CHAPITRE II
îtstème d'équilibre : la francb le somnnrr s'abom
CONTRE LA MAISON P* AUTRICHE. — GEOGRAPHIE POLITIQUE DE LA MAISON D AUTRICHE, DE LA FRANCK ET DES PAYS ALLIÉS, DEPUIS LE TRAITÉ DE CAMBRAI jusqu'au TRAITÉ DE CATEAU-CAMBRESIS.
Dans les commencements du seizième siècle, l'Eure était sortie du moyen âge sans qu'elle pardi s'en tenter encore. On semblait préoccupé du danger de l& ehrétienlé , on parlait de croisade , et ce fut grand scandale quand on vit le roi très-chrétien, dans sa toVwonlrela maison d'Autriche, tendre uneroeinaux Turcs ei l'autre aux protestants. C'est qu'un danger plosrèél menaçait alors l'Europe; la maison qui acceptait la défense de l'Eglise , et à l'intérieur contre ta protestants, et à l'extérieur contre les Turcs, ne pouvait triompher, qu'au péril de l'indépendance dfe tons les États. La France entreprit de la défendre; et <fe la même main qui avait donné l'impulsion de la croisade, ce grand mouvement du pioyen-âge, elle établit l'équilibre des temps modernes.
C'est surtout depuis la paix de Madrid (1526), que klaUe entre François I er et Cbarlès-Quint prend C3 caractère d'une guerre vraiment européenne. Jusque- *B semblait que l'Italie seule fût en question; Franco» ^paraissait y continuer le personnage de Louis XII
et de Charles VIII, et le roi d'Angleterre , sollicité par les deux partis, laissait flotter ses déterminations sous l'influence d'un avantage tout actuel , ou des conseils intéressés de son ministre. Mais dès lors tout intérêt passager devait céder à un intérêt plus général. Le traité de Madrid abandonnait V Italie au maître de la péninsule Espagnole, de la Sicile et de Y empire Allemand, et la paix de Cambrai (1529), tout en adoucissant , pour la France , la rigueur de ses conditions, y ajoutait véritablement dans l'opinion de l'Europe ; une main libre l'avait signé. Dès ce moment la puissance de Charles-Quint menaçait toutes les nations, et François I er , forcé de recommencer la guerre, accepta pour alliés les deux ennemis qui ébranlaient l'Empire, les protestants d'une part, de l'autre les Turcs. Décrivons rapidement l'étendue des Etats de Char-
États de les *Q uint » la situation de la France et des alliés qu'elle
Charles- se donna.
Les deux royaumes qui composaient la monarchie Espagnole , unis par le mariage de Ferdinand et Isabelle , s'étaient divisés , quand la mort d'Isabelle eut dissous ce mariage (1504), mais passagèrement alors, et seulement jusqu'au jour ou la mort du roi d' Aragon laisserait son héritage à l'héritier de la Castoxe. Dès 1516, Charles-Quint les avait réunis. À ces vastes Etats qui comprenaient toute la péninsule, moins le Portugal , s'ajoutaient comme dépendances de r Aragon, le Roussillon et la Cerdagne; la Sardaigne et le royaume de Sicile au delà et en deçà du Phare (Sicile et Naples); comme dépendances de la Castillb, hors
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direction de Cortès , jusqu'à la Floride d'une part, (k| l'autre jusqu'à l'Océan pacifique et à la Californie (152 1533) ; au S., le Pérou, que Charles Quint , eo 15 permettait à Pizarre de conquérir. Quoique sèpar , par l'immensité de l'Océan , ces contrées ne doive point être omises dans l'évaluation de la puissant espagnole : leur or pesa bientôt dans la balance européenne comme des provinces du continent.
A l'héritage de la maison d'EsPAGNE, CharlesQamt joignait celui de la maison de Bourgogne, la Franchi* Comté de Bourgogne , avec ses dépendances, et les provinces des Pays d'en bas, qui formèrent pins lard les dix-sept provinces par la réunion de l'éréché d'Utrecht (Utrechl et Over-Yssel, 1528), et de la&iWdre (1543, 7 septembre) (1) ; enfin l'héritage de Maximtlien , Y Empire et les Etats de Y Autriche; mais content de l'Empire et de la souveraine influence qu'il lai donnait sur tous les pays d'Allemagne, il céda les Etals héréditaires à son frère Ferdinand.
Ainsi la maison d'Autriche louchait la France et au S. et au N.; elle achevait de l'enfermer à l'E. par Yltalie.
naiic. L'Itajub qui , après la paix de Madrid , s'était en-
(1) C'étaient les quatre duchés de Brobont , de Limbourg , Ae Luxembourg et de Gueldret ; les sept comtés de Flandre , de B*inaut, d Artois, de Hollande, de Zélande,de Natnur et de Zutpke»; le marquisat d'Anvers et les cinq seigneuries de Malin*** de Frit», d'Utrecht, de Oroninaue ei£Over-Ytsel. La ville de Cambrai fut occupée par Charles-Quint, la même année qu'il s assurait h Gueldre (1543).
core remuée pour la France, en avait été indignement abandonnée an traité de Cambrai. François I er y sacrifiait et ceux qui, au sein des différents Etats, avaient embrassé sa cause , le parti angevin dans le royaume de Naples, les Orsini à Rome v les Fregosi à Gènes ; et ceux qui avaient compromis pour elle la sûreté de leur propre domination : Florence, Venise, et le duc de Ferrare. Sans vouloir assujettir l'Italie enliére è sa souveraineté directe, Charles-Quint la soumit à son influence par les mesurés habiles qu'il y sut prendre. Il traita ses alliés de façon à ne point tes avoir à craindre comme ennemis, et plusieurs de ses. ennemis de telle sorte qu'il s'en fit des alliés.
Nous nous rappelons la position des différentes puissances italiennes : au N ., le Piémont avec la Savoie, le Glanais, les marquisats de Saluées, de Mont ferrât et foMantoue, avec les autres petits apanages de la maison de Gonzague ; les duchés de Modène et Ferftre, les comtés de Guastalla, de Montectiiaruplo, etc.» et les deux républiques de Gênes et de Fi- ««.— Au centre, Florence et les petites républiques de Sienne et de Lucques , les principautés de Piombino^ de Massa et Carare en Toscane ; Y Église, avec la république de Saint-Marin, et le duché d'Urbin en Romane. — Au S. le royaume de Naples.
Le royaume de Naples appartenait dès l'origine à Charles-Quint ;et, dans le reste de l'Italie, il disposait à discrétion de tous les £tats,et y prenait ses garanties. - Ainsi, au centre, c'était ù lui que la maison de Héwcis devait d'être rendue au trône pontifical et ré-
1Q0 tablie sur la république de Florence; mais le pape Clément VIII avait dû payer comptant sa liberté (1), el les Médicis de Florence donner en gage è l'Empire les citadelles de Florence el de Livourne. Le duché d'Uabin, au milieu des Etats de l'Eglise, restait d'ailleurs à François-Marie de la Rovère, qui l'avait repris aux Médicis dès la mort de Léon X. — A côté de Florence, les républiques de Sienne et de Lucques conservaient leur indépendance sous la protection de Charles-Quint. Gènes avait embrassé sa cause avec Doria, qui en avait chassé les Français. Sur l'autre rivage, Venise, naturellement hostile à la maison impériale, fut traité* eu conséquence: en 1521, elle avait dû lui rendre Riva, Roveredo elGradi$ca;et maintenant wecRavenne et Cervia, qu'elle restituait au pape d'après le traité de Barcelone, elle devait remettre aussi, à l'JEmpereur lui-même les ports qu'elle avait occupés sur les rivages de la Pouille, ces entraves de la mer Adriatique dont elle se prétendait souveraine.
