‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 128 sur 229 · LIVRE TRENTE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-DEUXIÈME

Suite de la Théorie de la Géographie. — De TEau en général. — Sources , Rivières , Fleuves et Laei.

« L'eau , dans son état pur, est un fluide transparent, sans couleur, sans odeur. Jouissant d'une grande mobilité ; elle se présente sous trois formes d'agrégation : comme un solide ; alors elle porte le nom de glace; comme un liquide, c'est l'eau, dans le sens vulgaire du mot ; enfin comme une vapeur, un gaz atmosphérique.

» On avait long-temps regardé l'eau comme un élément; mais la chimie moderne compte parmi ses triomphes la découverte des substances élémentaires dont l'eau est composée. C'est de 85 centièmes parties de gaz oxygène (air pur), combinées avec 15 centièmes parties de gaz hydrogène (air inflammable), que naît Teau dans son état de pureté. Mais elle ne se trouve presque jamais pure, elle tient en dissolution des parties siliceuses, calcaires, métalliques, des acides, du soufire. L'air est dissous par l'eau, qu'il dissout à son tour et en plus grand proportion. 11 est même probable que toute la terre, ou du moins la croûte extérieure de ce globe, a été dans un état de dissolution mécanique ou chimique par un fluide aqueux. Nous allons suivre une marche indépendante de tout système, en commençant par ce qui est le plus à la portée de nos observations, en allant du plus petit au plus grand.

• Les sources sont de petits réservoirs d'eau qui reçoivent les eaux des terres voisines par de petit canaux latéraux, et qui rendent leur

trop plein, soit par écoulement, soit d'une autre manière quelconque.

» L'origine des sources ne saurait être attiibuée exclusivement à une seide cause. La nature, simple dans ses lois générales, emploie une grande variété de moyens. Ainsi, la précipitation des vapeurs atmosphériques, la fonte des neiges et des glaciers, l'infiltration des eaux marines, l'action capillaire du sol, le soulèvement des vapeurs souterraines, l'action de la pesanteur qui entraîne les liquides vers les pa^ ties basses des couches terrestres, concourent également à la formation des sources. »

Dans les montagnes d'une grande élévation, dans celles surtout qui sont couvertes de neiges éteiiielles, la formation des sources parait être un phénomène aussi simple dans son origine qu'il est curieux dans ses effets, loarsqu'on examine ces magnifiques cascades, ornemaits des grandes chaînes du globe. Les glaciers , accumulés sur leurs sommets , éprouvent , non seulement au retour du printemps et de l'été, une fonte plus ou moins considérable, qui n'est qw l'effet de l'action solaire, mais encore on ne peut nier qu'ils n'en éprouvait une Journalière, quoique invisible.

Cette fonte forme les sources , si abondantes dans les grandes montagnes; mais l'effet cesserait à la longue si la cause ne se renouvelait Les vapeurs qui s'élèvent sans cesse de la sur* (0 MoUna, HUtoire natoreUe du Chili.

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

twx des eaux et de tous les4ienx humides montent dans i*atmosphère, suivent les courants qu'elles y rencontrent, et, lorsqu'elles arrivent sur les sommets glacés, elles s*y condensent: une partie se convertit en eau, qui coule sur les flancs du glacier; une autre partie, convertie en glace, contre-balance Teffet de la fonte dont nous valons de parler.

Lorsque les montagnes ne supportent point de glaciers, leurs pics isolés ne s*entourent pas moins de vapeurs, qui s*y accumulent en forme de couronnes de brouillard ou de nuages. Une partie des molécules qui forment ceux-ci est en contact avec les montagnes ; elle s*y condense, se résout en eau qui pénèti*e dans les fentes si nombreuses sur les sommets élevés , s*insinue entre les couches des roches appelées primitives , et qui sont disposées presque verticalement (<).

<c Les montagnes attirent vers elles les nuages et les brouillards; c'est une observation qui s'offre d'elle^néme à ceux qui ont vécu quelque temps dans des pays montagneux. Comme le froid devient plus vif à mesure qu'on s'élève dans les airs, il est aussi nécessaire qu'il tombe plus de neiges et qu'il se forme plus de glaces dans les endroits élevés que dans les plaines. Voilà les deux principales causes visibles qui contribuent à imbiber les montagnes de cette grande quantité d'eau qu'elles versent de toutes parts. Mais sont-elles les seules? Les grands lacs situés à des hauteurs considérables, les glaciers qui couvrent les Alpes , ont-ils pu être formés successivement par les pluies et les neiges? ou feut-il admettre que l'eau, dans l'origine des choses, à Tépoque des grandes cristallisations, s'est réunie par affinité élective à certaines substances , de préférence au reste de la terre?

