CHAPITRE VI
DéCOUVEKTBS BT COLONIES DBS EUROPÉENS, PRJNCIPA- MEOT ET AU DIX-SEPTIEME SIÈCLE.
Géographie des deux mondes nouveaux , révélés à l'Europe.— Jsdes ORiEirrALES. Etablissements et conquêtes des Hollandais;
• étab&sement» des Espagnols , des Anglais , des Français , des Danois. — iiBBS oeOBBBTALES. Possessions des AirtogBst e des Espagnols ; établissements des Hollandais f des Anglais, des Français, des Danois et des 5tràIo»< jdans les iles et sur Jes deux continents d 1 Amérique (1).
L'histoire des découvertes se divise en plusieurs grandes époques, où figurent diversement les peuples européens. À la fin du quinzième siècle et au seizième, les Portugais et les Espagnols se partagent le monde à connaître : aux premiers l'Orient, aux seconds l'Occident; au dix-septième siècle , les Hollandais leur succèdent comme puissance principale; le dix-huitième est surtout l'âge des Anglais et des Français, et ce sont encore ces deux peuples qui tentent aujourd'hui de trouver les terres australes , derrière leur ceinture de glaces. — Le monde ancien dont la Méditerranée faisait le centre, fut ainsi reconnu et
(1) Avec ^Histoire des voyages, et les ouvrages spéciaux, nous avons consulté pour ce chapitre le Manuel d'Histoire moderne, de Hkeren , l'Art de vérifier les Dates , Continuation , t. I et suivants, le Dictionnaire géographique de KiLUic et Pîcquet, et surtout les cartes de Delislb.
▼isité jusqu'à ses véritables limites, et par deifc FOcéan deux mondes nouveaux complétèrent la connaissance du globe : l'Amérique et l'Océanie. — Nous donnerons en appendice la géographie des deux anciens continente (Asie et Afrique) où les colonies européennes occupent la moindre place; nous allons décrire en peu de mots ces deux nouveaux mondes qui doivent à lEurope moderne leur part dans la géographie et dans l'histoire.
1/ Amérique, dont les peuples Scandinaves décou- AMÉHiomt vrirent du dixième au onzième siècle les régions septentrionales (i) , et que Christophe Colomb a encore après eux la gloire d'avoir trouvée, s'étend depuis le cap Horn (55° 58' 30" lat. S.) jusqu'aux régions à peine aujourd'hui connues du pôle arctique (au-delà du Tt* lat. N. )• Elle forme deux grands continents , s'élargkh sant du sud au nord et réunis (entre 8° et 10° lat. N.) par l'isthme de Panama un des anneaux de cette immense chaîne de montagnes qui se prolonge d'une extrémité à l'antre.
Cest la Cordillère des Andes, qui resserre le rivage Monta»;
gnej* occidental de l'Amérique du sud; et au nord, les mon-
tagnes de la Nouvelle-Espagne et du Mexique , les
monts Colombiens et les montagnes rocheuses qui sui-
(1) Ou sait que la découverte et la colonisation de Vl$Unkde (vers 86A) et du Groenland (au dixième siècle) amena à la, découverte des côtes voisines, désignées par le nom de Vinland, et qui doivent être celles du Labrador (vers 1001). En 1124 , un évéque se rendait du Groenland au Vinland , pour convertir les indigènes au christianisme*
vent aussi le rivage occidental , quoique pins loin de la mer. D'autres chaînes longent aussi le rivage oriental de ces deux continents , mais à une moindre éli- j vation et sur une bien moins grande étendue : les chaînes de Tapes , d'Espinhaço, des Aimas, etc., sur b côte du Brésil ; les chaînes parallèles des monts Aileghanys dans l'Amérique du nord; — et des branches intermédiaires vont de Tune à l'autre variant ainsi l'inclinaison du sol et la direction des principaux fleures. Fleuves.) Le versant occidental est trop rapproché de la mer, dans l'Amérique du sud, pour avoir aucune rivière digne d'être citée dans une description aussi générale. L'Amérique du nord, de ce même côté, en compte quelques-unes plus étendues : le Rio Colorado qui se jette dans le golfe de Californie et la rivière Col<mbi& qui réunit plusieurs affluents.
Mais ces fleuves, quoique importants relativement aux fleuves de l'Europe , ne sont rien près de ceux du versant oriental. Dans l'Amérique du sud, la chaîne centrale qui va des Cordillères aux montagnes orientales du Brésil donne au continent deux principales directions ; 1° direction du N. au S, dans la partie méridionale; là le Paraguay et le Parana, séparés, pM réunis vers le 27° lat. S., reçoivent toutes les eaux intérieures et les portent à l'Océan par cette vaste embouchure où tombe encore Y Uruguay et qu'on appelle iîw de la 9lata\ 2° direction de l'O. à l'E. dans la partie septentrionale, où les Cordillères et les montagnes du centre | et du nord versent leurs torrents, leurs rivières et h» 8 fleuves dans le fleuve qui coule au fond de cet fa-
neose amphithéâtre, le fleuve des Amazones, le plus prend du monde. — Dans celle région nommons encore plusieurs grands bassins isolés: à TE., la rivière Saint" François, qui suit longtemps la direction des chaînes mentales du Brésil, du S. au N., avant de se jeter à la ner sous le 9° lai. S.; la rivière de Parnahiba et Rio de Para, formés de plusieurs fleuves de la partie orientale Je l'Amérique, dans la direction du S. au N.— Et à l'O. Je la rivière des Amazones, YOrénoque communiquant ivec elle par le Cassiquiari et leRionegro. Les rivières qui descendent du versant oriental des Cordillères, au N., affluent dans YOrénoque; celles qui coulent entre les deux embranchements de la grande chaîne se jettent soit dans le grand lac ou golfe de Maracaïbo, soit avec la Jlfagdalena dans l'Océan.
Dans l'Amérique du nord , comme dans l'Amérique du sud, on peut remarquer les deux principales directions du N. au S. et de l'O. à l'E. : 1° du N. au S. le Missouri et le Mississipi qui lui porte ses eaux et lui impose son nom dans le reste de leur cours ; 2° de l'O. à l'E. le fleuve Saint-Laurent ou plutôt cette succession de grands lacs (Supérieur, Michigan, Huron,Erié, Ontario) qui communiquent entre eux, souvent par des cataractes , s'écoulent en forme de fleuve et débouchent à la mer en un vaste estuaire digne de cette grande masse d'eau;— ajoutez, sur ce même rivage, plusieurs rivières bien inférieures qui ont leur source dans les Alleghanys ou leur prolongement : le Connecticut, la rivière d'Hudson qui sépare l'île de Manhattan (New-York) du continent; la Delaware qui
se jette dans la baie de son nom, la SingtieAannahdaos la longue baie de Chesapeak, la rivière James, la Savannah, etc.
