PRE TS PER RTE CR RS SN LES NES VE $ ST ME OR PUS
raux et sociaux qui existent entre ces groupes, el qui sont accusés avec d'autant plus de vivacité’ que les groupes vivent côte à côte dans un espace restreint. Get espace est hétérogène à cause de la variété structurale des Méditerranées. el 1} est sectionné par la mer : ce sont deux raisons pour que les sociétés méditerranéennes, malgré leurs com= munications nombreuses et malgré des fuel partielles, ne puissent évoluer vers ce ER RE que la circulation économique et les efforts politiques réussissent à opérer dans les grands espaces continentaux, lorsque ceuxsei présentent peu d'obstacles naturels. Fl est instructif de comparer à ce point de vue la plaine russe et la Méditer= ranée d'Europe. On peut entrevoir l'époque où les nom- « breuses diversités éthniques que présente la Russie d'Eu- rope seront ramenées à une diversité bien moindre et même à l'unilé complète, tandis que rien de pareil ne semble possible, dans l'avenir le plus lointain, pour là Méditerranée, où cependant le travail de rapprochement qui résulte de la facilité des communications a commencé depuis bien des siècles déjà.
\insi, les espaces méditerranéens semblent destinés, à la fois, à préparer la fusion des peuples, qui résulte du va-et-vient actif des hommes et des choses, et à accentuer 4 la vivacité de leurs contrastes, qui résulte du sectionnement maritime et insulaire, et de l'hétérogénéité de l'es— » pace. Entre ces deux termes existe une antimomie apparente : ils ne sont pas contradictoires, mais contraires. Les forces de fusion et les forces de contraste peuvent agir simultanément, dans le plan de l'espace, sur deux régions 4 différentes des Méditerranées; elles peuvent aussi agir successivement, dans le plan du temps, sur une même région. Les unes ou les autres l’emportent selon le poids
ajouté dans la balance par les agents historiques ou par les agents géographiques secondaires, qui poussent, tantôt à la fusion, tantôt à l'opposition.
On peut même soutenir avec vraisemblance que les agents géographiques secondaires poussent plutôt à l'opposition qu'à la fusion des peuples.
Par exemple, les côtes de la Méditerranée d'Europe sont remarquables par leurs profils trés déclives. De même que le plateau continental est réduit presque partout à une lisière très étroite, et qu'à peu de distance du rivage on trouve les grandes profondeurs, de même les côtes s'élèvent en terrasses, en gradins et en pentes montagneuses. D'innombrables villes maritimes s’étagent en escaliers au-dessus des côtes méditerranéennes. Tel est le cas d'Alger, de Constantinople, et des petits ports de la Grèce, de la Calabre, de la Sicile, de la Sardaigne, des iles Joniennes et d’une partie de l’Asie Mineure.
Puis, dans la Méditerranée d'Europe comme dans celle de l’Insulinde, les débouchés fluviaux sont rares et peu importants, soit à cause des conditions climatiques qui donnent aux rivières un régime torrentiel, soit à cause des plissements montagneux côtiers et du fractionnement péninsulaire et insulaire, qui empêchent l'extension du
. réseau fluvial. Pour ces raisons, les centres de peuplement
côtier sont très souvent isolés les uns par rapport aux autres, et ils sont très souvent séparés de l’intérieur par de véritables barrières naturelles. Sur les côtes aux profils déclives. les communications ne se font pas par voie de terre d’un port à l’autre ; elles se font par mer seulement ; la ville maritime est donc orientée vers la mer, et rien que vers la mer; elle ne prend pas racine comme centre de peuplement continental, et la difficulté de la pénétration
de AL TRES LT eur y ds CE: z
> mie"
An
NS 0 RC EL CPR D TP ST
M ht nn Ab eue 27 Ci QE, de
pri
vers l'intérieur accentue encore cette séparation entre la ville côtière et les groupes sociaux éloignés de la mer. La médiocrité des fleuves conspire au même résultat, earilest rare, dans l'Insulinde en particulier, qu'ils puissent servir de traits de jonction utiles entre la partie continentale et la partie maritime des mondes méditerranéens.
