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du 50° de lat. N. des peuples qui habitaient d'heureux climats, et dont les navigations, comme leur boussole, étaient plutôt dirigées vers le sud‘? » Toutefois, 1l n’est pas sans exemple que, du temps de la navigation à voiles, les hasards de la mer aient jeté sur la côte américaine des marinset des marchands chinois et japonais. « Le 1° janvier 1833, une Jonque de Yeddo, ayant des Japonais à bord, vint s’'échouer près d'Honoloulou, dans les îles Sandwich; l'année suivante, une autre jonque, jetée par un coup de vent sur la côte d'Amérique, a naufragé à l'entrée du détroit de Juan de Fuca, près de la pointe Martinez. D'abord faits prisonniers par les Indiens, les Japonais furent recueillis par les agents de la compagnie d'Hudson, puis envoyés à Londres et de là dans l'Inde ». Mais ces faits sont tout accidentels ; ils aident seulement à com-— prendre comment des relations maritimes ont pu s'établir, à l'extrémité septentrionale du Pacifique, entre les tribus asiatiques et les tribus américaines : ces relations, commencées peut- être à la suite de la dérive des courants ou à la suite de coups de vent semblables à celui qui jeta des Japonais au détroit de Juan de Fuca, ont continué grâce au pont des Aléoutiennes et à la médiocrité de l’espace de la mer de Behring.
Si actives qu'on les suppose, ces relations entre les deux continents n’ont pas dépassé une zone assez restreinte. De mème quau N.E. de l'Amérique, les Normands du Labrador ne sont pas entrés en contact avec la masse des peuples américains, de même les courants migrateurs du \.E. de l'Asie à l'Amérique n’ont pas atteint, semble-t-il, les civilisations américaines étagées sur les plateaux qui
Huwsouor, 1, t. IL, p- 65.
*Durcor pe Morras, t. Il, p. 329-330.
RELATIONS ENTRE LES CONTINENTS ir
dominaient les côtes du Pacifique. On n'entrevoit aucune relation historique possible entre les Indiens de l'archipel de la Reime-Charlotte et les Aztèques du plateau de l'Anahuac. Par terre, ces relations étaient impossibles, car des forêts Ma nénétrables et des déserts séparaient le Mexique de la Colombie britannique. Par mer, des relations côtières seraient plus vraisemblables, car le courant de Californie porte des latitudes subpolaires vers les latitudes tropicales. Mais, comme nous le verrons plus tard, les migrations côtières Jalonnent d'habitude leurs routes de place en place, sur la côte, par des établissements dont quelques vestiges auraient sans nul doute subsisté. Tout au moins, le passage d’un courant humain important eût-il Yalu quelques lueurs de civilisation à l’ancienne Californie. Or, tous les explorateurs de cette côte, de Drake à Vancouver et à Marchand, en parlent comme d'un pays entièrement livré à la sauvagerie primitive.
Ainsi, quoique les relations entre le N. E. de l'Asie et le N. W. de l'Amérique aient été plus durables que les navigations normandes de la Norvège au Vinland, elles n Lo pas beaucoup plus enr ni pour le peuplement américain, ni pour la fusion des sociétés américaines et asiatiques, ni pour la suppression du vide pacifique par les courants de migration spontanée. [nous faut chercher maintenant plus au S., dans les zones tropicales, si la liaison qui ne s’est pas établie dans l’immense bassin du nord à pu se faire au moyen des archipels coralliens et érupüls de la région centrale.
Ces archipels, comme nous aurons l'occasion de le montrer (chap. vu), ont été traversés par des courants migrateurs dont les principaux ont été orientés, selon À. Bernard, de l’ouest à l’est, et qui ont abouti à un peu-