Les montagnes qui bordent les deux continents d'Amérique à l'O. plongent dans une mer profonde, Mais la mer pénètre anssi dans ce rivage escarpé el en détache plusieurs archipels au sud et princîpalemenl an nord (1); peu d'îles et nulle bien importante dans l'intervalle (2). C'est tout autre chose à l'Orient. Arec les grandes îles du nord et du sud — Y Islande à 11 du Groenland qui probablement lui-même n'est quant île, et h l'extrémité opposée la Terre-de-Feu et les île Faikland ou Malouines, vers le détroit de Magellan — on trouve sur les côtes intermédiaires la grande tk de Terre-Neuve et l'île du cap Breton à l'embouchure du Saint-Laurent, pins au S. les Bermudes, et surtout eh celte région où la mer pénètre entre les deux continents jusqu'à la chaîne de montagnes qui les unit , les lies Lucayes ou Bahama, les Antilles grandes et petites anneaux brisés d'une autre chaîne jetée d'un continent à l'autre, paniUèlementà la première (3). *
(1) Ad S., tcts h naissance des grandes CardiHères, Yvàùf* de la Mère de Dieu, l'archipel de Chiloe; au N., 1 archipel Qur dra et Vancouver (île Nouika, île de la Reine-Char loUe f archipel* du Prince de Galles et du Roi George) , Pile Kodiak, etc.
(2) Les îles de Juan Fernande* , celles de Saint-Félix et i«broite, lies des Perles, dans le golfe de Panama, File Quito dans h baie de Montîjo , les îles du golfe de Californie , etc.
(3) Les îles Sous -le-Vekt, peunombreuses {Curaçao, &***&* Tbrtuga, VU m qu ilU, ArtKHtoyw**, etc.), *©*!**'#!**
L'Amérique du sud fat fournée à sou extrémité et reonnue dans sa forme, dès la première époque de la navigation dans ces parages. L'Amérique du nord au conraire, fut très-difficilement et tardivement yisitée sur la :ôteoccidentale et c'est à peine si de hardies explorations poursuivies le long des ri vages,sur la terre ou sur la glace, )Dt tout dernièrement complété le dessin de sa forme continentale, au nord: au delà, plusieurs grandes terres jisentencore à moitié reconnues au milieu des glaces qui ferment invinciblement lepassagedu N.-O. : les Iles de Cmberlmd,deSouthamptm,deMelmlle>AeBanks,ete.
Quant à I'Océanee , où semble se porter aujourd'hui 0c ^ AiaB# l'esprit de colonisation , on n'en connaissait pas encore au dix-septième siècle de quoi former un monde nouveau. Cette partie du monde est comprise par la géographie actuelle entre 90° de long. E. et 108° de long. 0. et entre 34° de lat. N. et 56° de lat. S., en n'y comprenant pas les terres australes entrevues jusque sotts * le cercle polaire antarctique. Dans ces limites , les lies qu'elle renferme sont réparties en quatre groupes qui semblent assez bien répondre au caractère des contrées et à la race des habitants :
traces immédiates du continent méridional , comme l'île importante de la Trinité, à l'entrée du golfe de Paria. — • Parmi ta Petites- Airanxs ou Ibeshdtj-Vhiit (iles Caraïbes) sont an premier rang la Martinique et. la Gt**te*H*p#; après elles la ^inique, S*int*-Lucis, la Burbade, etc.; les Gràbdes Antilles "nt dans Tordre d'importance, Cuba, Haïti, la Jamaïqm et Porto- %o. <
Malais» 1° La Màlàisie ou archipel asiatique an N.-0. (race malaise) séparée du S.-E. de l'Asie par le détroit de Malaccaet la mer de Chine : lies de la Sonde, au§„ Bornéo, Célèhes, au centre, îles Moluques, al'E.,el Philippines, au N. ;
2° L'âusthalie au S. (race notre), comprenant la vaste terre de la Nouvelle-Hollande , la terre de Dittnen au S. , la Nouvelle-Guinée au N. et plusieurs archipels formés d'Iles beaucoup moins considérables au N.-E. : archipels de la Nouvelle-Bretagne et de la iVwvelle-Irlande, archipels delà Louisiade, de Salomon, de Santa- Cruz, où échoua La Pérouse, de Quiros ou Nouvelles-Hébrides, la Nouvelle-Calédonie , le^ îles JPtdjt ou Fttt;
3° La Polynésie (race océanienne), comprenant tout Test , depuis les îles Hawaii ou Sandwich au N. jusqu'au delà des deux grandes îles de la Nouvelle-Zélande ou Tasmanie au S. , c'est-à-dire arec ces deux groo pes , cette suite d'archipels qui se succèdent d'O. en E. : les îles Tonga ou des Amis et les îles Hamoa ou de Bougainville; les îles Mangea ou de Cook elles petites îles auxquels le Hollandais Roggewein a donné son nom ; les îles Taïti ou de la Société, les îles tomotou qui forment plusieurs groupes (archipels dangereux, de la mer mauvaise, etc.), sous le nom générai d'archipel des Iles-Basses; les îles Nouka-Hiva, etc.. (îles Marquises ou archipel de Mendana). — On y pert rapporter aussi les petites îles de Sala et de Pâques, pi® loin au S.-E. et celles qu'on a trouvées au S. * ,a Nouvelle-Zélande (îles Aukland , CambeU, MW" a ~ rie, etc.);
4° La MicaoNÉsiR(race mongolo-pelagienne), comprenant en général le nord de l'équateur entre les fies Sandwich et les îles du Japon. On y trouve de l'E. à l'O. les îles du Scarborovgh, les îles Mulgraves [îlesMadak eiRalick, etc.), les, Carolines, les îles Pelew; au nord de cette longue ligne, les Mariannes, les archipels de Magellan au N.-O., d'Ansonm N.-E. et d'autres petits groupes au N. : nombreuses petites îles élevées au-dessus des eaux par le travail séculaire des zoophytes ou les soudaines éruptions des volcans sousmarins. .
Les Portugais qui dans le cours de leur navigation vers les Indes avaient successivement visité les îles des deux rivages de l'Afrique (1) , s'étaient bientôt répandus de rindouslan vers l'archipel asiatique (Malaisie) dont ils reconnurent les principaux groupes (îles delà Sonde , îles Moluques , Célèbes , Bornéo). De là ils avaient aussi pénétré plus avant darts ce monde maritime : ils avaient découvert la Nouvelle-Guinée en 1511 et peut-être la Nouvelle- Hollande , sous le nom de Grand- Java.— Mais les Espagnols en agrandirent bientôt les limites par cette route nouvelle que Ma- Espa^ols.
(1) Sur la côte occidentale de l'Afrique, le groupe de Madère (W9) , les îles du Cap-Vert (U60) ; au fond du golfe de Guinée, celles du Prince (U71) , de Saint-Thomae (U72) , et d'Annobon (1 Janvier 1473) ; plus loin, au milieu de l'Atlantique, Y Ascension (20 mai 1 501) et Sainte-Hélène (1 502). — Sur la côte orientale, 1* grande ile de Madagascar , appelée d'abord Saint - Laurent (1506) , et les petites îles d'alentour ; l'île de Cerno (île Maurice ile de Francs) et Tîle Mateareigne (Bourbon) ,> l" E. (1 565) ; les îles échelles et Amiranta ,auN., reconnues plus tard.
