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CHAPITRE IV

GÉOGRAPHIE POLITIQUE DE L'EUROPE APRÈS VÉS TRAI- TÉS DE WESPHALIE (1648) ET DES PYRÉNÉES (1659). — SITUATION PARTICULIÈRE DES ÉTATS DU NORD APRÈS LES TRAITÉS DE COPENHAGUE (1660) , D'OLIVA (1660) ET DE KARDIS (1661).

Nous avons retracé, dans le chapitre précédent, les principales combinaisons de la politique des Etats Européens jusqu'aux traités de Wesphalie et des Pyrénées* Nous allons décrire les changements introduits dans leur domination territoriale par suite de ces traités (1).

Les Etats-Généraux que la France avait ramenés à la guerre contre l'Espagne avaient été les premiers à signer la paix de Wesphalie. Ils commençaient à craindre l'ambition de la France qui convoitait les Pays-Bas espagnols, et préféraient, avec quelque raison, à son voisinage le voisinage de la maison d'Espagne affaiblie. L'Espagne voulut acheter à tout prix leur désistement de la cause française. Non-seulement

(f) Nous renvoyons pour les colonies des puissances européennes au chapitre VI que nous leur avons spécialement consacré. Pour les divisions administratives , voyez à la fin de ce cahier.

elle reconnaissait l'indépendance des sept provinces de l'union d'Ulrecht ( Groningue > Frise , Overyssel , Gmldre, Utrecht, Hollande et Zéiande y du N* au S.» depuis l'embouchure de l'Ems, jusqu'au S. des bouches de l'Escaut ); mais elle renonçait à cette barrière naturelle, que la Meuse mettait entre les Provinces- Unies et les provinces espagnoles , et délaissait aux premières des portions considérables du Brabant , du Limbourg et de la Flandre, qu'on désigna sous le nom de pays de Généralité : la ville de Grave et le territoire du Kuiky sur la Meuse» aux confins du Brabant et delà Gueldre; itai'$-k-i)uc, Berg-opZom, Breda, etc.; lu ville et le ressortde Maastricht, que Ton comprenait aussi dans le Brabant ; la copropriété des trois quartiers d'outre-Meuse : Fauquemont, Datait -et Rolduc (1) ; le* bailliages de Hulst et d'Axel, dans la Flandre, avec les forts que les Hollandais possédaient dans le pays de Wm. De plus, l'Espagne leur abandonnait ce qu'ils avaient conquis dans les Indes-Orientales et Occidentales (fc).

l'Angleterre, Ylrlande et YÊcosse, réunie aux deux premières par l'avènement de Jacques 1 er , faisaient Bretacwk.

(1) Traité de MumUr du 30 janvier 16&8, art. 3. Dumont, VI, P- 1, p. 430. Par une convention signée en 1661 (26 décembre), ta trois pays furent partagés. Rolduc demeura à TEspagne , Fatti*mont etDalem, aux États-Généraux. Dumont, VI, P. 2, p. 393. — En consentant à la fermeture de XEtcaut (art. 1 L) , l'Espagne leur sacrifiait encore le commerce des provinces qu'elle gardait.

(2) Art 5. Voyez le chapitre VI sur les colonies.

Grand»*

depuis cette époque on seul Etat sous le nom de Grande-Bretagne; joignez-y les petites iles d'alentour: les îles Shetland et Orcades, au N. ; les lies JZîArûbi, au N.-O., dépendances de l'Ecosse : les îles deJfan, d'Anglesey, ôlT)., celles de Sd//y, au S.-O., dépendances de l'Angleterre ; les îles d'Aurigny, de Guernesey et de Jersey, anciennes dépendances du duché de Normandie, et dernière trace de l'origine des rois anglais. — Mais à l'époque du traité de Westphalie, cette grande union se trouvait fort compromise. L'Angleterre, qui touchait au dénouement de sa guerre civile, semblait aussi voisine de sa dissolution. . L'Irlande n'avait point négligé cette occasion de secouer son joug; Y Ecosse, paraissait se repentir d'avoir trahi son roi, et les colonies d'Amérique avaient ellesmêmes ressenti le contre-coup de ces agitations.— Le parlement triompha de toutes les résistances. L'Irlande, Y Ecosse furent ramenées à la soumission; les colonies elles-mêmes durent aussi reconnaître sa souveraineté, quoique plus tard ; et le Protecteur allié de la France contre l'Espagne assurait à l'Angleterre ia ville de Dunkerque , position moins dangereuse peutêtre pour l'Espagne qui l'avait perdue que pour la France qui en avait secondé la conquête (1). Toutefois, ce n'était plus vers le continent que l'Angleterre tournait ses vues de grandeur. L'Océan lui déroulait un

(1) Louis XIV sut décider Charles II, roi d'Angleterre, à la lui revendre avec toutes ses dépendances pour cinq millions (il octobre 1662). Dunont, VI, P. 2, p. 432.

champ pins vaste. Dès 1652 , l'acte de navigation proclama ses prétentions à dominer les mers; et les Hollandais, qui avaient détrait ses premiers établissements dans les Indes, étaient forcés de reconnaître la suprématie de son pavillon (1).

La France , par le traité de Westphalie , avait ob- fianck. tenu de l'Empire, comme satisfaction, la souveraineté des Trois évichés, Metz, Toul et Verdun ( traité de Munster, § 70 ), déjà consentie par l'Espagne au traité de Cateau-Cambrésis ; au delà des Alpes. la possession de Pignerol (§ 72), cédé au traité de Quérasque par le doc de Savoie (1631); au delà du Rhin, le droit de garnison dans Philipsbourg dont la souveraineté restait à l'évoque de Spire (§76,77); plus au S., Vitux-Brisach aussi sur la rive droite, et enfin, entre la rive gauche et les Vosges, le landgraviat de la Haute et de la Basse- Alsace , avec le Sundgau ou territoire de la Haute-Alsace , et la préfecture des dix villes impériales ( § 73, 74). — De son côté, elle abandonnait à l'Empire quelques pays dont elle s'était mise en possession par les armes , les villes forestières , la Forêt foire, le Brisgau, etc. (§ 85) (2).

(I) Traité de Westminster, 5 avril 1654 , art 13 : Item quod naves dictarum FœdèratarumProvinciarum , quae alicui e navibus bellicis hujus reipubljcœ in maribus brîtannicis obviam dederînt, v exillum suum e mali vertîce delrabent et supremum vélum <V initient, eo modo, quo ullis rétro temporibus, sub quoeunque anteriori regimine, unquam observatum fuit.

(â) Schœll, Histoire det Traitét de paix, ï, p. «21. De grave* Géog. Poh 7.

Ces acquisitions avaient étendu ses frontières à TE,; mais au midi et au nord, la guerre qui se continuait contre l'Espagne les laissait toujours incertaines. Au nord elle occupait les meilleures barrières des Pays- Bas ; au midi, elle voyait sa souveraineté reconnue des trois provinces de Roussillon, de Gerdagne et de Catalogne, soulevées contre Philippe IV. En 1659 enfin, les deux parties , fatiguées de lai double guerre intérieure et extérieure qui les affaiblissait depuis si longtemps, conclurent le traité des Pyrénées. — La France conservait au N. , le comté d'Artois dont elle avait fait la conquête: Hesdin, Thérouanne,tilhrs> Béthune, Saint-Pol^ Arras, Bapaume, Lm\ — on n'en exceptait qu'Aire et Saint-Omer.* — Dans les provinces voisines, une suite de villes qui reculaient d'une ligne sa frontière aux dépens des Pays-Bas, de Calais h ThionviUe, savoir : en Flandre , Grave- Unes, Bourbourg, Saint-Venant, et dépendances (i); dans le Hainaut, Landrecie* et Le Quesnoy; entre laSambre et la Meuse, Avesne, Marienbourg et Philippeville (2); dans le Luxembourg, Ivoi (plus tard

contestations ont été soulevées sur les termes de ce traité que les parties semblent avoir à dessein laissés dans le vague, pour s en réserver l'interprétation par les armes.

(1) Ce qu'on appelait le quartier de terre-frantKe. — Dunkerque prise par les Français et livrée aux Anglais en 1658 , fut rachetée de l'Angleterre en 1662.

(2) Philippwilh était le bourg dé Corbigny, fortifié enl 555 par Marie , gouvernante des Pays-Bas , et appelé du nom de Pb 1 lippe IT.

Cariqnm)* Chauvatwi (près Montraédi), Montmidi, Marmlle } Damvillers, Thionville (1) , qui enveloppaient les Trois ëvêchës, délaissés à la France par le traité deGateau-Cambrésts. Sedan et Raucourt, sur cette ligne, avaient été données à la France par le duc de Bouillon qui , à ce prix, demandait grâce pour sa complicité dans la conjuration de Cinq-Mars. Quant à la Lorraine, qui séparait les Iroi» évêchés des pays d'Alsace , donnés à la France par le traité de Westphalie, elle était restituée au duc qui en avait été dépouillé. La France se réservait seulement Moy envie (sur la Seille) , comme dépendance du pays Messin , le BarroiSï te comté de Cltrmont, Dun, Sttnay etJamêtz, c'est-à-dire ce qui se trouvait à 1*0. des trois Evêchés (art 52 et suiv.) (2). —Par ces positions elle Rassurait kUeuse pour barrière. A FE., la Franche-Comté, teCoMTArVENAissiN, demeuraient toujours en dehors de la domination française. Vais si l'Espagne et l'Eglise régnaient encore en deçà des Alpes et du Jura, au S. la France n'avait guère d'autres limites que les

(1) Traité des Pyrénées, 7 novembre 1659, art. 35-41. Dumost, VI, P. 2, p. 568. Le roi de France restituait., dans les Pays-Bas, TpreM, Oudenarde, Dixmude, F*rne$, Mtmn, Berg- Saint-Vvnox, etc.; dans la FaANCHErCoMTE , les forts de Saint- Amwr, Bleteram et Joux , etc. ; la Catalogne et la Cerdagne , au delà des monts (art &5, 47, 42 et £8). Le roi d'Espagne restituait de son côté toutes'les places conquises, et rexonçait à tous «es droits sur TAisace, etc. (art. 49 et 61).

% Ciermont , Sienty, <fomeiz furent doanés sou* la suzeraineté de la Franee.au grand Gondé (1648).

