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d'îles fabuleuses, « entrevues dans les brumes du soir »> ces apparitions, quoiqu'elles ne fussent jamais confirmées, avaient pour résultat, dans l'esprit des hommes de science comme dans celui des marins, une sorte de rapetissement de l'Océan occidental.
On ne peut donc être surpris des idées exprimées par Roger Bacon, en 1267, et par Pierre d’Aully, em 14m0 Ce dernier, dans le chapitre vur du traité de Imagine Mundi, qui a sûrement imspiré et guidé Colomb, traiterde … l'étendue de F'œcoumène : De quantitate terrae habitabilis);t il croit, d'après le livre apocryphe d'Esdras, que cette étendue s'élève aux de la planète, et que la mer ne recouvre, par conséquent, que la septième partie du globe. Même après la traversée de l’Altlantique, ces idées subsistaient, de même que les îles légendaires se perpé=
tuërent jusqu à la mappemonde d'Ortelius. « Je vous le.
répète, écrivait Colomb aux rois Catholiques, le 5 juil= » let 1503, le monde n’est pas si grand que le vulgaire l'imagine :.. d'ailleurs, six parties de la surface du globe sont à sec, la septième seulement est couverte d'eau. »° Ainsi l'esprit hunian, croyant à la petitesse des mers età un développement extrême de l'insularité, n'avait pu acquérir une notion netle des vides maritimes qui existaient dans l'œcoumène, et dontil avait pourtant une crainte insünctve. Rienne montre mieux qu'il n'y avait aucune relation océanique entre les sociétés qui existaient à la surface des continents : chacun des grands groupes continentaux, Eurasie et Amérique, vivait d'une vie autonome, et si des relations ont existé entre eux avant le xv° siècle, elles se
tHuusoror, t. [.. p. 83.
- sont établies, soit par les voies continentales, soit par les détroits et par les mers resserrées.
ho. Le vide atlantique et le problème normand. —
… L'Atlantique a été longtemps un grand vide, dont le comblement à marqué une étape décisive dans l'adaptation maritime des peuples de l'Europe occidentale. Cet Océan, qui à joué pendant des siècles un rôle d'écran impénétrable, ne présente pas cependant, à première vue, d'insurmontables difficultés au point de vue de l'espace. Au lieu d'être aussi étendu dans le sens de la latitude que dans celui du méridien, comme le Pacifique, l'Atlantique forme une longue vallée marine qui va de la région polaire arctique à l'océan austral, et qui, sur quelques points, se trouve assez resserrée, par exemple au nord, entre les iles Britanniques et Terre-Neuve, et surtout sur l'équateur, entre la côte africaine (cap des Palmes), et la côte brésilienne (cap Saint-Roch). Les courants atmosphériques réguliers ou variables, comme les alizés et les vents d'ouest, et les courants marins des hémisphères N. et S., avec leur va-et-vient des côtes d'Amérique à celles d'Europe et d'Afrique, jettent des ponts naturels entre les deux conti-
“ nents. Mais ni les étranglements entre les masses conti- ? nentales, ni les facilités de circulation offertes par la mer 5, elle-même n'ont suffi à assurer, avant le xv° siècle, des … communications régulières d'un bord de l'Océan à l'autre. “ Même si l'absence de toute preuve historique véritable et … Pabondance des légendes merveilleuses et inexactes ne « démontraient pas que les races humaines n’ont jamais | traversé l'Atlantique avant Colomb, la solitude profonde que trouvèrent les premiers explorateurs dans les îles océaniques, vierges jusqu à eux de tout pas humain, malgré
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