtes accessibles à ses flottes, des îles, des côtes et des ports. Elle avait ainsi rangé sous sa domination Ylstrie excepté Trieste , et en exceptant la république de Ragus:? , la côte de Dalmatie jusqu'à Alezzio et Durazzo (conquise en 1386) - 9 les îles de ces côtes , celles de la mer Ionienne et la plus grande partie des îles de l'Archipel , principalement les îles de Nëgrepont et de Candie; sur les côtes du Péloponèse, Argos, Napoli de Romanie , Patras, Coron, Methone\ un instant même la terreur des Turcs lui avait donné Corinthe, qu'un des princes de Morée lai remit (1422) pour acquérir sa protection. Mais elle ne devait pas gagner cette fois à la chute de l'empire grec, et le juste pressentiment du danger qu'allaient courir ses possessions coloniales lui avait inspiré , à

(t) Traité de Lodi, art. 17, «Wd., p. 204. Un traité postérieur (4 août 1456) précisa plus nettement encore les limites. Jbid,, p. 241 . — Ajoutez-y les territoiresde Cunia, de Rocca et de Barbiano, que le duc de Modène, son voisin à l'E., lui cédait dans la Romngne, pour obtenir sa bonne amitié. 30 mars 1456. Dumont, ibid. , p 237. — La ville d'Asti, portée en dot par Valentine Viscofiti à la maison d'Orléans* étaii aussi retenue par les ducs de Milan.

temps encore t la pensée de se créer plus prés d'elle , en Italie, une domination moins exposée.

Pour être venue plus tard à la domination de l'Italie Pottesrio die n'en fut pas la moins bien partagée. Depuis qu'elle Ualtenne avait pris pied sur le continent par l'acquisition de Cervia en Romagne (1275) et surtout par l'acquisition de Trévise (1338, 1388), elle s'était mêlée à tous les troubles, à toutes les ruines, et rarement avait manqué d'en tirer quelque chose. C'est par là qu'elle avait réuni le Frioul, le Cédorin (1420), Feltre, Belltme (140%.) : (ces trois derniers pa js faisaient Avec Trévise, la Marche Trévisane); des Alpes à l'Adriatique, auS.-O. des précédents, Vicence, Vérone, Padoue (1405) (1); Lonato, Valeggio^Peschiera, sur le lac de Garde, cédés par le duc de Mantoue (1441); le Bre&cian, l&Bergamas • que qui avaient reculé ses limites sur le Milanais du lac de Garde au lac Iseo et à l'Ogiio , du lac Iseo au lac de Gôme et à l'Adda ; enfin au milieu du Crémonaâs , la petite province de Crème conquise en 1419 et formellement cédée par la paix de Lodi. — C'étaitdonc, tout à côté de ses possessions illyriennes, iyi Etat compacte qui embrassait toute l'Italie du N., depuis le Pô, au S. jusqu'au Tyrol et 4 Tévôché de Trente, en exceptant le duché de Mantoue et Crémone ; ajoutez-y hors de les limites, Cervia en Romagne et Ravenne dont elle dépouilla (1441) le jeune seigneur de Polenta, confié à sa tutelle.

Floaencb (auS., dans la vallée del'Arno) que son gou- Florence '

(t) La Polétiméê Jfen^d, engagée à la république la mérfte année par le duc de Fer rare, lui resta définitivement en U8A.

vernement, ses intérêts politiques rattachaient au N. de ritalie, était contre Milan l'alliée naturelle de Venise; mais moins habile et aussi moins avide, elle n'avait point profité de la mort de Galéas Visconti (1402) pour recueillir autour d'elle les débris de sa domination. Si elle s'était emparée de Pise (1404) elle avait Sienne, respecté l'indépendance que les républiques de Sienne Jjê SS£ U9 au S. et de Lucqdes à l'O. venaient de reconquérir. Elle partageait avec elles la Toscane où l'on comptait encore les petits Etats de Massa et Carrare, à l'O.; ^ et au S. , la seigneurie de Piombino, à laquelle se rattachait l'île à'Elbè depuis 1448 : cette principauté reconnaissait la souveraineté du roi de Naples. — Longtemps arbitre de l'Italie du N. avec Milan et Venise , Florence commençait à déchoir de ce rang. C'était Milan et Venise qui arrêtaient les conditions du traité de Lodi; Florence , demeurée neutre dans la dernière guerre par l'influence des Médicis, n'eut que le- droit de l'accepter.

Gènes. Gênes n'eut même pas ce droit. Alphonse-le-Magnantme avait exigé, pour prix de son adhésion, qu'elle en fût exclue. Cette république jadis rivale de Venise , loin d'accroître à son exemple sa domination continentale , en était venue au point de ne plus savoir se posséder elle-même ; et c'était comme par exception qu'elle n'obéissait point alors (1435l'i58) à un maître étranger. Toutefois, la seigneurie de Final était toujours un fief de la république(l); l'Ile

(I) Gênes avait aussi acquis, en U05, Uvcmrme, qu'elle Tenait de ce'der, en 1421, à Florence.

de Corse lui appartenait ainsi que Famagouàte dans l'île de Chypre ; et elle retenait encore plusieurs de ces colonies qui avaient assuré sa domination dans la mer Noire : Amastro, Caffa, etc. — Mais la prise de Conslantinople et la ruine du faubourg de Galata lui présageaient la perte prochaine de tous ces établissements dont Galata était en même temps et l'entrepôt et la clef; et dans l'Archipel les seigneurs génois, maîtres de Khios et de Lesbos, étaient déjà tributaires des Turcs. Cette domination que les Génois ne surent point se former, comme Venise, dans les parties voisines delltalie, échut à la maison de Savoie à qui Gênes obéit elle-même de nos jours. Elle couvrait les deux versants des Alpes, de la Saône à la Sèsia, des côtes de la Méditerranée au lac de Neufchâtel, embrassant dans cette vaste étendue : d'une part avec la Savoie, le Bugey (Belley), le Valromey (Saint-Rambert) et la Bresse (Bourg) entre le Rhône et la Saône; les pays de Gex.de Vaux, de Chablais (Thononl, de Faucigny - Belleville} , de Genève (1), qui formaient comme une ceinturé autour du lac de ce nom ; une partie du Valais, entre le Rhône et le Grand-Saint Bernard (2); et sur le versant italien des Alpes, le duché d'Aoste et le

(1) La ville de Genève s'était déjà soustraite à son obéissance. En 1 1 420, un accord entre la ville et son évêque avait déterminé leurs droits respectifs. La même année, elle avait été déclarée

* ville impériale par Sigismond. ,

(2) Le Bas-Valais (Saint-Maurice, Monte y, Martigriyy etc.), reconquis perles Valaisans libres, en \Wi 5.

Digjtized

Piémont. —Bielle, Verceil, Cherasco, Com peuvent servir à déterminer à TE. une ligne frontière qui , au S. envelopperait Vintimille, Ville franche, elle comté de Nice, détachés de la Provence avec Barcelonnette en 1388 et formellement cédés en 1M9, par la maison d'Anjou. — Mais dans l'espace compris entre ces limites, quelques pays étaient indépendants de cette maison, comme le marquisat de Sâluces (1) , lé comté de Tende, la seigneurie de Monaco (Monaco, Menton et Roquebrune) ; et ceux mêmes que nous avons nommés n'étaient point indissolublement unis : souvent la coutume des apanages affaiblissait la branche souveraine au profit de branches collatérales. Ainsi ei> 1434. , Amédée VIII en cédant la couronne ducale à son fils aîné Louis, avait donné au second, Philippe, les comtés de Genevois et de Fauqgny (2).

Au milieu de ces Etats principaux venaient à un degré inférieur :

M °rât! Cr " La maison grecque de Paléologue établie (1306) dans le duché de Montferrat (cap. Casai) , entre la

(f) Le marquisat de Saluces appartenait à une branche de la première maison de Montferrat.

(2) Dumont, III, P. 1 , p. 80, Plusieurs villes, faisant partie du legs, y sont encore énumérées. — A la mort de Louis, en 1£65, le Genevois , le comté de Romont , la Bresse formèrent autant de branches détachées de sa maison. — En 1 51 £ [IL août) , Charles -le-Bon, duc de Savoie, conférai! encore à son frère Philippe lïnféodation du comté de Genevois, des baronnics de Faueigny et de Beau for t. Dumont, IV, P. 1, p. 191.

Savoie et les Etats de Sforza qui lai reprit l'Alexandrin.

Entre les Etatsde Sforza et Veqjse, les Etats de la mai- uaotoue. son de Gonzague sur le Mincio, Mantoue alors trop voisine de cette ambitieuse république qui pourtant s'obligeait par la paix de Lodi à lui rendre ses domaines si convoités des rites du Pô (1).

Sur la rive droite du Pô, entre la Romagne, la Tos- Modéoe. cane, le Milanaiset le pays Vénitien, les Etats de la maison d'Esté, sa voir; les duchés deModëne et de Reggio* les comtés de Comtnacchio et de Rovigo, ériges en 1492 parrempereurFrédéricII,etlaseîgneuriede Ferrart, relevant du Saint-Siège et dont Paul II fit aussi un duché en 1471.

Enfin entre le Milanais, le territoire de Mantoue et

Petites celui de la maison d'Esté, quelques petits Etats dont principau-

on ne daignait pas tenir compte au traité de Lodi. té> '

CoxREGGio à TE; de Parme dont le seigneur avait déjà

pris sa part avec Yenise aux dépouilles de Mantoue ;

— les domaines de laMiRANDOLEà TE. du précédent ,

dont la terre Concordia 9 avait été érigée en comté en

1433; — les comtés de Guastalla etdeMoNTEC&xàitu-

golo au N. de Gorrcggio , partagés depuis 1449 entre

les deux fils de Gui Torelli.— Ajoutez, au N.-E. des

Etats vénitiens, aux confins de ris I rie, Aquilée dont

le patriarche, dépouillé du Cadorin et du Frioul, avuit

(1) Le marquis de Maktotje possédait encore, dans le Crènonait et dans le Breseian , plusieurs domaines qu'il -partagea entre sta trois fils, par son testassent de UU. Dumomt, ibid. , p. f 38.

do moins obtenu de Venise la possession assurée de cette ville et de quelques châteaux (Saint Vilo , Saint- Daniel).

Révolu- L'équilibre que la paix de Lodi établit parmi les puisl'Italie de sances italiennes, maigre des secousses et des agitations pas- 1454 à sagères, dura près de trente ans. La chute de Constantinople retentissait encore; on était préoccupé d'un danger commun. Mais à la mort de Mahomet II (1481) on se rassura. La politique rusée et perfide reprit le dessus; elle remua toutes les puissances dans cette guerre entre Venise et Ferrare, qui donna définitivement à la république la Polésine de Rovigo (1484). Tant de trahisons, tant de soudaines ruptures introduisirent enfin une juste défiance dans les relations des États italiens. Ils tentèrent un dernier essai ; on les vit alliés de leurs ennemis, ennemis de leurs alliés : Milan et Venise réunis en face de Florence et du royaume de Naples. — L'équilibre ne pouvait se maintenir sur cette base ; pour le soutenir» il ne resta plus qua invoquer l'appui de l'étranger.

C'était l'appeler à la conquête; mais d'abord il ne s'agissait que du royaume de Naples, et Charles VIII ne faisait que suivre la route, depuis si longtemps battue par les princes angevins. Bientôt pourtant celte domination nouvelle parut avec tous ses dangers. À défaut de l'intérêt général du pays, les intérêts particuliers de chacun des Étals italiens les réunirent tous autour de Venise en une ligue puissante, devant laquelle Charles VIII se retira. Cetle double leçon et du danger de l'intervention étrangère, et de la force de l'union intérieure, fut «Icore perdue pour l'Italie. Venise qui en avait chassé Charles VIII, y introduisit Louis XII, toujours conséquente à sa politique avide; car elle gagnait quelques provinces dans l'un et l'autre cas.

Louis XII repassait les Alpes dans un double but (1). Il

(1) Il avait commencé, comme Charles VIII, par renouer l'alliance de la France avec la Bretagne t en épousant la veuve du

avait à faire valoir et les droits de Charles VIII sur le royaume de Naples, et les droits de sa maison sur le duché de Milan. Il commença par le Milanais, et resté maître du pays avec le concours de Venise, il accomplit les clauses du traité de partage (Blois, 1499) en lui cédant le Crémonaiset la Ghiara dAdda (Sancioo, Caravaggio et Castiglioné).

Affermi dans l'Italie du nord, il pouvait, avec plus de succès, entreprendre la conquête du royaume de Naples, et devenir l'arbitre de l'Italie. Mais il perdit tout par sa fausse politique : le royaume de Naples, en appelant au partage de sa conquête le roi d'Espagne, qui finit par 4 garderie tout ; 17talie du centre, en abandonnant lés petits princes de la Bomagne à l'ambition de Borgia : c'était détruire les résistances qu'y avait toujours rencontrées la domination pontificale, c'était préparer la puissance de Jules II. Enfin, il perdit y Italie du nord, en s'alliant avec ses vrais ennemis contre son alliée Venise, qui en tout aurait dû partager sa fortune, comme elle partageait avec lui la haine des États voisins. Tous en effet avaient souffert des envahissements de l'ambitieuse république. Elle avait pris à la maison d'Esté la Polésine de Rotigo (1484); au royaume de Naples, Trani, Brinde, Olrante et Gallipoli, pour en expulser Charles VIII comme au Milanais pour y introduire Louis XII, Crémone et les rives de l'Adda et du Pô. A la chute de Borgia, elle avait saisi, en Romagne, Forlimpopoli, Rimini, Faenza, Monlefiore, etc. (1504), et quand Maximilien, réclamant la couronne impériale, voulait s'ouvrir de force un passage en Italie, elle lui avait enlevé Gorilz et Trieste (1508).

r w, 17 janvier 1&99, et, comme lui, avant de passer en Italie, » mettait. ses frontières en sûreté, en renouvelant les anciens taités avec Ferdinand (5 aoûtU98) , et en faisant de nouveaux sacrifices à Philippe, fils de Maximilien : il lui restituait Aire, H«*dtn et Bélhune, par' le traité du 2 aoiït U98. Dumont, III, p - 2, p. 396 et 397.