VyrèT\èe$:\eRou$siUonei\aCcrdagne en deçà des monts lai étaient assurés pour toujours (art. 42 et W) (1).

An prix de tant de sacrifices , l'Espagne avait bien compté garder la domination de toute la péninsule entre les Pyrénées et les deux mers , en ramenant à l'obéissance le Portugal qui, depuis 1640 , était redevenu indépendant. Mais ce fut en vain. Le Portugal avait repris, avec sa nationalité» ses anciennes frontières, le Minho, la Guadiana et une ligne qui joint ces deux fleuves, coupant le bassin du Duero et du Tage, vers le9 Be degré de longitude O (2).

L'Espagne revenait donc à ses premières limites dans la péninsule ; mais , au dehors, sa domination était partout ébranlée ou réduite. Alors commençait pour elle l'âge de décadence dont chaque traité de paix devait hâter le progrés. La paix de Wesphalie (1648) avait sanctionné l'indépendance des Provinces-Unies; la paix des Pyrénées (1659) entamait encore ses possessions des Pays-Bas. Cependant, au milieu des villes importantes que nous l'avons vue céder aux Etats-Généraux (16tô) et à la France (1659) elle y conservait : Aire et Saint-Omer, dans l'Artois ; les trois villes de la Flandre française: Lille, Douai et Orckies; la Flandre, depuis Dunker-

(1) Voyez à la fin du volume les divisions administratives de la France à cette époque.

(2) Traité du 16 février 1668. Dumont, VII, P. 1, p. 70. L'Es* pagne , de tous les domaines du Portugal ne retint que Ctufa en Afrique. Elle y possédait aussi Ont* comme autrefois.

qoe, laissée ftux Anglais, jusqu'au fort de Y Écluse , et Anven ; la fille de Cambrai, qui avait été presque offerte à la France au traité des Pyrénées ; le Bainaut et k Luxembourg, moins les cessions faites à la France; lepays de Namur , le Limbourg et le Brabant, moins les villes de la Meuse et du N. de la province , cédées aux Etats-Généraux. *- De l'héritage de la maison de Bourgogne, en France, elle retenait aussi la Franchi' Comté, où Louis XIV lui restituait ses conquêtes ; Be~ lançon, jusque-là ville immédiate, lui avait été abandonnée par l'Empire (1652) en échange de Frankenthal, où les Espagnols , étrangers au traité de Westphalie , tenaient encore garnison. — Toujours maîtresse des principales lies de la Méditerranée, des Baléares (Jfajorque, Minorque, etc.) de la S ar daigne, de la St- «Je, l'Espagne retenait de même en Italie le royaume de Naples, au S., avec ses dépendances sur les côtesde Toscane (les États des Présides, une partie de l'île A' Elbe), et le duché de Milan, au N. ; mais de fréquentes révoltes en Sicile, à Naples, récemment la sédition de Mazaniello et le coup de main du duc de Guise, avaient montré la faiblesse de sa domination. Celle influence souveraine que Charles-Quint, avant même de posséder autant de territoire en Italie, exerçait sur toute son étendue, était complètement ruinée.

Nous venons de dire ce que l'Espagne conservait Italie. dans I'Itauk du sud, du centre et du nord.

Au sud, depuis les extrémités delà Péninsule jusqu'au

Garigtiam^ et an Tnmto r elle ne faisait de partage qu'arec TEcslisc, qui possédait toujours aa milieu des provinces dte Naples la petite principauté de Bénêvert.

Bans la région du centre, c'était I'Eglisb qui dominait. Elle y occupait d'une mamàne continue le revers occidental de l'Apennin , depuis les limites do royaume de Naples au sud, jusqu'au duché de Castro et Roïicigliotw , cédé par le due de Parme (1); et au nood, par la néanion de Ferrari (1592), tout le rivage de l'Adriatique jusqu'aux bouches du P6: le oowté de Monte feltro, te duché d'tfrMn et tous le* fiefe qui «n dépendaient (â) t lui étaient récemment dévolus. «< ta petite république de S>ai5t-Ma»w , alors/comme en 1443> et comme encore aujourd'hui, demeurait sente indépendante au milieu dfe ces possessions étendues* dont les; limites n'ont plus varié (3)-

Entre Y Apennin et la mer ioftrieure, an milieu dès Etats de PEgttse qui* l'environnaient an H. et à FE. , la TosGAira appartenait presque entièrement et donnait son nom an grand duché fondé par lesMédicis

(f ) Ce prince , accablé de dettes , Pavait engagé d^bord au mont-de-piëté de Rome , et dut formellement l'abandonner an pape après une* guerre malheureuse en 1649. IL fut définitivement incorporé à la chambre apostolique en 1661 , par Alexandre VII.

(S) En 1 626,1e vieux duc en fit donation au pape; et, à sa mort 0631) , la réunion de êes, États à la chambre apostolique fut solennellement prononcée.

(3) Comme Bénévent dans le royaume de Naples, le Cw»M Venait sin, en France , dépendait toujours du Saint-Siège.

à Florence (î). Ils y avaient réuni, par la protection de l'Espagne Sienne en 1557, une partie de l'Ile d'Elbe, et Pontremoli dans l'Apennin , en 1619. — La rèpubliqnede Lcgques, la principauté de Massa et Carbauf. an If-O. , la seigneurie de Piombino , au S. , conservaient leur indépendance malgré son dangereux voisinage.

Dans le nord de Fltalië , les Etats souverains , nops Payons tu, étaient avec le Milanais qui occupait le centre dû pays, les Etats de Savoie, la république de Gênes au S.-O; sur les deux rives du Pô, la maisoû de Farnèse à Parme , la maison S Este , dout une branche légitimée conservait Modène et Regoio ; la maison de Gonzague à Mantoue , dans le duché (1621) de Guastalla, dans les seigneuries de Casxiguone et Solféeino, et de Novell ara (2); et enfin Venise.— C'élaitcomme une large ceinture environnant le Milanais terO.à l'E. parle sud. —Mais ce pays qui , sous un gouvernement énergique, aurait contenu dans te dépendance de FEspagne les petits princes d'alentour; semblait plus propre à étendre sur eux l'influence française : dans cette rapide décadence de la maison d'Espagne, Os espéraient se partager bientôt ce riche héritage ; et c'était delà France qu'ils devaient en attendre les moyens. C'était par elle que plusieurs s'étaient d^àxéftmnient agrandis» Le petit prince de Monaco s'était

(1) Ce titre pris en 1569 par Cosme de Médicis, Lui avait été confirmé en 1576 par Pempereur Maximilien II.

(2) La maison de Castiglione et Solférino , fut dépossédée « 1692, et celle de Novellara s'éteignit en 1728.

mis sous sa protection et avait obtenu, de l'autre côté des Alpes, des compensations à ce qu'il perdait en Italie (1);Gênes devait à la trêve de Monçon,q\i'el\e lui avait procurée, la conservation de son indépendance, menacée par la Savoie, et la possession du marquisat deZuccarello (2); par elle encore la branche de Go ozague, de* venue française et appelée branche de Never$ % avait obtenu , préférablement à la branche de Guastalla, la successsion du Montfkrbat et de Mantoue (3); et en se gagnant ces puissances, la France avait encore réussi à se ménager par des compensations les parties

(1) En échange des terres qu'il devait perdre dans le royaum e de Naples, par l'abandon du parti espagnol, il avait reçu (1642) le duché de Valentinois, la baronnie de Buis en Dauphiné, les seigneuries de Baux et de Saini-Remi en Provence , la baronnie de Calvinet en Auvergne et le comté de Cardaler en Lyonnais races titres , il avait rang parmi les ducs-et-pairs de France. (Art de m* rijbr les dotes.)

(2) Confirmée par la paix de Madrid du S 7 novembre 1631." Gênes possédait alors pleinement Pile de Corse.

(3) La branche de Guastalla avait retenu, par le traité de Quérasque, une petite part de l'héritage (Do%%olo, Laxtara, S**~ tara et Reggiolo) et la Savoie, doublement lésée dans Taifeire de Gènes et dans Pissue de la succession du Montferrat, avait été aussi, après bien des fluctuations, ramenée et rattachée à la liance française par la cession d'une partie de cette provinc et par le traité secret qui, en échange de Pignerol, lui abandonnait, aux dépens du duc de Mantoue, Albe , sur le Tanaro, et tout YAlbétan. Traités de Suxe, 11 mars 1629, de Ràtitbo***, * 3 ° cl °* bre 1630 et àeQuérasquo, 6 avril 1631. Dumoht, V. P. *» P- 57t et 615. VI, P. 1, p. 9.

adverses. Ainsi, Gènes et les principautés rivales de Savoie, de Mantoue et de Gua*talla\iï\ avaient été habilemeotconciliées. Une chose pouvait d'ailleurs faire oublier à chacun de ces princes tout ce dont ils avaient à se plaindre : le partage dû Milanais. Sur la promesse de ces dépouilles, la France s'était rallié contre l'Espagne, au traité de Rivoli, les ducs de Savoir, de Mantoue et de Parme (1) ; le duc deMooÈNB, qui d'abord s'y était refusé (2) , fut plus tard le généralissime des troupes françaises en Italie, et son fils lui succéda dans son alliance et dans sa dignité. — Le traité des Pyrénées laissa le Milanais à l'Espagne, et les princes Mens n'eurent guère plus qu'ils n'avaient déjà avant cette longue suite de traités et de batailles (3).

(1) Cette alliance ne se soutint pas sans altération jusqu'à la paix définitive de la France et de l'Espagne. Les troubles de la minorité du duc de Savoie, les prétentions rivales de la France ^ des oncles du jeune prince, du prince Thomas surtout, qui commence la ligne de Cariçnan , altérèrent un instant les relation* des deux puissances; le duc de Mantoue, séduit par les promesses de l'Espagne , le prince de Parme , contraint par la force, se détachèrent momentanément de la ligue. Mais en 1659, ta ducs de Savoie, de Parme étaient revenus à l'alliance de la France , le duc de Maktoue observait la neutralité.

(2) Relus pour lequel il avait obtenu l'investiture de Correggio de l'empereur Ferdinand (1635).