Les principautés qui se partageaient l'Italie du Nord , entre ces républiques, avaient également éprouvé sa toute-puissante médiation. — Le vieux duc de Milan, rétabli par ses armes, ne devait point tarder à lui léguer cette importante province, d'où la domination
(1) Le domaine de l'Église avai: de plus recouvré, par la faveur de Charles-Quint, Panne et Plaisance , qui avaient été rendues à François 1er en 1515; Raeenne et Cervia , dont Venise venait encore de s'emparer. Voyez le traité de Barcelone, 1 5^9, *9 juin. Dumokt, IV, P. % p. 3.
espagnole devait surveiller et contenir les puissances d'alentour. En attendant, Charles-Quint se les attachait par des bienfaits. — Alphonse d'EsTB, autrefois son ennemi, confirmé par lui, malgré le pape, dans la possession de Modène, Reggio et Rubiera (1530), obtint encore du pape, grâce à lui , l'investiture de Ferrare (15Vt\ — La maison de Gonzague n'était pas moins bien traitée; il faisait passer à l'un de ses prin:es (seigneur de Luzzara) le comté de Guastalla, malgré les réclamations de la branche collatérale de Montechiarugolo (1539); un autre, le marquis de Mantoue, récemment élevé à la dignité ducale, recueillait seul par sa faveur l'héritage du Montferrat (1532-1536). — C'était léser les intérêts de la maison de Savoie; mais Charles-Quint, tout en appréciant l'importance de sa position aux portes des Alpes, connaissait aussi la versatilité de sa politique intéressée. En évitant d'étendre ses domaines, il crut avec raison 'a retenir plus sûrement sous l'influence qu'il lui imposait alors.
Telle était la puissance de Charles-Quint. Quoique cernée de toutes paris, la France offrait au moins dans Francc sa médiocre étendue, une masse homogène et parfaitement compacte. François I er , en montant sur le trône, y avait rapporté tous les apanages de la maison ^Orléans : et ceux de la branche d'Angouléme qu'il représentait, et ceux de la branche d'Orléans, dont sa femme avait été apanagée par son père ; de plus, il devait consolider l'union cte la Bretagne à la France que
le mariage de Louis XII avait plus compromise qu'assurée 1). Enfin des deux maisons d'origine royale, qui suivaient celle d'Orléans, l'une, la maison (TAlençon,* s'éteignit en 1525, laissant au roi la disposition de ses divers domaines; l'autre, la maison de Bourbon, avait perdu à la trahison du connétable les vastes Etats desa brancheainëe sans que la branche cadette, celle de Vendôme, pût inquiéter la Couronhe de ses prétentions (2).
Entre toutes les maisons féodales, celle d'ÀLBRET, la plus puissante par l'héritage de presque toutes les maisons du midi (Foix,Béarn, Armagnac) , se trouvait intimement liée à la cause de la France contre l'Espagne par la Navarre, dont celle-ci l'avait dépouillée. Quant aux autres maisons, françaises ou étrangères d'origine, mais rattachées à la France par leurs possessions, elles avaient dû, sous peine de se les voir confisquer, suivre Je même parti : maisons de Clèves (Nevers et Rethel, etc.), de Lorraine {Bar, Joinville, Aumale, etc.), de Savoie [Nemours), de La Mark {Sedan); maisons de La Tour, de Montmorency, de La Tremoille, de Clermont, etc. Si l'on excepte quelques petits pays réellement indépendants, comme Orangb et le Comtat Yenaissin, quelques autres qui se firent tels, profitant de leur position douteuse à la frontière [Arches, Sedan, au N. de la Champagne).
(1)En 1532 ïl convertit cette union de la Bretagne à la France en une véritable incorporation.
(S) Voyez pour ces divers détails la Géographie de ta France*
'103 d'autres, enfin, qui, au sein du royaume, passèrent comme inaperçus {Turenne, en Guyenne, BoisbeUe y dans le Berri) , la souveraineté du roi était partout reconnue et partout réelle. On entrait dans cette période où l'indépendance du seigneur féodal allait faire place à la subordination du seigneur de la cour. Les clauses des traités de Madrid et de Cambrai, qui stipulaient longuement le rétablissement de plusieurs d'entre eux, étaieatedonc plus humiliantes qu'onéreuses (1).— Mais d'autres affectaient à là fois et l'honneur et la puissance du pays. Le duché de Bourgogne, la vicomte û'Auxonne et le ressort de Saint- Laurent, dont le traité de Madrid ordonnait la cession pure et simple, YAuœerrois, le Maçonnais et Bar-sur- Seine, qu'il abandonnait à François I er comme dot û'Eléonore, étaient laissés dans les mêmes conditions qu'ayant la bataille de Pavie : l'Empereur voulait bien ne conserver sur ces provinces que ses prétentions^ originaire. Mais, dans les quinze jours, Hesdin lui devait être livré; Tournait Mortagne et Saint-Amand, si chèrement rachetés des Anglais (1518) (2), lui étaient abandonnés, ainsi que la ville û'Arras et tous les enclavements de V Artois. Le roi renonçait de plus au comté de Charolais, tant que vivrait Marguerite ou Charles-Quint, son héritier, et résignait tout droit de rachat sur les trois villes de la Flandre française, Lille, Arcat et Ôrchies (8).
(1) Traité de Madrid , art. 38-47 , et Waite' de Cambrai, ar » 36 et suiv. Dumont, ibid.
(*) l octobre. Dumont IV, P. 1 , p. 275.
(3) Art. 6 et art. U. Dumokt IV, P. 9, p» 9 et 1 1.
Le pape n'avait point encore donné sa bulle de confirmation an traité de Cambrai, que déjà François I er et son procureur-général en repoussaient les principaux articles, particulièrement en ce qui concernait les droits de la France sur l'Italie. Mais déjà l'Italie n'était plus en question, et d'autres protestations troublaient l'Empereur dans sa toute-puissance.
En effet, tandis qu'il ressaisissait l'Italie, 1' Allemagne lui échappait. Les Etats du nord, surtout, prenaient une attitude inquiétante. L'opposition dont ils avaient si souvent fait preuve envers l'Empire, venait de se fortifier de l'opposition religieuse. L'union religieuse allait suppléer à cette unité politique dont ils manquaient toujours. — Nous avons déjà fait connaître la géographie de ces contrées; nous nous bornerons, en les décrivant maintenant, aux principaux changements qu'elles ont pu subir. Le plus grave qui ait affecté leur situation politique, c'est l'introduction du protestantisme. En suivant ses progrès, nous aurons fait comprendre la masse de résistances que Charles-Quint eut à combattre.
Commençons par rénumération sommaire des Etats du nord de l'Allemagne.
Sqr les côtes septentrionales, se succédaient de l'O. à TE., le comté d'OsTFUisE, qui bientôt s'incorpora le comté A'Hever. — r Le comté d'OLDENBOCRG, devenu, en 1531 seulement, un fi^f de l'Empire dont il implo-
rail la protection (1). — Le Holsteik, dont le duc venait de s'asseoir sur le trône de Danemark (2). — Le Mecklembourg, uni, quant au territoire, sous deux princes qui se partageaient le gouvernement (3). — La Poméranie, qui s'était divisée en deux branches nouvelles, de Wolgast et de Stettin (1523).
