‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 11 sur 229 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

écrasé; ils étaient réputés saints, passaient leur vie sous un arbre , se nourrissaient de végétaux et de lait, et ne prenaient jamais les armes. N*est-ce pas là le portrait d*uu fakir ? et' ne pourrait-on pas croire que la religion chamauique régnait déjà dans ces contrées? A Test, dans une distance inconnue, une tradition reçue parmi les marchands grecs qui se rendaient chez les Argippsi , plaçait une nation dUssedones; ils reparaissent plus tard dans la géographie, conmie faisant partie du grand peuple des Sères , au nord de Tlnde. Il n*est pas invraisemblable que le nom de Tyrcm^ qu*on trouve chez Pline et Pomponius Mela('), doive, dans le texte d'Hérodote, 'être substitué à celui des lyrcm P)* Il aurait alors connu par ouï-dire les Turcs ou anciens Tatars.

• Ces connaissances surprenantes sur des peuples aussi éloignés n'étaient dues qu'au génie du commerce qui , des rives du Borysthène, s'ouvrait une route vers l'Asie centrale, considérée par Hérodote comme l'est de l'Europe. C'est sans doute à d'autres caravanes indiennes qu'Hérodote dut les idées justes et précises qu'il eut sur la mer Caspienne, idées que les géographes suivants rejetèrent ou dénaturèrent pour les adapter aux systèmes reçus.

La mer Caspienne, dit le père de l'his- » toire (») , est une mer par elle-même et n'a » aucune communication avec l'autre; car » toute la mer où naviguent les Grecs, celle » qui est au-delà des Colonnes d'Hercule, » qu'on appelle mer Atlantide, et la mer » Erythrée passent pour n'être qu'une même » mer. La mer Caspienne est une mer dis- » tincte et bien différente ; elle a autant de » longueur qu'un vaisseau qui va à la rame » peut faire de chemin en quinze jours, et dans • Ba plus grande largeur, autant qu'il en peut » laire en huit. Le Caucase borne cette mer à » l'occident; à l'est, s'étendent les vastes plai- » nés des Massagètes. »

» Un savant à qui l'histoire de la géographie doit des recherches nouvelles , pense que la mesure donnée par Hérodote est rigoureusement exacte. « Hérodote, dit M. Goçsellin, » évaluait la marche d'un vaisseau à 700 sta- » des. Or, quinze jours de marche à 700 stades, » en font 10,500, et 10,500 stades de 1,111 7

('.) Plin VI, 7. Pomp. Mel, l, 21.-- ») llérodAV, 22.— (33 Idcm.I, 202,204.

» au degré valent 189 lieu^ marines. Cette » mesure est précisément celle des eûtes occi- » dentales de la mer Caspiame, depuis Tem- » bouchure du Jaîk jusqu'à celle du Kour, l'an- » cien Cyrus, dans le pays des Caspiens, où » était autrefois le principal entrepôt du com- » merce de cette mer. Peu après le Kour, la » c6te se dirige vers l'est jusqu'à Esterabad, et N trace la plus grande largeur de la Caspienne » dans un espace de 100 lieues ou de o,600stan des, lesquels, divisés par 700, donnent exae- » temoit les huit journées de navigation dont «parle Hérodote^»). »

» D'autres savants, qui n'aiment point à admettre l'usage de stades différents, considèrent les mesures d'Hérodote comme prises le loùg des cêtes ; et alors elles se trouvent encore justes en stades olympiques ordinaires de 600 au degré (2). Dans tous les cas, il offre ici une vérité précieuse pour l'histoire de la géographie : c'est que, du temps d'Hérodote, les marchands des colonies grecques du Pont-Euxin avaient eu connaissance de la vraie nature de la mer Caspienne, et que cette découverte avait été admise par Hérodote, qui ne cherchait point à réunir dans un système les vérités partielles qu'il apprenait. Du temps d'Alexandre, les idées vraies sur la mer Caspienne n'étaient pas encore effacées, puisqu'on croyait que le Tanaïs prenait sa source à Test de cette mer, pour venir se jeter dans le Palus-Méotide , ce qui suppose nécessairement que la mer Caspienne était censée former un lac isolé (^j , comme Aristote le dit expressément (^j. Mais aussitôt que les géographes postérieurs, un Eratosthène, un Hipparque, un Strabon, eurent cherché à encadrer les connaissances acquises dans un système régulier, ils durent s'apercevoir que les lieux dont parlait Hérodote, d'après la manière dont on les orientait, s'étendaient au nord et au nord-est, fort au-delà des limites de la terre habitable , telles que ces géographes les fixaient. Ils rejetèrent ou resserrèrent la géographie d'Hérodote. L'Océan septentrional, tel qu'on l'imaginait alors, occupait la moitié de l'espace où se trouve la Russie. L'embouchure du Volga semble présenter un détroit lai^ de