(3) Le duc de Modène eut la promesse de l'investiture impénale et un revenu dans le royaume de Naples; le duc de Parme, * promesse des bons offices de la France et de l'Espagne auprès de la cour de Rome , pour la restitution du duché de Ca$tro; le ^c de Savoie, ce que lui assurait le traité de Quérasque aux

Qffant à^ittiBS, au'mHfcu deàvévolntioiis débitais héréditaires, die conaewtâ intactes ses possessicm&i^ tiennes : Les environs des lagunes eu le Begado, la Poitsinedv Rovig* y m$uà;\ePadou(m* 1* Vûentin, le Véronais. le Brestians le Ikrgamasquê et la province de Crème; (te PE *à 1*0 ; au nord, la Marche Tremm (Trévise, Feltre et Bellmie), le Cadorin, le FroouJ;et imepartio de ri^n'9, à VK.;de plusses côtes elles îlesde Déknatie et les îles ioniennes (Corfou, SainfoJUûun, Oéphalorm, Zantê, etc.).— Autrefoisai active quand il s'agissait der dépouiller Milan, elle était demeanée presque étrangère à ces derniers- troubles; elle songeait ptes alors» à maintenir oe qui existait en. Italie q^à rechercher de nouvelles acquisitions (1) . De plus graves événements appelaient son attention ailleurs. Les Tares

dépens du duc de Màjctqwî. — Le duc de Majctoue conser*ak d*-riches damaiàe& en- France, où depuis si longtemps avait résidé sa famille» Il Les vendit, en 1659, à Maxarin.

(I ) G 1 est ainsi qu'on Pavait vue (alitée de la FftAHGB f pour empêcher P Espagne d'occuper la F<aiett«e,.ce qui, earéumssanJ la: brandie espagnole à la branche d Autriche , interceptait en même temps les* communications ,de la seigneurie avec ks. cantons de Zurich et de Berne ses alliés; on Pavait vue encore se refuser à uae autre ligue dont le partage de GÊNES devait être Je nésukat(l6S1), intervenir en faveur du«duc de Pa&mb pou* la restitution de son duché de Castro, et s'opposer à l'accroissement de lHnmœnce espagnole, en soutenant avec* la France la brancher de Nwers contre la branche de G*êa$talia r dans 1* succession de Mantous ( 1629, 80 mars). Mais quand la guerre devint générale en 1635 , elle s'était abstenue d'une lutte dont elle ne prévoyait pas Pissue.

qui, en 1570, lui avaient enlevé l'ile de Chypre, attaqoaient alors l'île de Candie. Cette guerre, commencée en 1644 , durait encore en 1659 , tout aussi menaçante, malgré les victoires des flottes vénitiennes. Elle aboutit à la perte presque entière de l'île, en 1669. -Quant à l'île de Malte, elle bravait toujours les efforts des Turcs , sous les chevaliers de Sàint-Ieabï qui la tenaient en fief de là Sicile.

Telle était la géographie politique dn premier groupe d'Etals européens dont le traité de Westphalië n'avait bit qu'isoler la lutte. Passons au second système, les royaumes Scandinaves et les pays Allemands;

Au commencement de là guerre de Trente ans , le JV^y- Danemark avait encore sur la Suéde l'avantage d'un. plus vaste territoire. Avec la presqu'île et les îles qui ferment l'entrée de la Baltique, il possédait toujours dans la péninsule Scandinave : au S. , le Bleking , la Scanie, elle Halland; la Norwège, le long de la côte occidentale ; et, à l'E.'des montagnes qui séparent la Norwégedela Suède, YlemtlandetYHéridalie^n centrede la Péninsule ; enfin la Laponie septentrionale embrassant toute la côte du N. Les traités de Stettin (1570) et de Siared (1613) (1), qui lui assuraient ceslimites,

(1) Par ce dernier traité, la Suède cédait tous ses droits surla laponie, de Titiuiard à Warenger, déjà.occupée par le DANSMAU (la province de Varghus et le nord de Trodenhus). Histoire des Traités de paix du dix-septième siècle , I, p. 89.

laissaient toujours indécise la question de souveraineté sur les trois royaumes; et les trois couronnes restaient dans les armes des deux rois. — La guerre religieuse de l'Allemagne , au lieu de les unir par de communs intérêts, avait fait éclater leur rivalité sur un plus grand théâtre. Pour eux , en effet , c'était une guerre surtout politique. Il s'agissait desavoir qui des deox prendrait celte place élevée , que la mésintelligence des princes de la réforme et les hésitations de la Saxe laissaient vacante , en face de l'Empire , dans le système allemand. Aussi, le roi de Danemark n'avait-il pas plutôt appris les propositions faites au roi de Suède, après le résultat malheureux de la guerre Palatine, qu'il s'était hâté de le prévenir par son intervention. Son mauvais succès , en ruinant son crédit et ses forces, n'avait fait que rendre plus éclatant le rôle des Suédois; et quand, pour les arrêter, il s'unit à l'Empire, il fournit à la Suède l'occasion dont elle avait besoin pour étendre à ses dépens ses frontières. Dépouillé de ses principales possessions dans la péninsule Scandinave, attaqué jusque dans la péninsule Danoise (Sleswig et Jutland), il se hâta de conclure, en 1645, la paix de Bromsebro (pont de la Bromse entre les provinces de Bleking et de Calmar).— La cession de l'Iemtland et d'une partie de YHéridaîie laissait pour limites, entre les possessions du Danemark et de la Suède, cette longue chaîne de montagnes dont la péninsule est traversée. Le Danemark cédait encore l'He de Gothîand.k TE. delà Suède, et File d'OEsel, à rentrée du golfe de Livonie. A ce prix, il recouvrait la

plus grande partie de la péninsule Danoise ( Jutland, Sleswig et Holstein) , et les lies qui forment entre les deux péninsules le Sund et les deux Belt; il acquérait ei outre l'île de Bornhûlm, au S.-E. de la Suéde (l),et gardait dans la péninsule Scandinave, ses possessions * continues du N., de KO. et du S., la Laponie septentrionale, la Norwége (2), les provinces de Bohus, Halknd,Scanie et Bleking (3), [ces dernières cédées enfin i la Suède par les traités de Rosçhild et de Copenhague (1658 , 1660).]

La Suèdg dominait alors ; et en même temps qu'elle Suède. s'agrandissait ainsi du côté du Danemark, elle avait repris sur les rivages de l'Allemagne la position que le Danemark y occupait autrefois. Le traité d'Osnabruck lui cédait : 1<> la Pomëranie extérieure (de Stralsund à l'Oder) et une partie de l'ultérieure, spécialement les villes de Stettin, Gartz, Datnm, Golnau, avec les îles de Woïlinei d'Usedom , aux bouches de l'Oder; 2° V expectative de toute la Poméranie et aussi de îévêchè sécularisé de Gamin, à l'extinction des

(1) L'ile de Bornholm prise par le roi de Danemark en 1611 , avait été rendue à la Suède au traité de Siared (161 3) avec l'ile ÙQEland. V. Histoire dee Traitée de paix du dix-septième siècle, I, p. 86.

(2) Nous n'avons pas besoin d'ajouter que Y Islande et les iles ftro* lui appartenaient toujours comme dépendances de la Norwége.

(3) Traité de Bramuebro, 13 août 1645, art 25 et suiv. D0mokt, VI, P. 1 , p. 318. La franchise du Sund était en même temps assurée à la Suède.

mâles de la maison de Brandebourg; 3<> l'île de Rugm, auN.-E.deStralsund, à titre de principauté; fcoàl'O.de ces acquisitions, dans le Mecklembourg, la ville et le port de Wismar, au fond d'un golfe et en face de l'île de Poel, ^ avec les deux bailliages de Poel et de Neukloster; 5©de l'autre côté de l'Elbe, l'archevêché de -Brème surleWéser.(l)etrévêché de Verden, à titredeipi;incipaulés(2). — En résumé la Suède, environnée des Etats du Danemark (au S. , par les trois provinces qu'elle acquiten 1660; àl'O., par la Norwége; auN., parla Laponié), avait, au S.-E. , dépassé ses limites naturelles du côté delà Russie, et même de la Pologne, par ses conquêtes sur le golfe de Finlande , dont elle occupait les rivages ( Carélie et Ingrie rendues par les Busses en 1617; Eslhonied Livanie abandonnées en 1635, par les Polonais). De plus elle avait pris position sur les côtes septentrionales de PAllemagne>et.à ce titre dans le grand corps Germanique et dans les trois cercles du N. (dans la Hante- Saxe , par la Pomëranie; dans la Basse-Saxe , par ses possessions en Mecklembourg; eo Wesphalte, par la principauté de V$rdsn.

allé- Xa 'Suède par ces acquisitions , le Danemark par le magne. jj kf Ctn$ nous ramènent également & i'JuxBBUfiH* * laquelle tous deux se rattachaient.

L Le HôJLiTEUf qui faisait partie du cercle de Basse- Saxe,' n'appartenait qu'à demi à la maison régnante de

,(1) La Suàde acquérait en même temps les droits de cette église sur le chapitre de Hambourg.

(2) Traité tfOtnabruch, art. 10.

)attôtnéat^. Divisée en rphi&iedrs /branches, qui toutes io cercle avaient quelque apanage (1), -elle le partageait, en de J%£f* utre 9 avec la ligne de HolsteinrGattorp (S), dans la- Holstein. pelle, depuis 1608, un décret de Jean-Àdôlphe a-yalt l felaMi l'enfcede primogénitare (8).

te ffljôme cercle comprenait:

AuS.fflE. /da Holstein, Je ctmté de Saxb-Laïïoï- saxe- BOUfiG, dont la maison s'éteignit en 1689* bourg!"

AIE,, Je Mecklembocrg qui se partageait en deux Meckiempriacipaniés, le duché de Schtoerin et le duché 4e bourg torow (4),— La çaii de Wesphalie leur coûtait Wisaar et les deux bailliages que nous javras «Ht ; unis elle tair donnait en indemnité *à la branche deScffWEMïf, taévéchésde Schwerineté&RvUzehQurg y eL\eiU<)m~ Hffidariede JTtrow, àtttredesprinoipauléa séculières ; à

(1) Voyc« SCHCEEL, t. XXII, -p. 35*9.