Géog. pol. 12
2M gellan leur avait frayée à travers l'Océan. La Mauusik fut complétée par les Philippines, que Magellan luimême y découvrit, en 1521, etoù il mourut. L'Aœnulie s'augmenta des îles Salomonel Sania-Cruz, trouvées par Mendana en deux voyages différents ( 1568 et 1595). Magellan avait trouvé dans la Micronésik les lies des Larrons, appelées depuis Marianne*; un autre Espagnol après lui, Villalobos, y ajouta les Iles da Corail et des Jardins (partie orientale du groupe des Caroline*) i les Iles des Rescifs (probablement; Iles JPeJeto, 1543). Et dans la Polynésie, Mendana, en son second voyage, trouva encore l'archipel des iks Marquises qui porte aussi son nom (1585).
Les Espagnols et les Portugais se partageaient depuis longtemps la souveraineté de ces deux nouveaux mondes (1), sans que personne osât leur contester le tître de leur première occupation ou de leurs découvertes; et la réunion des deux couronnes,en rapprochant sous le même chef ces établissements rivaux, semblait donner à leur domination une plus sûre garantie. Mais cet événement fut, au contraire, une des causes de leur ruine. Les Hollandais qui jusque-là avaient trouvé en Portugal les riches produits des Indes , dont l'exportation suffisait à leur commerce, osèrent aller Chercher aux Indes mêmes ce que les marchés du Portugal leur refusaient, L'Espagne croyait punir la ré-
(î) Voyei ci-dessus, p. 97 ctf31.
yotte des Provinces-Unie» ; elle lai donna une nouvelle t
direction et y perdît ses colonies portugaises.
Une victoire remportée sorTe gouverneur de Ma- ikWlacca (1601) avait commencé la conquête des Moluqvtes d'où la compagnie des Indes, organisée en 1602, èlen- Établissent bientôt ses progrès sur les Iles et les côtes du voi- Hollandais, sinage. Maîtresse à'Àmbome, de Tidar (1607), elle / enleva successivement aux Portugais haïs des iadigènes et délaissés de 1? mère-patrie, Paliacatc, sur la cèle du Coromaadel(1608), Malacea (1641), Ceytan (1632- 1656), la plupart des Moluques et les îles de la Sonde (Sumatra {±U Java), et les chassa même des côtes du Japon (1639)/ La paix de 1648 ne stipulait rien pour ces établissement*. L'Espagne, avant de songer à les reprendre avait bien plus à co&ir de ressaisir le Portugal insurgé, et les Portugais devaient défendre te*r v y nationalité avant leurs colonies. Les Holfeawtafe proitèrwit des circonstances pour s'étendre encore, particulièrement sur les côtes 4e VJndouslan où il* conquirent Cdlicut (1658), Coulan,Cochin et Canmor (1681) è FO. ; ils occupèrent aussi sur le rivage oriental, Negapalam, et de plus, à l'E. de Bornée (1643), quelques points de l'île Cêlèbn (1C560).
Maîtres sans rivaux alô«rsjki «û*fM»erce de ces eonl rée^ ils avaknt partage teur domination en cinq gou. versements «rtlachès à Batavia la capitale (elle avait 4té fondée vers 1619): les gouvernements de Java où « trouvait Batavia, à'Amboine, de Temate (Moluques),
l* ) Les Hollandais prirent même position a Sumatra) dès *3 1 9.
de Ceylan, et de Macassar (dans l'île Gélèbes). Lear établissement aa cap] de Bonne-Espérance (1653), qui forma le sixième gouvernement, était comme la clef de ce vaste empire. N
En même temps qu'ils succédaient aux Portugais et aux Espagnols dans ces riches établissements , ils se montraient dignes des premiers fondateurs , en étendant à leur tour le cercle des découvertes. Dans un voyage de circumnavigation Schouten et Lemaire reconnurent le détroit qui porte le nom de ce dernier, entre la Terre-éte-Feu et l'île des États, puis don- "blérent le cap de Horn (1615), traçant au S. de l'Amérique un chemin plus sûr que le détroit de Magellan (1). — rfautres ajoutaient à ce que Ton savait de TOcéanie la connaissance des côtes méridionales de la Nouvelle-Guinée et la découverte désormais européenne de son grand continent, Y Australie ou Nouvelle-Hollande, (1606) (2). Plusieurs parties de ses rivages furent successivement explorés {3); et, dès
(1) En 1578, Drake, à la sortie du détroit de Magellan, paraît avoir été rejeté vers le sud, par la tempête, dans les îles du cap Horn; mais la découverte du passage n'en reste pas moins aux Hollandais.
(2) Ce fut le Hollandais Hertoge qui la découvrit et il donna à la partie découverte le nom de son vaisseau. Mais indépendamment de plusieurs navigateurs de cette nation, qui y touchèrent, croyant être à la Nouvelle-Guinée, on a tout lieu de croire que les Portugais, comme nous l'avons dit, l'avaient visitée un siècle plus tôt, et que c'est elle qui est figurée sur une carte de 1 550, sous le nom de Grand- Java. Voyez Coolet, Histoire dei Voyages, t IV, c. *8.
(3) Terre à'Eendracht , à 10., la première découverte,
la première moitié du dix-seplième siècle, on en connaissait d'une manière générale l'O. et le N. Des voyages entrepris pour en reconnaître le S. (1542). firent trouver à Tasman la terre de Van Diemen, se* parée de la Nouvelle-Hollande par un détroit que Bass franchit plus tard; plus loin, à l'E., une nouvelle terre des Etats, nommée depuis Nouvelle-Zélande, et qu'on a voulu de nos jours appeler Tasmanie, pour conserver sur la carte le nom decegrand navigateur. Il découvrit encore deux groupes importants plus au nord : les îles Fidji ou Viti et les îles des Amis (Tonga-Tabou). Ainsi les principales terres de I'Océanib étaient déjà visitées: restait à en relever dans le détail les nombreux archipels, et à mieux connaître les formes et la nature des pays déjà trouvés. C'est l'œuvre que les Hollandais continuèrent avec les autres puissances maritimes, avec celles qui avaient ouvert la carrière (Portugais et Espagnols), mais surtout avec celles qui s'y présentaient à leur tour (Anglais et Français) (1).
Ces peuples n'avaient alors dans ces parages que des possessions insignifiantes, auprès de celles des Hollandais. Les Portugais conservaient encore Dm,
XArnhem et de Diemen, au N. (1618), d'Edeh (1619), de Leuwin (1622), au S. de la terre d'Eendracht; terre de TftU(l6l3), qui continuait la côte, au N., de la terre d'Eendracht à la terre d'Arnhem, et la terre de Carpentarie , plus à l'E. , autour du golfe de ce nom ; terre de Nuytz (1625) sur la côte méridionale, à l'extrémité opposée.