En quittant les rivages de ta mer du Nord et de la Baltique : la maison de Brunswick (au S. du Holslein) , qui se perpétuait dans ses deux lignes, celle de Grubenhagen (éteinte en 1596) et celle de Gœttingen, représentée alors par les branches de Lunebourg (Harhourg et Zell), et de Brunswick (Wolfenbuttel et Câhnberg) (fe). — La maison (TAnhalt, à TE., divisée en
(1) Le comté de Delmenhont, enlevé en 1683 par l'évoque de Munster au comte d'Oldenbourg, était compris dans les mêmes lettres d investiture de Charles-Quint ; mais le comte n'en reprit la capitale qu'en 1567.
(2) Frédéric, qui. partageait ce duché avec le roi Christian II, en 1523, le détrôna et laissa, à sa mort, les deux États unis à son filsChristian III (!53£).
(3) Une loi fondamentale, en 1523, sanctionna l'indivisibilité du duché, ce qui n'empêcha point la séparation des deux lignes, on siècle plus tard (1621).
(£) La ligne de Gœttingen, depuis l'extinction de la branche de Gœttingen proprement dite (1463), se continuait par la branche <le£rufutotcfc, d'où sortirent les deux maisons deLuNEBOURG et de Brunswick, et leurs rameaux dont il est parlé dans le texte. La maison de Lunebourg s'était subdivisée, comme nous l'avons marque, en Harbowrg et tell (1521), celle de Brunswick en Calenberg et Wolfenbuttel ; cette dernière avait fini en 1675 et la première avait de nouveau formé , depuis U91 , les deux Géog. Pol 5.
Anhaitâôetfcen, qui réunissait Battenstœdt, et Ankalt- Zerbst.
La maison de Saxb, au S., el la maison de Bbaïtokbq*jr&, à TE. du Brunswick, conservaient les divisions que nous leur a von ^ vues :
En Saxe, la branche ernestine, qui réunissait à l'électoral le cercle de Wittemberg et la Thuring* (1); et laf branche albekting, qui, sous le nom de duché de Saxe, possédait principalement la Misnie, etc. (2). «— Dans la maison de Brandebourg, I'Electorat d'une paît, avec tous ses domaines du nord, auxquels s'était joint, en 1522, le comté de Ruppen (3) ; et, de l'autre, les principautés de Franconie, Anspach et Bayreuth, devenus margraviats et qui obtinrent, en 1534, la principauté d'Iatgemdorff, en Silésie (4). — A côté de ces deux maisons, la Hksse, leur alliée, avait doublé son importance en réunissant sous un seul chef, l'héritage des deux lignes, Cassel et Marbourg (1500)»
principautés mentionnées dans le texte, Wolfenbuttel (1491-1634), etCalenberg (U9I-158&).
(1) Elle ajouta à son territoire plusieurs terres nouvelles : en 1520, la seigneurie Miihlberg, en 1527 les domaines de f abbaye de Saalfeld; en 1533 la seigneurie de Schicartzenberg, dansPErzgebirge;~en 1 538, le burgraviat de Magdebourg. V» Schœll,XXV, 'p. 309 etsuiv.
(9) En 1538, elle hérita des burgraves deLeissnig.
(3) En 1538, il acquit encore la pleine propriété de Crossen, comme fief de la Bohème.
(4) En 1541, il y eut partage des deux principautés entre Georges et Albert l'Alcibiade, son neveu. Celui-ci eut Bayreuth Tautre Ântpach; mais elles furent réunies après U mort d'Albert, nar le fils de Georges, en 1 557
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A ces maisons principales, ajoutons quelques prmcipaatés, évéchés ou villes libres, dispersa parmi elles daas les différents cercles; Les évêchés de Westpkaiie,
YeRDEN, MlNDEN f GSîfABRUCK, MlTNSTCR, PaBERBOR* ;
d'antres de ta Ba9$e-Saxe : Brème, Hambourg, Lp-
BBOE , HALBEfcSTADT , MaGDEBOURG , HlLDBSHEIflf ,
dont l'èvéque retenait toujours le comté dAscanie, malgré les réclamations nouvelles de la maison d'Anhalt. — La maison de Majcsfeld (Haute-Saxe), qui, depuis 1H5, se divisait en deux lignes, et les deax lignes en huit branches (1). Dans te même cercle la seigneurie de ScHWARTZBOURG^c/ètoart^OMrg» et Lmtmbtrg au milieu de la Tburioge); la maison de Reuss (en Misnie) (2). — Dans le cercle du Haut- Rhin, la principauté de Waldeck réunie sous un seul chef depuis 1495. — Les deux lignes de là maison de Nassau, dont les branches diverses se partageaient entre les cercles du Bas-Rkinet4e Westphalie. Dans le dernier cercle, la maison qui réunissait Berg, La Mark, Clèves, Juliers, etc. (3).
Le protestantisme rapprocha par une opposition Protestants. commune ces payssi divisés. L'Électeur de Saxe avait été le principal appui de Luther, et la branche Alber-
(1) Voyez Schœll, pour les différentes possessions qui en faisaient l'apanage, XXV, p. 352.
(2) Denx des lignes de cette maison étaient sur le point de s y é~ : teindre (Weiâa en 1532, tr&ra éri 1550); ia «troisième , celle de FUmn, allaifc.se «aaoâ&er de notivrau.
<3) Si r«m voyait la teUssificatio-m -exacte des pays d 7 Allemagne en cercles à cette époque,- on la trouverait dans le décret de la diète de Worms, en 1521. Dumont. Sup. II, P. 1 , jp. 65.
Une, quoique rivale de la branche aînée, adopla comme elle sa doftrine après la mort de Georges-le-Barbu (1539}. Lje. landgrave de Hesse, Ph il ippe-le- Magnanime, en fut, après l'électeur de Saxe, le plus ardent défenseur. L'électeur de Brandebourg restait fidèle à la religion de ses pères ; mais la branche A'Âmpach et de Bayreuth y avait déjà renoncé. — Les deux princesd' Anhalt, Wolfgang deCoethen,el Jean deZerbst, embrassèrent l'hérésie : le second, sans se mêler aux troubles qu'elle fit naître; le premier, jusqu'à y perdre ses Etats. Dans la maison de Brunswick, la ligne i de Grubenhagen était protestante dès 1531 ; quant ; à la ligne de Gœttingen , les princes de la branche i de Lunebourg (Harbourg et Zell) soutenaient la même cause, ceux de la branche de Brunswick proprement dite défendirent le catholicisme avec autant de zèle que les autres en mettaient à l'attaquer. Les petits princes dispersés au milieu des Etats protestants, Mansfeld, Nassau, Waldeck , etc., imitèrent leur exemple et les dépassèrent même quand il s'agit de combattre; et les évéchés dont nous avons parlé, asservis depuis, longtemps à postuler pour évêques les cadets des grandes maisons régnantes, suivirent généralement eux-mêmes le changement qu'elles subirent , et peut-être le provoquèrent en offrant une proie si facile à leur ambition. Enfin le luthéranisme régnait sans partage sur les peuples des rivages de la mer du Nord et de la Baltique ; Ostfrise, Oldenbourg 9 Hol$tein, Mecklembourg, Poméranie, et il rattachait au système allemand la Prusse , sécularisée au profit de celte
cause et de sa maison par Albert de Brandebourg, grand-maître de Tordre Teutonique ; éf au delà de la Baltique, les deux royaumes Scandinaves de Danemark et de Suède , qui , dans la lutte contre l'Empire , en prendront plus tard la suprême direction.