(?) Comme le Holstein, le Sletwig était en partie possédé par le ducdeGoTTORP, et les traités de Copevifuym.&vi&fô vet 1660 lui assuraient la'^oureraineté'de'ce qu'il j possédait.

f^) Les deux lignes- 'de Danskàbk *et de 'Gotvow ^étaient l^rtagé, 'en 45êS, iassuceessum'cle la- troisième, *al*0TiW«»,> et, a 16£0, rj foeontté de Pfewefefy, 'héritage de la marnante 'Schnu- «koupg.«CH«LV *• XfXÏI, p. 38-1 , *l t X&XïV,':p. Mi .te duc fr HoLstEra-^GtrrroïLP céda sa part vie Mmeftsrp* au cbavaiidr (de ^HizAtT , qui 4a J fit' ériget* tn>WMft4é tfEmpite £4$ «ovemhre

W Itetau*'fil*deiTean I^,'aa»èr avoir Idmjtemp» régné »^n commun, s'étaient, *en t€ifcl ,jdéoidé», au partage. Woyftsrdans Sa<BtL(t XXV, p..69Ct) , l?éauniénatHm;deavyks>ipd)Gttmpo- *»«nt «fcrçae part, lia ligne ^JÛ^tt^^aàét^igtWtttt^feûô; Iku- ** i quHai «oooéda , l'était iiéj4 Asbéeven «tas ifarvutatysie- N* 1658, celle de Schwerin et celle. deJftraWs.

la branchede GusTROw,la commanderiedeiVefneroio(l) Bruni- Au S.-O. du Meklembourg, le Brunswick où avaii wlck * fiai, en 1598, l'ancienne ligne de Grubenhageo : la ligne de Gœltingen (2) était représentée par les dem branches qui ont formé les maisons de Brunswick e de Hanovre (3). — Les principaux évéchés du N., jadû accrus des débris de la maison de Brunswick, étaienl devenus depuis longtemps comme le patrimoine de ses princes. C'étaient eux qui généralement étaient appelés à leurs sièges : leur sécularisation prononcée pai le traité de Westphalie, et la cession qu'il en faisail pour toujours au Brandebourg et à la Suède, ne fui point compensée pour la maison de Brunswick par la satisfaction qui lui fut donnée. Elle obtenait l'alternative avec les catholiques dans l'évèché à'Osnabruck : un évéque protestant de la maison de Brunswick et uu

<1) OfMftrikft, art. 12.

(£) Yoyex p. 1 06, l'état de cette maison en 1 559. Les deux branches de la maison moyenne de Bruhswick s'étaient éteintes: celle de Calenbtrg en 1584, et ceUe de Wolfenbuttel en 1634. La première branche de la maison moyenne de Lunsbou&g » celh de Harbowrg avait fini en 1606. — Dans la seconde {Ml) la seul* qui restât, le rameau de Dabxbk&g avait eu pour sa part Dcm* herg, Luchow, Hix*ekert\Scharubech; celui de LuNBBQU&e eut h reste. Les successions de Hoya (1582), de Diepholx (1587) , indé- - çendamment de la succession des autres branches alliées, étaien venues successivement ajouter à leurs domaines.

(3) Celle deDANEBBRG qui avait pris, en 163& 9 le nom 4 Beuhswick, et celle de Lunkbou&G, subdivisée depuis 1611 ei L%m$bomrg ou U\\ et Cahnberg ou Jftmovrt ; la seconde dénomuuj tion prévalut depuis 1648.

èvêque catholique s'y succédaient ainsi tour à tour. Elle obtenait encore la prélature de Walkenried avec la lerre de Schauen, en Thuringe (vendue ert 1680, au prince de Waldeck), et le couvent de Groningen , qui passa peu après à l'électeur de Brandebourg (1).

Les trois villes de Brème, de Hambourg el de Lubeck, malgré les vieilles prétentions du Daoemarck sur Hambourg^), elles droits nouveaux acquis par la Suède sur le chapitre de cette métropole et sur l'archevêché de Brème , figuraient comme villes libres dans le même cercle, derniers débris de la ligue Hanséatique dont elles retinrent seules le nom.

II. Le cercle de Haute-Saie comptait au premier 2° Cercle <z rang les maisons de Brandebourg au N., et de Saxe Haut + Sax * au S., la maison d'ÂNHALT (entre ces deux maisons) non ipoins illustre quoique plus affaiblie; et les maisousinférieures de MANSFELD,de Reuss, de Scbwartzbourg, etc., dispersées au milieu des Étals de la Saxe.

La maison de Brandebourg,. qui, en 1618, avait hé- Brandebour, rite de la Prusst, avait aussi réglé, dès 1629. avec le comte palatin de Neubourg, ses prétentions sur l'héritage de Clives et de Juliers : le duché de Clèves, les comtés de La Mark et de Ravensberg lui étaient restés (3). Ainsi elle louchait déjà au AAtnetà la Vxstule ;

(1) Owwrtrttc*, art 13. *

(2) Un décret de la chambre impériale de Spire dû 6 juillet ' 1618, avait formellement reconnu et établi l'indépendance de Hambourg.

(3) Traité de Dmseldorf, 9 mars, art. 12 et 13. Dumokt, V. P. Géog. Pol 8

il ne lai restait plus qu'à lier ces possessions tointakK* au domaine primitif de l'électoral (vieille et nomu*.* Marche, Marche de Priegnitz, Marche Ckraimt —En 1637, l'héritage delà Poméraniei) unissait <k>i la Prusse au marches da Brandebourg. Elle ne pat. il est Yrai, la conserver alors tout entière ; à la paîi A? TVestphalie, la Scèm, qui faisait la loi, convoitait avant tout ces rivages et s'en fit donner une partie» corne* satisfaction. Mais en dédommagement de la Pomèranie citèrieure, l'électeur de BftAKDiBoriG obtenait Tèvéché de Halbcntadt avec ses dépendances ;Lora. Kletlenberg, etc.) , Y expectative de l'archevêché de Magdebomrg* qui loi échut en 1680, et lai apporta en même temps des droits de suzeraineté sur le comté de Mamsfeld; les évéchés de Minden et de Cou», en Westphalie v â). Tout en perdant quelques parties de se* possessions de la Baltique, gagnait donc au moin* de se rapprocher de ses Etals du Rhin (3). — Les mêmes

§ , p. 570. Le partage fut rendu définitif en 1 666 yS septembre*. |vir le traité de Clhrtê, art L. Seulement le comté de mnensta* devait faire l'objet don compromis (arL 5!. Dcsokt, YI t P. X

(t ) La ligne de Sfatfm, qui en 16fiS, avait hêrhé de la-afa* de ITalfjt, a était elle-même éteinte en 1657, bissant son lw litige» en Tertn d'un pacte de famille, à la maison de BaA3EDKMVnm&.

(2) Otaaftr**, art 1 1.

(3) Les guerres de la Suède et de la Pologne mi agonirent roccasîon de se faire libérer du lien Tassanb^ve qui roblàjeait pour la Frotte ;par la Suzbc, an traité de £*èmu 9 art. 3 (165b. 10 novembre), par la Pologne, au traité de IT«Je«» art S (Maâ^, 19 septembre). Dctmrt, VI, P. t, p. 1tt et 191.

moyens qui lai attiraient des successions étrangères préparaient à la branche électorale la réunion des différents domaine? des branches collatérales. Le pacte de famille de Gérade (1599), avait supprimé la clause qui lui refusait à jamais la succession des margraviats de Nuremberg, en même temps qu'il lui confirmait ses droits à l'héritage de la Prusse.

Tandis que le Brandebourg jetait au midi et au nord les fondements de sa grandeur, et assurait, par des pactes de famille, la réunion sous un seul chef de tous les domaines de la maison, les maisons voisines cTànhalt et de Saxe continuaient, malgré l'extinction de plusieurs de leurs branches, à se subdiviser davantage.

Ainsi, en 1586 ,1a principauté d'ÀNHALT s'était réunie sous un seul chef, mais pour se diviser eu un plus grand nombre de ramifications. Les cinq fils de Joaefaim- Ernest, avaient fondé, en 1Ç03, autant de lignes : Dessau, Bernbourg (Bernbourg et Harzgerode 1635), Plœtzkau, Zerbst et Coethen (1).

Dans la maison de Saxe, la ligne électorale qui, depuis 1547, était la ligne Albbrtine , avait su conserver assezintégralement ses domaines (Uisnie etc., auN-O. de la Bohême) et même y ajouter (fasses importantes

(1) Cette dernière* éteinte en 1665* légua son nom à la ligne de Plœtzkau; la maison d'AftTHAur renouvela aussi inutilement ses prétentions au comté dUstiomte,. quand l'évéche à'Halberstadtj qui l'en avait dépouillée, passa-, par le. traité de Westphalie , à la maifon de fi&Aoa&BOu&G.

possessions (1). La guerre de Trente ans, malgré les hésitations de l'électeur, ne loi avait pas été trop désavantageuse ; quand il voulut se retirer de la lutte, l'Empereur ne marchanda pas trop sa défection. La paix de Prague (1635) lui avait donné la Haute et la Basse -Lusace, ainsi que quatre bailliages de l'archevêché de Magdebourg : Querfurth , Iûterbock, Dahme et 2?ur£ (2). La paix deWestphalie les lui confirma (3). —Quanta la ligne Ernestine, elle était di-

(t) Dans l'affaire de l'ambitieux Grumbach qui fit mettre au ban de l'Empire Jean-Frédéric, fils de l'ancien électeur, elle avait gagné le bailliage de Saehsenbourg et le cercle de Neustadl, que la branche Ernestine dut lui céder (1567). En 1566, elle acheta de la maison de R.EUSS , prête à s'éteindre (1 572), les pays qui composèrent le cercle de Vogtland; en 1618, le cercle de Viesenbourg; en 1623, la seigneurie de Dobrilugk, la seigneurie de Sera», celle de Fiemterwald , le bailliage de Frauenstein, en 16&7. Les cadets avaient pour apanage quelqu'un des évêchés voisins : ceux de Mersebourg , Naumbourg et Meieten s'étaient engagés à postuler toujours à leurs sièges des princes de cette maison (1 579, -1 582).

(2) Recès particulier signé à Prague le même jour, 30 mai 1635. Dumokt, VI, P. 1, p. 101.