(1) Voyez, à la fin du cahier, un appendice sur les principales découvertes faites, au dix-huitième siècle, dans l'Océanie.
dans le Gozerate,à l'O. deTIndoustan, Cfioutte,Dahoul et Goa sur la côte occidentale, dans îe royaume de Visapoitr; fflede Macao, à l'entrée da^olfe de Canton, une partîedeîïm©r t et,surlesrivagesorienlauxdcrÀfnque, la côte 4e Sofato, dans le Monomolapa, La côte de Melinde, dans le Zanguebar (gouvern. de Mozambique). dcs Les Espagnols reterraient aussi les îles Philippines
spagools,
(an N. de Bornéo), découvertes par Magellan, mais occupées seulement en 1564 (1).
s Anglais, £ e5 Anglais, vers le commencement du dix-septième siècle, n'avaient encore que des comptoirs à Benlam dans Fîte de Java, h Surate sur le goîfe de Cambaie, et uo ^ petit fort, \efortSaint-Georges % construit en 1620 prés de Madras (côte de Coromaniel), avec la permission du roi de Goleonde. Mais rien ne pouvait les soustraire à la supériorité des Hollandais dès qu'une guerre en Occident leur donnait l'occasion desatisfaîre leur jalousie. En 1623, les Hollandais massacrèrent tous les Anglais à Amboine {Moluques) ; en 1683, ils leur enlevèrent leur comptoir de Bentam.—Afa fin du dix-septième siècfe, la compagnie anglaise n'avaitplus, avec Surate,, qu'on petit nombre d'établissements nouveaux: Bombay (2)
(1) Luçon, la principale , fut conquise en 1572. La ville de Manille y fut fondée.
(2) Le roi Charles II Pavait obtenue' comme dot de sa femme Catherine de Portugal ; il la donna, en 1670, 4 la compagnie des Indes. Cette compagnie, dont on avait voulu combattre le monopole, sous le règne de GuHlaume III, se fondit, en 1 702 , a*ec la
•^ compagnie rivale qu'on lui avait opposée (1673), et dès lors commencèrent ses progrès. Voyez la noîc que nous avons ajoutée
2M (royaumede Visapcrar), Hôugly et Calcutta (1690) dans le Bengale, el B*ncê*len (10») dans nie de Sumatra (f }.
Les Français, qui avaient commencé plus tard, de » Françai étaient plus faibles encore. Richelieu s'était en vain • efforcé de leur assurer une part au riche commerce des Indes-Orientale» ; et la compagnie, fondée en 1664» par Cotfeert, ne parvint qu'avec bien de la peine à établir an premier comptoir à Surate, en 1675; puis un antre, en 1©T6, à Chandernagor (2). Pondichéry, sur la céte de Coromandel (3) , acheté en 1679 du roi de Beydjapour , était le seul point vraiment important çn'elte oceapàt sur le continent de l'Inde. — Sur la route, tes Français avaient quelques lieux de relâche daos rite de Madagascar (k) et dans l'île voisine de Bonrbau (iÔW). — • L'île de France (île Maurice), la meilleure station de ces parages, ne fut occupée par eux qu'au XYIII™* siècle, après l'abandon volontaire des Hollandais (5).
aux articles de la paix de Paris (1763) et la géographie des Étais européens en 47S9.
(1) Cette place et d'autres, situées dans les îles de la Sonde, forent cédées aux Hollandais en 18t£ , en échange d'autres éta<btissements star le continent de t'Inde.
(2) Aureng-Zeyb lui vendit cette ville en 1 688.
(3) Pris par les Hollandais en 1 699, il avait été rendu , par la paix de Rytwxck (1697) , beaucoup plus fort qu'auparavant.
(&) Le fort Dauphin, etc. L ile elle-même avait été appelée ile Dawphine par les navigateurs qui en prirent possession sons , Henri IV.
(S) Otfe tte, appelée ile de C«rno par Pedro Mascarenhas qui la découvrit , ainsi que Madagascar , au seizième siècle ,
ïs Danois. Avec les Anglais et les Français, il faut compter aussi les Danois, qui occupaient Tranquebar (côle de , Goromandel) au S.-E. de la presqu'île, acheté, en 1618, par Christian IV du rajah de Tanjore. Us avaient aussi . des loges en plusieurs points.
* des-occi- Telle était la position respective des puissances eu-
dentales. r0 péennes aux Indes-Orientales. Elle était tout autre dans les parages de l'Amérique. Ici l'Espagne et le
a^rtogai, Portugal, bien que déchus de leur puissance, conservaient la plus large place (1). Leurs établissements avaient échappé par leur masse aux tentatives de leurs ennemis. Ainsi le Brésil (avec la Guyane portugaise) demeura tout entier au Portugal malgré la conquête des Hollandais (1630-1654) (2), et ce pays* vers lequel Ma perle de ses colonies orientales dirigeait maintenant toute son attention, devint pour lui la source d'une grande prospérité (3).
reçut des Hollandais , qui la trouvèrent inhabitée , le nom d'ile Maurice; mais ils ne l'occupèrent qu'en 1640. Abandonnée en 1712, elle passa aux Français en 1721 ; elle appartient aujourd'hui aux Anglais, qui la prirent en 1810.
(1 ) Pour les populations indigènes t voyez rénumération des principales dans la Géographie politique contemporaine de M. DuMJ*i p. 373. •
($) Le traité de 1 661 lui en abandonna formellement la possession.
(3) Le Brésil élait borné au N. par la rivière des Amaxones, qui le sépare de la Guyane portugaise , et par l'Océan, flui i* baigne aussi à TE. ; au S. et à FO. , par les possessions espagnoles sur la Plata et le Paraguay, et par le pays des Ama* "^' Il se divisait en quatorze capitaineries : 1» Grand Para, 2° *•*
L'Espagne retenait presque tout le reste de l'Ame- de r Egpagn e . rique du Sud : La Terre-Ferme comprenant aussi une dans VAmér partie de la Guyane, au N. ; le Pérou et le Chili, au r*Q**J*i*à S., le long de la côte occidentale; le Paraguay ou La Plata, à TE. du Pérou et du Chili. — Le pays des Amazones, le long du fleuve de ce nom, entre le Pérou et le Brésil, n'était pas colonisé, non plus que la pointe méridionale de l'Amérique, la terre Magellanique, où se trouvait le pays des Patagons.