(1) Gostellint Observations sur les mesures, elc.. p. 19.^{») Mannertf Géogr. des Grecs cl des Romains, IV, 33C-340. — 0 Slrab, XI, 609-610. Alm. Plin.W, 16.— (4) ^rist, Méléôr. lï, 1, pag. 768, édit. da Val.

HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE

4 stades ; et ce prétendu détroit paraissait communiquer avec l*Océan. Cette hypothèse une fbis admise, on imagina même un voyage de Patrocles , amiral de Séleucus , qui , parti du Gange, aurait fait le tour de l'Asie par Test, et serait entré dans la mer Caspienne par le rford (»). Toutes ces fables disparurent lorsque, éclairés enfin par des découvertes nouvelles, conformes à celles du siècle d*Hérodote , un marin de Tyr et un Ptolémée se décidèrent à repousser plus au nord TOcéan , cet antique horizon de la géographie. Mais, en redevenant un lac sur les cartes de Ptolémée, la mer Caspienne conserva, jusqu'au dix-huitième siècle, la forme comprimée et arrondie que les erreurs précédentes lui avaient communiquée ; et, placée de Touest à Test, au lieu de Tétre du sud au nord ( comme Hérodote a dû le concevoir ), cette mer, ou, pour mieux dire, la figure imaginaire qu'on en traçait, dut rencontrer les embouchures de rOxus et de Tlaxartes; aussi s'imagina-t-on long-temps que ces fleuves se déchai^eaient dans la mer Caspienne (^).

» Passons aux connaissances qu'Hérodote avait sur l'Asie , qu'il regardait comme bien moins étendue que l'Europe p). « Voici, dit- V il (^), de quelles parties elle se compose. Les *■ Perses demeurent vers la mer méridionale ou n Erythrée. Au-dessus, vers le nord, habitent » les Mèdes; au-dessus d'eux, les Sapires; et, » par-delà les Sapires, les Colchidiens, qui tou- »> chent a la mer du Nord, où se jette le Phase. » Ces quatre nations s'étendent d'une mer à «l'autre. Vers l'occident, on rencontre deux » péninsules oppoa^cc (;»" aboutissent à la mer : *» l'une, du côté du nord, commence au Phase, » suit les contours du Pont-Euxin et de l'Hel- » lespont jusqu'au cap Sigée dans la Troade; n du côté du sud, cette péninsule commence au » golfe Myriandrique, adjacent à la Phénide >» jusqu'au promontou-eTrlopium ; elle est ha- » bitée par trente nations différentes. L'autre • péninsule commence aux Perses, et s'étend : jusqu'à la mer Erythrée; et le long de cette î mer, elle comprend la Perse , ensuite l'Assy- » rie et l'Arabie ; elle aboutit au golfe Arabique, » où Darius fit conduire un canal qui vient du » Nil. De la Perse à la Phénicie, il y a un grand »• et vaste pays. Depuis la Phénicie, la même >» péninsule s'étend le long de cette mer-ci, par

{•) Strab. Xï, 518. Plin, VI, 17. — (•) Voy. ci-après, I. Vf. — (i)' iiérod. rv, 42.— (^) Ibid. 37,

» la Syrie, la Palestine et FEgypte, où elle » aboutit ; elle ne renferme que les trois nations » nommées plus haut. Voilà comment sont les » parties de l'Asie, à l'ouest de la Perse. Les » pays situés vers le soleil levant, au-dessus » des Perses, des Mèdes, des Sapires et des » Colchidiens , sont bornés au midi par la mer » Erythrée, et au nord par la mer Caspienne et » YArawes, qui dirige son cours vers l'orient. » L'Asie est habitée jusqu'à l'Inde; plus à l'est, » s'étendentdescontréesdésertes,isur lesquelles » personne ne saurait rien dire. »