Ainsi , au nord , bien peu de princes demeuraient Catholiencore étrangers à la réforme : c'étaient (et l'exception rendra ses progrès plus sensibles) le duc de Saxe , les dues de Brunswick{ Wolfenbuttel et Caleriberg), Yélec • teur de Brandebourg; bien plus, dans cette période même, à la fin de leur règne ou immédiatement après enx , leurs Etats devaient cesser de rester en dehors du système protestant. — Au midi même le protestantisme gagna des partisans, quoique généralement au contraire le midi soit alors demeuré fidèle à l'Eglise et à l'Empire.
En effet, la plus grande partie de cette vaste contrée d| f jg^ obéissait directement à la maison d' Autriche. Charles-Quint, il est vrai, n'en avait plus la domination Cathoiidirecte ; il avait cédé à son frère Ferdinand ses Etats qucs * héréditaires, Y Autriche, la Styrie, la Carinthie et la Carniole (1521), puis les autres provinces allemandes qu'il s'était réservées d'abord : le Tyrol , Goriiz, l'/strie , Trieste , Y Alsace et la Souabe autrichienne. Il y joignait même le duché de Wurtemberg, dont la ligue de Souabe avait dépouillé le duc Ulric, et qu'elle lui avait vendu cette même année (1). Mais cette puis*-
(1) 11 lui en donna l'investiture en 1530. VAUace ne lui était cédée que sous la condition de revenir après sa mort aux héri-
sanee considérable, à laquelle Ferdinand ajoutait encore en 1526 % par l'héritage de la Bohême et de la Bmgrie {voy. pins bas), demeurait tout entière sous la nrain de l'Empereur. Et quand les liens de famille, si puissants dans la maison d'Autriche, n'eussent point étroitement rattaché Ferdinand à son frère , l'intérêt même de sa propre domination Peut rapproché de l'Empereur : il était roi des Romains (1530).
La B&vièftE, réunie sous dette frères de la branche de Munich, restait aussi fidèle à l'Eglise; quoique rivale de la maison d'Autriche, elle conforma sa politique à ses croyances , quand la ligue des princes allemands toi parut surtout dirigée contre la religion dont elle soutenait la cause. — Dans la branche Palatins de la maison de Wittelspach , l'électeur Palatin était catholique, mais assez facile envers le protestantisme; et ce fut comme médiateur qu'il figura au traité conclu en 1532 entre l'Empereur et les princes protestants. La branche de Deux-Ponts ( subdivisée depuis Ï544 en deux rameaux, Deux-Ponts et Veldenz), non plus quç la branche de Siràmern , n'avait point encore adopté le protestantisme ; et la dernière dut à cette cause la succession de l'électorat dont l'Empereur Tinvesiit en 15W, au détriment du prince de Neubourg % dernier rejeton de la branche atnée.
Protes- Le protestantisme gagna, quoique plus tardivement, ces petites principautés, et les autres qui se parta-
tiers de Charles-Quint; mais cette clause fut abandonnée par la suite.
tante.
geaient le reste du mîdt de l'Allemagne rarnsï, tes deux ducs de Bade l'introduisirent dans leur pays Yen 1596, sans toutefois se départir de leur fidélité à la cause de VEmpereur,et le due de Wurtemberg, quand ilfutrétafeti dans ses Etats par l'appui des protestants, en 1534, n'eut rien de plus à cœur que d*y proclamer leur doctrine; — Comme les principautés, les tilles libres jmbrassèrent de bonne heure la réforme, et le nombre des protestants qui composaient déjà la ligue de Souabe, eu 1533, engagea l'Empereur à la dissoudre. Ce fut à peine si les électorals ecclésiastiques, Trèye5,Mayencb et Cologne, purent s'en préserver toujours {!).
Tels étaient les éléments d'opposition et d'assistance que Charles-Quint rencontrait en Allemagne. L'opposition, c'était la réforme, et les ligues de Torgau et de Smalkade (2) lui donnèrent un caractère politique au-
(f J Des deux principaux pays que. Ton rattachait encore à /'empire germanique, Pun, la Lorraine, élait catholique, l'autre, la Suisse, était divisé par la f éform*. Les cantons aristocratiques de Berne, de Zurich, de BdUe, de Soleure, de Schaffouse, étaient protestants; les cantons démocratiques à % Urt, Schwitz, Vntervfaid, Glarie, Zug , ceux de Frîbourg et de Lucerne demeuraient catholiques; le canton démocratique dépense? se partageait entre les deux religions. Mais cette réforme fut indépendante de celle de Luther et dans son établissement et dans les troubles qu'elle souleva parmi les cantons.
(S) L'union de Torgau se composait uniquement de princes du nord. Fondée par l'électeur de Saxe et le landgrave de Veste (1526, SI mai), elle comprit , dès le mois suivant, les ducs de Brunswick-Lunebourg et de Mecklembourg , le prince &A*hcUt- Coethen et les comtes de Mansfeld. Magdebourg fut la première
quel elle duf^de nouveaux alliés. La Bavière même accéda un instant à ces ligues (1). L'Angleterre . I;i France s'en saisirent comme d'un puissant levier contre la domination de la maison d'Autriche (2) ; un autre levier non moins puissant qu'elles remuaient aussi, quoique avec plus de secret, c'était, nous l'avons dit, l'empire des Turcs.
turcs. Les Tcrcs , dont nous avons suivi les agrandissements jusqu'au seizième siècle, avaient eux-mêmes, à cette époque , rencontré un redoutable adversaire en Asie. Gomme la religion chrétienne en Europe, l'islam avait eu son protestantisme. Longtemps abaissé, il venait de former un puissant empire sous la dynastie des sophis de Perse (3). Toute l'Asie du centre leur obéissait, de l'Euphrate aux monts Paropamises et au pays des Ouzbegs, du Caucase au golfe Persique. Mais l'c-
ville qui vint y accéder. A la ligue de Smalkade (1531, 31 décembre), on comptait avec les précédents, un Lien plus grand nombre de villes désignées sous le nom général de villes de la Haulc- Allemagne, de Saxe et des côtes, nommément Strasbourg, Vlm, Constance, Reutlingen, Memmingen, Lindau, Biberach, Isny, Lubeck, Magdebowrç et Brème. Dumont, IV, P. 1 , p. U9 et 455. P. 2, p. 78.
(1) Traité de Saalfed, 2£octobre 1531, etalliance d'Augsbourg entre la Bavière, la Saxe, la Hesse et la France, 153&.
(2) Traité de Scheyern, 26 mai 1532.