44. Peuplement parles côtes dans la Méditerranée d'Europe et dans l’Insulinde. — ]l résulte des considérations générales que nous venons d'exposer que le peuplement par les côtes, en particulier dans la Méditerranée d'Europe et dans les mers de l’Insulinde, a pris les allures d'un phénomène spécial, indépendant des mouvements de peuples qui se produisaient dans les masses péninsulaires et même dans les grands espaces insulaires, et capable seulement de modifier la population des petites iles et d'une zone côtière très étroite. Ce mode de migration des hommes a donc constitué surtout des peuples d'archipels, dont on peut comparer l’æcoumène à un tissu très-ondoyant, aux mailles très lâches ; les Grecs dans la Méditerranée, les Malais dans l'Insulinde.
La Méditerranée d'Europe est une étendue-limite Grenzgebiel,, autour de laquelle se sont épanouis les rameaux des peuples de race blanche : Arvens! au N., Sémites à l’'E., Hamites au S. Il semble que la primitive extension côtière s’est faite dans cette mer uniquement par des mouvements orientés de l'E. à l'W., de même que l'extension continentale s’est faite, en Eurasie, dans une direction à peu près identique. C'est en partant de l'E. que les colonies phéniciennes ont entouré les bassins
! Nous prenons ce terme dans son sens vulgaire, en faisant toutes réserves sur sa valeur scientifique, qui semble à peu près nulle.
LS
méditerranéens, en Europe et en Afrique, d’une ceinture d'établissements, premiers modèles (à l'exception de Carthage, politique, guerrière et dominatrice), des comptoirs commerciaux dont les membres s’isolaient volontairement et se soustrayaient à la juridiction aussi bien qu'à l'influence du peuple chez lequel ils s'étaient établis, comme le font aujourd'hui les Européens dans les villes chinoises. C’est aussi vers l'W. que les Grecs dirigèrent leur principal effort, puisque leurs colonies littorales n'étaient nulle part aussi nombreuses et aussi rapprochées que dans le S. de l'Italie (Grande-Grèce). Mais le flux et le reflux continuels des mouvements de peuples, autour de la Méditerranée, ont substitué à la simplicité primitive des migrations côtières la complexité de directions variées, grâce auxquelles a pu se faire, sur certains points, la pénétration mutuelle des éléments ethniques. Les Grecs eux-mêmes ont conquis à l’hellénisme tout le bassin oriental de la Méditerranée, des côtes de la Crimée aux embouchures du Nil; l’empire romain a imposé pendant plusieurs siècles, sur toute la lisière méditerranéenne, les formes sociales de la culture gréco-romaine ; les Arabes ont fait suivre la voie côtière à leur expansion vers l'E., vers le S. et vers l'W. de la Méditerranée ; les Vénitiens et les Génois dumoyen âgeont repris la tradition insulaire et côtière des Grecs et des Phéniciens, dont ils ont fait revivre l'ancien esprit commercial et entreprenant dans la mer lonienne, en Crète, dans l’Archipel, sur les côtes byzantines et jusqu'au fond de la mer Noire, à Caffa et à Théodosie ; les Turcs eux-mêmes, peuple du continent, ont pratiqué le peuplement côtier dans l'Afrique du Nord ;
“ des mouvements du même ordre ont amené, dans la
période moderne et contemporaine, les Espagnols, les
a ttd vie les
Français. les Italiens et les Anglais sur les côtes afri- , caines de la Méditerranée. De toutes parts on constate l'extension côtière sous les formes qui lui sont propres, et qui peuvent se résumer eomme suit : l'extension côtière se fait, non par le cheminement le long des côtes, maïs par la traversée maritime vers les côtes situées en face, surtout aux points où les espaces resserrés facilitent le passage (détroit de Gibraltar, détroit de Sicile, Archipel, Dardanelle et Bosphore).
