EXTENSION DE L'OŒCOUMÈNE PAR LES PÊCHERIES DU LARGE
32. Causes de l’extension des pècheries. — 33. La grande pèche et les campagnes lointaines. — 34. L'économie destructive sur les côtes (Raubwirtschaft) : Va pèche hauturière et le chalutage à vapeur. — 35. Un grand centre de pêche : le Humber, Hull et Grimsby. — 36. Chasse aux baleines et aux phoques. — 37. Instabilité des terrains de chasse.
32. Causes de l'extension des pêcheries. — De mème que; sur les continents, l'exploitation du sol donne aux groupés humains un cadre déterminé et fixe géo graphiquement leur premier œcoumène, sur lequel la complexité sociale croissante, qui résulte de la civilisation et des relations commerciales, vient ensuite broder un tissu nouveau de répartition, plus mobile et plus varié que le premier, de mème la fixation de l'æcoumène maritime commence par celle des pêcheries côtières et des centres du commerce littoral, de cap en cap, de baïe en baie. Mais à ce cadre primitif ne tarde pas à se superposer une série de cadres nouveaux, qui n'ont pas un caractère aussi stable et aussi permanent que le premier, et dont la facilité de déplacement, sur la carte du globe. est en raison directe des besoins croissants de la civilisation et de l’activité dela vie sociale. Nous verrons, dans la IIl° partie, comment, du développement du réseau de routes cormerciales du globe, résulte le développement de l’œcoumène
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maritime. Pour l'exploitation de la mer, bien que son extension ne puisse déterminer des déplacements d'hommes aussi importants, elle n as pas non plus à cette loi “de « mobilité dans le sens de l'agrandissement », qui est la loi générale de l’œcoumène sur toute la partie habitable de la planète. L'extension des pêcheries dépend “d'abord de l'extension des connaissances humaines sur la ‘surface océanique. Bien que les pêcheries côtières fussent les plus faciles à pratiquer, les hommes n'ont pas tardé à s'apercevoir qu'elles n'étaient pas nécessairement les plus productives. Dans les zones tempérées et subpolaires, surtout dans celles de l'hémisphère Nord où les mers se mêlent étroitement aux étendues continentales, des conditions physiques comme la descente de courants froids sous des latitudes relativement chaudes (courant du Labrador à Terre-Neuve', ou au contraire la remontée de courants chauds jusqu'à des latitudes élevées (a f Stream en Islande et en Norvège), accompagnées de la présence de fonds relativement faibles, ont déterminé, sur de vastes espaces du large, la formation de milieux favorables, par leur équilibre de température et par la richesse en plankton “de leurs eaux, au développement en quantités innombrables “d'espèces comestibles telles que le hareng et la morue. C'est au large également, ou sur des îles lointaines, qu'il “a fallu chasser les animaux marins de grande taille, cétacés et phoques, dont l’industrie utilise la graisse et l'huile. Ensuite est venu, sur les côtes des pays de grande civilisation, l'épuisement graduel des fonds côtiers, résultat d'une cueillette imprévoyante et intensive ; les procédés industriels pour remédier à cet épuisement, soit par l’éleage artificiel des animaux marins, soit par leur multiplication dans les établissements de pisciculture, ne suf-
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fisent pas à compenser la raréfaction qui résulte d'u e consommation sans cesse accrue et d’une destructi on aveugle ; aussi le champ de l'exploitation, dans les mers qui baignent les pays très civilisés et très peuplés, se déplace peu à peu vers le large. Sauf pour la chasse aux grands animaux qui se fait sur tous les endroits favorables" an toutes les mers du globe, l'extension de F æcoumène maritime vers le large, par les pêcheries, n’aflecte guère jusqu'ici que les mers de l'Atlantique Nord, parce que. ces mers sont situées entre les deux plus grands foyers de« civilisation industrielle qui existent sur la terre; maïs x} est à prévoir que toutes les mers des zones tempérées et. même subpolaires des hémisphères nord et sud subiront plus tard la même extension.