(3) Schah Ismaïl la fondait, vers 1500, sur les ruines de la dynastie turcomane du Mouton-Blanc. Il avait conquis \ Iraq- Arabi (Babylonie), le Diarbéhir (Mésopotamie), soumis, au nord, les princes du Schirvan, et, à Pest, enlevé le Khorassan à la dynastie -des Ouzbegs, maîtres des rives de l'Oxus.
ubiêsemenl même de cet empire rival provoqua l'atleoiioo des Turcs et les amena h la conquête. Peuple asiatique, les Turcs pouvaient dépasser cette limite 4e TEuphrate, fatale i toute domination européenne a Asie (1). La journée de Tschaldsran (151V) avait décidé du succès de la campagne. Le Diarbékir (Diarfckir, Mardin, Nisibin, Sindjar) Tut le prix de la victoire, et les chefs du Kurdistan Qrent successivement leur soumission à Sétim. A Test, les limites de l'empire fiaient donc portées du Taurus et de l'Euphrale aux buteurs de l'Elvend (l'Orontes); au sud, par la eoofoéte du Diarbékir, elles touchaient, en Syrie, aux frontières des Mameluks. Mais cette barrière que les Bameluks , à l'exemple de tontes les puissances qui «tapèrent l' Egypte , avaient donnée à leurs Etats, l'arêta point Sélim. La bataille d'Alep lui livra toute b%rt>, la bataille deRidania, toute V Egypte; et, (rômphant bientôt des derniers efforts des Mamelucks Aspersés, il reçut dans sa nouvelle conquête les hommages des scheiks arabes de la Haute-Egypte , du *bèrif de la Mecque et des sultans de Mauritanie.
Ces limites de l'empire, au sud et à l'est, furent main tenues par Soliman, au commencement de son régne : tons leur enceinte, il complétait la domination ottomane par la réunion de la principauté du Souldakr (en bppadoce); et file de Rhodex, qui soutenait encore, *sr les rivages de l'Asie, l'honneur de la chrétienté , succomba en 1522, avec les huit petites lies de sa dé-
3; V. IlAHUEn, Bût. de l'empire oltoma*. IJr. XXI II, fin
pendance.— Quant aux limites de la Porte, en En rope, nu avantage non moins éclatant, obtenu Vanné précédente, en présageait l'extension prochaine : Bà grade, la clef de la Hongrie, lui avait été livrée , mal gré sa belle défense (1521). Tout ce que présageait ceti conquête, la bataille de Mohacz l'avait réalisé (1526] Les provinces du Danube , qui paraissaient flotter en core entre les deux dominations» la Moldavie, la Va lachie, furent irrévocablement rattachées à la Porte La Hongrie même tomba en partie dans sa dépendance : Zapoly, volèvode de Transylvanie, qui disputait à Ferdinand d'Autriche l'héritage du jeune roi Louis , tué à Mohacx , et avait invoqué , contre lui , le secoure des Turcs, reçut d'eux une moitié du royaume avec Bude, la capitale ; il en fit hommage A Solitoan, dans les plaines de Mohacz, théâtre de sa victoire (29 février 1538).
Résistance Telle était la position respective de Charles-Quint,
tharie»- de François I~ et des principaux alliés, qui se mêlé-
Quint. renl 4i eur querelle. Les protestants et les Turcs étaient
en même temps excités par François I", contre son
rival (1).; Mais Charles-Quint déjoua d'abord ce coo-
(1) L'ambassadeur français Rinçon fut reçu par Soliman * Belgrade en juillet 1532; son ambassade coïncidait arec l'invasion de Soliman en Autriche. Une première ambassade franv çaise avait précédé la première invasion de la Hongrie par Soliman et la bataille de Mohacz. Le sultan prétendait qu'il ne l'avait entreprise que sur les pressantes instances de la France. ( v ' Hakvbr, t. V, p. 150 et 66). En cela François 1" n'aurait fait
t. Sous la médiation de l'électeur Palatin, il transia, à Nuremberg, avec les protestants f tlont la ligue l'était accrue de plusieurs villes (1532) (1); et Ferdinand, au nom de la maison d'Autriche , transigea aussi avec le duc de Wurtemberg, que la vicloire de Hetlbrcnn avait rétabli dans ses Etats (1534) (2). — Ces transactions , amenées par la nécessité, n'offraient aux protestants qu'une garantie bien précaire , et l'Empereur ne cachait plus ses projets, quand il reparut en Europe, vainqueur de Barberousse (1535) (3). Il comptait eu finir avec ses deux plus terribles ennemis , et proposait à François I er un traité de paix à la condition qu'il abandonnerait l'alliance des protestants et des Turcs. — C'était un avertissement de la consolider. Laligue de Smalkade se renouvela sur de plus grandes proportions (4), et tandis que Martin Dubellay y por-
qne hâter la réunion de la Hongrie à l'Autriche: la mort du jeune roi Louis à Mohacz faisait passer son héritage à Ferdinand.
(1) Eslingen, Beilbronn, Kempten, Weissembourg , Wimheim, Brwuwick, Gostar, Einbeck, Bail en Souabe, Gœttingen y lïordhausen et Hambourg. Y. Dtjmotït, IV, P. 2, p. 87 , 1 532/23 juillet.
(2) Traité de Cadan, 1534, 29 juin. Le Wurtemberg demeurait un fief de l'Autriche et la réversion lui en était assurée à l'extinction de la postérité mâle du duc Ulrîc. Dumout, IV, P. 2, p. 119, il fut ratifié par Ulric, le 26 janvier 1535, et par Charles-Quint, le 12 février.
(3) Muley-Hassan, rétabli par Charles-Quint, avait en même temps reconnu sa suzeraineté et s'engageait à lui livrer Bone, Viserte et Africa, qui appartenaient au royaume de Tunis, & août 1535. V. Dumokt, IV, P. 2, p. 135.
(6) L'électeur de Saxe, et son frère Ernest, les ducs de 1
(ait l'adhésion de la France, un aulre ambassades allait jusqu'au fond de l'Asie, resserrer, par un Irait de commerce , les liens politiques de François I" et d Soliman (1).
Charles-Quint fit encore face au danger. En Aile magne, il organisa la ligue catholique contre la ligui de Smalkade (2). Par la trêve de Nice, par son pacifique voyage à travers la France, il jetait sur la fidélité de François I er à ses alliances , des doutes grave* et trop bien mérités. — Cette politique porta ses fruits, En vain François I er , trompé dans ses espérances, renouvelait ses traités avec Soliman et Barberousse d'une part, et de l'autre, avec les protestants, auxquels il amenait en aide les rois de Danemark et de Suède
wick-Lunebourg, le landgrave de Hesse, les ducs de Poméranie, lej princes à'Ànhalt, les comtes de Mansfeld, les villes de Strasbourg, Augtbourg , Constance, Ulm, Eslingen, Rcutlingen, Memmingen, Kempten, Lindau, Bibrach, Jsny, Magdebourg, Brème, Brunswick, Goslar, Hanovre, Gœttingen, Einbeck, Hambourg, Lubeck el Minden, 29 septembre 1536. Dumont, IV, P. 2, p. Ut. Le roi de Danemark (5 octobre) , un duc de Saxe (Albertine) , He-iri, et son fi!s Maurice (1536), y accédèrent aussi. V. Dumont, p. US et 147.
(1) Soliman venait d'étendre considérablement ses frontières en Asie , aux dépens de la Perse. Taurii (Tébriz) avait cédé à srs armes, Bagdad lui avait éié livrée, et au nord le schah du Sehirvan se soumettait à sa domination. Ce fut alors qu'un troisième ambassadeur français, Laforét, envoyé pour le complimenter de ses victoires, conclut avec lui un traité de commerce, 1536. V. Hammer, t. V, p. 226, 229.