« Plusieurs parties de l'Asie , continue Hé- » rodote (*), furent reconnues par Darius. Ce » prince voulant savoir en quel endroit de la » mer se jette l'Indus, qui, après le Nil, est le >» seul fleuve dans lequel on trouve des croco- » diles, envoya sur des vaisseaux des hommes » sûrs et véridiques, et entre autres Scyllax de » Caryande. Partis de la ville de Caspatyrus, » ils descendirent le fleuve jusqu'à l'Océan ; de »là, narsiguant vers l'occident, ils arrivèrent t enfin, le trentième mois après leur départ, au »> même port où les Phéniciens s'étaient em- » barques autrefois par l'ordre du roi d'Egypte, » pour faire le tour de la Libye. Ce périple » acbevé, Darius subjugua les' Indiens, et fut » maître de la mer de l'Inde. C'est ainsi que l'on » a reconnu que l'Asie, si l'on en excepte la par- » tie orientale, ressemble en tout à la Libye.»»

» Hérodote veut sans doute dire que les côtes d'Asie ne s'étendent pas plus au midi que celles de l'Afrique; fl r^ardait, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, l'Arabie comme la contrée la plus méridionale de la terre (^]; il paraît qu'il connaissait la partie supérieure du cours de l'Indus depuis sa source jusqu'aux confins du Cachemire, que les recherches les plus récentes ont démontré être en effet dirigée du nord-ouest au sud-est P).

» Notre plan ne nous permet point de suivre Hérodote dans tous les passages où il décrit l'état moral et civil des peuples de l'Asie. Dans l'aperçu qu'il donne des revenus de l'empire persan, on remarque, parmi les peuples tributaires, les noms des Parthes, des Chorasmient et deis Sogdiens; les deux derniers se conservent encore aujourd'hui dans ceux des provinces de Kharism ou de Khovaresm et d'AI-Sogd. Les Bactriens sont , après les Indiens, les peuples

(») Hirod. IV, 41. — W Ci-de5SU8, p. 5C. ^ P) H^aia, IndousUn, ï, 473 sqq. Plin. VI, 23.

UVBi: TAOISUËME.

les plus orientaux de la monarchie persan^ et de la géographie d'Hérodote (']. A rest de la mer Caspiemie soi^t les féroces Massagètes , peuples nomades armés de flèches et combattant à cheval , qui ont des femmes en commun, et qui dévorent leurs parents courbés sous le fardeau des ans : Tor et le cuivre abondent chez eux, les autres métaux leur manquent (2). Hérodote connaît l'antique route commerciale entre rindie et l'Europe, par le nord de la mer .Caspienne : les marchandises étaient transportées, à ce qu'il paraît, sur le Haut-Indus et sur l'Oxus, et ^suite par caravanes (5). Au midi, l'Arabie passait pour la patrie des parfums, des baumes et des aromates. lies Ethiopiens ! (f A«e, qui nous rappellent ceux d'Homère, se j distjngpaient de ceux d'Afriquepar^es cheveux t non crépus (*); ce nom comprenait peut-être tous les peuples d'un teint foncé, et qui occu- j paient les côtes méridionales de la monarchie. «Hérodote représente l'Inde comme plus peuplée que le restedu mondeet produisant un revenu plus considérable que Baby lone et l'Assyrie. » Les Indiens soumis à la Perse et connus de notre auteur demeuraient sur le Haut- Indus ; ils cultivaient le coton et en fabriquaient des étoffes; ils recueillaient beaucoup d'or d'une manière qui , au premier abord, parait fabuleuse. « D'énormes fourmis , plus » grosses que des renards , dit Hérodote , de- • meurent dans le désert, à l'orient de l'Inde; u elles ramassent des tas d'or mêlé de sable. » Les Indiens vont , avec leurs chameaux les 1) plus rapides, à la recherche de ces trésors; i> mais si les fourmis les surprennent, il est dif- » ficile d'échapper à leur férocité (s). )> Ce conte se trouve répété avec de nouvelles circonstances par des voyageurs du temps d'Alexandre (^. En comparant tous les témoignages qui nous restent à cet égard, il semble que c'est une espèce d'hyène ou de chakal , commune dans la Tatarie, qui a donné naissance à un conte en apparence aussi absurde. Cet animal, dont le nom indien aura eu quelque ressemblance avec le nom grec qui désignait une fourmi, a, dit-<m, l'habitude de faire des tas