Comme nous le verrons plus loin ($ 45), ces migrations 4 côtières donnent peu de résultats durables ; elles déter-. minent dans lœcoumène une sorte d’agitation en surface qui n'atteint pas la répartition fondamentale des peuples et des races, lentement établie dans la suite des siècles. Les produits de la fusion maritime sont, le plus souvent, superficiels et extérieurs, si l’on peut dire ($ 46). Toutefois, les migrations maritimes déterminent la naissance et « l'expansion des peuples d’archipels, qui sont si bien adaptés à leur œæcoumène particulier, fractionné par la « mer et cohérent grâce aux seules relations maritimes, . qu'aucune migration ultérieure et aucune conquête étrangère ne réussissent à les déposséder sans retour. Les Grecs ont formé, dans la Méditerranée, un groupe insulaire et côtier dont la naissance a été protégée par les articulations et par les îles de l’Archipel. Son extension hors du monde insulaire que forme cette mer n’a pas été durable ; mais. dans l’Archipel, personne n'a pu extirper l'hellénisme ; » c'est lui, au contraire, qui a fini par triompher des Slaves des Arabes, des Francs, des Vénitiens et des Turcs tour à tour établis ee les îles, sur les golfes et sur les pro— ù montoires grecs !
1 Pairiepsox, p. 199-207.
Ca a, À MÉLANGE DES PEUPLES DANS LES MERS EN BORDURE, ETC. IQ
L'extension côtière s’est faite inégalement sur les côtes N.etS. de la Méditerranée. Elle a été rapide et facile surtout sur lx côte N. et sur celle du Maghreb, c’est-à-dire dans tout le domainèdes plissements montagneux alpins ; elle a été lente, pénible et clairsemée entre le golfe de Gabès et le Nil, sur la zone où les sables et les plateaux sahariens viennent jusqu'aux eaux méditerranéennes. Toutefois, 1l n’est aucune partie des côtes de la mer intérieure, même la partie désertique, qui n'ait senti ou qui ne doive sentir les effets du peuplement par les côtes. La Cyrénaïque n'a pas été la moins florissante extension de l'hellénisme, et le peuplement italien se réserve, pour l'avenir, les rivages de la Tripolitaine. Même sur ses côtes africaines, la Méditerranée a été tout entière entraînée dans le mouvement politique et social de l'Eurasie : la mer intérieure n'a rien d'africain, à proprement parler ; l'Afrique ne commence qu'au Sahara. C'est que l'umiformité des conditions climatiques, qui résulte elle-même pour une bonne part de l’espace maritime peu étendu en latitude, a donné à toutes les côtes de la Méditerranée une valeur à peu près identique comme œcoumènes ; nulle part l'extension côtière des hommes n’a été arrêtée par une transformation trop brusque des conditions de la vie. Les Phéniciens de Tyr qui émigraient à Carthage retrouvaient la nature de Syrie dans celle du Maghreb, et les Grecs avaient la vigne et Polivier en Italie et en Sicile comme sur les côtes de lArchipel. Aujourd'hui encore, les Français qui émigrent en Algérie sont surtout des gens du Languedoc et de Provence ; ni les uns ni les autres ne sont trop dépaysés quand ils passent des plaines du Languedoc à celles de la Mitidja et du Chélif, ou des Alpes brûlées de Provence aux pentes de
tr 7: je
ee LA
PME AT 4
l'Atlas. Sur toutes les côtes méditerranéennes existe une nécessité générale, celle de l'irrigation arüficielle, qui établit un lien évident entre des pays comme là Grèce, la Cyrénaïque, les régions de l'Atlas, la Huerta de Valence, le Languedoc et la Crau*.
