‹ Géographie sociale. La mer, populations maritimes, migrations, pêches, commerce, domination de la merChapitre 26 sur 77 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

MÉLANGE DES PEUPLES DANS LES MERS EN BORDURE ET DANS LES BASSINS FERMÉS, *

43. Les Méditerranées et leurs caractères généraux. — 44. Pipes 4 ment par les côtes dans la Méditerranée d'Europe et dans lInsu- he 4 linde. — /5. Fragilité politique du peuplement côtier. — 46. Ré sultats des combinaisons ethniques : peuples et langues composités: — 473. Les mers en bordure : mers du Nord de l'Europe. ==" 48. Mers de l'Inde. — 49. Le mélange des peuples et la concentration urbaine.

43. Les Méditerranées et leurs caractères généraux. — Pendant que les grands Océans, développés dans le sens de la latitude, ont empêché pendant longtemps toute fusion et même toute communication entre les principaux groupes humains, les Méditerranées, bassins à demi … fermés, clos par des archipels comme la mer des Antilles ou les mers de l’Insulinde, ou par de grandes presqu'iles comme la Méditerranée d'Europe, et développés les uns et” les autres dans le sens du méridien, sous des climats chauds ou tièdes qui favorisaient une extension rapide de l'œcoumène, sont devenues les centres de rencontre des peuples, et, par suite, les zones de formation de variétés sociales sans cesse renouvelées. Sans doute, les trois Mé - ‘diterranées n'ont pas la même valeur à ce point de vue. Ce que nous savons de la destinée historique de la Méditer. \ ë ranée d'Europe nous autorise à la présenter comme letype le plus complet du centre géographique où les peuples se

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anez DES PEUPLES DANS LES MERS EN BORDURE, ETC. 193 ès

- rencontrent continuellement, tantôt pour fusionner, tantôt . pour accentuer les oppositions ethniques et sociales qui - existent entre eux. Nous pourrons en dire autant, quoique à un moindre degré. des Méditerranées de l'Insulinde, où les variétés en présence sont au moins aussi nombreuses que dans la Méditerranée d'Europe, mais où l’infériorité générale de l'organisation politique, due en partie à un fractionnement insulaire excessif, empêche les oppositions d'être aussi tranchées et les fusions de produire des résultats aussi définis’. Quand à la mer des Antilles, elle est à tous égards inférieure aux deux autres comme centre d’opposition aussi bien que de fusion. Cette infériorité peut provenir, pour une partie, de l'ignorance où nous sommes du passé historique de l'Amérique centrale, jusqu'à une date très récente : mais elle provient aussi de raisons purement géographiques. Le caractère général méditerranéen, qui comporte avant tout une grande richesse, soit en presqu îles, soit en îles, est moins accentué dans la mer des Antilles que dans les deux autres Méditerranées. Comparée à la Méditerranée d'Europe, elle est bien pauvre en presqu iles, et ces presqu iles ont une médiocre étendue et un médiocre développement de rivages : on ne peut mettre en parallèle la Floride et le Yucatan, d’une part, avec l'Espagne, l'Italie, la péninsule des Balkans et l'Asie mineure de l’autre. Comparée aux mers de l’Insulinde, la mer des Antilles comprend relativement peu d'îles. L’are unique des Antilles se développe sur une seule ligne de Cuba à la Trinité, tandis que l'Insulinde est formée par le croisement de deux grands arcs, celui de Sumatra à la Nouvelle

! Au point de vue politique seulement. V. plus loin pour la comparaison des deux mers au point de vue social.

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