Ces usurpations nouvelles, en réveillant le ressentirent de ces puissances, firent revivre déplus vieilles prétentions. Maximilien parlait des droits de l'Empire sur Trévise , Padaue, Vicenceet Vérone; des droits de sa maison sur le Frioul et le patriarchat d'Âquilée. Jules II, au nom de l'Église, revendiquait les villes de la Romagne, même Ranime et Cêrvia; et Louis XII aussi se crut lésé en la personne des anciens ducs de Milan (1). Il oubliait que si Venise avait été leur ennemie naturelle, elle était Taillée naturelle des Français en Italie. Pour avoir trop bien voulu faire le doc de Milan, il perdH le Milanais.

En effet, on s'entendit bientôt avec Venise. Ferdinand le Catholique avait recouvré ses ports du royaume de Naples; Iules II» les villes de la Romagne. Le pape ne songea plus Çu'àdélivrer l'Italie des Barbares, etlasainte liguese forma. Elle eut plein succès. Jules II en mourant voyait les Français chassés de l'Italie, leurs alliés humiliés, la domination de Rome affermie. Elle s'étendait maintenant sur toute la Romagne, y compris Bologne; le duché d'UaBiN ne faisait exception qu'en faveur du neveu de Jules II, François- Marie de la Rovère; et si la maison d'EsTB conservait encore Ferrare, elle avait momentanément perdu Modène et Reggio y dont le pape s'était emparé. Ajoutez-y Parme et Plaûance, qu'il se fit céder par le nouveau duc de Milan, comme ayant fait partie de l'exarchat. — Sforze à Milan, les Médicis à Fioauics, Frégose à GftifEs (2), établis par

(1) Damna, injurias et rapinas, quas ipsi Veneli prsefato Régi christianissimo et suis prœdecessoribus , ducibus Mediolani , intolérant. Traité de Blois avec Maximilien ,150^ , 22 septembre Ddwont, IV, P. 1, p. 58. Il est reproduit dans le traite' de Canbr*i (10 décembre 1508). Dumont, Md., p. 116, 117, etc.

(2) Prise et perdue encore par les Français, en 151 3, cette Tille retomba sous leur domination au commencement du règne de François I* r , 1515-1522, etc.

»d influence, étaient Jiés à sa politique. Mais il laissait au i»di le roi d'Espagne maître du royaume de Naplbs ; au nord, les Français toujours- disposés à repasser les Alpes, YunsE, quoique dépouillée par eux de la Ghiara d'Adda et de Crémone, toujours disposée à les seconder.

ÀLLUA-

Sans présenter letriste spectacle de l'Italie, l'Alterna ___ gne, dans sa vaste étendue, n'offrait pas moins de divi- •«* sion.L'Empire n'était point» avec les princes allemands, dans les mêmes rapports que la royauté en France avec les grands vassaux : les électorals étaient héréditaires, perpétuels ; et l'Empire électif et mobile au gré des électeurs. Mais» si le pouvoir impérial trouvait en eaïQo invincible obstacle à tonte prétention de souveraineté, il ne les gênait pas moins dans les agrandissements qu'ils auraient pu prendre au détriment des plu petits Etats (1). Parce double motif, l'unité ne put «'établir en Allemagne, ni en une vaste domination aotoor du trône impérial, ni, dans des cercles plus limités autour des princes allemands. Elle n'y existait P* davantage sous forme d'association : les diètes,

(1) Tout ce qu'ils purent faire, ce fut de supprimer, à l'inténe ar, l'indépendance de la petite noblesse, de rendre compacte, d enclore pour ainsi dire leur domination territoriale (territo- *** cfotsum), en y faisant prévaloir la maxime quidquid ett -in krritorio, etiam ett de territorio. Voyez Pfeffbl, Hitt. du droit Mfe tn Allemagne, I, p. 403. Mais cet accroissement fut amplem *nt compensé par la coutume funeste du partage de la souver *uielé entre les fils, devenue, après le grand interrègne, comme »n* loi de succession.

# quoique toutes-puissantes à la fin du règne de la maison de Bohême, ne formaient qu'une représentation incomplète et insigniBante pour la masse, dont souvent les Etats cherchaient à se faire dispenser (1). Ce privilège d'élection, réservé à sept puissances, établissait au-dessns des autres une sorte d'aristocratie qui les rendait plus indifférentes au sentiment d'un intérêt commun. Si les petits Etats dispersés au milieu de l'Allemagne étaient comme entraînés au mouvement des plus grands, il y avait à craindre que les extrémités, rattachées à l'Empire par de si faibles liens , ne finissent par les rompre.— Sans parler de ces contrées étrangères à la famille germanique, et dont la dépendance n'existait plus qu'à la chancellerie impériale (royaume d'Arles, Savoie, etc.), ce second ban de peuples, la plupart allemands de langue et d'origine, qui fermaient l'Allemagne à l'occident, ne recevait que bien inégalement l'influence de la vie commune. Tels étaient : Frontières L'Ost-Frise, sur les côtes de la mer du nord, vers del'Ouest. l'embouchure de l'Ems, partagée entre plusieurs petits princes qui, réunis d'abord comme en fédération sur le pied de l'égalité, puis sous la domination de l'un d'eux, étaient restés jusqu'en 1453 en dehors de l'Empire.

A TO. et au S., la Frise et les autres provinces de la maison de Bourgogne dans les Pays-Bas, affranchies en 1442 de toutes les prétentions des empereurs.

(1) Pfeffel, I, p. 260.

Au milieu même de ces provinces, en Hollande, l'évêché d'UTRECHT (Ulrecht et-Over-Yssel) et la seigneurie d'EGMONT (petit château à une lieue d'Alcmaer), érigée en comté vers 1483, et dont une branche forma neuf ans plus lard le comté d'Egmont-Buren.

A l'E. de la maison de Bourgogne et sur les deux rives du Rhin, quelques petits Etats, unis déjà deux à deux, et que des liens de famille préparaient à une même domination (1). La Gueldre et Zutphen, sur î'Yssel, réunis dès l'origine, vers le milieu du onzième siècle. — Le duché de C lèves, sur le Rhin, et le comté de La Mark (réunis depuis 1392), bornés par la Gueldre, à l'O., et, à TE., par le comlé de la Lippe, auquel *es unissait un pacte de confraternité (1446). — Le duché de Berg, nu S. de La Mark, et le duché de Juliers, surlaRoer, séparés par le Rhin et par les Etats de l'archevêque de Cologne, mais réunis dans la n ême maiion (1423). Depuis 1437; c'était la branche de Ravensberg.

A 1 0. du duché de Juliers, l'évêché de Liège, dont le cours de la Meuse, de Huy à Maesyck, mesurait la longueur (2).

(1) Adolphe de Clève$ avait épousé, en 1370, Marguerite de Juliers ; Arnout, duc de Gueldres, épousa, en U30, leur petitefille Catherine de Clèves.

(2) Il comprenait le marquisat de Franchement, le pays de Condroz, le comté de Hasbain et le comté de Loo$, qui, réuni au chapitre en 1367, lui donnait sur la rive gauche toute la portion du Limhourg actuel, comprise entre la Meuse et Hamont, Pcer, Hesselt et Loos.

Aux frontières du Hainaut, province de la maison d^ Bourgogne, les évèchés de Tournai et de Cambrai.

Au S.-E. du Luxembourg, qui appartenait aussi à la maison de Bourgogne, les trois évèchés de Metz , de Toul et de Verdun.

Puis venait la Lorraine, déjà française alors par lai maison à laquelle ; un mariage l'avait donnée en 1431, celle d'Anjou, et qui, plus tard, après même qu'uni autre mariage l'eut rendue à la maison vraiment lorraine des Vaudemont (1W3), n'en protestait pas moins contre toute réunion au corps-germanique (1).

Au S. de la Lorraine entre la Saône et le Jura, la Franche- Comté, province de la maison de Bourgogne, avec la< ville impériale et l'archevêché de Besançon.

Enfin, à l'E. du Jura et au cœur même des Alpes, la Suisse, Y ancienne alliance de la haute Allemagne, qui comptait huit cantons en 1453 : Uri, Schwitz et Untertoald {dessus et dessous les bois), réuni* dès l'origine

(1) En 1542, Antoine, duc de Lorraine, fit reconnaître formellement à la diète de Nuremberg , l'indépendance de son duduché, «ila tamen ut dictus ducatus liber et non incorporabilis semper maneat. » Cette transaction fut confirmée par Charles- Quint, le 28 juillet 1543. V. Dumoht, IV, P. 2, p. 236. Les prétentions de l'Empire sur la Lorraine ne s'étendaient pas, du reste , au delà de la rive droite de la Meuse qui, d'après le traité de Verdun, en 843, devait servir de limites entre la France et la Lotharingie. La rive gauche, partie du Bar, était fief de la France, et s'appelait anciennement Barroii mouvant. — Le duc de Lorraine prenait encore les titres de marquis du Pont, prince de Gironne et vicomte de Thouars. Dumokt, III, P. 1, p. 106.

en 1315 ; Lucerne (1332), située avec les trois antres autour du lac des Quatre cantons ; Zurich (1351) et lug (1352), sur les lacs de leur nom , au N. des précédents, Glaris (1352},àl'E., et Jfcra(1353),àrO.— À TE. de cette confédération, celle des Grisons, qui allaient bientôt s'associer à elle : la ligue Grise et la ligne Caddée (Casa Dei), unies depuis 1424, et la ligue des Dix Droitures (1436).— La Suisse avait Oni par méconnaître ces droits de l'Empire, qu'elle avait réservés lors de sa première institution. Alliée à la France dejais 1452 (8 novembre), «elle se refusa toujours et à la juridiction de la Chambre impériale, et à ces contributions d'hommes ou d'argent imposées par les diètes mx Etats de l'Empire, jusqu'à ce que le traité de Westphalie eût prononcé qu'elle n'en relevait pas (1). Mais à défaut de l'Empire, une maison puissante essaya de 1453 d'attirer ces peuples dans le cercle de sa domination, la * * 5i ^ saison de Bourgogne. Elle les touchait en tout point ou par ses domaines des Pays-Bas, ou par ses domaines de France, tt ce double élément qui la constituait semblait la préparer merveilleusement à confondre en un vaste royaume ces fronces indécises des deux langues. Ce fut la pensée de Charta-le-Hardi : déjà par la cession de la Gueldre que lui faille vieux duc Arnoul (1473), il avait entamé les petits fochés du Rhin (2), il dépouilla le duc de Lorraine (1475),

(1) Voyez 1<* diètes de Wormt (1495), de Lindtm (1 497). Pfb*- ^H» p. 71, 74, 76. Les tentatives de rapprochement essayées Parla ligue des villes de Souabe, en 1387, n'avaient guère été plus ^orablement acceptées. JWd., I. 514.

ffl Le duc de Juliers , qui d'abord avait protesté contre cet *Wdon ; finit par transiger pour une somme de 80,000 florin s "h Rhin Dumont, III, P. 1 , p. 607. .

et maître du laudgraviat de la haute Alsace que Sigismond d'Autriche lui avait engagé avec les villes forestières (1) et le comté de Ferrelte (1469), il osa s'attaquer aux ligues Suisses. Ce fut recueil de ses vastes projets. Il fut décidé par sa mort que ce royaume mixte de Lotharingie deux fois détruit, ne se renouvellerait pas. — L'Ostfhise, — les évêchés de Liège et d'UTRECHT conservèrent leur indépendance compromise /par ces agrandissements; Tévèché d'Utrecht, pour peu de temps il est vrai : en 1483, Maximilien, au nom de la Bourgogne, s'en ût reconnaître protecteur, et en 1522, Vévêque menacé par les protestants ne conserva son autorité spirituelle qu'en abandonnant tout pouvoir temporel à Charles-Quint. — La Gdeldre, reprise à la mort de Charles par le prince Adolphe qui en avait été déshérité (1481), vint un instant, après bien des vicissitudes (1538) (2), se joindre aux duchés voisins (Berg et Juliers, Clèves et La Mark) que les suites d'un mariage avaient déjà réunis à la mort de Guillaume de Juliers (1512) (3). — Dès la bataille

(1) Rheinfeld, Seckingen,LauffenbourgetWaldfhut, sur le Rhin.