(3) En 1656, l'électeur Jean-George, tout en établissant le droit de primogéniture, divisa par son testament ses domaines entre ses fils , partage qui donne rénumération des États de Pélectorat de Saxe à cette époque. L'ainé eut le cercle électoral avec le burgraviat de Magdebourg, les cercles de Meieten, de Leipzig et à' Erxgebirge , la Haute-Lutace , Pévéché de Meitsen, avec Wurxen et les droits de sa maison sur Mcmefeld et Quedlinbourg ; — le second, l'évéché de Magdebourg, sa vie durant, et les bailliages de Querfurt % Iuterbock, Dahme, Burg, Langensalza, Weiteen-

visôe et allait se subdiviser de plus en plus. Des deux branches qui la composaient en 1554 , Tune avait fini en 1638; l'autre, qui portait le nom de Weimar depuis 1572, était devenue la tige commune des deux maisons qui représentaient la ligne en 1648: 1° celle 0'Altenbocrg (1602-1672); 2° celle de Weimar, divisée (1640) en branche de Weimar et branche de Gotha. Ces deux maisons nouvelles allaient se ramifier avec tant d'exubérance, qu'en 1575 on comptait en Saxe plus de quatorze princes régnants(l). — Les deux lignes de la maison de Saxe avaient recueilli, en 1583, l'héritage delà maison de Henneberg; mais le partage n'eut lieu entre elles qu'en 1660.

Les maisons de Mansfeld et de Reuss, que- nous

/Ut, Saclùenbourg, Bckartiberge , Freyberg, Vibra, Sangtrhaust* , WHt$mtêe, HUdnmam, Sittichenbach et Wendehtein avec l'expectative de Barby; — le troisième eut Févêché de Mersebourg, la &u»-£«fac« et tes bailliages de Debiêich, Zorbig, BitêwfM, Dohilugk et Finstervalde ; — le quatrième eut Pévèché de Naum- Wp-Zeitf, les cercles de VogtUmd, et Neuitadt, la seigneurie de timtan&sr? et la part qui revenait à sa branche dans la succession de H&*neb«rg. Mais la supériorité territoriale restait à l'électeur. V. Schœll, t. XXXV, p. 219.

(t) Pfeffel. La ligne de Weimar forma en 1672 les branches de Prittar (subsistant encore) , à'Eisenaeh (f 1 741 ) , et d'Iéma te 1690). La ligne de Gotha fut subdivisée en 1 675, par sept frères qui composèrent autant de branches, dont trois s'éteignirent avec les fondateurs , Cobourg (1 699), RamhUd (1 71 0) , et BUenberg 0707), et les quatre autres qui ont duré ; Gotha, Meininge», HiltoffaMt» et SaalfM : cette maison de Gotha s'est éteinte en 1825. Sch<eix, t XXV, p. 328.

ayons nommées dans ce même cercle , avaient trouvé moyen de partager leurs petits domaines, en un nombre non moins considérable de branches et ramifica-

M , . , lions. La maison de Mansfeld, au milieu des États dé Mansfeld.

Saie, avait formé deux lignes et huit branches; il en Reuss. restait Irois en 1648(1). La maison de Bsussavait formé jusqu'à quatre lignes, et celle de Plauen, demeurée seule, compensait l'extinction des autres par déplus nombreuses divisions(3).

III. Dans le cercle du Haut-Rhin, se rangeaient la maison de Hbsse, et les petites principautés voisines de Waldeck au N.-O., de Hanau au S., sur le Hein; plusieurs branches de la maison de Nassau, (entre le Meîn et la Lahn), et de la maison Palatine (Simmern, Veldenz, Deux-Ponts) ; les évéchés de Worms^Spibe, Strasbourg, Fuld ;• la ville de Francfort, etc.

La Hesse , si puissante par son unité, aux premiers temps de la réforme , avait vu commencer, en 1567, ses deux lignes principales de Cassel et deDarmstadt (3)

(f) Une de la ligne postérieure (elle s'éteignit en 1666); deux de la ligne aînée: celle à'Eisleben (1530-1710), et celle deBof»itatt (1530-1780).

(2) V. Schœli, t. XXV, p. 3£6.

(3) Les deux autres fils de PhiKppe-le-M agnanime , qui eurent pour part Màrbourg et Rhrinfbls, moururent sans enfant (1604, 1583). La succession de Marbourg fut l'objet de longues contestations entre les deux lignes de Cassel et de Darmstadt : la première demandait le partage par ligne, qui lui donnait la moitié de l'héritage-, la seconde le partage par tète : elle en aurait eu les trois quarts. Le premier système fut suivi dans un jugement d'une cour d'arbitres ; le second prévalut par un arrêt

qui, en se subdivisant, retinrent an moins sur les branches détachées le droit de suzeraineté (1).

Quant à la maison de Nassau, rien n'égale l'ciubè- Nassaurance de ses ramifications. Nous ne chercherons point à en retracer le tableau (2) ; nous nous contenterons de mentionner les principaux établissements des deux lignes auxquelles elles se rattachaient. Idstein, ÏFtsbaden et Weiïburg\ entre la Lahn elle Rhin , au S.-O. delà maison de Hesse, étaient le domaine primitif de la ligne Walramienne ou aînée, et c'était principalement à ces titres qu'elle figurait dans le cercle du Haut- Rhin(3) ; l'autre , la ligne Ottonienne, qui acquit des domaines considérablesauxPay5-2tas,possédaitprimitivement (en dehors de ce cercle) Beilstein (Bas-Rhin), Siegen et Dillenibourg (Westphalie); elle acquit Dietz à une époque un peu postérieure (1420), et en 1530, elle y avait joint Orange.

Au sud de la Hesse, la petite maison de Hanau avait Haaan^

<le l'Empereur (1623) et fut confirmé par le traite' à'Osnabrtock. — Le landgrave de Cassel obtînt de plus au traité de Westphalie, l'abbaye sécularisée de Hersfeld avec la prévôté de Gellinge* <P" en dépendait , de plus la confirmation du domaine direct des bailliages de Schaumbourg, Buckebourg, Sachsenhagen et Stadt- *°9*>. (Osnabrilck, 15).

(1) De la ligne de Cassel se détacha en 1 627, la branche para gée de Rothenbourg ou Rheinfels ; de celle de DÀrmstadt , en 1622, la branché de Eombourg. Voyez plus bas les subdivisions postérieures à Tépoque dont nous parlons.

(2) V. Schœll, t. XXVI, p. 1 27.

(3) Elle les partageait entre ses branches diverses, ainsi que Soor&rilck, une plus récente acquisition.

passé tout entière à la branche de Lichtenberg, depuis l'extinction de celle de Munzenberg (16fc2). — A l'ouest la principauté de Waldeck était revenue à la ligne aînée, qui avait formé deux branches nouvelles : Eisenberg et Wildungen (1580). En 1648 les princes de Hesse leur reconnaissaient le rang d'Etat immédiat de l'Empire, sans toutefois rompre le lien vassalitique auquel ils avaient droit.

IV. Dans le cercle de Westphalie, à l'ouest des cercles de Saxe et du Haut-Rhin :

idenbourg. ^e comté cTOldenbouhg et de Delmenhorst sur la rive gauche du Weser (1);

Schauen- Le comté de Schauenboubg, qui , è l'extinction de la maison régnante , maîtresse du comté de Pinneberg,

Lippe. avait été porté par moitié à la maison de la Lippe, aussi en Westphalie (2);

^(1) Partagé depuis 1577 entre deux branches (Oldenbourg et Delmenhorst), il avait été réuni par la branche ainée en 1647, et vingt ans -plus tard, l'extinction de cette branche elle-même laissait au roi de Danemark, aux ducs de Holstein-Gottôkp, de Brunswick-Lunebourg, et au prince d'ANHALT-ZERBST, ses domaines héréditaires et ceux qu'elle y avait ajoutés : Jeter (1 575), Kniphauten (1625) sur les côtes de la mer du Nord ; Stolxenau sur le Weser (1638), elc. Le fils naturel du vieux comte d'OiDEN- BOURG obtint, par sa médiation auprès de ses futurs héritiers, l'érection en comté immédiat de la seigneurie dé Varel et de Kniphauten. Portée par mariage dans la maison des comtes de ' Bentinck, elle forma jusqu'en 1807 un État indépendant sous la suzeraineté de la nouvelle maison d'ÔLDEKBOURG. Depuis 1813, cette maison s'en est emparée.

(2) Le recès de BUcksbourg (1647), confirmé par la paix de

A l'O. du comté d'Oldenbourg, le comté d'OsTfrise érigé en principauté en 165k ;

Plus au S., lesévéchés de Munster, de Paderborn, et de Liège, qui échappaient à la sécularisation prononcée déjà contre Minden et Verden, anciens évéchés du même cercle; Osnabruck sécularisé à demi : un protestant et un catholique devaient alternativement être promus au siège épiscopal (1). Les villes impériales de Cologne, d' Aix-la-Chapelle. — Dans ce même cercle étaient les duchés de Clives, de Julierè, delà Marck, etc., partagés entre la maison Palatine deNEDBOURG, et la maison de Brandebourg ; là aussi plusieurs domaines de la maison de Nassau (Dillenhourg, Siegen).

V. Dans le cercle de Franconie, les Etats les plus importants étaient les deux Margraviats de la branche cadette de Brandebourg : Anspach et Batreuth, qui, réunis depuis 1557, s'étaient de nouveau séparés, en 1603(2). — Après eux les princes ecclésiastiques de Bamberg, de Wurtzbourg et d'AiCHSTSDT ; l'évêque de Bamberg partageait avec les deux Margraves, la direction des Etats du cercle.— Puis les maisons infé-

Weitphalie, établissait un partage de ces biens entre cette maison et la maison de Hesse-CàSSEL , substituée à Tévêché de Verden. Voy. Schœll, L XXV, p. 5. La maison de la Lippe possédait Kwta&t et Detmold.

(1) Cet arrangement bizarre dura jusque la révolution. Quand un prince protestant occupait le siège épiscopal , c'était l'archev i<\ue de Cologne qui administrait pouc les catholiques.

(2) La maison d'Anspach s'éteignit en 1769 ; celle de Bayreuth cessa de régner en 1 791 , et finit en 1 808.

Gtog. Pol. 8.

rieares de Schwartzenberg , entre Wartzboarg et Anspach, deHoHENLOHE, vers les rives déliait (Wurtemberg) etc.; les villes impériales de Nuremberg, de Weissenbourg, etc.