(2) Elle comprenait les archevêques de Mayence.ti dtSatebourg, Guillaume IV et Louis, ducs de Bavière, Georges, duc de
le duc de /u/ûri (1). Charles-Quint lui enleva sucsivement l'alliance de l'Angleterre (2) , que le roi France avait délaissée le premier, celle du duc hliers (15&3). et relie du roi de Danemark (3) ; et i même temps envahissant la France , il fit accepter i roi, malgré la bataille de Cérisoles, la paix de rêpi (15M.). — Avec l'abandon de toutes les places >nquises sur la Savoie et dans le Mont ferrât, depuis i trêve de Nice , elle exigeait du roi la cession de Steay au duc de Lorraine , comme fief du Luxembourg. esl-à-dire de Charles-Quint , la remise du comlé de 'harolais (&), et surtout la promesse « que les deux ftjeslés s'entendraient pour la répulsion des Turcs et aires infidèles, comme déraison. »
Les Turcs et les protestants donnaient en effet à Empereur de graves inquiétudes. Les Turcs étaient avenus maîtres d'une partie de la Hongrie. Ferdi-' •and, à la mort de Zapoly, ayant essayé d'en reprenne possession, ils y étaient entrés comme pour défen-
to* (Albertine) , Eric et Henri II le jeune, ducs de Brunswick tofentone/, 10 juin 1538. Dumont, IV. P. 2, p. 164.
f 1)V. Pfeffbl, année 1542, et Dumokt, IV, P. 2, p. 196, B née1540.
(2) Dumotït, IV, P. 8, p. 817 et 855, années 1542 et 1543.
' 3 ) Dumont, ibid. p. 265.
f M En outre, la renonciation pour toujours aux pays cédés par fJ Iraiiés précédents (p. 231 et suiv.). Hesdin devait rester a la
rance jusqu'à nouvelle disposition, et des arrangements posténeurs devaient régler plus exactement les frontières. Dumont , ** P. 285, 286.
dre le fils nouveauté de ce dernier; ils avaient repri Jfuie, dont les Autrichiens s'étaient emparés, et conquis successivement Gçan (ou Strigonie), Stuhlweissenbourg (ou Albe-Hoyâle), Fûnfkirchen (Cinq- Eglises). Marlinuzzi était maintenu par eux comme régent de Transylvanie, peudant la minorité du jeune , prince ; mais la conversion des églises de Bude en mosquées annonçait assez clairement leur intention de garder leur» conquêtes en Hongrie. Elles leur furent confirmées dans l'armistice accepté par Ferdinand (1545) t et à la paix signée , en 1547, par Charles- Quint.
Jamais aussi les protestants n'avaient paru plus puissants en Allemagne. Leur ligue avait gagné au midi. Le duc de Wurtemberg, rétabli, grâce à elle, dans ses Etats par le traité de Cadan , en était un des plus zélés partisans, et le nouvel électeur Palatin, qui devait celte dignité à la faveur impériale, avait luimême abjuré la foi catholique et la causé de l'Empereur.— Au N.,nous l'avons vu, vers 1533, les duchés de Brunswick (Wolfenbuttel et Calenberg), l'-éleçlorat de Brandebourg et le duché de Saxe (Albertine), demeuraient seuls catholiques : — Vers 1544, le protestantisme y avait aussi triomphé. Le nouvel électeur de Brandebourg en avait embrassé les doctrines dés 1539; la branche Alberline avait pour chef le prince Maurice, un des premiers adhérents de la ligue de Smalkade; le duc de Wolfenbullel, toujours fidèle aux intérêts catholiques, avait été chassé de ses Etats par les autres princes protestants (1542); et l'archevêque
s Cologne voulait , à l'exemple d'Albert de Brande» wirg, convertir sa dignité élective en une principauté Wditaire (I5U).
libre du côté de la France et do côté des Turcs, Empereur tourna toute son attention vers les proiesmis, et ce fut au sein même du protestantisme qu'il rouva des alliés. L'ambition lui donna Albert de Branebourg, margrave de Bayreutk (Y Achille, YAlciùute), et Maurice, duc de Saxe, qui convoitait l'élecorat; et bientôt, malgré'les premiers succès de l'éleo leor menacé, la bataille de Mûhlberg laissa à l'Empereur ' tat l'avantage (15W) : l'électeur de Saxe, le landgrave kHesse étaient ses prisonniers; toutes les provinces de Saie, avec l'électorat, devenaient le prixdç la trahison Se Maurice qui fut chargé de poursuivre dans le N. la soumission des aulres rebelles.
Ce triomphe pourtant n'était point assuré. Maurice allait effacer sa première trahison par une autre. Il n'arait voulu que l'électoral : électeur de Saxe, il de-
!mt chef du protestantisme contre l'Empire, et une gue nouvelle réunit avec le Danemark et les prinpaw Etats du nord de V Allemagne, le roi de France, nenri H. Cette double guerre, commencée en même temps, eut encore une double issue. Elle aboutit au Wté de Passau (1552) et à la pacification A'Augsbourg (i555), pour les protestants; pour la France, au traité ^Cateau-Cambrésis (1559). Dans l'intervalle de ces feux événements, Charles-Quint avait abdiqué et ses bonnes et l'Empire. Quoi qu'il eût voulu faire, ces *tt parts ne purent se réunir. Leur séparation forme
une période nouvelle dans le système d'équilibre. Sans perdre de son unité, il se rattachera à deux centres principaux d'action : d'un côté la branche d' Autriche, avec les autres pays d'Allemagne et les royaumes Scandinaves, que le protestantisme vient d'associer au mouvement de l'Europe occidentale; de l'autre, la branche (TEspagne avec Y Angleterre, là France et Géogra- y Italie. — Dans l'énumération rapide que nous allons
phledeces m m # r , n
Etats vers faire des principaux Etats de ces deux groupes, nous 1 parlerons seulement des changements survenus pendant la période que nous venons de parcourir.
Suéde Malgré les prétentions du Danemark, la Suède avait assuré son indépendance; bornée au S.-E., du côté de la Russie, aux lacs du Kexholm, elle occupait, par elle-même et par ses possessions en Finlande, les deux rivages du golfe de Bothnie. Le Danemark l'en- Danemark ? | ronila jt par t m ailleurs : au N. t par la Laponie septentrionale ; à l'O., par la Norvège et quelques provinces du versant oriental des monts Dover; m S., par les provinces qu'il possédait toujours à l'extrémité de la péninsule Scandinave {Scanie, H ail and y Bleking, celte dernière alors contestée). Le royaume de Danemark, proprement dit, se composait des îles qui fora ment, entre les deux péninsules, les passages des Belt et du Sund (Ftonte, Laland, Seeland), et de la péninsule danoise (Jutland, Sleswig et Holstein). Mais Christian III, qui avait succédé en 1534 à Frédéric H son père, avait en 15W partagé avec ses frères te
Sleswig et le Holsteio, partage contre leqael les Etat* de Danemark protégèrent vainement (1).