(2) Elle fut cédée par Catherine, sœur d'Adolphe, à Marie de Bourgogne (U81) ; cependant Charles d'EGMONT, fils d'Adolphe, entreprit de s'y rétablir (U92).En 1528, il consentit à faire hommage à 1' empereur pour le pays de Gueldre, Zutphen , Groningue, Ommelande, etc.; mais, en 1 538, ses états qu'il voulait décider à se donner à la France le contraignirent à instituer pour héritier le duc de Juliers. C'est à lui qu'ils se donnèrent à sa mort, malgré les prétentionsde Charles-Quint ; bientôt pourtant le duc <le Juliers s étant uni lui-même à la France, Charles Quint le força à lui céder la Gueldre et Zutphen (1543).

(3) Le duc de Berg et Juliers avait déplus acquis la seigneurie de Heinsbergei GetÏ6nfct'rcfon,par un mariage avec Pu ne des deux héritières de ces pays (1472), et une transaction avec l'autre (U83J. Les terres de Vucht, Gaugelt et Millen, autres dépendan-

deiforat, fe duc de Lo&baïuh était rentré en possession

de ses États. — L'Alsace et les autres pays engagés à Charles de Bourgogne revenaient à Sigismond. — Par l'abandon que fit ce prince cfu baillhge de Thurgovie, perdu en 1460, par la cession qu'il fit à Zurich (1477) de la ville de ïïinterthur (engagée eij 1467), la Suisse avait vu s'effacer A^randiss©de son territoire les dernières traces de la domination de mentsdeU lAutriche. Elle acheva bientôt de se constituer à Tinté- Stt *W. rieur. Aux huit cantons qui avaient fondé ou affermi son indépendance, et à ce titre privilégiés, vinrent se réunir, en 1181, Fribourg et Soleure à l'O. ; en 1501, Bêle et Scha/f use aoN.; en 1513, Appenzel au N.-E., le treizième et dernier canton (jusqu'en 1793). Outre ces pays qui faisaient partie intégrante de la confédération, d'autres lui étaient attachés par les nœuds d'une simple alliance : la ville (1454) et l'abbaye (1451) de Saint- Galles, qui, en 1469, acquit le comté de Toggenbourg(l); l'évêque de Bile, la république hMulhavsm (de 1515 à 1588), le Valait, dont la partie libre Çtal- Valais) reconquit en 1475 la partie soumise à la Savoie; enfin les Trois ligues Grises, dont nous avons parlé, kiïgiie Grise proprement dite avec la ligue Caddée (Casa to') et la ligue des Dix Droitures, alliée aux deux prêtres en 1471 (2). — Quelques pays ] u j étaient rattachés e ncore, mais à d'autres liires : les sept bailliages italiens (3) Qneles Suisses enlevèrent au Milanais pour se payer de leurs Kcours, et les bailliages libres , qui malgré ce nom, n'en

ce * de celle maison, lui demeurèrent aussi assurées par la ces- "«I qu'il fit an comte de Nassau- Drllenl-ourg des terres de Die k, deZichem el de la châtellenie d'Anvers (1499).

(ODuHMrf,!!^ p. 1,^.403.

U) L évètjue de Confiance aussi renouvelle fort souvent son all,an <* avec le» Suisses. Vo y ci Dumokt, 111, P. 1, p. Ù0L>, P. 2, M», p. 315.

v) Mlinzona, Rimera, et ValBrenna (1 500), Lugano, Locarno, '«drtiio «t Val-Maggio (1512). Dans cette même occasion (!5I2> c %. Pol. 3

furent pas moins régis jusqu'aux derniers temps par le droit de conquête (1).

Allemagne C'est derrière celte première ligne de peuples qu'il faut vraiment chercher l'Allemagne. Les montagnes du nord de la Bohême, celles de la Thuringe, et ces autres chaînons qui se rapprochent vers Mayence de la continuation des Vosges, la partagent en deux grandes régions naturelles , et, dans l'histoire, il y eut aussi l'Allemagne du midi et l'Allemagne du nord. Dans le nord, dominait autrefois la maison de Saxe, hien puissante quand, avec les Olhon, elle occupait l'Empire; plus puissante peut-être quand, sous la maison des Welf, elle se constitua en opposition contre lui. Aux Etats de la Bavière, qui s'étendaient jusqu'au milieu des Alpes (Tyrol, Styrie, Carinthie, etc.), on avait vu un instant réunie toute l'Allemagne du nord, de YEms à l'Oder, du Rhin à la Baltique. Mais cette puissance, déjà ébranlée sous Henri-le-Superbe, succomba sous Henri-le-Lion, son fils (1180). Là Bavière d'une part, de l'autre la Saxe, avaient passé, irrévocablement celle fois, à d'autres familles, et tandis que la Poméranie, le Mecklembourg, le Holstein, le comté d'Oldenbourg échappaient à sa domination , les petits

les Grisons acquirent Bormio, Chiavenna, et une partie de la Valteline; le reste leur revint en 1630.

(1) Schwarttenbovrg, Morat, Orbe, Tseherlitx , Gremson, les bailliages de U$naeh et de Gattor. — Les alliés que nous avons nommés et plusieurs des cantons adjoints ou bailliages libres « figurent avec les treisc cantons au traité conclu avec François I", le 29 novembre 1 51 6. Dumokt, IV, P. 1 , p. £68.

itêchës, dispersés dans ses vastes Etats, attiraient à eux quelques débris de la maison déchue, reléguée dte lors dans ses domaines patrimoniaux de Brunsvick(i). L'Allemagne du nord n'était plus sortie de celte désorganisation ; un exposé rapide de ce qu'elle était en 1453 la montrera plus divisée encore.

D'abord, entre l'Elbe, le Weser et laWerra, la Bnmnr,dc maison de Brunswick , jadis maîtresse de toutes ces contrées, divisée maintenant en deux lignes, celle de Grubenhagen, et celle deGœttingen, qui, depuis 1409, formait deux branches : la maison moyenne de Lu nèourg et la maison moyenne de Brunswick (2).

Derrière elle, le long du littoral de la Baltique et de la mer du Nord, quatre pays, qui, depuis sa chute, & partageaient entre l'influence allemande, et l'influence Scandinave:

ta comté ^Oldenbourg sur la H unie, affluent du Oldenbourg Weser, el le comté deHoLSTEiN,des bouches de l'Elbe etHolstel1 » * la Baltique. Unis dans la même maison , ces deux Etats se trouvaient plus intéressés aux révolutions des

(I) Ces domaines étaient entrés, a titre de duché, dans la hiérarchie de 1 Empire en 1285.

(?) Le partage, de nouveau réglé en 1428, mettait d'un côté ^olfenbuttel, Calenberg, les revenu? de Hanovre, les bailliages de r **m, MHnerten , LiekUnherg et Horxbourg; de l'autre, le payt h Lunebowrg avec Hollermunde, elc.—Bntntwick et Lnnebowrg restent en commun, ainsi que la supériorité territoriale deGwttm- 9»dont la branche de Brunswick hérita en 1&6X— La branche * e Brunswick se partageait, de U32 à H71 , entre deux frères» font l'un avait Calenberg et Hanovre, l'autre Wolfenbuttel. Voyex ^hœh, BUtoire âe* Était européens, t XIV, p. 293, 509.

5i Ànhmit. g ur j es r j ves <j e i»£/ft c% au g.E. des possessions de la maison de Brunswick, étaient celles de la maison d'Asganib on ânhalt, qui lui avait succédé, à sa chute, dans ses principaux domaines (1); mais dépouillée par l'évoque de Halberstadt de son comté patrimonial d'Âscanie (depuis 1318), divisée en deux branches, subdivisées elles-mêmes, Bernbourg (2) et Zerbsl-Dessau-Coethen (3) elle avait vu passer en des mains étrangères ces deux principautés , qui avaient fait son importance, les deux électorals de Brandebourg et de Saxe.— Le duché de Saxe-Lauenbourg (sur l'Elbe , depuis Domitz jusqu'auprès de Hambourg), restait seul à une branche de l'ancienne maison.

Plus rapprochées des maisons où s'était fixé l'Empire , les maisons renouvelées de Saxe et de Bkande-

1532); de Géra (1206-1550), el de Plauen, dont la branche aînée avait le burgraviat de Meisten.

(f) Otton-le-Rîche, fils d'Esicon V, comte cTAscanie, mort en 1 123, laissa cTElika , fille de Magnus, dernier duc de Saxe de la maison de Billung, Albert, surnommé VOurs, qui devint marquis de Brandebourg, en 1152, et mourut en 1169. Bernard , fils puîné de ce dernier, eut dans son partage le comté d'Anhalt, auquel il joignit, par collation de l'empereur Frédéric I, le duché de Saxe, en 1180, après la proscription de Henri-le- Lion. Étant mort Pan 1 21 2 , il laissa de son premier mariage deu»fils : Albert, son successeur en Saxe, et Henri -le-Vieux, déclaré prince d* An h Alt et comte d'AscAHiE en 1218 par Frédéric II. (Art de vérifier let date».)

(2) Elle s'éteignit en 1&63 au profit d'un prince de l'autre maison.

(3) Zerbst-Cœtlten et Zerhst-Dt-ssau, de 1382 à \L"L.

bourg, el la maison de Hessb, formaient alors les Etats prépondérants du nord.

La maison de Hohenzollern qui possédait le burgra- ?iat de Nuremberg (Anspach et Bayreuth y avait réuni), en 1415 , l'électoral de Brandebourg (1). Aux domaines dont se composait alors le margraviat (vieille et moyenne marches, marche de Priegnilz) elle avait ajouté la marche Ukraine (Ucker-Mark), et bientôt y ramena (1454) la Nouvelle marche (au delà de l'Oder) que Sigismond avait vendue en 1402, à l'ordre Teutonique (2). Mais en 1453. ce grand héritage était déjà divisé. Le fils aîné de l'électeur avait succédé à sa dignité dans le margraviat de Brandebourg (1440); les deux plus jeunes s'étaient partagé le burgraviat de Nuremberg, les deux principautés d' Anspach et de Bàyrecth; partage qui cessa sous Albert III (1464 et 1470) pour se renouveler encore après lui (1*76).

Mais du moins Télectorat de Brandebourg suivit dès lors sans interruption ces vues d'agrandissement qui rélevèrent si haut. En 1473, Albert III y avait réuni plusieurs villes de Po~

(1 ) La ville de. Nuremberg avait profité du besoin d'argentde la maison de Hohenzollern, quand elle acquit l'électorat de Brandebourg, pour racheter elle-même tous les droits féodaux que cette maison exerçait dans ses murs.

(2) En 1462, elle demeura maîtresse de la Batte-Lusace (Cot~ bus, Peitz, Teupitz, Beerfeld, Lubben), dont une partie lui était abandonnée depuis U L 8. En 1682, elle fit d'autres acquisitions en Silésie : les riches provinces de Crouen et de Zultichau , lui demeurèrent par suite d'un engagement. Voyez Schœll, XI, pages 201 et 2(K.

méranie. Les rivages de. la Baltique, la Pomérarùe elle-même et le Mecklembourg, faisaient déjà l'objet de l'ambition des électeurs. Ils cherchaient à en tirer quelques chose dans les divisions d'héritage, et même à s'en préparer la succession . tout entière pour l'avenir. C'est ainsi qu'en 154*2, lors de lai succession de la seigneurie * de Werle et de Gustrow, 3g conclurent, avec la maison de H echlembourg, un pacte de confraternité qui leur en assurait l'héritage, à l'extinction de» mâles. Ainsi encore à l'extinction de la branche de Stettin, en Poméranie, ils ne renoncèrent à leurs prétendus droits (1476) que pour se faire concéder, avec le titre de dues de Poméranie, la succession éventuelle de la province, quand finirait la maison régnante.(l).

Saxe. Comme le Brandebourg, la Saxe avait gagné en passant à la maison nouvelle. Au duché de ce nom (correspondant au cercle électoral de Wïtlemberg sur l'Elbe), au palatînat de Saxe (2) et m comté de Brène, qui composaient les domaines de l'Electoral, la maison de Munie, revêtue en H23 de cette dignité, réunissait la Mimie, ficap. MeUsen sur l'Elbe) (3), et bientôt la Thutinqe (1439) qui pourtant en était sé-

(1) Le droit de succession établi par ce traité s'ouvrit em 1637, et reçut en partie son exécution (Voy. plus bas). Quant au Mècklembourg, lassé d'attendre, le roi de Prusse en prit le titre et les armes en 1 708.

(2) Détaché de la Saxe àlarnort de Henri -le-Lion et revenu à la mort de Henri-l'lllustre, margrave de Jfttnte (1238).

(3) Le burgraviatdela ville de Meisst* ne Lui échut qu'en t£2&, par la cession que lui en Ut le comte dePlanen. DuatQliT t £tqpp{. I, P. % p. 351.

parée en 1453 (1). Elle y ajoutait une chose qui, pour la force du pays» valait une province, l'alliance intime delaHesse.

ta Hesse, séparée de la Saxe par la Werra à ITL, nme > i renaît en 1453, par l'acquisition des pays de Nidda et de Ziegenhayn, de porter ses limites méridionales presque jusqu'au Mein, où le comté de Hanau (2) Farrêtait encore. A 1*0. elle étendait sa suzeraineté sur les deux branches de la petite principauté de

Formée d'un démembrement de la Thuringe au moment où la maison de JMisxie en recueillait l'héritage (1917), la H esse avait bientôt renoué avec elle par des traités de succession mutuelle, ces liens politiques qui venaient d'être rompus. Le traité de confraternité de Henri l'Illustre avec Henri de Hesse, est, selon Pfeflel, le premier de ce genre dans le droit publk de l'Allemagne. En 1435, la Hbssk et la Misnib, devenue maison de Saxe, y comprirent le Bhakmbouii6

(1) L#e nouvel électeur dut la céder, en 1451, à son frère Guillaume, avec lequel il avait déjà fait un premier partage héréditaire en 1445. Domont, Supp. I, P. 2, p. 399. Les villes qui composaient chaque part y sont énumérées.