33. La grande pêche et les campagnes lointaines. — Au point de vue social, la grande pèche diffère de la pêche” côtière par la transplantation temporaire et forcée des’ hommes qui s'y appliquent. Elle marque donc une étape fort importante dans le déracinement. Le marim breton qui pêche des homards au large de son petit port, sans perdre la terre de vue, et celui qui s'expatrie pendant si
mois pour pêcher la morue sur les côtes d'Islande ou au large de Terre Neuve, sont deux hommes très différents. Le premier, pourrait- on dire, ne fait que glaner les produits maritimes à sa portée ; le second se Fa déjà à une exploitation presque rationnelle, puisqu'il transporte son activité dans des régions marines déterminées dont la richesse a été reconnue par expérience. Le premier Mi pour lui et par lui seul, car ses courts séjours en mer ne. nécessitent ni la discipline maritime, mi la hiérarchie du bord ; le second fait partie pendant plusieurs mois d’un un
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elit groupe où les liens d'une subordination étroite sont out à fait nécessaires. Le premier ne fait subir aucune ransformation au produit de sa pêche : ce produit conquis. il se hâte de ie vendre ; le second, au contraire, est bligé, par son éloignement même, de pratiquer quelques industries sommaires pourconserver ses produits jusqu'au jour et au lieu où il trouvera le débouché. Le pêcheur * côtier peut être souvent un ferrien aussi bien qu'un homme de mer, et, dans la pratique, mème sur des côtes peuplées de marins comme celles de Bretagne, une grande partie des pêcheurs cultive autant le sol que les eaux côtières : au contraire, le marin de la grande pèche doitse consacrer presque exclusivement à la mer, et il a besoin, à un degré assez élevé déjà, d'expérience maritime et de science nau- - tique. Les résultats sociaux de la grande pêche sont donc - partout les mêmes et se produisent inévitablement. Qu'il s'agisse des pêcheurs bretons de Paimpol et de Saint - Malo, des pêcheurs normands de Granville, de Fécamp et - de Boulogne, des pêcheurs flamands de Dunkerque, des . pêcheurs anglais qui vont aux Far-Oër et en Islande, des … pêcheurs norvégiens et danois qui courent les mers du - Finmark au Groënland, des Américains et des Canadiens * qui vont aux bancs de Terre Neuve, ou des Japonais qui travaillent à supplanter les Russes, les Kamtchadales et * les Américains depuis Sakhaline jusqu'aux Aléoutiennes, la naissance et le développement de la grande pêche déter- - minent la formation de l’homme de mer véritable, qui - passe de longs mois entre le ciel et l'eau, sur les bancs de pêche devenus pour lui un véritable æœcoumène. Son existence en partie double comprend un habitat de repos et un habitat de travail, éloignés parfois l’un de l'autre de plusieurs milliers de kilomètres.
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Rien ne donne une meilleure idée de l'adaptation ma time d’un groupe social que la grande pêche sur les bancs! de Terre-Neuve. Ces bancs si abondants en morues s'étendent au S. et au S. E. de la grande île ; ils forment un cadre bien déterminé dans l'œcoumène maritime: ls ont leurs caractères physiques spéciaux, et par suite des“ dangers qui leur sont propres ; ils nécessitent done une adaptation particulière, que des générations de pêcheurs. européens ont acquise el transmise à leur lointaine com- | munauté d’origine, depuis le commencement du xvr° siècle où le Portugais Cortereal a découvert les bancs et reconnu leur Eobee C'est une zone de brumes et de glaces flot-« tantes : deux ennemis auxquels s'ajoutent, Re hui, les paquebots transatlantiques à grande vitesse, dont la route: directe, de Queenstown et du Lizard à New-York, coupe la. région des pêcheries. Il en résulte pour le pêcheur dem morues une existence de hasards et de périls maritimes, mais de hasards et de périls bien définis qui l’emportent, « dans ses préoccupations, sur les chances ordinaires de la vie maritime. Ainsi, comme les brumes épaisses de Terre Neuve sont toujours accompagnées de calmes plats, les mers démontées et les violentes tempêtes sont moins à. craindre pour le pêcheur de Terre Neuve que pour 3 l'Islandais, par exemple. Aussi le pêcheur terre-neuvien M quitte son bord et s’en va capturer la morue, avec un seul. compagnon, sur une pirogue légère, la doris, tandis que M l'Islandais reste sur sa goélette toujours balancée par le « roulis, et de là tend sur la mer ses longues lignes appâtées de nombreux hameçons.
Cette adaptation locale dans les régions de grande” pêche, ainsi que la nécessité d’une expérience maritime déjà fort développée, montrent comment l'extension de
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l'æcoumène par la grande pèche façonne les groupes sociaux et les rend plus propres à la vie de la mer que n’importe quel groupe de pêcheurs côtiers. On constate ici, dans une proportion moindre, ce qui se révèle d’une manière bien autrement étendue et profonde dans l'étude de l'extension de l'æcoumène commercial par la navigation au large ; l'homme, que sa structure physique et ses instincts primitifs prédisposent seulement, comme le dit
. Ratzel, à la vie « terrienne », s'adapte progressivement
aux conditions spéciales d'existence nécessitées par la mer, et ajoute ainsi à l'espace habitable de sa planète cet espace maritime primitivement hostile. Toutefois, l'extension de l'æcoumène que détermine la grande pèche proprement dite des espèces comestibles, comme celle qui se pratique en Islande et à Terre-Neuve, ne peut dépasser des limites assez étroites. Car cette pèche ne sort pas, ellé non plus, de la phase de la cueillette. Elle profite d’une somme d'expériences et d'observations acquises une fois pour toutes ; mais elle ne songe guère à les étendre. Ses procédés, son outillage, ses mœurs, ses époques et ses lieux d'exploitation sont encore aujourd'hui, à très peu près, ce qu'ils étaient il y a trois siècles. Les goélettes qui sortent chaque printemps des ports de Dunkerque, de Paimpol et de Saint-Malo continuent sans rien innover, à toute saison de pêche, le procédé machinal de capture de la saison précédente. Dans ce petit cadre de bois de la goélette, toujours pareil à lui même, le petit groupe de quinze à vingt pêcheurs. uni par une forte discipline, n'évolue guère plus, dans ses idées et dans ses formes sociales, que les pêcheurs du littoral fixés à leurs rochers ou à leurs grèves. Aussi, l'extrème mobilité sociale, la fusion constante des races et la tendance au nivellement qui caractérisent, La Mer.
