‹ Géographie sociale. La mer, populations maritimes, migrations, pêches, commerce, domination de la merChapitre 25 sur 77 · TOME NE OR A LES La EE ve Ke CLARUREE À NT + = L » ? à 4€ F · texte numérisé non relu

TOME NE OR A LES La EE ve Ke CLARUREE À NT + = L » ? à 4€ F

plement presque uniforme des îles malayo—polynésiennes,« des Hawaï à la Nouvelle Zélande et des Carolines à Pile de Pâques. Mais les archipels situés à l'extrême «est, les Hawaï, les Marquises, les Pomotou, sont encore séparés des terres américaines par des espaces à peu près égaux à la largeur moyenne de l'Atlantique, «et les îles situées près des côtes d'Amérique, fort rares du reste, échappent aux lois du peuplement malayo-polynésien ; car, comme des iles atlantiques, les deux groupes des Galapagos et de Juan Fernandez étaient déserts quand les Espagnols y abor= dèrent. ;

À en croire certaines légendes, les civilisations de plateau qui se développèrent au Mexique et au Pérou auraient eu de lointaines relations avec la mer. « La tradition de l’ancien Mexique attribue l'introduction d'une civilisation supérieure à un grand prophète (Quetzalcoatl), qui vint en bateau aborder à la côte de Panuco. Il fut prêtre, législateuret roi dans le royaume des Toltèques. I abolit les sacrifices humains, enseigna l'astronomie, régla les fètes annuelles, etc. Après avoir longtemps séjourné dans le royaumes cle Toltèques, il revint à son bateau entourée serpents et quitta le pays sans laisser de traces! ». Au Pérou, les Quichua auraient connu les Galapagos : une légende péruvienne attribue à Toupac-Inca-Yupangui la découverte de l’île du Large et de l’île du Feu ?.

Mais ces récits dépourvus de tout fondement authentique ne sauraient prévaloir contre les contrastes si frappants qui existent, au point de vue maritime, entre les côtes américammes du Pacifique et les archipels polynésiens. \

! GuMpLowIcz, p. 276, n° 2.

*Recuus, 1, t. XVIIL, p, 465.

Non seulement les civilisations du Mexique et du Pérou avaient un caractère essentiellement continental qui n'aurait pas mançqué de: se modifier sous les influences d’outre mer, “mais l'état de grossièreté primitive où sont demeurés, sur les côtes de l ue art nautique et les constructions navales. s'opposetrès vivement à l'habileté de constructeurs -etde marins acquise par les Malay o-Polynésiens, dans leurs traversées, d'archipel en archipel. On ne comprend pas * comment les marins de la partie centrale et occidentale du Pacifique n'auraient pas transporté sur les côtes de | Amé- «rique tropicale leur habileté et leur savoir, s'ils étaient || same à attendre ces terres. Au lieu des embarcations [à grossières du Pérou et de l'Ecuador; balsas et janqadas, * simples radeaux avec une voile, à peine capables de gou- * veuner, on aurait comnu les pirogues simples et doubles et la manœuyre du balancier sur les côtes d'Amérique, comme * en Malaisie eten Poly nésie. Comme rien de pareil n'existe, il est probable qu'aucune communication ancienne n’a relié l'Amérique et les archipels tropicaux du Pacifique. Toute la partie orientale du Pacifique, du N. au S., se L - présente donc x nous comme un ancien vide dans l’œæcou- - mène, dont les analogies avec l'Atlantique sont singulières. Comme l’ Mbaique c'estun long bassin maritime étendu du N. au S., dans le sens de la Ltétdie : comme l’Atlanlique, cet espace océanique a été anciennement tourné par le N., sans grand résultat au point de vue de la transformalion et de la fusion des communautés humaines : comme le vide atlantique, le vide pacifique n’a été réduit où supprimé que depuis que l'homme d'Occident a fait la conquête maritime de la planète.

: L2>. Le vide austral.— Aux vides atlantique et-paci-

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fique s'en ajoute un troisième, dont l'importance est moins grande au point de vue des communications permanentes « établies entre les groupes humains, mais qui a joué cepen- « - dant son rôle dans la distribution des hommes sur la surface planétaire habitable. C'est le vide austral, créé par la jonction, auS. des 35°, 44° et 56° degrés de latitude, des espaces maritimes de l’ Océan Indien, 46 Pacifique et de l'Atlantique, qui se prolongent sans aucune terre considérable jusqu'à la limite des glaces. Les trois continents d'Amérique, d'Afrique et d’Australie- Tasmanie se terminent en pointes plus ou moins émoussées qui font face, au cap Horn, au cap de Bonne Espérance et au cap Sud de Tasmanie. à cet Océan indéterminé qui réalise, aujourd'hui encore, le vide le plus absolu dans l'œcoumène, puisqu'au S. des routes des navires et des terrains de chasse des baleiniers on n'y trouve plus rien, même en mer libre. Les quelques îles océaniques qui émergent de loin en loin dans cet immense espace sont encore inhabitées ou l'ont été jusqu'à la prise de possession européenne ; ni les unes ni les autres n’ont eu leurs peuplades primitives Naturvülker). Tel a été le cas des Malouines, de Diego Alvarez, des îles Marion et Crozet, de Kerguelen et de Heard, des îles Auckland, Campbell et Macquarie, et même des Mascareignes, malgré la position de ces iles sous des latitudes déjà tropicales et au voisinage de Madagascar.

La puissance d'isolement de l'Océan austral a changé : en impasses, avant l'établissement de la circulation océanique générale des hommes et des choses, toutes les pointes méridionales des continents. Les routes des migrations spontanées et du commerce primitif se détournaient « de ces extrémités du monde, qui servaient, comme les

presqu'iles écartées et peu accessibles dont nous avons parlé plus haut ($ 27). de refuge aux races faibles et vaincues, que leur misère physique ou intellectuelle ou leur manque de cohésion sociale condamnaient à recourir à cet asile. L'infériorité si remarquable des Fuégiens de l'Amérique du Sud, des Hottentots et des Boschimans de l'Afrique australe, et la rapide extermination des Tasmaniens (quoique cette dernière race fût très supérieure aux précédentes et eût émigré par mer, au lieu d’être refoulée par terre), montrent bien l’action déprimante de l'immense vide austral sur les parties de l’œcoumène qui l'avoisinaient de près. La présence du vide et des impasses terrestres déterminait une sorte de sélection à rebours dans le peuplement de l'æcoumène austral, où s’entassaient les résidus les moins assimilables des fusions, des mélanges, des migrations et des guerres qui se déroulaient sur les continents.

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