VI. Dans le cercle da Bts-Rhin , les trois électorals ecclésiastiques, Cologne (1), Mayence, et Trêves, conservaient à pen prés les mêmes limites. — • La ville de Cologne était toujours indépendante ; Trêves (1581) et Mayence (1463), au contraire, avaient dû reconnaître la souveraineté de leur archevêque (2).

La maison Palatine, dont plusieurs domaines (Swi mem, Veldenz, Deux-Ponts) étaient, nous l'avons dit, dans le cercle du Haut-Rbin, avait dans cette division son établissement capital, celui auquel était attaché Télectorat. — Elle était alors représentée parla ligne de Simmern, qui comptait deux branches principales, la branche Electorals et la branche de Decx- Ponts.

La branche Electorale formait deux rameaux

(1) L'archevêché de ColOGKE qui, en 1582, avait échappé avec tant de peine à la sécularisation, témoigna à la Bavière sa reconnaissance pour les services qu'il en avait reçus alors, en appelant constamment pendant deux siècles à son siège un prince de cette maison.

(2) L'archevêque de Mayence, directeur du cercle du Bas- Rhin, avait, de plus, ajouté à ses États, en 1581 , le comté àt Kœnigttein; en 1623 , à la faveur de l'expulsion de l'électeur palatin> la fertile contrée de la Bergtlras$ qu'un de ses prédécesseurs avait engagée en U63 à Philippe-le-Victorïeux: la paix de Westphalie lui en confirma la possession. Oinabrùck, art. £, § ?• M uni ~ '"-,§15.

(Heideïberg et Simmern) , également maltraités pendant la guerre de Trente ans et rétablis par le traité de Westphalie, mais avec d'importantes réserves (1) : le fils de l'électeur Frédéric ne recouvrait que ses Etats du Rhin; ceux de Franconie (le Haut-Palatinat et le comté de Cham) demeuraient à la Bavière, ainsi que la dignité électorale dont elle avait été pourvue dans le cours de la guerre de Trente ans (1623); seulement on créait en faveur de la maison dépouillée un huitième électorat (2). — La branche de Deux- Ponts, subdivisée aussi en deux rameaux [Deux-Ponts et Veldenz) appartenait presque entièrement, par ses domaines, au eercle du Haut-Rhin (3). Le rameau de Deux-Ponts, depuis la fin de ce siècle, représenta seul la maison Palatine, et, depuis 1717, la maison entière de Wittelspach (4).

VII. La ligne Ludovicienne de la maison de Wittelspach qui régnait en Bavière» s'était de bonne

(1) OsnabrHck, art. 4, § 2 et 20. Muniter, $ f et 28.

(2) OtnabrUek, art. 4, § 3. Uuntter, §11. Otnabrtek, art. 4, § 8 . Mwuttr, §13.

(3) Ses intérêts étaient réglés dans le traité d'Osnabrtock, art. I, §21 et 22; dans le traité de Munster, § 28.

(&) Veldenz finit en 1694 sans avoir eu de ramification ; Deux- Ports au contraire comptait déjà en 1648 des subdivisions nombreuses. Neubourg (Neubôurg, 1 61 4-1 1L% ; Sulzbach, 1 61 4-1 799) ; flwtt-PpiUi (Deux-Ponts, 1604-1661 ; Landsberg, 1604-1681 , et Kleebourg, 1604-1 731 , qui donna des rois à la Suède) ; Birken- /eW (Birkenfeld, 1600-1669, et Bischweiler. Ce dernier rameau subsiste seul dans ses deux rejetons, celui de Birkenfeld qui occupe aujourd'hui le trône de BàYIÈRE, et celui de Gefahausen).

Bavière.

heure mise en garde contre ces funestes subdivisions. Bien loin de se ruiner en apanages, elle n'avait songé qu'à réunir à ses domaines, par achat , par traités de succession, les différentes seigneuries dispersées dans ie cerclequi portait comme elle le nom de Bavière (1); et le droit de primogéniture qu'elle avait adopté en 1573, mettait ces acquisilions.à l'abri de tout partage. Ainsi elle s'étendait à peu prés des Alpes du Tyrol, aux montagnes de Bohême, de YInn aui montagnes de Wurtemberg. — Dans la guerre de Trente ans, comme autrefois dans les guerres religieuses sous Charles-Quint,, on l'avait vue encore demeurer presque sans interruption l'alliée de la maison d'Autriche, sa rivale en puissance, mais qui défendait l'Eglise. Cette fidélité à ses principes ne fut pas sans récompense. Nous avons vu que la paix de Westphalie lui laissait, avec la dignité électorale palatine , deux pays qui étendaient sa domination au N.: le Haut-Palatinat etie comté de . Cham, aussi en Franconfe, dont la maison Palatine avait été dépouillée.

Autour d'elle se rangeaient, dans le cercle de Bavière, les branches palatines dé Neubourg et de Sukbach, au N.; les principautés de Leuchtenberg, AeHohenxioaldeck, etc.; la ville de RatUbonne; l'archevêché de Salzbourg, au S.-E.; l'évéché de Freiiing sur l'I-

(1) La seigneurie de Dagenberg (151 7) et le comté immédiat de Hait (1550), le comté de Haag (1567), la baron nie de BohaHchitangen (1 576) , etc. ; et dans le siècle dont nous parlons, la w 1 " gneurîe de Mattighove* (1602); celle de MtodêlMm en Soi»** (16U); en 1646 le landgraviat de Levchtm k rg, etc.

sar, ceux de Passau, de Ratisbonne, sur le Danube, en tout une vingtaine d'Etats formant un banc ecclésiastique et un banc séculier.

VIII. Contrairement à la maison de Bavière dont elle était limitrophe à l'O., la maison de Wurtemberg, qui avait la direction du cercle de Sonabe, s'était toujours montrée l'ennemie de la maison d'AaIridhe (1). go cercle Envahi par l'empereur qui avait pourvu de ses débris So £abe. ses généraux et ses ministres, le Wurtemberg fut ^° rlem " pourtant intégralement rendu au prince Eberard III ,< par le traité de Westphalie (2). — Cette maison rebute sous un seul chef, en 1593, s'était de nouveau partagé en trois branches (1618) : la branche aînée qui occupait Stuttgard , capitale du Wurtemberg , la branche de Hontbéliard que le traité de Westphalie rétablissait aussi dans tous les domaines dont elle était pourvue en Franche-Comté (3), et la branche Julienne qui avait obtenu , à titre d'apanage , les bourgs de Brenzetde Weiltingen (k).

A diverses époques la maison de Wurtemberg agrandit ses domaines en démembrant plusieurs des petites seigneuries dont elle n'était autrefois que l'é-

Autres

(1) Ce duché était demeuré depuis le traité de Cadan (153&) prinri-

jusqu'en 1 599, arrière-fief de la maison d'Autriche : alors seule- P aul &ment l'empereur Rodolphe II lui vendit la libération de ses droits de suzeraineté.

(2) Oinaftrttc*, art à , § 24. Munster, $31.

(3) OsnàbrHck, art. £, § 25. Minuter, S 32.

H) La seconde s'éteignit en 1723; la troisième en 1792. Schœix, t XXVI, p. 2U.

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gale en Souabe (1). H en restait en bien grand nombre encore dans ce pays, formé par décomposition de l'héritage des Hohenstaoffen : — Une ligne de Hohbnzollern (Hechingen et Sigmafingen) , au S. du Wurtemberg ; — la seigneurie d'OEiriNGBN « au N.-E. ; — la maison de Furstehbehg, qui possédait Heiligenberg et Stullingen, etc., vers 10. du lac de Constance; la principauté de Lichtenstkin (Vadutz, sur la rive droite du Rhin , au S. ;— les évêchés d' Augsbourg, sur •le Lech, de Constance, sur le lac de ce nom» etc. ; — et un nombre plus considérable encore de comtés et de villes d'Empire : le comté de Koenigsegp, etc. ; — Augsbourg, Ulm, Eslikgen, Nordungen, etc.

Bade. Au-dessus de ces petites puissances,.ou, si on te peut dire, de ces petites indépendances, à côlé du, Wurtemberg s'élevait la maison de Bade. —Le traité de Westphalie rétablissait le partage entre les deux ligues de Bade et de Dourlach{2). La ligne de DourlachM remise en possession du margraviat inférieur. La ligne de Bade, dont une branche occupait Rodema-

(1) V. Schœix, XXVI^p. 2U et suiv.

(S) Les deux lignes de la maison de Bade avaient suivi dans la guerre de Trente ans les deux partis opposés. Le margrave de BadeDourlach combattit pour la cause protestante. En vain avaitil abdiqué le margraviat pour se donner tout entier a la guerre sans compromettre Le sort de sa maison : le margraviat inférieur dont son fils avait d'abord reçu l'investiture en 1627 , fut» après la bataille de ffordlingen , conféré au chef de la ligne de Bade* qui, élevé dans le catholicisme, était toujours resté fidèle au parti de l'Empereur. C'était depuis 1628 seulement, que ce prince était rentré en possession de son propre héritage, engagé par son père Édouard-le-Fortuné, et qui avait passé à la ligne de Dowrlach-

chern, dans le Luxembourg (1600-1666), demeura maltresse du margraviat supérieur. WCerel*

IX. Le cercle d'Autriche était tout entier composé d ^ rt " des domaines de cette maison (1). La ligne de Stybib, nous l'ayons vu, en avait réuni tout l'héritage; mais Ferdinand II, en établissant dès son avènement à l'Empire, le droit de primogéniture pour sarace(1621), n'avait pu y soumettre Lëopold son frère. Il y avait donc deux branches encore : La branche impériale et la branche nouvelle du Tykol.

Cette dernière avait joint au Tyrol tes domaines de la maison d'Autriche en Souabeet en Alsace. Mais le traité de Munster lui faisait perdre Y Alsace avec Brim\; le reste fut définitivement réuni à la branche aînée par le mariage de l'archiduchesse Claude avec l'Empereur. Léopold, en 1673.

Qttant à la branche aînée, le traité lui rendait au contraire ce qu'elle avait perdu à la guerre : les villes forestièresM Forêt Noire, le Brisgau, YOftenau, etc. (2); mais de fait il lui ôlait l'Allemagne, en établissant dans le droit public cette indépendance des Etats allemands vis-à-vis de l'Empire (3), dont la dignité paraissait dés lors inféodée à l'Autriche. Comme puissance particulière, la branche aînée possédait farchiduché d'Àutri-

0) Nous avons parlé plus haut du droit de suzeraineté assuré à »a maison d' Autriche sur toutes les seigneuries qui pourraient se former au milieu de ses domaines, LTévèché de . Trente en feisait.partie. .