(2) Le comté de H AN au se partagea en 1 453 en deux branches, celle 4e Hanau Munzenberg , éteinte en 1642, et celle de Banau- Uchtenherg, éteinte en 1 736.

(3) Elle acquit encore les seigneuries de la Plein (14£7) , de A#J6ergr(1456). Plus tard , elle gagna aux troubles de la succession de Bavière. (1505) , les pays qui composèrent depuis l'apanage du rameau de Bombourg.

Giog. PoL 3.

aux mêmes conditions (1). Ces traités qui leur offraient pour l'avenir les chances d'une succession générale» leur assuraient au moins, pour le présent, l'avantage de resserrer leurs alliances, en les intéressant à la conservation de leurs domaines. Mais si, en face des maisons puissantes du midi et de l'Empire, elles sentaient le besoin d'union, elles ne comprenaient pas mieux encore l'importance de l'unité intérieure ; et dans la période qui commence, elles allaient faire au détriment de leur influence de nouveaux partages de leurs domaines.

La Hessb, en 1458, se divisait en deux principautés : Marbourg sur la Lahn et Cassel sur la Fulda (2). La Saxe, en 14£4, vit commencer les deux branches Âlberline et Ernesline qui héritèrent de la Thuringe en 1482 (3). Dans le Brandbbocbg, Albert III, la même année qu'il renouvelait avec la Saxe et la Hesse, ce pacte de confraternité et d'union (1473), divisa ses États entre ses trois fils, donnant Y Électoral à l'alné et aux deux autres les deux burgraviats de Nuremberg, Âtupach et Bayreuth ou Culmbach (ce partage se réalisa à sa mort, 1476).

Jtésumé. Tel ('tait donc l'état du N. de l'Allemagne dans la

(1) Ces traités furent très-souvent renouvelé.*.

(2) Ce partage ne dura que jusqu'en 1500 ; le partage actuel commença en 1567.

(3) Le traité de partage de 1 £83 donnait le cercle électoral de WUtemberg, à l'électeur Ernest, par préciput, et pour sa part, la Thuringe;— la Munie, y compris le margraviat de Londtberg, l'Osterland, et le cercle de Voglland , furent le partage d'Albert- Voyez Rémunération des principales villes qui les composent, dans £CHŒU., Histoire de* État* européens, t. XIV, p. 168.

seconde moitié du quinzième siècle. La maison deBruns- «ici, jadis souveraine du pays, maintenant renferme, dans ses domaines patrimoniaux, derrière elle, le long do rivage, quatre principautés continuant à TE. da comté de Emdem ou de l'Osfrise cette ligne indécise entre l'Allemagne et les peuples voisins; le comté ^Oldenbourg, le Holstein, le Meckîembourg et la Po* méranie; autour du Brunswick, ces Evêchés ou petits Etats, qui ont pris leur part aux dépouilles de Henrile-Lion ; au S., la maison d'Ascanie qui en a recueilli la portion la plus considérable, et autour de cette maison, les maisons -nouvelles établies dans le Brandebourg, dans la Saxe et qui, avec la Hesse, ce troisième Etat prépondérant, projettent un avenir d'union, tandis qu'au même moment elles se divisent et se ramifient. Les deux grandes régions de l'Allemagne dont le Électoral partage, nous l'avons vu, est non seulement dans JjSjJJ 1 *' l'histoire, mais avant toute induction historique dans la constitution même du pays, se trouvaient aux élections de l'Empire assez également représentées. Des quatre électorals laïcs, deux se trouvaient de chaque cM6(Saxe, Brandebourg — Palatinat, Bohème), et les trois électorats ecclésiastiques se partageaient sur leur frontière le long du Rhin: Cologne, au milieu des Etats de Berg et de Juliers, — Mayence, au confluent du Mein et du grand fleuve, — Trêves, sur la Moselle, plus rapprochée du ci-devant royaume d'Arles, dont elle avait l'archi-chancellerle en titre. Puissants en tant qu'éleclorats , mais faibles en tant qu'électifs, ces trois archevêchés n'avaient point les

moyens d'agrandissement des principales maisons d'Allemagne, qui» par des mariages, augmentaient leur domination présente, etae multipliaient pour l'avenir des espérances de réunion. Si quelque. rare succession venait ajouter au domaine de l'archevêque, c'était chose viagère pour le domaine de l'archevêché. Les archevêchés, comme Etats, ne pouvaient gagner qu'à la ruine ou à l'extinction de quelque maison voisine (1). Mais leur puissance, intéressée parfois aux révolutions des maUons princières, Tétait bien plus généralement à la conservation de l'Empire. Aussi avaient- Us contribué à mettre fin à ce grand interrègne dont les électeurs laïcs ne se trouvaient pas si mal ; car ainsi qu'il le parut par l'événement; ils ambitionnaient moins pour eux le sceptre impérial qu'ils ne le craignaient aux mains de leurs rivaux.

Quoique les chances fussent égales, l'Empire, échappé à la maison de Saxe, ne revint plus au N. que passagèrement. Quatre maisons puissantes le fixèrent au Midi : la Souabe , ia Bavière , la Bohême et l'Àutbiçhf; mais de ces quatre maisons, deux déjà en 1453, la Souabe et la Bohême, avaient disparu de ta scène de l'Allemagne.

Plus malheureue que la maison de Saxe, dont elle

(1) Comme il arriva à la chute de la maison de Saxe (1180) qui laissait à l'archevêché de Mayevce \'Eiehsfeld % à l'archevêché de Cologne les duchés de Westphalie et d Ângrie (Engern à huit lieues sud-ouest de Mi nden) , dont les titres lui demeurèrent dès lors attribués; comme il arriva encore, à. l'extinction de h maison d Ârçn$herff qui légua ce comté à Péglise de Çqlugnk.

irait causé la raine autrefois» la maison 4e Sooabe„«i tombant, avait péri lout entière, et laissait au premier occupant ces vastes Etals cnmprfr entre les Vosgt&.el les deux affluents du Danube, le Lech et le Nab; eptrele Rhin, quand il coule encore aux frontières de la Suisse, et ces montagnes qui» liées aux montagnes de la Bohême; partagent l'Allemagne en deux régions. Un seul pays, dans ces limites, obéissait à d'autres lois, le margraviat de Bade, compris.entre la Goret Noire et le Rhin jusqu'à Spire. Quoique le margrave ïrédè- de rie d'Autriche eût partagé sur l'échafaud le sort du jeune Conradin son ami, ses Élals ne furent point enveloppés dans la ruine des Etals de Souabe. La branche cadette en réunit les domaines (1); et une branche secondaire existait encore à côté d'elle en ii53: celle de tochberg, détachée de la tige commune depuis 1180, tiqti possédait les terres du Brisgau au S. (2).

Quant aux fiefs de la maison de Souabe, là place du maître supprimée, chacun fut élevé d'un rang dans la

tt) Cette hranche, divisée en quatre rameaux,depuÎ3 128ft,était revenue à l'unité, en vertu d'un pacte de famille. depuis 1361;

(2) Mais déjà une partie de ses possessions (celles de Bùckterg- BocUerg) était échue à la branche de Bade ; l'autre {Hochhergwutenberg) lui revint aussi (1503) en vertu d'un pacte de famille de U90. Le comté de Neufchâlél , acquis par la branche de Hochberg-Sausenberg en 1£57,n'était*pointcomprisdansle pacte

e «mille. Jl passa alors à la maison de Lengneville. — Quant au duché de Bade * il acquit encore par héritage la plus P^de partie du comté de Spdnheim; et, en U92 , il oblini de

archiduc Philippe, la seigneurie de Rodemachern^ dans le Luxem. ^% qui est restée jusqu'aux derniers temps à celte maison.

Alsace, hiérarchie Féodale. En Alsace il semblait en effet qu'un titre seul eût disparu. Elevé an rang de duché d'Em pire, le pays avait toujours conservé son ancienne division en deux comtés provinciaux ou landgraviats, l'un qui comprenait \eNordgau, l'autre le Sundgau. Ces divisions secondaires devinrent principales ; les landgraves restèrent maîtres chez eux : en 1453 le landgraviat du N. ou de la Basse Alsace' était réuni à l'évéché de Strasbourg ; celui delà Haute Alsace ou duJ3. appartenait à une-branche delà maison d'Autriche* — Franconie ^ n Franconie et en Souabe surtout, la succession

et de la avait été plus orageuse. Elle tombait aux mains d'une multitude de petits vassaux qui la pillèrent à l'envi. L'ordre avait pourtant fini par se rétablir, et le pays , fut divisé comme en deux camps : d'une part les villes qui, réfugiées d'abord sous la protection de l'Empire, cherchèrent bientôt dans leur mutuelle union une garantie plus sûre (1) de leur indépendance, et leur ligue, la ligue de Souabe (1377) avait, presque aussitôt vu se doubler ses forces par l'adhésion (1380) de l'ancienne ligue des villes du Rhin (1247); de l'autre, les petits seigneurs qui, associés dans un but d'agrandissement ou de pillage, durent bientôt, en présence de la coufédération des villes, se liguer à leur tour pour leur commune défense (Ligue du Bouclier de Saint- George, etc.) (2).

(1) En U68 Charles IV avait engagé à Eberhard II , duc de Wurtemberg, vingt-quatre tilles impériale* de Souabe ; elles ne sauvèrent leur indépendance qu'en se rachetant.

(2) Pfeffei, I, p. A 09. C'est de la mort de Conradin qu'il fail Ju-

Deux maisons plus paissantes se tirèrent de la foule: Borgraviat en Franconie, la maison de Hohenzollern qui , nous ^JJJJ* 11 " rayons vu, investie par l'empereur Rodolphe de Habsbourg, du burgraviat héréditaire 4e Nuremberg, en conservait sous sa branche cadette les domaines extérieurs (Anspach et Bayreulh) ; l'autre en Souabe , la maison de Wurtemberg qui, peu à peu, avait occupé tout le bassin du Necker, entre la forêt Noire et les Alpes de Souabe : depuis 1U2 elle se partageait en deux branches dont l'une avait Urach avec le Haut-Wur- ^f?"* iemberg et le comté de M onlbëliard (Franche-Comté), l'autre Stuttgard et le nord du pays (1).

Telles étaient les divisions qu'offrait, en H53, le vaste domaine de l'ancienne maison de Souabe. L'Alsace et ses deux landgravials ; la Franconie et la Souabe avec leurs ligues de villes et de seigneurs, et parmi les seigneurs deux princes qui s'élèvent pour là raine de tous les autres, le comte de Wurtemberg en Soaabe, le burgrave de Nuremberg (Anspach et Bayreulh) en Franconie. Une autre portion de la Franconie, le Haut-Palalinat ou Palatinat de Bavière, ainsi que les rives du Lech , Donawerth, etc. , avaient

ter et Xesttilles impériales, et îa noblesse immédiate de Souabe. Il faut du reste, remarquer que la -dissolution des Ettts de Souabe, consommée à la mort de Conradin, avait réellement commencé à la déposition de Frédéric II. — La noblesse de Franconie gagna beaucoup en puissance, lorsqu'en 1515, le burgrave d 1 Anspach fut dépouillé par ses fils qui se partagèrent ses États.

(1) La première reçut le titre >de duché à la veille de son ex* tinction (1 495, U96). Dumowt, III, P. 2, p. 325.

été cédées par Conradin au duc de Bavière V pour prix de ses secours (1267).

A l'époque où s'éteignait la maison de Souabe, la maison deWiTTELSPACH réunissait à l&Bavièrele Parlatinat du Rhin (1), et la cession d'une partie de la France orientale, ou Franconie dont nous venons de parler, rapprochait d'une complète union territoriale les deux pays unis déjà par la même domination ; mais celte unité de domination était à la veille de se rompre. A la, mort de Louis II le Sévère en 1294, avaient commencées deux branchesdelaBAviÊREetduPALATiNAT: la branche Lùdovicienne et la branche Rodolphine (2).

(1) Cette prwctpaufé* définitivement fixée autour de Heideiberg, sur le Neclter, depuis Conrad, fils de : Frédéric Barberousse, s'était accrue de la plus grande partie de la France Rhénane.

(2) La branche Lùdovicienne eut Ingolstadt, sur le Danube, avec la plus grande partie t de la Haute-Bavière ; la branche Rodolphine le Palatinat du Rhin, avec Munich, sur l'Isar. Restait encore le Nordgau, pays au nord du Danube : il fut compris dans le- partage plus régulier qui eut lieu en 1349. La ligne Rooofr- FHllTEtutle Palatinat avec le pays au nord du Danube , autrefois, cédé par Conradin, et qu'on appela Hant-Palaiinat ; la ligne Lw>QVlCiENNE reçut la Haute? Bavière. Une partie de la Bavière sous le nom de Basse-Bavière (Lmdshut, sur l'Isar, Straubing, près du Danube), en était détachée depuis 1255 : elle y fut réunie à l'extinction de celte branche en 1340 par l'empereur Louis de Bavière. — La branche Palatine, quoiqu'elle eût droit au partage, n'obtint alors qu'une somme de 50,000 florins d'or» et pour garantie, k? comté de Cham et les autres dépendances de la Basse- Bavière, situées entre la Bohême et le Haul-tfalalinat. Ce pays , et tout le Palatinat, dont. Rodolphe avait été dépouillé, avaient déjà été rendus à ses fils en 1 329.