ranham; 3<> Seara; L° Rio Grande % do Norte, qui se succèdent de PO. à 1E. sur la côte du N. ; 5° Paraïba, le long du fleuve de ce nom; 6° Tamaraka; 7« Pernamboue; 8° Seregipe; 9° Bahia ou Toioi lot Santot (c. San Salvador) ; 1 0<> Ilhéot ; 1 1 ° Porto Segùro; *2° Bspirito Santo;i$° Rio Janeiro; iL°San Vicente, échelonnées j du N. au S. le long delà côte qui prend dès lors cette direction (Art de vérifier les Dates , Continuation XIII , p. 1 1 , et Abrégé de Géographie (47l6),p. i66, revu sur les cartes de Sahson de i 669); et, plus récemment, on en avait formé une nouvelle, la capitainerie du roi , qui occupait tout le littoral jusqu'à l'embouchure du Rio de la Plata (carte de Delisle. 4 702). Les pays de l'intérieur étaient rattachés à ces capitaineries à mesure qu'on les occupait , et , plus tard , ils nécessitèrent une division nouvelle en dix gouvernements , savoir : au nord, 1 ° Para, le long de la rivière des Amazones , qui sépare le Brésil de la Guyane portugaise;^ Maranham; 3° Pernamboue, de PO. àTE.; — le longde la côte, du N. au S.: £° Bahia (San Salvador); 5* Rio Janeiro; 6° Saint-Paul, séparé des possessions espagnoles au Paraguay par la rivière de Parana , qui va se réunir au fleuve de ce nom; les colons de ce district, composés d'un mélange de Brésiliens et d'aventuriers, et appelés Mameluks , s'étaient presque toujours maintenus indépendants de la métropole ; 7° Rio Grande do Sut; — à l'intérieur, de TE. à 10. ; 8° Minât Geraet t Géog PoU / lfc.
La Terre -Ferme, la première partie du conlinentqui ait été découverte, bornée au N. par la mer des Antilles, à PO. par l'océan Pacifique, au S. par le Pérou elle pays des ÀmazoneSTi! TE. par la Guyane, se partageait en deux audiences, celle de Panama et celle de Santa-Fë. Leurs principales provinces étaient : la Guyane (V Eldorado) (1), à l'E., et la Nouvelle-Andalousie ou Caracas, à YO. de l'O'rénoqae; les provinces de Venezuela (1499) de Sainte-Marthe, de Carthagène (1532), le long de la côte septentrionale de TE. à TO. jusqu'à l'isthme de Dariea (Terre-Feme proprement dite), eu se trouvait Paoame ; an S. h Nouvelle-Grenade (Sanla-Fé), et la province dfePfr- « paya» (2).
Le Pérou, borné par la Terre-Ferme au N., le pays des Amazones à TE., l'océan Pacifique à l'O. et an S. le Chili r se partageait eu Irois audiences. : celle de
au milieu des montagnes, à KE. de Rio Janeiro; 9* Goya:; 1 0° Mato Grvno , qui confinait au Pérou. — En 1 84 7, le Brésil «tait divisé en tm nombre double de provînmes. Art de vérifier les Dates, Ctmtin., t. XIII, p. 17 . Il prit d'autres divisienseiicore lorsqu'il fcrt déclaré Empire en 1823.
(1) Elfe fat aperçue peut être par Colomf), maris seulement reconnue en 1 562, et une^ecende expédition, en f5&3 , Teste comme la première sans résultat. En i 576, furent envoyées les premières imsskm?, et for ville de San Thème fat fondée sor ÏQ~ révoque, vers t588.
(g) En 1718, la Nouvelle-Grenade fut détachée de la Terre- Ferme et annexée au royaume de Quito, que l'on venait àe former d'un démembrement du Pérou. — Toute cette contrée forma , en 1849 , la république de Colombie. En 1834 , efcse
Quito au N., celle de Lima au centre et celle de Los Characas au S. Les principales villes élaient : Lima, Cusco, dans l'audience de Lima; Quito, Cuença et Valladolid dans l'audience de Quito ; Potesi, Chuquisaca ou La Plata, Santa-Cruz de la Sierra, la Nueva dans l'audience de Characas. Les provinces qui composaient cette dernière audience furent postérieurement rattachées à la vice-royauté de Buenos- Ayres(l).
Le Chili, borné au N. par le Pérou , au S. par les terres Magellaniques, vers nie dç Chiloe (1565), à TE. par le Tucuman, partie du Paraguay , se trouvait ainsi resserré contre Focéan Pacifique, à l'O., par une portion de la chaîne des Andes ou Cordillères* il avait pour villes principales Saint- Jacques, résidence du gouverneur , Baldivia , Guasco et Copiapo , ports de mer (2).
Le Paraguay , borné au N. par le Pérou , le pays des Amazones et fe Brésil, à l'O. par le Chili , au S. par les terres de Magellan , s'étendait à TE. jusqu'à
partagea en trois autres républiques : 1° Venezuela (Guyane espagnole , Nouvelle- Andalousie, Venezuela) cap. Caracas ; 2° Notrvelie-Gïienàde (Panama, Carthagène , Sainte-Marthe, Santa-Fê, Popayan), cap. Santa-Fé, et 3° 1 Equateur (Quito) , qui, géograpîiiquement, se rattache aux anciennes divisions du Pérou.
(f ) Le Pérou forme aujourd'hui trois États correspondant à peu près à ses anciennes audiences : I'Equàteur (Quito) ; le Pérou (Lima) et Bouvu ou Haut-Pérou (los Characat , cap. Ckuquisaca).
(2) Il forme aujourd'hui l'État du même nom ; mais la pins grande partie du sud est occupée par la population bellique des Araueans.
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l'embouchure du fleuve qui porte à la mer les eanx réunies du Paraguay et du Parana, Rio de la Plata, reconnu pour la première fois par Juan Dias de Solis (1516). Ses principales provinces étaient : le Paraguay propre entre le Paraguay et le Parana, où les Jésuites avaient organisé (1609) leurs fameuses missions commencées en 1556; le Guayra sur les deux rives du Parana confinant au Brésil ;Y Uruguay entre le Guayra (Tu N. et Rio de la Piala au S. ; Rio de la Plata le long du grand fleuve de ce nom ; Chaco, au N.-O., aux confins du Pérou; Tucuman au S.-O., aux confins da Chili. — Les villes principales étaient dans les provinces de Rio de la Plata, l'Assomption (1538) , Santa-Fé et Buenos.-Ayres (1536). La première était la résidence du gouverneur-général, qui dépendait du Pérou, la dernière devint plus tard le siège d'une vice-royauté (1778) (I).
Ce pays, qui touchait, au N.-O., aux possessions des Portugais dans le Brésil , devait avoir de ce côté des limites fort contestées. Les Portugais en occupaient une petite partie à l'intérieur (2) et de plus toute la côte occidentale jusqu'à l'embouchure de la Plata (partie de
(\ ) Toute ceUe contrée se décompose aujourd'hui en plusieurs républiques ou dictatures : le Paraguay (cap. Assomption), 1' Uruguay (cap. Montevideo), et la Plata (Buenos-Âyres), comprenant tout le. reste de l'ancienne province jusqu'à la Bolivia au N. , le Chili à PO. et la Patagonie au S. On sait avec quel acharnement Montevideo repousse les prétentions de souveraineté dé Buenos-Ayrcs.