En Allemagne, contentons-nous de nommer : à 10. Allemagne. duHolstein, le comté (I'Oldexbourg et TOstfrise, demeurés en dehors des troubles religieux. — À l'E., le duché de Saxë-Lauenbourg ; le Mecklbmbourg. partagé non plus seulement quant à l'administration, mais quant au territoire, en deux branches : Schvoerin dGustrow; la Poméranie dont les deux branches, Wolgast et Stellm, se réunirent au contraire en 1569 (2). — Au S. du Holstein, le Brunswick: [Lunebourg et Brunswick; Wolfenbuttel et Calenberg), où le duc de Wolfenbuttel (chassé en 1542 par les protestants) se Jtrouvatt rétabli par la victoire de Miihlberg (15W).— Au S.-E. ,1a maison d'ANHALT,dontla branche i&Coethen s'éteignit en 1566. — A l'E., la maison de Brandebourg. A l'exemple du grand-maître Teutooique, son parent, qui avait sécularisé la Prusse, Yélecteur accroissait tous les jours son domaine aux dépens de l'Eglise; déjà les évèchés de Brandebourg, de Bavelberg et de Lesbus avaient été incorporés à la Nouvelle-Marche. Quant aux burgravials d'Anspach et kBayreuth, la rébellion opiniâtre d'Albert-l'Alcibiade avait d'abord livré ses domaines de Bayreuth
0) Le roi retint Sonderbourg, Ploen, elc, son frère puîné H*t- Itftltben, etc., et le plus jeune fonda la branche de Gottorp dont la nvajilé épuisa le Danemark, et lui fit perdre le rang. qu'il occupait parmi les nations, i : ' : '.'.:,
(2)Barnime, duc de Stettin, abdiqua en faveur du. duc de Wolgast. ■'--: "S
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aux alliés plus fidèles de Charles-Quint, chargés de le poursuivre; mais, à sa mort (1557), un décret impérial les avait forcés de restituer son héritage à ses collatéraux. — En Saxe, après Maurice; qui avait acquis à sa ligne les dépouilles de la ligne Ernestine , Auguste, son frère, conservait la dignité électorale; mais pour les domaines héréditaires, il avait transigé avec Jean-Frédéric, l'ancien électeur. La ligne albértine gardait par là , avec la Munie, le cercle électoral de Wittemberg; la ligne ernestine eut la Thuringe et le comté à'Altenbourg (1). — Le landgrave de Hesse, dépouillé comme l'électeur Jean-Frédéric, était rétabli par le traité de Passau dans sa principauté (2).
Tous ces Etats du nord de l'Allemagne que nous venons de nommer, et la plupart des petites principautés que nous avons passées sous silence, avaient alors embrassé la réforme : le duc de Wolfenbuttel luimême, qui avait d'abord défendu le catholicisme jusqu'à y perdre ses domaines, était devenu protestant.
(1) Transaction de Naumhourg, 24 février 1554. Dumont, IV t P. 3, p. 70. Auguste cédait encore à Jean-Frédéric et à ses fils , outre les terres qu'ils avaient conservées par la capitulation de Wittemberg (1547, 19 mai), les bailliages de Snchicnbtmrgr, <tiH*rbi*leben et tfEisenberg en Thuringe. V. Schœll, U XV, P. 174. cf. p. 1 40. — Depuis 1 554, la ligne Ernestine formait deux branches : la branche ainée, ou maison de Weimar, et la branche cadette ; en 1 572, la première ayant pris le nom de Cobowrg- Eùenack, l'autre prit celui de Weimar.
(S) En 1557, il transigeait avec la maison de [Nassau pour l'héritage de Katzenelenbogen. Ce comté demeurait à la Hesse, celui de Dietz à la maison de Nassau.
— Avec la maison de Calenberg, qui s'éteiguit et* 1584, et celle de Julien, qui finit en 1609, le catholicisme ne comptait plus guère, au N.-0 M que les électorats ecclésiastiques, Cologne, Mayence, Trêves, et les autres évêchés {Munster, Paderborn, Osnabrûck, etc.)» menacés par le voisinage des puissances protestantes, et par les religionnaires qu'ils contenaient à l'intérieur.
Au midi même, le protestantisme avait fait de ra>pides progrès — La maison Palatine comptait trois princes régnants : dans la ligne de Simmern , Frédéric III, récemment appelé à Yélectorat (1559), et son frère qui continua la branche de Simmern; et le duc de Deua>Ponts, qui avait reçu de la dernière maison électorale le comté de Neubourg. Tous trois étaient protestants* ainsi que les deux ducs de Bade et le duc de Wurtemberg. Mais si le protestantisme y ralliait Je pkis grand nombre d'Etats, le catholicisme y comptait les deux pays les plus puissants, la Bavière et TAutriche, qui conservaient respectivement les mêmes frontières : seulement la Bavière avait dû rendre à l'électeur palatin le comté de Neubourg ,dont elle avait été inveatieàla faveur des troubles religieux,et l'Aurai N che avaitfait de nouvelles pertes du côté de la Hongrie*
Les Turcs, nous l'avons vu, s'étaient établis au Tare*, cœur même du pays, sur le Danube, dont ils occupaient le cours et les pays riverains dé Bude à Belgrade. L'abdication forcée de la reine Isabelle, veuve de Zapoly, et l'occupation de la Transylvanie par. les Autrichiens, leur avaient fourni une nouvelle oçca-
sion de conquête : ils s'étaient emparés du Bannat de Temestoar, et avaient chassé les troupes autrichiennes de Transylvanie (1); la prise de Szolnokei Szecseny avait encore avancé leurs positions vers le nord. Ils s'y maintinrent à la trêve de 1562 (2).
Telle* étaient, de 1555 à 1562, les limites respectives des peuples de ce premier groupe ; dans le second, autour de la maison (TEspagne, se rangeaient r Angleterre, la France et 1' Italie.
oarchie Philippe II, qui avait reçu de son père, en 1510, l'inagno e# vestiture du Milanais, et en 1555 la souveraineté des
(1) En 1 555 les Transylvains 9 soutenus par eux, avaient rappelé Isabelle et son jeune fils.
(2) Ainsi les Turcs, avec le bannat de Temetwar (entre le Maros, au nord, la Theiss, à l'ouest, et, au sud, le Danube), occupaient en Hongrie, dune part le pays compris entre la Theiss, à Test, et les rives du Danube, à l'ouest, de l'autre, une large bande parallèle sur la rive droite du Danube , dont les extrémités, à l'ouest, étaient marquées par Gran, Stuhlioeittenbùurg et FUnf-Kirehen; au nord, leurs possessions étaient limitées par une ligne qui, suivant la direction du Danube à Gran, passerait par Hatioariy où ils avaient un sandjak, et rejoindrait la Theiss y en laissant au nord Erlau. — Par une singulière coïncidence , en même temps que le Saint-Empire donnait aux protestants la paciûcation d'Augsbourg, l'empire Ottoman accordait aux Persans, ces protestants de l'islam, un premier traité de paix (paix jà'Amasia, 29 mai 1555). Les Turcs gardaient également, de<ce côté, la plus grande partie de leurs conquêtes. — En Arabie, ils s'étaient aussi rendus maîtres des royaumes d'Aden, et d'autres pays du voisinage.
dix-sept provinces des Pays-Bas, avec la Franche- Comté et ses dépendances, y réunissait en 1556, par l'abdication de Charles-Quint, toutes ses autres couronnes : les couronnes de Naples et de Sicile, Y Espagne avec les possessions que nous lui avons vues, et en Afrique (1) et en Amérique; — et là de nouvelles découvertes avaient ajouté à sa domination une plus grande portion de la Terre-Ferme, vers l'isthme qui réunit les deux continents au N-O. de l'Amérique du Sud (1522-1536), le Chili sur la côte occidentale, & l'O. des Andes, entre 25° et 42° de latitude australe (1541), et au S. du Brésil, les vastes provinces arrosées par le Paraguay et la Plata (1535). — Le mariage du prince avec la reine d'Angleterre (155b) avait associé l'Angleterre à sa politique , de même que le mariage de Marie-Stuart avec le dauphin resserrait Valliance de la France et de l'Ecosse. Mais la mort de Marie d'Angleterre en 1559, et la succession d'Elisabeth hâta la conclusion de la paix.