En 14*)3, la division n'avait fait que s'accroître. La ligne de Bavièbe qui avait perdu par la Bulle d'or tout Bavière. partage de l'électoral;, se divisait en deux branches : Lartdshut et Munich (1); une troisième, celle d'/ngohtadl s'était éteinte en 1442. — La ligne Palatine Pautinat. se divisait aussi, en deui branches : la branche électorale (Heidelberg et Amberg dans les deux Palatinals) (2), et la branche de Simmern (3) : une troisième, celle de Neubourg avait uni en 1448 (4) #

Le moment où la maison de Bavière s'affaiblissait par ses continuelles divisions, était celui où s'affermissait la maison d'Autriche. Cette maison de Uabs-

AutrtclM.

(1) Elles délaient partagé en 1625 la succession de Strmthing» La branche de Landshut s'éteignit en 1503 , et celle de Munich n'en recueillit que bien difficilement l'héritage. Il lui fut disputé par Wtomte Palatin, dont le fils avait épousé la fille de Georges de Landshut Après une guerre de deux ans intervint une sentence arbitrale de 1 : Empereur, qui donnait à Albert de Muhich tout 1 héritage, réservant seulement aux petits-fils du comte Palatin les districts compris entre le Dtnube et le Mab (ils formèrent plus tard le duché de Neubourg). — - Maximiliew .qui avait prononcé la sentence, et les puissances voisines, H esse , Nuremberg (ville), et Wurtemberg, eurent aussi, à la faveur de ces troubles, leur part de la succession.

(2) Elle acquit en U58 le comté de Lulzelstem.

(3) Simmern, DeuxPoirt , Veldenz et £|5 de Sponheim.En U59 elle forma les deux rameaux séparés de Simmern et de Deux-PonU. — De cette maison de Deux-Ponts, sortit. plus tard (15G6), la deuxième maison de Bf$ubourg.

(4) Sa succession fournît un apanage à Qtton de JfassfacA» qua,- Wième fils de l'empereur Robert.

bourg qui avait» dû l'Empire à sa faiblesse, avait rapidement fait fortune par l'Empire. Transplantée dan m l'Autriche, elle n'avait point tardé à franchir les différentes barrières des Alpes, et à joindre à ce pays, formé autrefois de deux lambeaux de la Bavière et de la Hon grie (pays au-dessus et au-dessous de KEnns), les autres Etats que la Bavière avait possédés en partie sousHenri-le-Lion : la Slyrie (réunie sous Albert I* r }> la Carinthie (sous Albert II, 1336), le Tyrol, la Carniole (1363) (1). Elle s'était divisée comme la maison de Bavière, ou plutôt elle se multipliait pour acquérir. Un premier partage avait eu lieu en 1376; en 1411, il y en eut un autre dont les effets duraient encore en 1453.

Elle comptait alors trois branches : celle d'AuraiCHB (I igné Albertine) , et deui autres issues de la ligne Léopoldine: celle de Carinthie (Carinthie, Styrie, Carniolë), et celle de Tyrol {Tyrol, Alsace et domaiues patrimoniaux de Habsbourg). — Albert, de la branche d'AuTBiCHE, avait succédée la maison de Luxembourg et dans l'Empire et dans les royaumes de Hongrie et de Bohême (H37-38). Après lui, l'Empire avait passé

(1) D'après un privilège conféré par l'empereur Frédéric Barberousse à la première maison d' Autriche, tous les petits seigneurs compris dans ses limites, même ceux qui étaient inscrits dans la matricule de l'Empire, reconnaissaient la suzeraineté de cette maison. Le comté de Schaunberg (dans la vallée du Danube, de la Bavière à Linlz), qui seul faisait exception à cette règle, s'y soumit en 1361 . Schœix, Histoire des Était européens, XIV, p. 57.

I Frédéric de la branche de Carinthie (1U0-1493) , et ses Etals, V Autriche, la Hongrie, la Bohême, avec tes trois annexes, la Lusaee au N.-O., la Silésie au S.-E. et la Moravie à TE. , obéissaient au roi enfant Ladislas-le-Poslhume, sous la régence de trois hommes étrangers à sa maison : le comte de Cilley en Autriche, Mathieu Corvin en Hongrie, el Podiébrad en Bohême.

La mort prématurée du jeune prince (1457) faillit les détacher pour jamais de cette maison, au détriment de toutes Vautres branches. La Bohême resta à Podiébrad, la Hongrie àMathias, et V Autriche, que Frédéric de Carinthie afait fini par réunir à lui seul (1), lui fut encore enlevée par le nouveau roi de Hongrie (1485) ; mais elle lui revint à la mort deïathias (1490), et sa maison, si fortement ébranlée pendant son règne, se reconstitua plus puissante sous son fils Maximilien (1473). Maximilien en réunit tous les domaines par l'abandon volontaire de Sigismond de Tyrol (1492) et bientôt, par sa mort (1497) {Tyrol, comté de Ferrette, ville* forulières, landgraviat de la Haute-Alsace); il recueillait les héritages dont ses pères avaient déposé le germe dans des pactes de famille {Gorilz, une partie de YUtrie, et le reste te la Camiole 1500), et préparait à ses fils de nouvelles «accessions dans de semblables traités. Empereur, il ne neigea aucune des circonstances où son intervention pouvait tourner au profit de sa maison : comme il arriva dans les différends de la succession de Bavière, qui lui valurent plusieurs provinces (2). Mais ce fut surtout par des mariage?

(1) V Autriche, d'abord partagée entre lui, son frère Albert et Sigismond de Tyrol, lui e'tait restée tout entière à la suite d'une guerre de plusieurs années.

W) Une première sentence arbitrale fut rendue par Maximï-

es

qu'il .sut étendra la puissance. Une nmott, à 1-oceMei»^ < l'Allemagne, ait ait eu semblable forteu*?, la maison deffoti gogne : du vivant m&aie de son père* il l'avait associée à. maison d* Autriche en épousant la princesse qui en a va il ti< rite. Une autre, en Espagne, avait atteint, par les mêm moyens, la même grandeur: un nouveau mariage unit l*lr litière de cette maison nouvelle à l'héritier des deux ma sons «nies (Jeanne-la-Folle et J>bntppe<4e-Bcau, 1496) (4/ et, tandis que le second des fils sortis de cette uaûm affe missait par son mariage les droits de sa maison sur la JEToi grieet la Bohême (2), un autre mariage, qiri donnait à l'aiti* déjà maître d'une partie de la succession paternelle, ] moitié de r/Jote et de la France, eut livré l'Europe -entier à son Inévitable domination, si l'assemblée de Tours (t506) parla rupture du» contrat déjà signé, n'eût rendu pMsibfci encore ce rôle qu'accepta le roi de France, de défendre l'é quittbre menacé des États européens, méramé. Les Etats de L'Allemagne du S. peuvent donc se ramener à trois groupes: 1° Le groupe de Sotjabe,

Hen dans les troubles de cette succession en 1504 (D«wowt, IV, P.1, p. 69). Une seconde le 30 juillet 1505 (ibid. p. 66). Il eut pour sa part trait bailliage» limitrophes du comté deTyrol avec la forteresse de Kuffstein, le bailliage de Montée , et qitettfiies seigneuries dans la Haute-Autriche, ' le comté de Neubourg sur Pïnn, le marquisat de Burgau, le comté de Kirdhberg et nombre d'autres seigneuries en Souabe. Pfetfel, II. p. 85.

(1) La mort d'Isabelle, fille ainée de Ferdinand, et celle du fils qu'elle avait eu d Emmanuel, roi de Portugal, laissèrent Jeannela-Folle seule héritière (1500). ,

(2) Un traité conclu par Frédéric et Maximilien en 1690 (7 novembre) avec Ladislas, roi de Hongrie, portait déjà qu'a défaut d'enfant mâle, la succession reviendrait à Maximilien, DufflOWT, III, P. 2, p. 263.

dont les parties f Bade> Wurtemberg , Nuremberg* été, ) n'ont d'autre affinité que leur rapprocîresent géographique dans les limites de l'ancienne maison de ce nom ; 2? là maison de Wïttelspaçh, Bbmire et Palatinat, avec la double ramification de ces deux lignes principales; 3° les Etais divers de la ma son d'AuTRiCHE, groupés autour de la souche commune, et unis à la fin de cette période sous une même domination. — Au milieu de ces puissances, il y avait, comme dans l'Allemagne duN. des ëvéché$, des villes codé petites seignmriesqm ne relevaient que de l'Empire. Les seigneuries d'OErriNGEN, de Hohenzoliekn {entre le Danube et le Necker)' en Souabe; de Fcrstembehg, entre les sources du Danube et le Rhin ; de ?APf»fiNHFm sur YAltmuhl (subdivisées en plusieurs brancho); Wurtzb >rçjwa, sur le Mtin % dont l'évêque ressuscitait, en 1452, le titre de duc de Franconie; l'èvêché de Passau, au confluent de Inn et du Da± mi6€, etc. Les villes de Ratisbonne sur le Danube, d'AcGSBotrRG surte Lech en Bavière ; nombre de villes de Souabe et de Franconie, particulièrement Nurem^ behg. qui s'était rarhelée en 1416 de la souveraineté de de la maison de Hohenzollem, et qui gagna aux trou* blés de la succession de Bavière (1505) une grande partie de son territoire dans le Haut Palatinat; beaucoup de villes des* provinces rhénanes: Hagueuait, Colmar, Strasbûcrg, Worms, Spire, même Trêves, Cologne et Mayence, qui, malgré les électorati dont elles étaient les sièges, ne figuraient pas moins comme villes libres aux diètes de rEmpiïe(l); -*-

(1) Voyez ci-dessous l'organisation de» cercles d'Albert I

iwôn? ^ elles étaient ^s divisions politiques de l'Allemagr^ dans la seconde moitié du quinzième siècle. L'unité était impossible, mais Tordre était nécessaire. Ce fui Tordre que l'Empire essaya d'établir parmi les Etait germaniques, à défaut d'unité. Déjà, au midi et au nord, il y avait eu un essai d'organisation commune. Les villes, plus faibles, plus menacées dans leur] faiblesse par les puissants Etats qui les environnaient, en avaient donné le premier exemple. Presque en même temps, on vit se former au N. et au S. de l'Allemagne langue Hànséatique et la ligue des villes de Souabe et du Rhin.

%Sqaeï" Les vil!es Hanséatiques, dont le siège était principalement dans le N-, dataient leur premier acte de fédération d'une assemblée tenue à Cologne en 1364. Unies déjà par des intérêts commerciaux, elles se liguaient dans un but de commune défense contre le roi de Danemark. La ligue prit même en dehors de l'Allemagne de rapides accroissements. Vers 14-53, elle comptait cinquante-quatre villes ; et l'acte de fédération, déjà deux fois renouvelé (1418, 1443), venait, en 1450, de modifier leur organisation. 11 les répartissaiten trois cercles: Lubeck présidait le premier; Magdebourg et Brunswick le second; Munster, De-

qui, pour plusieurs évéchés, fait des évêques et des villes deux classes à part. Mayence, Spire et Woaus furent déclarées villes libres et impériales par lettres patentes de Charles IV (1356); plusieurs de ces villes traitent comme de puissance à puissance avec leurs évêques. Voyei pour Worms, Dumont, IV, P . 1, p. 286; Spire III, P. 1, p. 88, et 378; Stratbowrg, III. P. 8, p. 31 \ Cologne P. 1p. 78, etc.

mter, Wesel et Paderborn se partageaient la prési deoce du troisième; les villes du N.-E., C%Um, Thorn, kntzig, n'y étaient point comprises. La ligue s'ac- M encore ; mais il y avait dans son organisation deux mises inévitables de ruine : ces éléments hétérogènes, (pi en faisaient la base , ce privilège de commerce, qui eu était la loi. Ces causes produisirent rapidement leur effet (1).

Les ligues des villes du Rhin et des villes de Ligues du SoiABR. dont nous avons parlé en leur lieu, avaient g uabe. de faim aussi pour fond commun des intérêts commerciaux; on peut voir qu'elles sont placées sur la grande m« du commerce intérieur, dans les deui bassins du Rhin et du Danube, aux rivetfde ces fleuves mêmes ouïe leurs principaux affluents. Mais la politique n'ata<i point été étrangère à leur formation, à leur réu- »«oit(l377, 1380), elle ne le fut pas non plus & leurs séquences. Les deux ligues servirent comme de cadre au classement des différentes villes libres de empire. Ainsi, en 1474-, à la diète de Nuremberg,

(') Sans rappeler cette grande cause générale, la découvrit de V Amérique , diverses occasions précipitèrent sa décadrée : la soumission de Novogorod, l'accroissement du pouvoir <-« Grands-Ducs de Mobcom, l'arrivée des Anglais à Àrchangel par 1 uer Blanche (1553); les démêlés politiques avec la Suide et le "ftmark; le développement dû commerce de* Hollandais, déta- t

r tà de la ligue.— Quand les Hollandais lui offrirent, en 1612, L

, (1 entrer dans leur nouvelle république , ils ne s'adressaient plus %

: ( i u à des marchands qui n'osèrent accepter le partage des dan- f]

l^s de leur indépendance.

toutes les villes libres étaient divisées en deux classes : le banc des villes de Sodabe et le banc des villes du Rhin.