vapeur. — Îln'en est pas de même pour les conséquences.
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comme nous le verrons plus loin, lextension commerciale de l'œcoumène maritime (IE partie), n'existent à aucun è degré dans l'extension de l'œcoumèëne maritime par la 4 AT pèche. En dernière analyse, les pêcheurs de bareng | et de morue, malgré leurs campagnes lointaines, ne Sont « pas des déracinés ; ce sont des transplantés provisoiresset. 4 temporaires, quoique héréditaires ; leur existence marque une extension réelle de l'œcoumène, mais cette extension, acquise une fois pour toutes. n’appelle aucune autre ex= | tension ultérieureet n’amène ni soudure, ni mélange entre les différents groupes humains. AS
34. L'économie destructive sur les côtes (Raubwirtschaît); la pêche hauturière et le chalutage à:
de l'épuisement graduel des fonds côtiers, qui constitueces que les Mlemands appellent l’économie déstructive (Raub-, wirischaft), appliquée à l'exploitation de la mer. Ces conséquences, dont les unes se développent déjà sous nos ; yeux, tandis que les autres se laissent, seulement soupconner, sont très étendues et très profondes : elles méritent: une analyse détaillée. car c’est par elles que l'exploitation M de la mer tient ure si grande place, aujourd'hui, damst le: bilan économique et même social des populations: indus trielles à vie suractive ; par elles l'Océan devient réelle= 4 ment nécessaire à la nourriture des hommes jusqu'aufond des provinces les plus continentales et les plus reculées, au lieu de se borner, comme autrefois, à nourrir en partie les habitants des zones littorales*.
1 Il s'agit ici des produits non salés ei non conservés. Les produits salés et conservés entrent depuis très longtemps dans l'alimentation du continent [harengs et morues au moyen âge, p. ex.). 4
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Ilest hors de doute que la capture et la destruction im- -prévoyantes qui constituent l’économie destructive ne se sont . pas exercées seulement aux dépens des espèces maritimes - et continentales polaires, comme le phoque, l'ours blanc, … Je renard bleu, qui sont aujourd'hui réfugiés ou parqués … dans les terres lointaines, sur les limites de la banquise. … L'économie destructive atteint, sur les côtes des pays civilisés et surpeuplés, toutes les espèces marines comestibles, … malgré leur extrème fécondité, à l'exception de quelques unes, comme les harengs et les thons, que leurs migra tions saisonmières, dont les lois nous échappent encore, mettent à l'abri de la destruction rapide. Toutes les espèces de poissons côtiers qui vivent entre les roches et les gra- = viers des petits fonds, tous les crustacés nageant ou rampant à peu de distance de terre, et les mollusques fixés au rocher ressentent les effets des pêches intensives. Non seulement ces animaux vivent en troupes innombrables très près des côtes; mais il semble probable que les forêts … d'algues marines qui tapissent les petits fonds sont les - gites de leur reproduction, ou tout au moins la demeure naturelle des larves et des alevins aux premiers stades de leur … développement. Larves et alevins sont donc plus exposés … que les adultes eux-mêmes aux massacres en masse que - les pêcheurs opèrent avec leurs sennes ou avec leurs filets - de dérive. Et, pour satisfaire aux besoins d'une consom- … mation sans cesse accrue et toujours plus exigeante à mesure qu'augmente la densité des populations civilisées, les … pêcheurs, déjà trop portés à la cueillette aveugle, sans - souci du lendemain, accentuent leurs ravages. À peine - Pexploitation intensive el irréfléchie du plateau continen- : tal européen date d’une cinquantaine d'années, et déjà la + pêche côtière est gravement menacée dans quelques unes
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de ses ressources les plus abondantes. Les crises périodiques de la pêche de la sardine sont bien connues; des mollusques comme les huîtres auraïent aujourd'hui totale-
ment disparu sans le secours de l’ostréiculture ; et l'an-
cienne abondance de la pèche du poisson frais, modèle achevé de la cueillette irréfléchie, fait place à une diminution graduelle des produits.