(2) Carte de Sanson, 1669.
V Uruguay) (1); ils avaient fondé sur la rive seplenlrio- dans nale de la Plata, en face de Buenos-Ayres, la ville de VAméri ~ Saint-Sacrement (1678). dunord,
Les Espagnols, maîtres de la plus grande partie de l'Amérique du Sud, l'étaient aussi de l'isthme qui la réunit à l'Amérique du Nord et de presque toute la partie méridionale de cette dernière.
On y rangeait leurs possessions en trois grandes divisions : la Nouvelle Espagne , (ou royaume du Mexique), bornée au S.-E. par l'isthme de Panama, a a S. et à l'O. par l'Océan Pacifique, à TE. par le golfe du Mexique et auN. par le Nouveau-Mexique ; lô Nouveau-Mexique borné à TE. par la Louisiane, ou, si Von veut, par la Floride avant que les Français aient occupé les rives du Mississipi (Louisiane), à l'O. par la mer Vermeille, au N. par les populations sauvages de l'Amérique; et la Californie, cette péninsule qui forme le rivage occidental de la mer Vermeille, et qui longe à l'O. le grand Océan.
La Nouvelle Espagne, ou Mexique propre , qui , dans les limites tracées plus haut, avait environ huit cents lieues de longueur , se divisait en trois grandes audiences:
1? L'audience de Guatemala, au S. , depuis l'isthme de Panama jusqu'aux provinces de Guaxacaei d'Yucatan; elle formait elle-même au dix-septième siècle trente-deux provinces , dont quatre appelées gouvernements, neuf, alcades majeures, et dix-huit, corregimentos (2).
(1) Carte de Delisle, 1703.
[%) Voyez l'Art de véiiier les Dates. Continuation, t. IX,
2° L'audience de Mexico comprenant tout le contour du golfe de Mexique, depuis TYucalan jusque vers les régions vagues encore du Mississipi et de la Floride (1).
3° I/audience de la Nouvelle-Galice, appelée auparavant de Guadalaxara, comprenant la côte occidentale (2).
Quant à la Californie et au Nouveau-Mexique, ils étaient plutôt reconnus que réellement occupés. Cependant la colonisation y avait fait quelques progrès, à la fin du seizième siècle. Santa-Fé était, dans le Nouveau-Mexique, la résidence de l'évêque et du gouver-
p. 31 S* Ce pays a formé depuis (1821) les P&ovihces-Ukixs Dr Centre ou encore république de Guatemala.
(i) Ce rivage, déjà exploré par les ordres de Cortex, fa mieux connu à la suite des expéditions aventureuses de Nairvae% ) <le Hernando do Soto et d'Alvaro JVtnwz, qui déjà avait partagé les périls de Narvaez (1526-1543). Voyez Y Histoire des Voyages de W. D.Coolet,1.ÏV,c. 7.
(2) Avant les événements de 1808, cui aboutirent à l'indépendance de cette vaste contrée en 1821 (États-Unis Mexicains), ces deux dernières audiences se partageaient en douze mtendanceset entrois districts ou provinces. Art de vérifier les Dates, Contin. tlX. Voir les détails qui y sont ajoutés d'après M. de Humboldt— L* séparation du Texas (1826) ( cap. San Felipe au N. E.)> la révolution de 1835, ont modifié l'organisa lion de ce pays» L'indépendance du Texas est aujourd'hui reconnue de l'Angleterre et delaFrance etson adjonctionaux États-Unis va l'être dcl'Europ* entière ; mais la constitution du Mexique est encore mise ei« question par ses troubles intérieurs.
25* rrear, et quelques établissements furent aussi fondés dans la Vieffle*Caïrfornre, vers K»0(î).
A ces domaines de l'Espagne, sur tes dem: confi- *JJ» nen(s d'Amérique, s'ajoutaient de nombreuses possessions dans les ftcs que les premières découvertes lui avaient données : FÎ1e de Cuba, la partie orientale de Saint-Domingue, PortoRieo, la Trinitf n \k Marguerite, etc. Maïs ces possessions pins accessibles offraient aussi une proie pins facile à l'ambition des puissances raarrfiraes de Fancfen eontinenl.
Déjà les Hoïxawdaïs avaient fond* des étabfrsse- Possessions ments, en 1634, à Curaçao, dams les îfes sotrs-Ie-*ent, des autres
et dans les petites Ànliîtes, à Tabago, tr Serint-Eusta- pe Zl* S: cke (1635), à Sabi* («61»), et dans ta partie S. de les ilet > Saint-M#rtïn (1650).
Les Anglais avaient également desrpossessions dans tons les groupes de ces îles jetées entre le» 4mx Amériques, parallèlement h l'isthme epri les unit. Rs occupaient, dans les petites Antilles, Barbaâe (1634.), une portion de Saint-Ckristopke (1625) qu'ils partageaient avec les Français, Barboude et Nieve* <xt Nevis (1628), Montsêrrat et Antigoa (1632); ite s'étaient les premiers êtablfs dans celles des Iles de Bahama et de la Providence (v. 1629), qui offraient au commerce
(1) Abrégé de Géographie (1716), p. 862, et les cartes de DeKsle. Les reconnaissances des Espagnols et îeur domination s'arrêtaient au cap Mendecino (1542). Ils ont prétendu aTOÏr remonté cette côte jusque près du détroit de Bihring, des 15S6. Mats le mystère dont ils couvraient leurs explora fiions laisse tout 'e mérite de la découverte à ceux qui vinrent après eu».
le plus d'avantages et avaient enlevé aux Espagnols Fane des grandes Antilles, la Jamaïque (1655).
Les Français, grâce à Colbert, avaient pris place à côté d'eux dans les petites Antilles. Les îles de la Martinique, de la Guadeloupe, de Sainte-Lucie, de Grenade et des Grenadilles, les petites îles de Marie- Galante, Saint-Christophe, Saint -Bar thélemi. Saint- Martin, et l'île de la Tortue (près Saint-Domingue), domaines privés de ceux qui s'y étaient d'abord établis, avaient été vendus par eux, les premières à de* particuliers, les cinq autres aux Maltais. Golbert les racheta au compte du gouvernement, et bientôt l'acquisition de la partie occidentale &z Saint-Domingue {l), confirmée et étendue parla paix de Byswick, ajouta à l'importance des colonies françaises dans les lies d'Amérique (2).