Elle fut signée à CateauCambrésis, en deux traités séparés.Par le premier traité (2 avril), 1' Angleterre , dont Angleterre la situation politique était toujours la même à l'égard de l'Ecosse et de l'Irlande, renonçait enfin au continent : Calais , cette dernière et importante place , reprise en 1558, par le duc de Guise, fut laissée à la France avec les autres villes de Picardie, pour huit ans (2); car
(1) Nous avons dit que Malte et Tripoli avaient été cédés aux chevaliers de Rhodes ; mais Tripoli était alors conquis par les Turcs (1551).
(2) Voyei Dumoht, V. P. 1 , p. 31. La ville de Boulogne enga-
France.
l'Angleterre neTOulaif pas avouer cet abandon.— Quant à la France, qai effaçait par là la dernière trace de l'invasion anglaise , elle avançait d'un pas vers l'Allemagne : Metz, Toul et Verdun, ces trois évêchés conquis par Henri 11(1552), lui étaient reconnus par son traité avec l'Espagne (1). On y stipulait aussi rechange de plusieurs places, prises ou perdues sur la frontière du nord : Saint Quentin, le Catelet et Ham restitués par les Espagnols contre Thionville, Marieribourg, Dam* viilers, Montmédy, rendus au roi d'Espagne , Bovm elVouillon, rendus àTévêque de Liège. Pour le comté de Ckarolais, on prenait un moyen terme : Philippe H devait le recevoir comme fief de la France. Mais la cession la plus considérable était celle de la Savoie et *i Piémont (la Bresse et le Bugey compris), restitués m vainqueur de Saint-Quentin, Emmanuel-ïMft bert (â), à l'exception d'un petit nombre de places. Avec le marquisat de Saluées, cédé par le dernier prince que les troupes impériales en avaient chassé, il ne restait plus à la France que Turin, Pignerol, Cherasco Chivaz et Villeneuve d'Asti (S) ; et même le traité spécial, conclu avec la Savoie en 1562, conformément au
gce à l'Angleterre par le traité de 1546, avait été rendue parie traité de 1550 (24 mai).
(1) 2 avril, DuMONT, ibid. p. 31.
(2) François I en avait dépouillé son père en 1536.
(3) Voyez le traité de restitution du 2 juillet 1559. DoMOST, V. P. 1 , p. 52. — La Savoie ne recouvrait pas davantage ce qu'elle avait perdu à l'occasion de Genève en 1 536. Le canton de Berne prenant la défense de cette ville dont la liberté était menacée, avait attaqué le duc de Savoie dont François I envahissait
traité de Caleau-Cambrésis, ne réservait à la France que les villes de Pign$rol,Péreuêe et Savigliano (1). — La politique française se détournait de l'Italie, pour se reporter au nord, où Ton avait voulu s'assurer à tout prix la possession de Calais et des places frontières; mais les vieux soldats d'Italie flétrissaient une paix qui leur ôtait le Piémont, cette grande école de guerre* et la porte de l'Italie « où Ton avait déjà le pied si avant. »
La maison d'Espagne qui, par le, duché de, Milan iulie. et le royaume de Naplbs , tenait l'Italie aux deux extrémités, avait un immense intérêt à en Mer cette porte à la France, pour en confier les clefs à un prince qui, comme le duc de Savoie, tenait tout de sa médiation. — Les autres Etats italiens enveloppés par ses possessions étaient soumis à son influence. Nommons:
L'Eglise, compromise par les derniers événements, diminuée v par le népotisme, de Parme et de Plaisance;
en même temps les États, et appelé Fribourg et le Valais au partage de la conquête. Fribourg eut le comté de Romont, les seigneuries de Wuùtens, etc.; les Valaïsans , le Chablais jusqu'à k Dranse ; les Bernois, ^Thonon capitale du Chablais, le pays de Gex, et la plus grande partie du pays de Vaud. Seulement, en 156&, au traité de Lausanne, ils promirent de rendre Gex, Tho- •«» , et tout ce qu'ils possédaient au sud du lac de Genève et du Rhône. V. Schoell, XV, p. 388 et £01. En 1555, Berne avait aussi partagé avec Fribourg l'héritage des comtes de Gruyère qui leur avait été vendu.
(1) Henri III les rendit en 1574, quand il passa par Turin en venant prendre possession de la couronne de France. Le traité signé en son nom est du 14 décembre. Dumont, V. P. 1, p. 23.
— au milieu de ses Etats, le duché d'URBiN, la petite république de Saint-Marin, qui s'étaient moins ressentis des révolutions, grâce à leur médiocrité.
En Toscane, les Médicis élevés à la dignité de grandsducs à Florence, et qui avaienloblenu de Charles-Quint la remise de la citadelle de celte ville , puis, de Philippe II, l'abandon de Sienne, mal protégée par les Français dont elle avait sollicité l'appui en 1552 (1).- La république de Lccques, dont le gouvernement s'était constitué en une aristocratie plus absolue. — Les principautés de Massa et Carrare, et de Piombino.— Gênes, qui devait au traité la restitution des conquêtes faites par les Français dans l'île de Corse, depuis 1553 (Bastia, Ajaccio, Bonifacio, Corte, San-Fiorenzo).
Dans le reste de l'Italie du Nord, l'ancienne maison d'EsTE, à Modène, et aussi dans Ferrare', qui échut à l'Eglise en 1598 (2).— A côté d'elle la nouvelle maison de Farnèse établie à Parme et è Plaisance, aux dépens de l'Eglise, par la faveur de Paul III, et maintenue tour àtourparHenri 11(1550), et par Philippe 11(1556) (3).- La maison deGûNZAGOE qui se partageait: 1° Mantouc et le Mont ferrât, 2° Guastalla, 3° la Mirandole, k°Sa-
(1) Philippe II se réserva pourtant les ports de cette province qu'il rattacha au royaume de Naples, sous le nom d'ÉTATSBtS PRtii des (Orbitello, Porto-Ercole , Monte- Philippo, Porto S.-SI*' phano, Telamone).
(2) Avec Ferrare, l'Église acquit alors Cento, Piève et les places de cette maison en Romagne. V. Schœll, XX, p. 131.
(3) Une garnison espagnole occupa néanmoins 1* citadelle de Plaisance, et elle n'en fut rappelée qu'en 1 583.
bioneUaeiBozzolo t b°CàstiglioneetSolferino{i).—1?ah les seigneurs de MoNTECBiARUGOLO,deCoRREGio,etc.— EnGn Venise. Elle avait paru peu soucieuse de prendre part à cette guerre dé Naples, où voulaient l'entraîner, en 1557, et le pape et la France ; c'est qu'elle était assez préoccupée de la ruine dont menaçaient alors sa puis* sance maritime, et les peuples occidentaux par la navigation de l'Océan, et les Turcs par l'occupation des dernières colonies de la république dans la Méditerranée. A la paix de 15i0, elle leur cédait Malvoisie et Napolide Romanie, qui lui restaient seules en Morée ; les châteaux de Nadinao, de Laurana, etc., en Dalmalie, et différentes petites îles de l'Archipel, Scyro$ t Patmo$ f Paros,Antiparos, Nio, Egine, Stampoli, domaines de la seigneurie et de quelques grandes maisons.
(1) Les branches de Sabionelta et de Castiglione étaient issues de Louis III, deuxième marquis de Mantoue (I&&&-1&7S).
Géog. Pol.