Une page remarquable de Coste donne une idée de la manière dont se fait le dépeuplement de la zone côtière et du plateau continental :
« On voit vers des époques fixes, dit Coste, aux em— bouchures des canaux [de Comacchio|, s'élever à la surface des myriades de très petits poissons diaphanes qui s’avancent par masses plus ou moins compactes, et qui suffiraient au repeuplement de toutes les eaux de la terre si des lois protectrices les préservaient des causes de destruction, ou en ordonnaient le transport dans des réserves où ils pussent, comme à Comacchio, se convertir en abondantes récoltes de chair alimentaire. Mais telle est l'imprévoyance des sociétés, qu'elles ne semblent même pas se douter de l’étendue des ravages que leur incurie laisse s’'accomplir. Aussi, dans certaines contrées, les populations riveraines, confiantes dans leur impunité, accourentelles aux lieux où ces apparitions se manifestent, armées de longues perches au bout desquelles sont emmanchés des tamis, pour se livrer à ce plaisir de destruction. Elles plongent ces tamis dans l’eau jusqu’au tiers de leur diamètre, et après les avoir promenés quelques instants afin d'écumer tout ce qui surnage, elles les retirent chargées d'une matière vivante qu'on verse dans des barriques où on l’entasse. Cette matière vivante, quand on l’examine de près, se montre exclusivement formée, tantôt par des ani-
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malcules filiformes, qui ne sont autre chose que des jeunes anguilles nouvellement écloses, quittant le lieu de leur naissance pour se disperser dans les ruisseaux et dans Îles lacs qui communiquent avec les fleuves dont elles remontent le cours ; tantôt par des soles, des plies, des muges, des loups, des dorades, etc., dont on détruit des générations entières. »!.
Il est difficile de mesurer exactement l'importance relative de cette destruction. Toutefois, on l'a essayé sur quelques points des côtes d'Europe. En particulier, les dosages précis et patients faits dans le golfe du Forth par le bateau le Garland, de 1889 à 1895, sous l'impulsion du Fishery Board écossais, ont montré que les fonds si exploités des côtes d’Ecosse ont subi un appauvrissement réel.
La nécessité, de plus en plus impérieuse, de produire beaucoup, et la raréfaction des poissons sur la zone côtière obligent les pêcheurs à reporter vers le large leur champ habituel d'exploitation. Mais leur vie sociale, leur outillage, leurs habitudes économiques se transforment à mesure qu'ils s'éloignent de l’étroite tranche littorale où leur existence s'était déroulée jusqu'alors. Leur œcoumène restreint et rigide se modifie ; il devient très étendu et plus mobile : peu à peu, la petite pêche côtière fait place à la pèche hauturière.
Par les instruments dont elle se sert, la pèche hauturière montre nettement qu’elle est une forme nouvelle de la vié maritime. Ces instruments sont le bateau de fort tonnage el le chalut.
La frèle barque du pêcheur côtier, déjà si peu armée
! Coste, p. 196.
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contre les mauvais temps et contre les dangers de la côte, ne peut servir à rien au large ; de mème, le petit groupe associé de deux, trois ou quatre hommes, sans subordination bien marquée, qui pêchait dans cette barque; fait place au groupe plus nombreux et mieux hiérarchisé que nécessite la manœuvre d'un bateau plus lourd et plus grand. Par exemple, dans l'Atlantique, les dundees de Groix, qui font la pêche du thon, sont de grands bateaux d'environ 35 tonneaux. Il en est de même des cotres de la Manche, qui pèchent entre les côtes de France et d'Angleterre'. Tous ces bateaux emploient la voile comme moyen de propulsion ; quelques uns ont maintenant.des moteurs auxiliaires à pétrole pour la manœuvre des lourds instruments de pèche, cordes de fond et chalut ; maïs, dans les zones de production très active, comme les bancs de la mer du Nord. ils s’effacent de plus en plus devant le grand bateau de pèche, qui réunit à la puissance des instruments celle de l'agent de propulsion : c'est le chalutier à vapeur de 100 à 200 tonneaux, dont il existe, à l'heure présente, une flotte d'environ 1500 employés à la pêche dans la mer du Nord.
Les appareils dont se sert la pêche hauturière dérivent | de la nécessité où l’on s'est trouvé de pêcher en eaux plus agitées, à mesure que l'on s'est éloigné des petits fondsde la zone littorale. Le type essentiel de ces appareils est de grand filet de dragage que l'on appelle le chalut ; les bätiments de pêche trainent lentement derrière eux cette sorte de vaste poche immergée, qu'ils promènent aù fond de la mer ou parfois, comme cela arrive dans la Méditerranée, entre deux eaux. La manœuvre de cet outil de
1 D’après Rocné, 2.