(•) Hérod, III, 91.— (*) Id.1 , 215.— P) Sprengel, Asien. V, 2* pari. 63.— (4) Hérod. III, 94. VII, 70.— (5) Id. III, 102, 104, 105. — (6) Nearch. ap. ^rrian, Ind. edlt. Blanc. 537, cl ap. Strab, XV, 705. Almel. Daimachiis ap. Strab. II, 70. Mégasihhnes ap. Sirab, XV. 706, ap. Arrian, 538. Plin. XI, 36. XXXHÏ, 91, f!lien , Mêla , etc. , de.

de sable sous lesquels il place sa tanière; oTj les sables du plateau de la Tatarie sont gêné* paiement chargés d'or (']. C'est d'une manière h peu pi;ès semblable qu'on a cherché à expliquer la tradition sur les griffons , dont quelques écrivains ont fait un animal monstrueux, habitant le nord de l'Inde («), tandis qu'Hérodote les désigne simplement commeles gardiens des nûnes d*or, près des Hyperboréeus, dans la Scythie {»). La tradition d'Hérodote, onpruntée d'un très ancien poème d'Arlstéas, semble contenir quelque allusion aux travaux démines faits dès la plus haute antiquitédans les montilgnes centrales de l'Asie. L'imagination des X^recs a enveloppé d'un nuage de fables ces traces d'anciens voyages faits dans l'Asie centrale. » Mais il est temps d'en revenir à des choses positives, et de jeter un coup d'œil sur la troisième partie du monde connue d'Hérodote. L* Afrique, dans l'idée du père de l'histoire, se terminait bien au nord de la ligne équinoxiale, comme nous l'avons déjà remarqué. Même dans le triangle ainsi resserré de la péninsule africaine, l'Egypte seule est décrite avec clarté ; ses villes, ses monuments, les productions du sol, les mœurs des babitants et les institutions sous lesquelles ils vivaient, tout est dépeint avec l'exactitude d'un témoin oculaire. Hérodote avait été lui-même jusqu'aux cataractes (*): la mesure qu'il, donne des côtes de l'Egypte, depuis le lac Serbonis jusqu'au golfe Plinthinètes p), est juste lorsqu'on les évalue en stades éQrptiens à 1,119 au degré, et concourt à prouver que le Delta ne s'est guère accru depuis 3,000 ans. Hors de l'Egypte, les connaissances d'Hérodote, fondées sur des renseignements qu'on lui avait donnés, ne suivent que troi^ lignes de direction; l'une longe le Nil, et atteint peut-être les limites de nos connaissances actuelles ; l'autre, en partant du temple d' Ammon , va se perdre dans le grand désert; la troisième s'avance le long des côtes de la Méditerranée jusqu'aux . environs de Carthage.

» Si nous suivons Hérodote le long des côtes, en partant de l'Egypte, il nous fera connaître une foule de peuplades, dont les plus

(') Comte Feltheim, Diss. sur les fourmis, tic. Helmstadt 1799. JVahl , Indoust. 1 , 481 sqq. — (.) Ciesias et Eticn. — {^) Hérod. III, 116. IV, 15. Plin. XXXIII, 21. Mela.U, l.III, 7. — (4)^cVcrf.,n, 59.__(5)îbid.6.

HlSTOIRt; DE LA GÉOGRAPHIE.

remarquables sont les Adyrmflchid^s, qui fessaient cuii*e leurs mets dans le sable échaujffé par les rayons du soleil (') ; les Noêamons, qui demeuraient dans l'intérieur et qui avaient plusieurs coutumes singulières, comme, par exemple, de faire serment en buvant l'un de la main de l'autre, ainsi que le font encore aujourd'hui les Algériens (2] , et de prostituer les nouvelles mariées à tous les convives de la noce ; les Ptyîles, fameux par Fart qu'ils possédaient de charmer les serpents, art qui s'est conservé après l'extinction de cette peuplade (^ ; les villes grecques de Cyrène et de Barce, sur la côte fertile et nante qui borde le pays des Nasamons et des Giligammes ; les M aces, à l'ouest de la grande Syrte, dans une contrée bien arrosée , où le blé donnait trois cents peur un , et où la petite rivière du Cinyps baignait la colline dite des Grâces {*) ; les Lotophages, déjà connus d'Homère, et auxquels le fruit de Tarbuste appelé rhamnus lotus fournissait à la fois leur aliment et leur boisson ordinaire (s) ; les Machlyesy près du fleuve Triton et du lac Tritomde, l'un et l'autre célèbres par le prétendu retour des Argonautes à travers la Libye, et dont Hérodote parait avoir parlé avec exagération (^. Les connaissances de cet explorateur infatigable se terminent ici sur les bords de la petite Syrte; il a bien entendu nommer quelques nations plus éloignées, telles que les Byzantes ou Gyzantes; il indique la longueur exacte de l'ile Cyrannis ou Cercina; il mentionne quelquefois Carthage, et donne môme des détails sur le commerce muet que les Carthaginois faisaient au-delà des Colonnes d'Hercule avec une nation qui venait chercher sur le rivage les marchandises qu'on lui offrait, et, laissait à la place une quantité d'or en échange ('). Mais, quoique cet usage, d'après les témoignages les plus récents et les plus authentiques , paraisse désigner une nation de la Sénégambie (*), et quoique Hérodote ait autre part nommé le mont Atlas et le promontoire Soloexs, il est impossible de tirer de son texte un ensemble clair et