On ne peut discerner des affinités symétriques aussi nettes dans les mers et sur les côtes de l’Insulinde. Les pays qui vont de l’Indo-Chine à l'Australie sont trop insulaires et trop fractionnés pour qu'on y retrouve les courants de migrations réguliers que la Méditerranée doit à ses grandes péninsules et à son unité climatique et structurale. Pourtant, le peuplement par les côtes a été aussi le fait dominant de la répartition des hommes dans l'Insulinde, où les groupes malais établissent, de Sumatra à Céram et de Mindanao à Timor, une sorte d’uniformité ethnique sur le littoral et parfois dans l’intérieur (Suma-— tra et Java). Soit que les groupements malais soient les dérivés d'anciennes migrations provenues du continent asiatique ou de l’archipel japonais, soit, comme on a tendance à le croire aujourd'hui, qu'ils représentent la fusion, accomplie sur les côtes plus aisément qu'ailleurs, des primitifs habitants de l’Insulinde avec des produits de migrations fragmentaires qui auraient compris des Birmans, des Négritos, des Chinois, des Hindous, des Papous, il est constant que le dessin même de la côte, la vie maritime et les habitudes commerciales ont déterminé sur une multitude de points les modes particuliers de la migration indonésienne. Tout se passe à Bornéo, à Sumatra, à Java, comme si les Malais avaient été apportés par le flot sur les côtes qu'ils occupent. « Dans les pays malais, les rives
1 Prirppsox, p. 208.
des fleuves sont dites droites et gauches, non d'après la marche du voyageur dans le sens du courant, mais au contraire comme s’il remontait de l'aval à l’amont, cequisemble prouver que les colons sont venus de la mer; on a constaté aussi de grandes ressemblances entre les cases ma-
… laises et les barques: en maints endroits les villages ont l'aspect d'une flottille échouée'. » Même chose aux Philippines, où les villages littoraux tirent leurs noms génériques des barques malaises et chinoises, les balangay et les sampans. Les villes côtières et fluviales pleines de constructions flottantes (rakil), où une bonne moitié de la population vit sur l’eau, comme à Bandiermassing, donnent aussi l’idée d’une population dont les routes normales de déplacement sont marines et non terrestres : il semble que ces migrateurs d'autrefois soient toujours prèts à émigrer de nouveau par mer.
Cette extension littorale des Malais, que les Chinois et les Arabes ont imitée, dans une mesure moindre, aux Philippines, à Sumatra, à Ternate et à Tidore, a suivi une multitude de petites voies, comparables aux nervures délicates d’une feuille; cependant les Malais et leurs imitateurs maritimes n’ont pu prendre pied sur tout le riche développement côtier de l’Insulinde. Tandis que la Méditerranée d'Europe ne renferme pas une seule zone côtière qui nait été atteinte par mer, l'archipel indonésien contient beaucoup d'îles, et même des portions de côtes de grandes iles, que les mouvements de migration n'ont jamais touchées. Car l’insalubrité et l'épaisse forêt côtière ont détourné les efforts de la colonisation, sur une fraction considérable des côtes de l'Insulinde, Les côtes équato-
Réopus, 2, + XIV, p.'215.
rale des mers chaudes. L'unité méditerranéenne est faite « d'une habitabilité à peu près égale à elle-même sur toute » l'étendue de la Méditerranée, tandis que la nature indo= nésienne s'oppose souvent à l'extension de l’œcoumène, même pour des peuples aussi adaptés que les Malais à la vie maritime et côtière des zones tropicales. Avec la souplesse et la promptitude d'adaptation qui distinguent « presque partout les peuples de la mer, les Malais ont colonisé, dans les mers de l’insulinde, tout ce qui était M colonisable : ils se sont incrustés dans tous les endroits habitables des côtes indonésiennes, et ils s’y sont établis « assez solidement pour défier toute tentative de refoulement et d'expulsion. : à
Lo. Fragilité politique du peuplement côtier. — Cependant, si le peuplement par les côtes se fait assez M aisément et offre à la fois le cadre et la matière au mélange de peuples qui,sur le continent, continueraïent à vivretsolés, . il est rare que ce peuplement aboutisse à la constitution: « de sociétés politiques durables. En effet, le peuple côtier ne présente jamais la masse compacte de sol occupé et la cohésion sociale qui sont nécessaires pour qu'un établissement politique vive et se perpétue. Le groupement des sociétés sur des îles d’une étendue médiocre, ou sur des“ points séparés de côtes articulées dont les relations s'éta=" blissent naturellement avec l'au-delà de la mer. et non avec les parties éloignées de la côte elle-même, fait du peuple et de la colonie côtière des agrégats morcelés et
M ut cie CRE re mn à