Cercles, j^a ligue des villes de Souabe et du Rhin, comme la ligue des seigneurs sous le bouclier de Saint-Georges, etc. (1), était comme un défi à l'impuissance de l'autorité impériale, qui aurait dû suffire à les protéger. Wenceslas avait voulu y répondre. Peu d'années après (1387), à la diète de Nuremberg, il établit quatre cercles : le premier comprenant la Haute et la Basse Saxe (le N.), le second, toutes les provinces Rhénanes de Râle & la Hollande (l'O.) ; le troisième, Y Autriche, la Bavière et la Souabe, (le S.); le quatrième, la Thuringe et la Franconie (l'E.) (2), Ce plan projeléalors fut

(1) Il y avait encore plusieurs autres confédérations de seigneurs :h société du Lion en Weléravie et stir le Rhin , celle du Saint-Esprit dans les Vosges, etc. Elles finirent par former trois grandes confédérations dites de Souabe, de Frakconie et du Rhin, et chaque cercle se subdivisait en plusieurs can Ions. V. Schœll, Histoire des Étals européens, t. XIII, p. 269. Charles- Quint leur prêta son appui, pour affaiblir la puissance des grands vassaux de l'Empire.

(2) Voyez ce diplôme dans Dumont, III, P. 1, p. L\. Le premier cercle (Bavière et Franconie) comprenait nominalement le margrave de Brandebourg, burgrave de Nuremberg, . l'évèque de Stlxbourg y tous les princes de Bavière, les évêquee de. Bambery, Wurtxbourg, Einsteit (Eichstxdt), Ratisbonne (Regensbourg) et Pasteu f avec les villes de Ratisbonne, Nuremberg, Wissenbourg, Rotenbourg^ Winsheim, Le deuxième (cercle du Rhin) : les archevêques de Mayence et de Trêves, le palatin du Rhin, les ducs Qtlon et Élienne de Bavière, l'abbé de Fulde 9 le

renouvelé en 1438 par Albert II ; mais il ne parait pas que ce double essai d'organisation ait pu être réalisé avant le commencement du seizième siècle.

Pendant le reste du quinzième siècle les ligues auxquelles on voulait substituer les cercles durèrent encore, et l'Empereur Frédéric III (1487), acceptant ces premiers éléments d'organisation, essayait seulement de les amener à on même but, la paix publique, en confondant les ligues rivales des villes de Souabe et Vécu de Saint-Georges en une ligue générale, la confédération de Souabe.

Toutefois on ne renonça pas aux cercles, et la diète d'Augsbourg,en 1500, en ordonna une nouvelle organisation qui fut exécutée. Les états y établirent six cercles : ceux de Bavière, de Franconib, de Saxe, du Haut-Rhin, de Souabe et de Westphalie et Bas-Rhin réunis. Cette division ne concernait encore que les plus petits États : la maison d'Autriche et les Électeurs restaient en dehors par

landgrave de Hesse f le margrave de Bade, les évéques de Worms, de Bdle y de Strasbourg, de Spire et de Constance. Le seigneurie Wurtemberg , les chevaliers du bouclier de Saint-Georges {die Bitterschafft sont Jergenschiltx) avec les villes impériales de Trêves , Worm» % Strasbourg, Spire, Augsbourg, Ulm. Le troisième (cercle de Westphalie) l'archevêque de Cologne avec les évéques d Utrecht, de Liège , de Paderbom et de Munster; les ducs de Berg, de Clètes, de JulierSf de Gueldre avec les tilles impériales de Cologne et tf Aix-la-Chapelle (Ach), et les principautés de Brabant et de Hollande. Le quatrième (cercle de Saxe), le duc de Saxe, les archevêques de Magdehourg et de Brème ; les évéques de Mersbourg , Xommbourg, Meissen (en Misnie), Hildesheim, Balberstadl* Brandebourg, Havelberg, (Hackelbourg); tous les ducs de Brunswick, les landgraves de Thuringe. Pïeffel parle d'une division en tix cercles à la diète de Nuremberg (U38).

Géog. Pol %

jalousie de domination, le roi de Bohème et la Prusse teatonique par esprit d'indépendance. Les premiers unirent par y adhérer, et dans l'organisation de 1512 ils furent répartis en quatre cercles nouveaux. L'Autriche et la Bourgogne donnèrent leur nom ans deux cercles où elles se trouraient : le premier comprenant les Étais de la maison d'Autriche en Allemagne; le second, l'héritage de la maison de Bourgogne anx Pays-Ba$ et dans la Franche-Comté; les électeurs de . Saxe et de Brandebourg avec les petits Étals voisins ou dépendants {inkalt, Poméranie, etc.) formèrent la Bavte Saxe ; les trois électeurs ecclésiastiques avec réleeteas- Palalin , le cercle du Bas-Rhin, séparé alors de la Westpfaalie. Quant à la Bohème , le prince polonais qui en occupait le trône refusa toujours de l'y soumettre, et la teutonique imita cette fois encore son refus.

Danemark. Aq nord de l'Allemagne , le Danemark et les pays Scandinaves formaient un groupe encore distinct.

Rattaché à l'Allemagne par la nature/ mais dirigé en même temps Ters la péninsule Scandinave , le Danemark, sans renoncer aux bords méridionaux de la Baltique» avait^surlout porté vers le nord ses vues d'agrandissement. Le prince, qui en occupait le trône en 1453, maître d'une partie des comtés d'Oldenbourg et de Delmenhorst, à 10. de Brème , partageait avec son oncle, comte de Bolstesn, la péninsule Danoise : il avait le Julland, au N., mais le Sleswig, au centre, était «lors rattaché politiquement au Holslein qui occupait le sud. Les plus importantes de ses possessions étaient

encore ces Iles qui, jetées entre la péninsule Danoise et la péninsule Scandinave, resserrent et commandent rentrée de la Baltique : La Fiome et Seeland, où se trouvait Copenhague (récemment racheté de l'évéque de Roschild et érigé en capitale) avec \qp tles moins considérables de Langeland , Laland , F ah ter et Jf a*n, et, plus loin, à TE., Tliede Bornhêinv. De ces îles, la domination des rois de Danemark s'était tour à tour étendue, et sur le littoral allemand de la Baltique, et sur toute la péninsule Scandinave ; mais ce? premières conquêtes portées jusqu'au golfe de Finlande, ne laissaient au successeur de Waldemar 11 que le titre- de roi des Vandales; dans la Scandinavie, il possédait encore, avec le titre deroideGoraiE, toute la pointe méridionale, la Scanie, le Hall and, le Ble~ fcing, et, à l'O., le royaume de Norwége (cap. Drontbeim), une des deux couronnes ajoutées à celle de Danemark par l'union de Calmar (1397) : c'était, avec la Laponie du nord, toute la côte occidentale et septentrionale de la péninsule et plusieurs provinces intérieurs { Vtrmeland, Ilerjedaiie). Gomme dépendances de la Norwége, il avait de pins sous sa domination toutes les îles de ces parages jusqu'à. l'Islande et aux îles Feroé, Shetland et Orcades (1); mais la couronne (te Suède en était séparée depuis 1448 (2).

(1) Ces deux derniers groupes, engagés à l'ÉcosSEca 1668, lui sont restés;

(t) Charles Camutson qui* la lui avait ravie, s'était fakausii WOTonwer roi de NorwÉgk en M&ï mais Ghrktiero fit casser

Ce royaume, qui avait alors pour capitale Upsala, comprenait toute la partie orientale de la péninsule, bornée au S. et à l'O. par les possessions danoises en Gothie, en Norwége et sur les deux versants des Alpes Scandinaves (monts Dover et Eolen); au N., il se continuait en Laponie; à TE., il environnait le golfe de Bothnie (Bothnie occidentale et Bothnie orientale), et, par la Finlande, s'étendait jusqu'au golfe de ce nom et aux lacs de Garélie et de Kexholm. — Les Iles d'il/and et l'archipel d'Abo, jetés à l'extré- -mité du golfe de Bothnie entre les possessions de la Suède, lui appartenaient également. L'île de Golhland (plus au sud dans la Baltique), où s'était longtemps maintenu le roi Eric après sa déposition, était disputée -en 1453 entre Charles Canutson, qui l'en avait chassé, et Christiern de Danemark qu'il y avait introduit.

La séparation des trois couronnes n'était point définitive -encore. En 1457 la déposition de Charles Canutson rendait la Suède à Christiern ; en 1459, il y réunissait l'héritage de son oncle, les provinces si disputées du Sleswig et du Holstein. •Cependant il ne les eut point sans partage : pour les garder il avait dû céder à ses frères, sa part du comté d'Oldemhourg (1), et au comte de Schauenbourg, qui faisait revivre

*on élection, et la couronne qui lui fut en même temps déférée, lui fut solennellement confirmée par une déclaration des deux peuples. La Suède elle-même força Canutson à renoncer à la Norwége (U50).

(1) La cession qu'il fit en 1&56 de sa part du comté à' Oldenbourg à son frère Gérard, n'était encore qu'une sorte d'engagement; car, par un traité signé trois jours après (13 décembre*

surleHolstein même de plus vieilles prétentions,les trois bailliages ou comté de Piimeberg (1) ; de plus le Holslein, domaine de sa maison plutôt que de la couronne (2) , devint après lui une source de division pour sa famille. D'autre part la possession de la Suède était toujours incertaine. En 1467 Charles Ganutson était rétabli, et à sa mort (1470), son neveu continua sous le titre d'administrateur la séparation des deux royaumes. Son abdication achetée au prix des deux Bothnies et de la Finlande, ne fut que momentanée (1497-1502) ; il reprit son ancien titre, qu'il transmit aux deux autres Sturen. La réunion violente opérée une dernière fois par Chris lier n, en 1520, ne fit que préparer une dernière et solennelle séparation (15-23).

H56j) 9 Gérard s'obligeait à le restituer à lui ou à ses descendants. V. Dumont, III , P. 3 , p. 231 et Supplément , I , P. ft , p. 405. Le comté de Delmenhorst fut enlevé à la maison d'Oldenbourg et réuni à Pévèché de Munster en 1483. Il ne fut restitué que cinquante ans plus tard.

0) Pinneberg , Bramstœtt et Habsbourg. Une grande partie en fut recueillie par le Holsteix à l'extinction de la maison de Schattekbourg en 1640. Le pays des Dilhmartet (au nord^ ouest), réuni aux comtés de Holstein et de Stormare dans le diplôme qui les érigeait en un seul duché (1 A73) , défendait toujours opiniâtrement son indépendance. Il ne fut vraiment assujetti qu'en ,

(2) Chrisliern dut donner acte aux états de Sleswig et de Holstein que ce n'était pas comme roi de Danemark qu'ils Pavaient élu, mais de leur pleine volonté ; il reconnaissait en même temps qu'il leur serait libre après sa mort de choisir entre ses fds (1 £60, 5 mars). Par un autre acte donné trois jours après , il déclarait même que s'il n'avait qu'un fils , roi de Danemark , ils auraient droit d'élire un duc parmi ses autres parents. V. Dumont , III, P. 1, p. 258 et 561.

Dans la deuxième moitié du quinzième siècle, le Daxhkahk conservait donc sur les Scandinaves une domination incontestable encore, bien que déjà ébranlée. Il en était de même de la Pologne parmi les Slaves.

fou*». La Pologne, séparée de la Hongrie su rad par les monts Crapacks, était bornée auS.-O. par lés duchés % de Silësie; au N., par les Elats de Tordre Tectonique \ à TE., elle comptait, moins comme dépendance que comme pays allié, le grand duché de Lilhuanie qui la séparait de ta Russie.

Stiésie. Elle-même s'était créé au S.-O. cet incommode obstacle des duchés de Silésir, qui lui ôlaient ses barrières naturelles, les monts Sudètes et les monts Géants. Détachés de la couronne de Pologne comme apanages des fils de roi, les duchés de Silésie s'étaient de plus en plus éloignés de celte puissance, qui aurait pu conserver sur eux quelque vieille prétention. S'éloigner de la Pologne, c'était se rapprocher de la Bohème. La Bohême en avait déjà recueilli plusieurs : les duchés de Breslau (1327), de Schweidnitz , de Jauer (1368); (le duché de Munslerbeg lui revint également en 1454). Ceux qui conservaient des princes particuliers étaient au moins sous sa dépendance depuis le régne de Charles IV, qui avait obtenu l'adhésion des états à leur-incorporation (1) (1365).

(1) On peut en avoir une preuve pour l'époque dont nous parlons dans le traite d'union conclu en 1&57, par les c'tats de Silk-

Un démembrement non moins funeste avait été la Mazovie. création du dsché de Mazqyie {Varsovie), qui, en 1453 existait toujours sous le patronage deJa Pologne (1). C'était le duc de Mazoviequi, trop faible contre les Prussiens, avait donné . à son pays le voisinage plu* dangereux des chevaliers Teutouiques (1231).