8) Traité de Munster, art. $5.

(3) Surtout le droit de contracter des alliances. Osiutàrticft, art %$*.Mun$ter, §63.

che, (c. Vienne) sur le Danube, et, du nord au sud, la Styrie ( Graef z ) , la Carinthie (Villach) , la Carniok (Laybach), l'/ifrit (Trieste); àl'O , lepaysdeSateftourg jusqu'à YInn qui la séparait de la Bavière ; au N. , la coq- ! ronne de Bohême et deux de ses annexes, laSttëweau N.-E., et \& Moravie, à TE. (les deux Lusaces avaient été cédées à la Saxe, par letraitéde Prague); puis à TE., la couronne de flon^rtf et les pays qui en dépendaient au S. «savoir : YIllyrieM Croatie, une partie de la Dalmatu. j

X. Le dixième cercle, le cercle de Bourgogne qui deBour- comprenait les Pays-Bas, élait resté à la branche d'Espagne et a trouvé sa place dans le tableau de ses possessions.

Des 17 provinces qui le composaient au temps de Charles-Quint, sept, protestantes, nous l'avons va, s'étaient rendues indépendantes de sa monarchie et venaient d'être reconnues comme telles dans un traité spécial, savoir: la Zélande, la Hollande, Utreckt, Gueldreet Zutphen, Over-Yuel, Fri$e,Groningue avec Drenthe); Les 10 autres, catholiques, demeuraient à l'Espagne : c'étaient avec la Franche-Comté, le Brabant, Anvers, Malines, le Limbourg, le Luxembourg, Namur, le Hainaut, la Flandre et Y Artois. La guerre qui se continu ait entre l'Espagne et la France en 16tô. devait entamer, au profit de Louis XIV, les plus méridionales de ces provinces.

La maison d'Autriche avait eu autrefois des préten-

Suissb, lions sur la Suisse; et l'Empire aurait voulu du moins

la compter parmi ses Etats. Mate on a vu commentées

peuples avaient repoussé les efforts de l'Autriche, et

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quant à l'Empire, le traité de Westphalie venait de déclarer qu'ils n'en relevaient point (1). La Suisse réglait donc indépendante dans ses montagnes sur celte importante frontière de la France, de l'Allemagne et de l'Italie. Elle comptait toujours dans sa confédération , réunis par une commune nationalité quoique divers par le gouvernement et divisés par la religion, les 13 anciens cantons ; cinq aristocratiques et protestants, savoir: Berne à l'O. qui possédait le pays de Vaad etl'Àrgovie en partie; Soleure et Bâle au N-O. ; Zurich qui possédait le reste de l'Ârgovie et la Thurgovie ; et sept autres catholiques savoir Ftibourg au S-0 ; Lucerne au centre et dans la même région vers TE. les cantons démocratiques de Zug, Untericald, Uri, Schwitz et Glatis; enfin auN-E. le canton démocratique d'Appenzel qui se partagait entre les catholiques et les protestants.— A la ligue suisse se rattachaient toujours, comme pays, dépendants, les sept bailliages italiens au S-E., Bellinwna, Riviera, ValBrenna, Lugano, Locarno, Jtfendrisio et Val Maggio, et les bailliages dits libres [Granson, Morat, etc.) à l'O;— comme pays alliés, les ligues des Grisons qui possédaient la Valteline au S-E; au NE., la ville de St.-Gall et l'abbé de St-Gall, qui possédait encore le comté de Toggenbourg; l'évêque de tâle et la république de Mulhausen au N-O., le Valais m S. et Genève au S-O. qui, en 1524. s'était séparée et depuis 1603 était reconnue de la Savoie comme indépendante. A défaut de ses anciennes possessions au-delà du Rhin

(1) 0$**bruck. art. 6, Mitu/er, § 61.

la maison d'Autriche, nous Tavons tu, s'était agrandie le long du Danube et au-delà de ce fleuve en Hongrie. Mais on n'aurait qu'une idée fausse des limites de la domination autrichienne à TE., si nous nous contentions de nommer la Hongrie 'comme sa possession la plus reculée ; ces limites ne peuvent être connues qu'en décrivant les bornes de la puissance Ottomane. — La Hongrie d'une part,' et de Vautre la Suède , par ses limites orientales, forment comme les deux pierres d'attente, par lesquelles les deux groupes de pays Orientaux, dont il nous reste à parler, les pays Slaves, auN., lespayssoumis&!aPoRTE,auS M seraltachentà l'édifice européen.

Hongrie. La couronne de Hongrie était disputée à Ferdinand II, au commencement de son règne, par Béthlen- Gabor, prince de Transylvanie ; cette rivalité, aigrie par la querelle religieuse et rendue plus dangereuse par le voisinage et l'intervention des Turcs, amena la maison d'Autriche à une transaction. Elle gardait la plus grande partie de la Hongrie et cédait à la Transylvanie plusieurs comitats hongrois (1).

(1) Dès Tan 1620, Ferdinand, effrayé des progrès de son rival, avait essayé d'arrêter Ses prétentions par quelques sacrifices. U promettait à Béthlen-Gabor les principautés à'Oppeln et de Ratt' *bor 7 en Silésie , avec quatre comitats hongrois , en pleine propriété (Szàbolcs, Szathmar , Beregh et Ugocsa), et sept autres pour en jouir pendant sa vie. V. Schœil, t XXXII, p. 821). A réception d'Oppeln et de Ratibor*qu'i ne furent jamais livrés, ces concessions furent la base de toutes les négociations entamées, à diverses époques , avec Béthlen-Gabor, et après lui , avec Ragocsy, à qui échut la Transylvanie (paix signée a Lintx, le

Les Turcs occupaient entre ces deux puissances ri- Tracs, va les, la position qui leur avait été assurée parles traités de Situatorok (1606), de Vienne (1616), et de Presbourg (1625) (1) et que leur confirmaient pour vingt ans les traités de 1642 et de 1649.— Avec le bannatde Temesvar (entre le Maros, la Theiss et le Danube), ils possédaient alors la partie de la Hongrie comprise entre la Theiss et la rive gauche du Danube jusqu'à leur jonction et une bande de pays à peu près égale sur la rive droite, jusqu'à la forêt Bakonie; de plus le cours de la Drave jusqu'au confluent de la Mur , et presque tout l'espace compris entre la Save et la Drave jusqu'à ce point (2). — Tels étaient leurs progrès auN.-O. Au N.-E. , ils confinaient avec les Polonais aux limites méridionales de la Podolie ; et plus à TE., au delà de la mer Noire , ils avaient enlevé Azow aux Cosaques, sujets de la Pologne, qui en faisaient leur principale place d'armes (1642). — C'est derrière cette immense ligne que Tenaient leurs anciennes conquêtes: la Valachie,

décembre 1645.D,umokt, VI, P. 1, p. «39). Elles déterminent aussi le partage de la Hongrie, entre cette principauté et P Autriche, à l'époque dont nous parlons;

(1) Scbcbll, t. XXI) p. £3 et £9, et Hahmkr, t. VIII, p. 1 08 et 232. Voir les traités dans Dumont, V. P. 2, p. 78, 280, etc.

(2) La guerre qui recommença en 1 663, n'altéra point ces limites, et la .paix conclue en 1 664 à Tatvar^ sur le Raab, leur laissait en outre le grand War*dfa 7 à l'entrée de la Transylvanie, et Erieck-Ujvar (Neuhausel) , au nord de Commorn. La Trànsylvahik était en même temps reconnue indépendante des deux empires, et libre dans l'élection de ses princes. Art. 1 et 8* Dumokt, VI, P. 3, p. 23. CX la carte de^ANSQiï (1665).

an N. du Danube,' et an sud, d'E.'en O., la Bulgarie, la Servie, la Bosnie et la Croatie jusqu'à TUnna. Puis le reste, de l'Europe au S. de la ligne de faite qui forme la limite méridionale du bassin du Danube: l'Herzégovine, V Albanie et , en un mot , tous les pays de la Grèce, de la Macédoine et de la Thrace(l).- Quant à leurs possessions maritimes ( Archipel, etc.), elles s'étaient également accrues : les îles de Chypre et de Chio, nous l'avons vu , leur étaient restées , malgré leur défaite à Lépante (1571 ) et ils avaient commencé, en 1648, le premier siège de Candie, qui, repris en 1667, amena la soumission de l'île entière, en 1669(2). Etats Ce fut principalement par la Suède que les deux du Nord. p U i S8ance8 Slaves , la Pologne et la Russie, furent rattachées à la politique du reste de l'Europe (3). A l'époque du traité deWestphalie, la Suède qui venait

(1) Raguse était toujours indépendante, moyennant tribut, et les Monténégrins dans leurs montagnes bravaient aussi les armes du sultan.

(2) En Asie, Àmurath IV avait repris une partie des provinces restituées au schah Abbas, en 1615 : Erivan, Bagdad (f 638), etc. Tauris ou Tebriz demeurait à la Perse. L'empire ottoman conservait également ses autres conquêtes en Asie et en Afrique, la Syrie, l'Egypte, etc. — Tunis, dont les Espagnols, sous [don Juan d'Autriche, s'étaient emparés (1572), fut repris et ramené à la suzeraineté de la Porte (1574). •

(3) Pour les États du nord comme pour ceux du midi, tout en retraçant leur situation respective en 1648 , nous avons cru devoir suivre les variations de leurs limites jusqu'à l'époque de trèspeu postérieure, où de grands traités de paix (1660, 1661), > eS fixèrent pour longtemps.

déjouer un si grand rôle dans les affaires de l'Europe occidentale, tenaitaussi le premier rang parmi les Etats du Nord ; après elle venait la Pologne et en dernier lieu la Russie.

