‹ Géographie sociale. La mer, populations maritimes, migrations, pêches, commerce, domination de la merChapitre 27 sur 77 · ER PSE EE CREME PET ONE PS · texte numérisé non relu

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184 MIGRATIONS MARITIMES Lx

Guinée, celui de la Nouvelle Guinée aux Philippines, et qu'entre les deux se développe encore le monde insulaire de Bornéo et de Célèébès. Donc, bien que la Méditerranée des Antilles soit comparable aux autres par sa situation générale, les caractères géographiques dont la somme fait une Méditerranée se sont trouvés très affaiblis entre les deux Amériques. tandis qu'ils ont obtenu leur sigmifica— tion et leur développement complets entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique, aussi bien qu'entre l'Asie et l'Australie.

Nous avons déjà noté ($ 29), l'instabilité physique et la variété de structure des espaces méditerranéens. Les mers encaissées et relativement profondes qui ont rempli ces fosses étroites bordent des pays où l'on remarque de suite la complication et la jeunesse du relief, que les secousses terrestres comme les éruptions et les séismes rendent très sensibles. Dans le Maghreb, en Europe et en Asie mineure, les plissements montagneux alpins et leurs lignes filiales enserrent entièrement la Méditerranée dans leurs ramifications, en ne laissant ouverte que la partie $S. et S. E., où le désert africain borde la mer intérieure par une lisière de côtes rectiligne qui fait contraste avec le reste de la Méditerranée. Les îles et les mers de l’Insulinde sont des témoins de la submersion partielle qui a affecté les plissements montagneux de l'Asie, à leur extrémité orientale et sud orientale, développée en éventail vers le Pacifique. Dans l’une comme dans l’autre mer, les lignes de structure, si complexes, ont un développement sous-marin aussi bien que continental. Cela explique le sectionnement des Méditerranées en bassins peu étendus, ainsi que leur richesse en articulations insulaires et péninsulaires. Et ces faits se rattachent par des liens très étroits à la formation sociale des peuples méditerranéens.

Comme les côtes des Méditerranées ont vue, toutes, sur des côtes situées en face, à peu de distance, l'espace maritime, dès les premiers temps de l’évolution historique, a presque cessé d'être un obstacle pour devenir un ruban ou un centre de jonction. Les premières rues et les premiers carrefours fréquentés de la planète ont été ceux de la Méditerranée d'Europe. En particulier, Archipel avec sa multitude d'îles, les Dardanelles et le Bosphore avec l'étranglement extrème du passage maritime, ont favorisé de tout temps le passage des peuples d'Asie en Europe, d'Europe en Asie. Pareillement, les Malais n'ont eu aucune peine, dans l’Insulinde, à passer d’une ile à l’autre. Il y a peu de grands événements qui n’aieñt eu leur répercussion au moins dans une moilié de la Méditerranée d'Europe, et les îles de l'Insulinde, depuis que nous les connaissons, suivent d'une manière plus ou moins rapide une évolution à peu près semblable. Cela montre l'espèce de solidarité politique, signe extérieur de la solidarité sociale, qui ne peut manquer de s'établir entre les riverains d'espaces maritimes aussi resserrés que les Méditerranées, où les activités humaines doivent s'opposer ou s’accorder, et ne peuvent se désintéresser les uns des autres.

Toutefois, si la jonction, et par suite le mélange des peuples, sont favorisés par la constitution physique des Méditerranées, celle-ci ne concourt pas moins à souligner, souvent avec une force extrême, la multiplicité et l'opposition sociale des groupes qui vivent sur les rivages méditerranéens. Ce que nous avons dit plus haut pour l’Insulinde s'est appliqué aussi, à un moindre degré, à la Méditerranée d'Europe : dans l'une comme dans l'autre, les articulations côtières ou insulaires ont préservé souvent l'autonomie des groupes, et par suite les contrastes mo-

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