Les chevaliers Tectoniqucs [Pru&se) el les cheva- Ordre tiers du Christ (Livonie), mettant en commun el leurs *** Mml * mL conquêtes passées et leurs espérances de conquêtes, s'étaient rapidement étendus aux dépens des infidèles et bientôt aussi des Etals voisins. La Livonie et la Prusse, les deux longues de l'ordre , étaient rapprochées depuis 1328 par la cession de Samogitie , à laquelle avaient dû consentir les Lithuaniens; ils y avaient réfini encore d'noe part au N. ÏEsthonie »

sa en attendant l'élection du roi de Bohème : on y trouve Févêque de Breslau et les princes de Silésie ducs de Grand- Glogau, de Têscien, etc., de OEl$ et Wartemberg, de. Sagan, Presbus, etc., de Liçwitz; les ville* de Bresla», Sckwtidntiz et Jouer avec les villes dépendantes. V. DtJMOHT, III, P. i , p. 24 5. Ces devoirs de de- . pendance n'étaient point d'ailleurs à ces princes Le droit de disposer de leurs successions. Le prince de Lignitx concluait, en 1537 , avec l'électeur de Brandebourg , le pacte de famille que Frédéric II fit valoir au dix-huitième siècle. Une partie de la principauté de Teschen fut vendue à 1* Pologne en 1457 (Teschen Oezwietim).

(1 ) Le duché de "Màïovie formé par un gentilhomme nommé Maxos, avait été réuni à la couronne vers le milieu du ancième siècle, puis démembré. Jusqu'en 1364 il releva de l'Empire ; alors seulement Charles IV avait vendu au roi de Pologne tous les droits que l'Empire y conservait.

dont la dernière place , Rovel, leur fut vendue par le roi de Danemark (1347) ; de l'autre , au S.-O. la nouvelle Marche , vendue par Sigismond de Brandebourg (1402) ; et la Pologne avait longtemps réclamé en vain l'héritage du duc deDantzîck.laPomlrlîte, àl'O. delà Vistule, dont les chevaliers s'étaient mis en possession (1310).— Mais en 1453 elle avait repris tous ses avantages. La paix de Thorn de 1 MO avait coûté à l'Ordre la Samogitie; de nouvelles guerres, en 1422, la Surfaite (sur le Niémen) et la Cujavie (sur la Yistule), dont une partie lui avait été cédée autrefois pour son premier établissement; et la paix de 1425, dite perpétuelle , qui donnait déjà à la Pologne une partie de la Pomérélie Gxait la frontière des deux pays au milieu du cours de la Dreventz et de la Vistule. Ces revers réagirent à l'intérieur. La restitution de la Samogitie avait de nouveau séparé les deux langues : isolées, elles ne tardèrent point à se redevenir étrangères ; avant 1453, les chevaliers de Livonie commencèrent à nommer leurs chefs, sans prendre avis du grand-maître Teulonique (1438). Cette division intérieure devait à son tour produire au dehors les plus fâcheux effets. Ce qui restait à l'Ordre en 1453, la Prusse , la Pomërélie, la nouvelle Marche étaient d'une possession mal assurée , du moment où la force n'en soutenait plus le droit, et le démembrement ne tarda point à suivre.

L'électeur de Brandebourg en 1454 reprit la nouvelle Marche ; et les Prussiens eux-mêmes réclamèrent contre la conquête: la Pologne à laquelle ils se donnèrent (15 avril

1454) leur prêta secours, et la guerre commencée a cette oc* casion finit par le traité de Thorn (19 octobre 1466) qui enlevait aux chevaliers les deux rives de laVistule^'est-à-dire avec Dantzickelldi Pomérèlie, les territoires de Elbing, Marien bourg, Culm, Thorn, le long de la Vistule, et tous les districts, qui composèrent la Prusse royale {Michelau, la Warmie) . Une partie de la Prusse (la Samland, la JSalangie) et une partie de la Poméranie restaient seules au grand-maître, comme fief de la Pologne, et la capitale de l'Ordre était transférée de Marienbourg à Kœnigsberg.

Ce qui fit le triomphe de la Pologne sur l'Ordre Lithuanien Teuîonique en lit>6 , ce fut l'alliance étroite qui l'unissait à la Lithuanie , depuis qu'elle en avait tiré ses rois, les Jaghellons (1). Placés aux frontières de la Russie, les Lithuaniens s'étaient peu à peu agrandis Je ses démembrements ; à leur pays originaire (le pays de Vilna) , s'ajoutaient des portions considérables de cette vaste contrée, la Russie blanche à TE., (Smoiensk, Vitebsk et Mohilew), la Russie noire à l'O.'de cette dernière (Novogrodeck) , la petite Russie au S. (Tchernigow , Pollava , l'Ukraine) , la Russie rouge au S.-O. (Volhynie, province de Lemberg ou partie de la Gallicie) : possessions compactes , circonscrites aulour.de la Lithuanie par un grand arc de cercle qui unirait les monts Valdaï et les sources du' Volga à x l'embouchure du Dnieper. L'avènement de Jaghellon * au trône de Pologne n'y avait pas en une fois rattaché de si vastes pays. La Lithuanie avait conservé sa na-

(1) C'était à la condition d'enlever aux chevaliers la Poméranie et la Prune que les Polonais avaient élu Jaghellqn.

Géog. Pol. 4.

tionalité; elle reçut un chef nouveau, et même quand le second fils de Jaghellon, Casimir, ducdeLithuanie, accepta après bien des prières le Irône que lui offraient les Polonais (1445), il refusait de ratifier la cession de ces provinces longtemps disputées, que Jaghellon avait gardées à la Pologne en donnant un nouveau chef à la Lilhuanie , la Podolie, la Russie rouge. Ainsi, en s'unissant à la Pologne, la Lithuanie voulait se réserver et son indépendance et ses conquête' sur la Russie.

Le refus de Casimir marquait un mouvement de réaction; ce mouvement alla plus loin, et en 1456 les Lithuaniens reprirent la Russie rouge par la force. La séparation violente que Von craignit alors n'eut pourtant pas lieu, et Alexandre, second fils de Casimir, que les Lithuaniens, à sa mort, avaient pris pour duc sans l'assentiment de la Pologne, appelé au trône • par les Polonais (1500 opéra la réunion des deux pays(l)r union solennellement sanctionnée en 1569.

Ainsi vers la fin du quinzième siècle, la puissance polonaise s'étendait delà BaUicfueau voisinage de la Mer noire, d« lasSilésie et des monts Crapacks, aux sources du Volga, aux frontières mêmes de Moscou. Son influence à l'occident dépassait encore ces Jimites : la Bohême (1471), la Hongrie (1490), avaient reçu un roi de la race des Jaghellons (Ladislas, fils de Casimir IV) . Mais à l'orient, la Russie commençait à grandir.

, En 1453 la Russie sortait, quoique avec peine, de cet ' état de morcellements de dépendance qui avait favo-

(1) Voyez ce décret d'union (23 octobre 1501) dans Ditmont IV, P. 1, p. 18. Uniantur et conglutnentur in unum etindîvisum ac indïfferens corpus, ut *it ima gens, unus populos, una fra terni tas et communia consilia, eïdemque corporimnrmcaput.

risé les accroissements de la Lithuanie. D'une part, la domination des Mongols touchait à son déclin : — les khans de la grande horde de Kaptschak, qui avaient occupé tout l'est de la Russie, depuis la Sibértejusqu'à la mer Noire et à la mer Caspienne, avaient vu plusieurs Khanats se former des démembrements de leur vaate pays; c'étaient avec le Kaplschak à l'E., entre rOural et le Volga, Kasan au nord, au milieu des grands.affluents de ce dernier fleuve. Astrakan au sud, vers son embouchure entre le Don, le Gaucase et les deux mers qu'il sépare, et d'autres encore en Sibérie. dans la Crimée, ei sur les rivages N.-O. de la mer Noire {les Nogais) ; — d'autre part en Russie plusieurs causes amenaient à l'unité du pouvoir souverain. Ib titre de grand-prince était désormais attaché aux ducs de Moscou , et une succession plus régulière allait transmettre de père en fils le soin d'en accroître la puissance. Il y avait encore des traces nombreuses de ces déchirements, opérés dans le pays par la coutume des apanages; mais, en 1&53, un jeu biiarçede la fortune avait étendu les domaines du grand prince VassilL Détrôné un instant par Youri son oncle, prince de Halicz, privé de la vue par ses cousins, de la liberté par les Tarlares, il sortit plus puissant de ces étranges vicissitudes. La pitié avait rallié à sa cause de nombreux partisans, et tes apanages des coupables lui étaient revenus comme en compensation de ce qu'ils lui avaient fait souffrir. Quoiqu'il eût acquis par \h l'importante province de Halicz, il semble qu'au S ,àl'0. et au N« , le grand duchâdeMoacou était encore resserré

Si. .

dans les limites de la peljte province actuelle de ce nom. H voyait s'élever au S., la principauté de jRtasan qui lui confinait aux rives de TOka; au N., Tver, et derrière, les républiques de Novogorod et de Pskow ; à rO M les principautés de Vëreia, de Mojaish, et derrière Mojalsk, réunie en 1456, la Lithuanie, qui s'avançait au delà de Smolensk, jusqu'à Dorogobouj et aux sources du Dnieper. Seulement à TE., il s'étendait déjà vers les hordes Mongoles, au delà de Koslroma, Mourom, Nichnei-Novogorod,el 9 en 1456, il comprenait Viatka, ville qui, jusque-là, avait dépendu des Tartares (1).

rendisse- I wan III le fit sortir de ces entraves. La horde de Kapt- «t de la schaky qui osait lui envoyer encore Tordre de payer tribut, MS e * disparut un jour du monde, exterminée par une autre division des Tartares. Celle de Kasan, devenue à son tour tributaire (1470), reçut aussi un khan de la main du grand-prince (1487) . Comme il avait brisé le joug humiliant de l'étranger, il détruisit à l'intérieur toute résistance à sa domination souveraine. La république de Novogorod (1470-1475) perdit sa liberté, et reçut un gouverneur. La principauté|de Tver fut réunie à Moscou (1485), et tandis que les peuples de la mer Glaciale reconnaissaient la supériorité de ses armes, lui-même romentait des troubles au sein de la Lithuanie, entamait ses frontières par la prise de Briansk,d^Dorogobouj et de Toropetz. Il s* était appelé Seigneur de toute la Russie, et, en acceptant une trêve, il avait juré hautement de reconquérir tout ce qui en avait autrefois dépendu. VassililY se montra fidèle au serment de son père, en prenant Smolensk aux Polonais (1514).

1) KARAMSrc* , Histoire de Ittutie, pastim.

Cette grande plaine de l'Europe, que se disputait la race Slave , attirait peu alors l'attention générale ; elle était tout entière à cet antre espace compris entre les montagnes de Y Autriche, les monts Crapacks et les deux mers, où la Hongrie et la puissance Ottomane luttaient comme en champ-clos.

De grandes divisions naturelles partageaient .'pour àsi dire en deux camps le théâtre de la lutte ; d'une part, l'immense bassin du Danube, entre les monts topacks et ce prolongement des Alpes Juliennes, qui, suivant les côtes de flllyrie et de la Dalmatie, se continue par les Balkans ; de l'autre, au S. de cette chaîne, les mille bassins divers de la Grèce et de la Thrace, tas par ses ramifications.

Plusieurs contrées se rangeaient dans le bassin du Hongrie ftioabs. Au N., la Hongrie (Presbourg), qui en oc- peuples capak la portion la plus considérable, entre les monts Danube. Sadèles,les monts Crapacks et ce prolongement de leur Mne , dont le coude, vers le S.-O., y comprend la Tunsylvanie (Hermanstadt). A TE. des monts Cra- P^cks et au S. de cette ligne de hauteurs, qui sépare fe eaux du Pruth, affluent du Danube, des eaui du tester, la Moldavie (Iassy), et au S. de la Moldave, la Valachie (Tergovist), entre les monts de Transylvanie et la rive gauche du Danube, qui la baigne au '- et à l'E. Dans l'autre région du bassin quatre entrées comme dans la première : la Bulgarie (Ni-

copolis), la Servie (Semendria), la Bosnie (Bosna-Serale) el la Croatie (Agram), toutes quatre adossées au Balkan ou à cette continuation de la chaîne qui ferme le bassin au midi ; mais les deux premières seulement baignées par le Danube, les autres s'arrêta nt à la Save : la petite Mésopotamie, comprise entre h Save, la Brave et la rive droite du Danube, I'Esclavonie (Essek), appartenait, comme la rive gauche, à la Hongrie.

