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mité continentale, il ne relie à la terre qu'une presqu'ile de petites dimensions. Ainsi l'isthme de Kra, entre l’Indo-Chine et la péninsule malaise, n'a jamais attiré une population maritime, parce que la jonction qu'il établit, à l'extrémité S.-E. de l'Asie, n'a qu'une très faible valeur. L'isthme de Corinthe et ses côtes n'ont eu qu'un rôle subordonné dans l'histoire du développement maritime de la Grèce ; l'isthme a servi de barrière militaire plutôt que de trait d’anion politique et social.
12. Débouchés fluviaux et pays d'alluvion. — Les débouchés fluviaux, estuaires largement ouverts, ou deltas aux digitations variées (l’on sait combien sont complexes les formations deltaïques), attirent en général des groupements nombreux dans les zones où les eaux fluviales se mêlent aux eaux marines.
L’estuaire ouvre une voie vers l’intérieur ; 1l est, sous ce rapport, assimilable aux golfes et aux mers secondaires, et il est supérieur, comme œcoumène, aux rias et aux fjords, qui se terminent très souvent en impasse. Dans les estuaires à marée, cette route s'élargit et s'approfondit par le double flot quotidien des eaux marines ; mais, dans les estuaires à marée comme dans les esltuaires sans marée, l'apport irrégulier quoique incessant des troubles venant de l'intérieur modifie sans cesse les traits physiques de l'estuaire, les routes fluviales et même les rivages. Les mêmes phénomènes physiques se produisent sur une plus grande envergure dans les deltas, où l'accumulation des troubles donne un caractère divagant aux débouchés fluviaux ; aussi, dans les régions de deltas comme dans les régions d'estuaires, ’œcoumène maritime, au lieu d’être fixé sans variation aucune, emprunte au sol lui-même