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les commodités qu'elles offrent à la vie, prouverait à elle seule que si ces îles, comme l’a montré Wallace, sont le plus souvent autonomes au point de vue biologique et possèdent une flore et une faune particulières. leur auto— nomie comportait encore l'absence de l'homme. Les archipels situés à proximité des continents étaient les seuls habités : par exemple, les Lucayes et les Antilles à l’arrivée de Colomb, les Canaries lors du débarquement de Jean-de Béthencourt; mais 1l n'y avait personne dans les îles océaniques lointaines, qui n'avaient jamais servi d'étapes à d'anciens déplacements de peuples. Les Açores étaient inhabitées quand les Portugais les découvrirent en 1425; de même les Bermudes, à l’arrivée des Espagnols en 1510; de même l’Ascension, Sainte-Hélène et Tristan da Cunha; de sorte que sur toute la zone centrale de l'Atlantique, depuis les glaces flottantes qui dérivent du pôle nord jusqu'à celles qui remontent des mers antarctiques, le vide a été complet jusqu'au voyage de Colomb".
Cependant, une communication s’est établie par le nord, au moyen àge, entre les terres d'Europe et celles d'Amérique. Cette communication n'a eu aucune valeur au point de vue ethnique et social, puisque rien n'en est sort : aucune voie de circulation permanente n'a relié les deux continents à travers l'espace atlantique, aucune fusion de races ne s’est élaborée, aucun peuple américain ne s’est greffé sur les peuples d'Europe, et réciproquement. Toutefois, comme l'établissement de la voie éphémère dont nous parlons a été la conséquence immédiate des lois naturelles et de la configuration des côtes, nous devons en dire quelques mots. C'est la voie d'expansion qui a
Hecwmocr, t. VIII (Atlantischer Ozean), p. 583-610.
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conduit, au x° siècle, les Vikings du Danemark et de Norvège vers les côtes du Groënland et du Labrador.
Ilest facile de constater, à l'examen de la carte, que pour arriver sur les côtes d'Amérique cinq siècles avant Colomb, les Vikings, habitués aux longues randonnées … qui les ont menés des rivages de Norvège à ceux d'Italie, “ n'ont pas eu besoin d’une audace particulière. Ils ont * trouvé comme les piles d'un pont naturel d'Europe en … Amérique dans les Shetland, les Faroër, l'Islande et le
Groënland, car entre chacune de ces terres il n’y a Jamais
plus de 500 milles marins, au lieu des 3000 milles hors de
toute vue de la terre qui séparent les pays tempérés de l'Europe et de l'Amérique septentrionale. Dès qu'ils furent arrivés en Islande, en 874 de notre ère, ils étaient en mesure d'atteindre les terres américaines, où ils parvinrent un siècle plus tard avec Eric le Rouge; ils prirent terre sur le Groënland, puis, au-delà du détroit de Davis, sur le Labrador et au sud de l'embouchure du Saint Laurent (Mark:land et Vinland). H est impossible de savoir au juste quelles furent les terres occupées par eux; on ne connait pas non plus leurs rapports avec les peuples américains, puisque la colonisation norvégienne n'a laissé aucune trace : les effets des entreprises d'Eric le Rouge et de ses successeurs demeurent un problème insoluble. Ce qui est certain, c'est que la communication établie au x° siècle fut rompue au xiv° ; il est certain aussi que la voie nouvelle ouverte par les Vikings à l'expansion transocéanique de l'Europe ne fut suivie par personne. L'espace atlantique que les Vikings avaient tourné, mais non franchi, au moyen des passes resserrées du Nord, opposa jusqu'à
Colomb un obstacle insurmontable aux mouvements géné-
raux de la circulation humaine. Il convient de remarquer