Par sa position, par sa puissance , la Hongrie semblait appelée à régner sur toute l'étendue de ce vaste bassin. Et, en effet, les contrées au S. de la Save, la Croatie, la Bosnie, la Servie, lai furent sujettes; et les deux grands pays qui bordent le Danube inférieur, \à Bulgarie (1362), la Vaïachie (1390), lui payèrent tribut; (la Moldavie, séparée de ce système par le coude des monts Crapacks, dépendait plutôt de la Pologne). — Unis sous une domination égale et. forte, les peuples de ces contrées auraient facilement défendu l'Europe , en fermant à l'invasion ottomane l'entrée du bassin du Danube , aux portes du Balkan ; mais, dans la prépondérance de la Hongrie, ils n'avaient jamais pu voir qu'une suprématie étrangère , et l'approche des Turcs les avait laissés partagés entre le besoin de rechercher sa défense , et le désir d'échapper à son ambition»

Les Turcs , en 1453, maîtres de la pi as grande partie de l'Asie Mineure , jusqu'aux sources de l'Èuphrate et au Taurus (1), occupaient encore en Europe presque

(1) En exceptant l'empire grec de Tribitonde, Amtttrah, les

^revers des montagnes qu* environnent, au midi le bassin dri Danube et ces bassins divers où gi«ient les débris da vieil empire de Byvance : la Horace <m imnilie, la Macédoine et la pins grande 'partie de ia Grèce, VAcarnanie avec le dnéhé de Jamna (1431), h Livadie, etc. Seulement depuis 4443 , Scanderbeg, rentré par ta rase dans Creva, ancien héritage de «on père, y avait réuni presque tontes les place^de !'£« et s'y maintenait par la force. De .pins, Yemse , <qui avait insensiblement repris presque tonte la Dalniatie tu Hongrois , possédant, nous l'avons vu, plusieurs fles ou ports de oe rivage. Le petit doc d'Athènes Athènes avait déjà été prise vers 1397), elles deux Jtoliologues, despotes de Morée (Sparte et Acbaie), conservaient une ombre de puissance en payant tribut aw Turcs (i 446) (1).

Les Turcs n'avaient point attendu l'entier établissement de lear domination de ce côté , pour franchir les montagnes qui les séparaient des pays du Danube. La Buljane, qui , des rives de ce fleuve, défendait par tait villes fortes les huit tranchées ouvertes dans h chaîne du Balkan , avait déjà cédé à leurs armes. La conquête, commencée avant la bataille de Cassova

principautés de Cattamovmi, et de Sinope en Paphlagonie , FÉtat 4u S«»Mofcr en Cappadoce, et celui de Caramame. Voyez l'appendice consacré à l'Asie.

tt) Ajoutez sur la côte de la Chevsoaèse de Thrace, Âïmos , peUle principauté de la famille des Doria , et les Iles du rivage, Thw °»> Svmothraee , hnbros^Lmmotytttm plus grand nombre sur le « côtes d'Asie et dans l'archipel : CAto, Ustot^fc.

(1389 , en était achevée depuis la bataille de Nicopolis (1396). La Servie était en grande partie soumise : le Krale de Servie n'avait sauvé Belgrade-qu'en la donnant au roi de Hongrie, Sigismond (U37). La Bosnie (1U1), ta Moldavie (1451), payaient tribut à Mahomet ; et c'était un despote de Valachie, qui avait ouvert la Transylvanie à l'invasion ottomane (1). Dans les vicissitudes des guerre; dont ces pays étaient le théâtre, on voyait tour à tour les chefs alliés des Turcs se soumettre aux Hongrois, les chefs placés par les Hongrois reconnaître la loi des Turcs. Mais, s'il y avait quelques doutes encore sur la domination de ces contrées , la prise de Constantinople les eut bientôt dissipés, et en peu d'années le croissant s'éleva victorieux sur les ruines du christianisme d'Orient.

Progrès * Ce qui restait à l'empire de Constantinople, ses faubourgs, de Turcs, sa banlieue, tombaient naturellement avec elle. Misivri (Me sembria) avait précédé sa chute, Silivri (Selembria) la suivit aussitôt. En Grèce, Athènes succomba en 1458 ; les despotes de Morée y dépouillés de toute la côte septentrionale, perdirent le reste en 1459; Mahomet 11 assujettit encore les lies de Thasos y Safoothrace, Imbros (1458), Lesbos (1462) ; les côtesde la mer Noire, les colonies des Génois [Àmastrah, etc.); l'empire de Trébizonde à qui d'abord (1453) maître de Constantinople. il n'avait demandé qu'un tribut ; les principautés de Cérasonte et de Sinope (1461). En même temps qu'il réunissait à sa domination les derniers débris de l'empire de Byzance, il en reculait les bornes du côté des chrétiens. Il acheva la conquête de la Servie, appelé par les Serviens eux

(1) La Valachie fut inscrite dès 139! parmi les provinces de l'empire Ottoman.

nêmes(1459). Le prince de Botnie f en se refusante l'obéis* ance, lui fournit l'occasion de conquérir son pays (1463); Mahomet y ajouta Y Herzégovine et compléta le massif de ses États par la conquête du reste de Y Albanie (Épire), à la mort deScanderbeg (1467). En lllyrie, en Grèce, sur tous les points, les Turcs touchaient à la mer, aux possessions de VbnsE. Les Vénitiens ne pouvaient plus alors, comme [au moment où la proie était partout à saisir, les détourner par des traités, par des tributs. En 1463, ils laissèrent prendre Comthe; en 1469, ils perdirent Négrepont ; en 1479, ils se résignèrent a abandonner Croïa, que leur avait donnée Scanderbeg; Sculari, leur dernière place en Albanie, Tenaro en torée, Vile de Samos : ils ne gardaient Zante, qu'à la condition de restituer Céphalonie. — Ils espérèrent en vain que la Mtde Mahomet II serait lé terme des progrès des Turcs. — Bajazet les continua en Asie, en faisant disparaître du milieu te ses États cette petite principauté de Caramanie, si souvent conquise et épargnée, si souvent rebelle ; en Europe, il étendait ses possessions continentales jusqu'aux deux extrémités du bassin du Danube, en réduisant d'un côté, la Molda- % de l'autre, une partie de la Croatie (1486-1489) (1); et iî complétait ses possessions maritimes, en occupant sur le rira ge de la Grèce plusieurs villes qui appartenaient encore à Venise : Lèpante, Modon, Coron, Zonchio et Durazzo. La paix de 1501 lui confirmait toutes ces conquêtes et lui donnait

(1) La conquête de ces pays ne fut bien assurée qu'après la ba- * de Mohacx en 1 526. Dans le traité conclu en 1 502 entre Bapiet et Ladislas, ce dernier y faisait participer ses royaumes de B <*grieetde Bohême, la DaJmaWe, la Croatie, \'E$elawmie, la Mora- %uSilétie et la Lusace; une clause particulière qui compre- ^UMoUcHHejla Valachie et la république de Raguse , stipulait 1 u e ces trois États paieraient tribut aussi bien à la Hongrie qu'à

«VortcPour h Bosnie, la Servie et la Bulgarie, généralement* °ccupécs par les Turcs, Ladislas mentionne nominativement dans

enecte Vile de SaàUérMawMjJbiïmù^tAê Yémtieak w gardaitat que Céffadcpie^ftails^vaimt^ûogalaa .

Résumé En résumé , les divers Etats européens , en 1*53, te

générai, distribuaient de la manière suivante :

J. I/àsglbtsbbe , maîlr esse de l'Irlande et des lies da S. (iles SorHngues, Gxiernesty, Jersey, etc.),; Œgosse, maîtresse des Iles du .N.-O. (Bëbride^.

La France , presque entièrement délivrée des Anglais et marchant vers l'unité politique , malgré les cinq maisons d'origine royale et les maisons étrangères quiAOïrfeaàient la féodalité.

Epi Espagne, quatre royaumes chrétiens : au N. ? le faible royaume de Navarre, destiné à périr; h 10., le Portugal , qui s'essayait aui découvertes dans l'Océan [Madère, côtes d'Afrique); à TE., I' Aragon, qui avait pris possession de la Méditerranée (Baléares, Surdaigne, Sicile et Naples); enfin la Castille, dominant au cœur de la Pénimule par ses victoires sur les Maures , dont le dernier royaume (Grenade) allait bientôt subir sa loi.

L'Italie, toujours divisée : au S., le royaume de Naples, dépendant encore de l'Aragon; au centre, 'Eguse avec le duebé d'UaBiN -et la république de Saint-Marin; au N M eu y rattachant la Toscane, les

le «traité les places qu'il y possédait encore. Voyez Ha Butoir* de l'empire Oltomm, t IV de la trad., p. 393. Éclaircîscissemeut xxxn du livre xx.

républiques et les principautés qui s'y étaient formées s f En Toscane, Floewcb et les petits Etats que men* çait sa prépondérance; Sienne, Lucques, Mjoaâ. mr Caiarrb, Piombino avec l'île A* Elbe, G£nbs avec la Corse et les débris de sa puissance coloniale en Orient ; 2* eu» le bassin du Pô, trois puissances principales correspondant par leur position aux trois raoes de l'ancienne Cisalpine : Piémont-Savoie, Milan, Venue , qui déplus environnait TlHyrie et l'ancienne effets im ses établissements; puis, disséminées le longdn fleuve, ta possessions des maisons des Paléologdb (îMorU^rfttf),de Gonzagoe {Mantoue, etc.). d'Esn (Mvdinc> Future); d'autres à un degré inférieur -(SâttMBS*

fclfACO, GUASTAELA, etc.)

l'Allemagne , sous -son unité apparente, n'offrait pu' moins de divisions. Tout à l'enteur, une lange wrete, faiblement rattachée à la hiérarchie impériale: à l'O., l'OsTiattsE, les Etats de la maison de Bodhgognb, la Lorraine, la Soisse ; au N., les "comtés (TOldenboorg et de Holstein, attisés vers les peu* pies Scandinaves ; les duchés de Mecklembourg et de Poméranie, plus ouverts à l'influence germanique.

Puis les vrais Etats allemands :

Au N., la vieille maison 1 guelfe de Brunswick et 1ns principautés ou évôohés accrus tout autour d'elle de ses dépouilles; la maison cTànhalt, qui lui avait snoc ^é d'abord dans ses électorals; et les maisons qui les avaient ensuite recueillis : la maison de Hohenzal- /er n, dans le Brandebourg; la maison de Mimie, tons la Saxe, toutes deux alliées & la tiisasB et for-

mant avec elle les Etals prépondérants du Nord; ajoutez-y plusieurs de leurs dépendances : le burgraviat de Nuremberg à une branche de Brandebourg, le landgraviat de Thuringe à une branche de Saxe, et la principauté de Waldeck, vassale de la Hesse.

Dû N. au S,, dans les provinces rhénanes , les trois éleclora ts ecclésiastiques: Cologne, M AYENCEetTaÈVES.

Au S., trois principaux groupes d'Etats : 1° dans les limites de l'ancienne maison de Souabe t les duchés de Bade, avec les démembrements de la domina" tîon des Hohenstaufen en Alsace (Nordgau et Sundgau) , en Franconie (Nuremberg) et en Souabe (Wurtemberg);— & les domaines de la maison de Wittelspach, partagée en deux branches : celle de Bavière et celle du Palatinat avec leur double subdivision ; — 3° les domaines de la maison d'Autriche dans ses trois branches : la branche d' Autriche {Autriche, Hongrie et Bohême, avec ses trois annexes : la Lusace, la Silésie et la Moravie); la branche du Tyrol [Tyrol, Alsace, domaines de Habsbourg); et celle de Garinthie (Carinthie, Styrie, Carniole), alors matlresse de l'empire et qui devait ramener l'unilé dans la maison.

Avec ces principaux Etats du Nord et du Midi ,les villes impériales et les seigneurs disséminés au milieu d'eux : les ligues formées de part et d'autre par des intérêts (te commerce ou de politique (ligue Hanse ati que, ligue des villes de Sbuabe et du Rhin, pour les villes ; ligue du bouclier de Saint-Georges, etc., pour les seigneurs), et cet autre essai d'organisation tenté dans l'intérêt du pouvoir impérial, c'est-à-dire de l'unité ou du

moins de l'ordre , l'organisation des Cercles qui ne fat réalisée que plus tard.

K. Les Etats Scandinaves , réunis en 1397 par redit de Calmar et désormais divisés. Au premier rang , le Danemark, maître du Jutland, des îles qui le sépare&t de la presqu'île Scandinave et du S. et de l'O. de pelle Péninsule [Gothie et Norwége), ainsi que des îles (foi eo dépendaient à l'O. {Orcades et Shetland, îles ftroë, Islande) ; — la Suède, qui avait rompu l'union an profit de sa nationalité, et conservait avec la partie orientale de la Péninsule l'autre rivage du golfe de Bothnie [Bothnie et Finlande).

III. Les Etats Slaves , et , au premier rang , la Po~ uw,qui avait perdu les duchés de Silésie à l'O., iMiss'était alliée à la Lilhuanie à l'E., et par cette alliance menaçait tous les jours et dépouillait de leurs conquêtes au N. Tordre Teutonique et l'ordre de Ltmie, séparés à leur grand détriment. — En face de la Pologne, la Russie, divisée à l'intérieur et démemr te à l'O. par ta Lithuanie, à TE, par les Mongols, Nais qui allait se raffermir par la réunion des principautés sous le grand-prince de Moscou , briser le joug ^détruire la domination des hordes Mongoles divisées, et lutter dès lors avec plus de succès contre la Polo- Peetla Lithuanie.

IV. Le bassin du Danube et le reste de l'Europe *ur le revers des montagnes qui le ferment au midi*

Btane part, la Hongrie, avec la Transylvanie et les autres Etats qui se groupent sur les deux rives du Danube : Valaehie, Moldavie au N., Bulgarie, Servit , Bosnie et Croatie au S., de TE. à 10. — De Vautre, les Turcs, qui occupaient presque tous les débris de 4'Empire grec (directement la RoutnHie^ la Macédoine, VAcarnanie, la Livadie, indirectement le duché d'Athènes et la Morie), et qui déjà avaient planté le croissant sur toute la ligne du Danube autour de la Hongrie : Moldavie, Valachie, Bulgarie, Servie, Bosnie, Croatie, soumises aux lois de la Porte ou à ses tributs.

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