Les Danois possédaient aussi, dans les Antilles, File de Saint-Thomas (1671); ils exploitèrent, enl7i9,la petite île de Saint-Jean, et en 1733 ils achetèrent
VAmérir de la France l'Ile de Sainte-Croix.
duTud ^ trois P rem * ers Peuples ne se bornèrent point ani ' lies. En 164-0, les Anglais étaient revenus dans la partie de la Guyane appelée Surinam, où Raleigh avait autrefois jeté une colonie (1595) ; mais vers l'an 1715, il»
(1) Elle avait été occupée par les flibustiers que la France, en 166& , prit sous sa protection. t ,
(2) Voir la carte de Delisle, 1703. La possession de ces île» fut vivement disputée par les Anglais pendant les guerres àe ^ Louis XIV et du dix-huitième siècle : le traité d'Utrecht (1/l3)i qui leur rendait Nwit et MonUerrat, leur cédait en outre S*M- Chrittophe.
du nord.
n'y possédaient plus que le fort de Marony. — Les Hollandais qui dès 1580 avaient pris position, passagèrement il est vrai, sur ces rivages, leur avaient enlevé leurs établissements (1667), et les avaient gardés par le traité de Westminster (1674). En 1679 ils y avaient fondé Paramaribo (Guyane hollandaise) (1). — Les Français eux-mêmes avaient fondé quoique avec peu de succès, un établissement à Cayenne (1604), petite lie séparée du rivage par la rivière de ce nom, et après diverses vicissitudes en avaient repris possession en 1677 (Guyane française) (2). — Ce fat surtout dans l'Amérique du nord que se fondèrent les plus importantes colonies de ces trois peuples.
Ces pays, à peine explorés par les Portugais et les Es- ?*£*. pagnols qui trouvaient sous un ciel plus doux tant de ri- jue ches contrées, restaient ouverts à leurs entreprises. Tous les trois s'y présentèrent à peu près en même temps.
0) Les Anglais s'emparèrent, à leur tour, de tous les établissements hollandais (1796-1799) ; ils en sortirent au traité tTAmiens (4802), et les reprirent en 1803. La Convention de Londres céda définitivement les colonies de Demerary, Berbice et Kuequebo à l'Angleterre. La rivière Corentin sert de limite entre les deux peuples,
(2) D'autres colons, venus en 1635 sur la cote de Cayenne , l'avaient abandonnée encore en 4656. Les Anglais s'y établirent, et en repartirent dix ans plus tard. Elle venait d'être occupée tout récemment par les Hollandais (1676), quand les Français '^reprirent. Les possessions françaises y comprirent bientôt une fez vaste étendue de cotes, depuis le Marony qui les séparait des
ossessions hollandaises. Par le traité d'Utrecht, le Vicente
Pttuon, ou l'Oyapoc, fut pris pour limite entre la Guyane fran-
L'Anglais Hudson qui découvrit et nomma ta gronde intérieure de l'Amérique du nord (1 6i0) fit aussi, an service de ta Hollande , un voyage d'esptoratioa le long des côte» orientâtes, où il trouva la rivière également appelée de son nom (1609;. Les Hollandais y foadèrent m établissement ; puis m amtre, dans 111a voisine de Manhattan (en est New-York) et Meottt détendirent da Connecticut à la Deiaware, sous le non <te Nouvelle-Belgique onNouvcoux-Pays-Bas (f #13). lia chassèrent de ces côtes les Suédois qui s'y étaient établis (1627-165*) ; mais ils durent à leur tour céder !» place à leurs nouveaux voisins en ces parages, am Anglais.
Lesvoyages de décoovertedes Cabot (1W4-4W7)(1). et plustardceoi de Farbisher (1577), de Drake (1578), 4e Davis (1586), avaient donné à Fàkgletmie une vive impulsion vers la marine. Elisabeth Kavait secondée de tout son pouvoir. Sous son règne, ie Groenland , le Labrador, avaient été yisités par Forbisber (1586); Davis avait reconnu le fameux détroit par où Baffin s'aventura au milieu des glaces dans la mer qui porte son nom (1616) ; Raleigh, suivant l'ancienne route, s'était rendu aux Antilles d'où il avait gagné , en remontant le golfe de fa Floride, te
çaise et la Guyane portugaise. Cette limite, plusieurs fois déplacée (1801 , 1812, ML, 1815), a été rétablie dans ces derniers temps (181 7).
(\) Les deux Cabot ou Cavotta, Vénitiens au service de r Angleterre, qui visitèrent probablement Pile de Terre-Neure {Prima- Vittà) , et descendirent le rivage de r Amérique du Nord jusqu'à la Floride, cherchant un passage vers les Indes.
iles occidentales de T Amérique du Nord. Le pays jtfil découvrit fut appelé Virginie, en Phonneur de ta •cine toujours vierge; mais aucun établissement durable n'y fat fondé avant le règne de Jacques I. En 1606, feai compagnies obtinrent en même temps le prïvî* lége de coloniser ces rivages: la compagnie de Londres eut la partie méridionale du 39* mi 5-3* degré, ht Virginie propremenl dite ; ïa compagnie de Wymoufli, la partie septentrionale du 41 e an &5 e degré, sous le nom de Nouvelle-Angleterre; deux degrés (M-43) leur étaient ainsi laissés en commun.
La compagnie de Londres prit des accroissements rapides. Elle découvrit ïa baîe de Chesapeak, y fonda hmes^Twon, «w te mière de James, et s'assura comme Heu de relâche les îtes Berrmétes , qu'elle colonisa en |6f9. — L'antre compagnie qui -araft tons Plymouthwoiits deresseurces, se laissa rebuter parles premières difficultés; mais ce que n'uvait pu Fesprit mercantile, Fesprit religieux repéra. Des puritains: d'Angleterre, réfugiés en Hollande, eurent la pensée d'afler établir en Amérique leofr petite société et leor système religieux. Hs fondèrent la colonie des Massachusetts (1621), grossie bientôt p$r les troubles intérieurs de F Angleterre; et la dissidence s'élant mise parmi les colons fanatiques, une partie alto fonder ïa Providence et Rhod-Island, au S. (f 635 et 163T); d'aulres dissidents fondèrent la colonie de Connecticut. a ^S -0.(1636), d'où ils forcèrent bientôt à émigrer les Hollandais, récemment établis dans les province* delà Nouvelle-Belgique ou des Nouveaux-Pays-Bas* du
Connecticut à la Delaware.La guerre fat fréquente eotre ces colonies rivales; mais l'avantage resta aux Anglais et la paix de Breda (1667) leur ayant cédé ces provinces, ilsen formèrent les colonies àeDelaware et de New- Jersey, sur la Delaware, et deNeio-York, sur la rivière de Hudson. Les colonies deNew-Hamsphire (t), de Vermont et de Maine, achevaient d'occuper, au N., la concession primitive de la Nouvelle-Angleterre. — Au raidi, plusieurs établissements nouveaux s'étaient aussi formés. Vers 1632, lord Baltimore y avait créé la province de Maryland y sut la baie deGhesapeak: la ville de ce nom fut fondée par des Anglais catholiques, en face des puritains du nord. En 1663 , une concession faite par Charles II au delà des limites de l'ancienne concession de la Virginie (du 31 e au 36* degré), donna naissance à là Caroline, séparée en 1729, en Caroline du Sud et Caroline du Nord, et dont un nouveau démembrement, en 1732, forma la Géorgie, au S. des précédents. Au N., une compagnie exploitait depuis 1670 les rivages de la baie d' Hudson.