La Russie, qui s'était montrée si remuante sous Ivao IV, était retombée après lui dans des troubles intérieurs dont voulurent profiter les puissances menacées; et le fondateur de la maison de Romanow avait dû sacrifier à leur ambition une partie de ses Etats, pour trouver le loisir de pacifier le reste. 11 avait cédé à la Soède (1617) YIngrie, le Kexholmcl la Carélie[l) (le fond du golfe de Finlande ; ce qui achève de nous marquer les limites de ce royaume au S.-E.) ; — il avait laissé à la Pologne la Livonie, cette partie des Etats des chevaliers Porte-Glaive que Sigismond-Auguste avait reçue de GÎittard Kettler ; il avait reconnu le nouveau duché de Courlande et de Sèmigalle formé du reste, en faveur de ce grand-maître ambitieux (2), sous la souveraineté des Polonais (1561); et en même temps il restituait à ces derniers les provinces si glorieusement reconquises de Smolensk, Tchernigovo et Novogorod'Severskoï, avec les principales forteresses qui couvraient sa frontière de ce côté (trêve de Diwi- Kna, 10 décembre 1618, confirmée en 1634 par la paix de Wiasma) (3).

(1) Traité de Stolbova, 27 février 1617. Le traité de Narva 1595) avait conservé ces provinces à la Russie.

(2) Dumoht, V. P. 1,p.83.

(2) Cette paix abandonnait aux Polonais comme dépendances de la Pologne, la province de Tchernigow, les villes de Tcherni- **>, SietcioTy Nwogorod-Swergkoi; comme dépendances de la li-

Ainsi la Pologne, qui ne faisait plus qu'on même corps avec la Lithuanie , s'étendait depuis les monts Grapacks au S., jusqu'à la Baltique, au N., depuis TOder et laSilésie, à l'O., jusqu'aux sources du Dnieper et du Volga, àl'E. —La Russie, exclue delà Baltique par les possessions de h Suède, delà Pologne et du nouveau duché de Courlande; séparée de la mer Noire, par les Cosaques, sujets indociles de la Pologne, et par les hordes Tartares,ne s'étendait librement que vers les régions désertes de la Sibérie et de l'Océan glacial.

Mais cet état do choses ne dura point longtemps. La Suéde et la Pologne, rivales en puissance, Tétaient encore par les prétentions de leurs princes : Sigismond III réclamait la couronne de Suède que le père de Gustave-Adolphe avait gacdée à son détriment. De là cette guerre qui coûta à la Pologne YEsthonie, la Livonie et une partie de la Prusse-Royale, guerre d'où la France tira Gustave-Adolphe par la trêve d'Altmark pour l'appeler aux affaire* de l'Empire (1629) et qu'elle Suspendit encore par la trêve de Stumsdorff pour y retenir la Suéde après lui (1635) (1)

thuanie, la province de Smoientky avec la ville de ce nom les territoires et châteaux de Dorogoboujt, Biala, Roilaw, Storodonà, Troubiesk, Potchapow, Neicel, Siebien , Kra$no y . Muromsk et Poponagora. On devait ultérieurement £gler les limites précises des deux pays dans les provinces de Tchernigovr et de Smoltnsï- Schœll, t. XXXIV, p. 283.

(1 ) La trêve de Stumtdorff conservait à la Suède la Livonie dont elle était presque entièrement maîtresse ; mais elle rendait à k Pologne tout ce que Gustave-Adolphe avait conquis dans la Prusse. Voyez les art 3, U et 6 du traité. Dtmoirr, VI, Pi f , ?• f 1£

Nous avons vu quelle ample satisfaction la Suède s'en était fait donner , au traité de Westphalie. — La Baltique, dont autrefois elle ue formait qu'un rivage, allait presque devenir un lac suédois. La Suède en excluait en quelque sorte l'Allemagne, par ses possessions nouvelles dans le Mecklembourg et la Poméranie; la Pologne, en partie, par ses conquêtes dans laLivonie et l'Esthonie, la Russie, par les trois provinces dont nous avons parlé. Et tandis qu'un faible prince , Jean-Casimir, montait sur le trône ébranlé de Varsovie (1), laissant les Russes eûvahir l'Ukraine et reprendre (1654) les provinces cédées jpar le traité de Wiasma, Charles-Gustave apportait au trône de Gustave-Adolphe une ambition au moins égale à celle du héros suédois. Provoqué dès son avènement par les ridicules prétentions de Jean-Casimir, il lui enlève la Pologne. Repoussé de ce royaume par le concours du Brandebourg et du Danemark , il se tourne vers le Danemark, lui enlève par les armes, et se fait céder, par le traité de Roschild, la moitié de ses provinces (2). Mais ses prétentions trop avouées à la domination absolue de la Baltique (ce qui était plus que la domination du Nord ), appelle les puissances maritimes à régler celte grande querellé. La Hollande, la France et l'Angleterre signent à La Haye une triple alliance (3) — Il fallut la mort de Charles-Gustave pour mener à fin les négociations commencées.

(1) Sous son' règne se développa surtout l'abus du liberum têto.

(2) 26 et $7 février 1658, art 5 et suiv. DtvOHT, VI, P. 2, p.

(3) 21 mai 1659. Dumokt, VI, P. 2, p.S5£.

Suède.

Par le traité de Copenhague (27 mai 1660), la Suède renonçait à ses conquêtes dans les îles du Danemark (Seeland, Laland, Falster et Moen, art. 14; au bailliage de Drontheim en Norwége,que la paix de Roschild lui avait cédé. Elle restituait aussi l'île de Bornhoïm ; mais elle gardait Gothlànd. Toujours exclue de la mer glaciale par la Laponie du nord, elle conservait au moins dans la péninsule Scandinave les provinces de Scanie , de Bleking , et de Halland (i), qui étendaient sa domination Jusqu'aux extrémités méridionales; celle de Bohus, d'Iemtland, de Hêridalie, qui lui donnaient ses limites naturelles avec la Norvège, la rivière de Glaumeu, les monts Dover et les monts Kolen, etc. (2). La frontière de la Suède, du côté des possessions danoises, dans la péninsule , formait ainsi une ligne qui suivait presque parallèlement le rivage occidental du golfe de Bothnie dans ses contours. — La paix d'Oliva, conclue trois semaines auparavant (3 mai 1660) avec la Pologne et ses alliés, laissait aussi à la Suède la Livonie ( la Dvina devait lui servir de limite avec la Gouflande) la petite lie de Ruin, dans le golfe de Riga, et tous les droits de la Pologne *ur l'île d'OEsel et VEsthonie (Revel). — La Livonie méridionale {Dûnàbourg, et quelques places voisines) restait à la Pologne, et le duc de Courlande était rétabli dans ses Etats (3).

(1) Le Halland avait été déjà non point cédé, mais promis, à M" xle nantissement, par le Danemark, au traité de BrœiMebrotfwr

(2) Dumovt, VI, P. 2, p. 381.

(3) Dumont, VI, P. 2, p. 303.

La guerre était terminée avec le Danemark et la Pologne; mais la Livonie, sur laquelle la Pologne et la Suède prenaient ces arrangements, était en grande partie occupée par les Russes. La Suède continua la guerre pour la leur faire évacuer, et y réussit par le trail£ de Kardis ( 1661, 1er janvier ); ce traité confirmait en outre les clauses du traité de Stolbova. Ainsi Vlngriê, le Kexholm , et une grande portion de Ja Ca* ri\ie % tous les rivages du golfe de Finlande, demeuraient à la Suède. Le reste de la Carélie ou Kargapol, et la Laponie Russe, provinces sur lesquelles elle avait aussi fait mine de prétendre , demeuraient à la Russie et déterminaient de ce côté ses frontières, du lac Enara au lac Onega et au rivage oriental du lac Ladoga (1).

Si la Suède se trouvait encore la première puissance Pologne. (ta nord, la seconde était la Russie.- La PoLOGN&gengagée dans une guerre contre les Russes , qui avaient accepté l'hommage des Cosaques révoltés; avait dû leur abandonner , par le traité à'Andrussow (1667, 30 janvier ) , les provinces qu'ils lui avaient çnlevées déjà depuis 165V, Smolensk, Tchernigow, Severskoi, ^Ukraine , et tout le pays occupé par les Cosaques au delà du Dnieper. Les Cosaques en deçà du fleuve restaient soumis à la Pologne, et la ville de Kiow devait lui être rendue (2) ; nous ver rons qu'elle ne le fut pas. —

(1) Les traitéslie Plmamund (12 octobre 1666) et de Moscou (22 mai 1S&&) f levèrent quelques difficultés survenues à l'occasion de la livonie. Schœix, t XXXIII, p. 31 4. »

i$) Traité àAndruitow ', 30 janvier 1667, art. 3 et suiv. ; pour ***>, art. 7. Dumowt, VII, P. 1 , p. 5.

Giog.Pol* 9

Ce traité achève de nous donner les limites de la Pologne» Bornée au N. par la Baliifuê ; au N.-E. par les possessions des Suédois, en Livonie; au N.-O. par celles du Brandebourg, en Poméranie ; à 1*0. par li Silésie; elle était, au S., séparée de la Hongrie par les menls Crapacks, des Turcs par le Dnitsttr, au delà dt la Podolie (f), el confinait à a Russie aux limites orientales des palatinals de Pskow y de Wiiepsk et de Jfc- MUw.

La Russie, qui avait à 10. ces limites et celles que nous lui avons vues du côté de la Suéde, confinait, au S.. aux Tartans de Crimée et à la puissance Ottomane, qui lui fermait encore la mer Noire; à TE-, elle touchait depuis un siècle à la Caspienne par la destruction des Jarlares d'Astrakan (1 554) ; au N. à la mer glaciale ; au &-E. < eile ne connaissait pas ses limites : la Sibéfie , une province égale à l'Europe, lui avait été donnée par le chef cosaque qui en avait soumis les abords (2).

(1 ) Un nouveau soulèvement des Cosaques , restés soumis à t* Pologne, et qui, cette fois, appelèrent les Turcs, occasionna une guerre qui coûta à \i Pologne Mwhiniek, sa plu» forte barrière de ce côté> et la Pe.iolie (traité du 18 octobre t672> art 3, puis traité de 7faran>no % 16 octobre 1676, art 2, DuMOWT, VU; P.I, p. 212 et 325). Cette ville et cette province formaient donc les frontières de la Pologne du côté des Turcs en 1648 et IboQ.

(9) Nous nous sommes borné à décrire dansfce chapitre la situation géographique et politique des différents États, européen»* Quant à leurs divisions intérieures ou admtoMratiw; ****& re0r voyons au chapitre de la géographie de 1 Europe en 1 789, pour lequel nous avons réservé* ces détails. Les divisions son* généf* -

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