0) SA liai. III , 278 sqq. IX , 223 sqq. — ,0 Sbaw, Tra^els, etc. I, 239. — (3) Hasselquhl, de Maillet, tic, , etc. Hartmann, Egypten, 436 sqq. — (i) Hérod, IV, 175, 198. V, 42. — (*) Foss, ikà Scyll, p. 114. Gronov. SlafttL in Iheoph. Hîst. plant. IV, 4 , p. 327. Shaw , tab. 270. — (<*) Uérod. IV, 178. — C) ïbid. 19G.— (8) Hœst , Rclat. de Maroc, pag. 279, en ail. S^aw, Voyages I, 390 sqq.

précis de ses idées sur TAfrique occidentale* M n avait pourtant reçu des prêtres ^ptiens quelques renseignements sur une route qui partait du temple d*Ammon , situié dans une i^asis, à dix journées de marche à l'ouest de Thèbes, la capitale de la Haute-Egypte («).

* Le pays qu'on avait à parcourir était im pla-

* teau sablonneux „ parsemé de collines où , à » côté d'un tas de sel, jaillissaient des eaux » douces et limpides. » A dix journées du t^împle d'Ammon, on trouvait Augila, autre Oasis fertile en dattiers , qui conserve encore de nos temps le même nom, les mêmes avantages , et qui sert de point de repos aux caravanes ^j. A dix journées d' Augila, et à trente de la c6te des Lotophages p), on arrivait chez le peuple nombreux des Garamantes, qui, montés sur des chars, donnaient la chasse aux Ethiopiens-Troglodytes , sans doute pour réduire ceux-ci en esclavage J c'est ainsi que , dans des temps plus modernes, le sultan de Bomou envoyait sa cavalerie à la chasse aux Nègres {*} ; chez les Garamantes, les bœufs, en paissant, marchaient à reculons à cause de leurs cornes énormes recourbées en avant. Encore dix jours , et on était chez les Atarantes, naâoh dont les individus ne portaient point de noms propres, usage qu'on a retrouvé en quelque sorte chez les habitants de Bomou (^). Les Atarantes, tourmentés par une chaleur excessive , saluaient le soleil levant par des imprécations. Enfin, dix autres journées conduisaient le voyageur chez les Atlantes, voisins du mont Atlas , haute montagne escarpée de tous côtés, dont le sommet, enaucune saison, ne se dégageait des nuages qui le voilaient, et qui était appelée la colonne du ciel. « Au-delà,

• ajoute Hérodote, je ne connais plus le nom

• des nations ; seulement, je sais que le désert » sablonneux s'étend depuis Thèbes jusqu'aux » Colonnes d'Hercule, et qu'à dix journées de » marche (sans doute du pays des Atlantes), on » trouve une mine de sel ; les indigènes bâtis- I) sent môme leurs cabanes en pierres salines. • C'est ce que Pline affirme d'une nation qu'il nomme Hammanientes , et qu'il place à onze journées à l'ouest de la grande Syrthe (•). Il serait donc téméraire d'étendre les connaissan-

(0 Hérod. IV, 181, 135. — (») Proceediugs of the African Society, I, p. 289.— (3) Hérod, IV, 174 ,, 183. — (4) Lco, Africa, 255. Proceerfmi/* , etc. , 234. - (') Id. 1. c. — (6) Plin. V, 5.

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