Telle fut la double origine des colonies anglaises dans l'Amérique septentrionale. A l'ouest, elles gagnaient peu à peu dans l'intérieur sur les sauvages indigènes^); au sud elles approchaient des possessions
(1) Cette colonie, fondée en 1629, s'était réunie aux Massachusetts en 1640, et s'en détacha en 1679. Vermont, a PO., devint État indépendant en 1 ? 7 7 ; Maine, en 181 9.
(2) En 1692, Penn, fils de Famiral, obtint une nouvelle concession, à l'O. de New-Jersey, du &0 e au 42 e degré, et y fonda la Pensylvanie.T>es réfugiés français et autres se fixèrent (16S5 et suiv.) sur les bords de la Tenneaée, et plustard, vers 1 7 7 5, d'autres
espagnoles en Floride; au nord, elles touchaient aux établissements des Français.
Les Anglais avaient reconnu les premiers, mais les Français occupèrent avant eux les rivages du Canada (1535) (1), et ils y avaient ajouté YAcadie (nouvelle-Ecosse). Cette province, longtemps disputée à la France par les Anglais lui fut abandonnée en 1661. Par elle, par Mie de Ter re-Neuve, elle occupait les pins importantes positions sur le golfe de Saint-Laurent; et dans le Canada, elle s'était étendue le long du fleuve du même nom jusqu'aux grands lacs (2), et aux sources voisines du Mississipi, dont elle occupait les embouchures. Ainsi eHe pouvait se promettre de réunir un jour, par ces grandes voies de communication, ses établissements éloignés de la Lousiane (3) et du
s'établirent sur le Xenfwfcy» * l'O. des Caroline», dans le bassin de l'Ohio. Sur ces points, depuis l'indépendance des États-Unis, la colonisation a marché plus avant et produit ou englobé de nouveaux Élats qui se développent encore tous les jours (Ohio, Indiana, Illinois, Âlbana, Mississipipi, Missouri, Arkansas, Floride, lovitiane ; aujourd'hui, le Texas, et bientôt, sans doute, à l'autre extrémité du continent, sur l'Océan pacifique, VQrégon). (<) Québec y fut fondée en 1608.
(2) Lacs Champlain, Ontario, Erîé, des Hurons, Michigan, lac Supérieur. — Les principales peuplades indiennes étaient les Iroquoit , les Outaonaes , les Illinois , les Sioux , vers le nord ; les Ponts, les Oetacas, les Kansès , les Otages, sur le Missouri; les Àcantai , les Taenias, les Ifatches, au delà du confluent du Missouri , sur le Mississipi.
(3) C était le nom que Ton donnait au pays riverain du Mississipi*, parce qu'il avait été occupé sous Louis XIV ; la partie méridionale , à l'embouchure du Mississipi, s'appelait la Nou-
Canada, du golfe du Mexique et dm golfe Saiat-Laarent ; mais cet avenir lui fui refarsé. 3a «arme, minée durant les dernières guerres de Louis XI V, eoffljroroetlait ses colonies dans tous les trouble* du continent. Quoique les établissements du Canada et de la Louisiane ne fassent que grandir et s'étendre» dons les commencements dm dix-huitième siècle, \m eessi** de YAcadie et de Terre-Neuve k l'Angleterre (1), consentie par le traité d'Uirecbt, présageait le sort qui leur étai! destiné.
Établisse» x ces établissements des Etats européens am de»
ments en w
Afrique. Indes, il faut ajouter certaines possession sur lestâtes
occidentales de l'Afrique qui ea étaient comme f appendice. Les Portugais avaient fooéè Saint-PtmMk' Loanda 11578J, et peu après avaient occupé tout te royaume d\An£oZa, celui: de Benguelaet, en partie, le Congo (2 N ; leurs établissements d'ailleurs étaient ooiquement destinés au trafic des nègres nécessaires à l'exploitation du Brésil. Ils possédaient encore le» îles d'Àmobon, de Saint-Thomas, du Prince et de Fernando Pè presque sous l'èqualeur, au fond du golfe de Guinée (3) — Les Hollandais leur firent la guerre dans ces possessions comme dans les autres, et, en
veUe-Orléoe*. £*^tHe r qMt -dormait son nom au pays, lut fondée
(i), Une col»me^anjçfeût«? fend», en 1 749 , Halifax , dans f Acadie i&mmAcrEaesK).
(2) Ils y paient fondé San Salvador.
(3} Pli» ?»** 4e l'Empe,ïd« de Madère elles Açoretfa- «aient aaportaçai les peucssieiit d\m tout aullre çenre.
537, leur enlevèrent Saint-Gtorçes de la Mtnm f qu'ihr ardèrent (sur la Côte d'or). — Les Français, qnï pentreauraient visité même avant les Portugais ces rivages 365),possédaientsurlacAledelaNigrilie f le fort Sainfoins (sur le Sénégal) l'Ile de Goret (près du Cap Vert), alevée aux Hollandais en 1667. (1). — Les Anglais y )ndèrent vers 1675, les forts de Saint-James et de ierra-Leone (2). — Les Espagnols acquirent du Portai, seulement en 1778, les îles d'Annobon et de krnandoPô, qui leur assuraient deux positions avanigeuses pour la traite des nègres. Les Canaries, qu'ils ossédaient depuis leur découverte, ne peuvent pasompter pour un établissement de ce genre (3). ,
(1) Les Hollandais Pavaient occupée en 1617.
(2) Ils avaient aussi un lieu de station dans l'île de Sainte-Hélènei la hauteur du cap Negro , découverte et abandonnée par les Portugais (1502-1610), occupée parles Hollandais vers 1610 et parles Anglais en 1650.
(3) Les Danois , nous Pavons vu , avaient , dés le dix-septième siècle, pris rang dans les colonies européennes aux Indesorientales (Tranquébar) et occidentales (Saint-Jean et Saint- Thomas). — La Suède, qui eut un établissement en AWrique sur les bords de la Delatoare, à côte des Hollandais (1627-1651), en kt chassée par eux et ne rentra dans le monde colonial qu'à la fin du dix-huitième siècle, lorsqu'elle acheta Tile de Saihtr-Bar- Mmy de la France (1784). — La Russie y prit sa place également au titre de ses découvertes. De la Sibérie, traversée dans toute sa longueur, elle alla reconnaître et ranger sous son em- P«*e les îles voisines de ses rivages : les petites Kouriles (1713 et? suip -), au N. des îles japonaises et cette chaîne d'ile% jetées en~ (f e les deux continents, de la péninsule du Kamtchatka à la près-
qu'île d'Alatska, les îles Aléoutiennes ou des Renards (1740-1766) Behring, qui commença la découverte de ces dernières, avai aussi pénétré dans la mer qui s'étend au milieu, et reconnu h séparation des deux continents au, détroit de son nom (17281 Une compagnie fut établie en 1787, pour le commerce de pelleteries dans l'Amérique du Nord.