» L'opinion des anciens et de Descartes, qui attribuait la naissance des sources à Tinfiltration des eaux de la mer, n'est pas entièremoit détruite. Il est vrai que toutes les eaux courantes ont leurs sources infiniment élevées audessus du niveau de la mer. L'infiltration directe des eaux marhies n'a lieu que pour quelques étangs , qui ne sont séparés de la mer que par des terrains plats et sablonneux. Mais le phénomène des tubes capillaires peut avoir lieu dans l'intérieur de la terre; les eaux de

(') Voyci notre article Sources, dans l'Encyclop. méth. J. H.

mer, dégagées de leurs éléments saUns et amers, peuvent remonter par les pores imperceptibles de plusieurs roches , d'où elles se dégagent par la chaleur pour former ces vapeurs souterraines ^quelles plusieurs sources doivent leurorigme. On peut citer l'exemple des Char* treux qui, voyant leurs sources se dessécher, et apprenant en même temps que des vapeurs épaisses sortaient d'une carrière voisine nouvellement ouverte, achetèrent cette carrière, la fermèrent et virent leurs sources reparaître (')• Un fait semblable est arrivé en Esclavonie (>)• Quant au changement de la nature saline des eaux de mer, il est prouvé par la diminution de salure dans des sources évldenmient nées d'infiltrations (^j. I^s sources douces dans les Bermudes s'élèvent et s'abaissent avec la mer aussi bien que les sources salées (*).

» On avait prétendu que les eaux de pluie ne pénétraient pas à une grande profondeur dans les terres , qu'elles étaient entièrement absorbées par les premières couches de terre, et d'ailleurs en trop petite quantité pour nourrir tant de larges rivières et de fleuves impétueux. Mais observons la disposition des couches qui composent la surface du globe; nous les trouverons plus ou moins inclinées, renversées et fendillées par les suites des révolutions qu'elles ont subies ou des soulèvements qui les ont formées. Les eaux pluviales s'écoulent rapidement entre les interstices et les fentes de ces couches supérieures, et ne s'arrêtent que lorsqu elles sont parvenues aux argiles: c'est là le terme ordinaire de leur infiltration , c'est leur réservoir naturel. Les observations ont d'ailleurs prouvé que les eaux pluviales s'infiltrent jusqu'à de grandes profondeurs. En Auvergne (*), on les voit pénétrer dans les houillères à 250 pieds de profondeur; dans la Misnie on a vu, à 1,600 pieds de profondeur, les eaux dé pluie s'égoutter de la voûte d'une mine («).

» Les neiges et les glaces donnent sans doute, dans certaines contrées, naissance à une plus grande quantité d'eau courante que les pluies, les rosées et les vapeurs aqueuses de l'atmosphère. Mais pour concevoir combien l'effet lent et continuel de celles-ci contribue en général à

(0 Perrault , Œuvres diverses, p. 819.— (') 3erg^ mann, Ibid., 331. - W Lulof, Géog. physique, S 358.— p) Norwood, Phllosoph. Transaction abrldg.. Il, 298. — (5) Le Monnier, Ob8erv.d'hi8l.nal.,p. IM. {^) Muicheubroek, IniUl. phys., S 8W.

UV&B TMWTE^-OEUXIBME.

la foimatioD des soureea, on n*a qu*à considérer TApuIie etd*autres presqu'îles dépourvues d'eau courante, parce que leurs montagnes n'offrent pas une masse assez large et assez éle- Téei>our attirer et retenir les vapeurs aqueuses de Tatmosphère. De même, puisque Fest de la mer que Tatmosphère pompe de Teau sous une forme gazeuse, il est aisé de voir poui*quoi Tintérieur des grands continents, comme ceux de TAfrique et dé l'Asie, contient tant de déserts arides. Si les deux Amériques sont plus abondamment arrosées , elles le doivent à la masse et à l'élévation de leurs montagnes ainsi qu'à la continuité de leurs pentes.

» Car l'eau qui circule à la superficie du globe n'a généralement d'autre principe de mouvement que son propre poids et la pente du terrain. C'est cette pente qui la porte de montagne en montagne , de vallée en vallée jusque dans le bassin de la mer.

» Les fontaines intermittentes, surtout lorsque leurs abaissements et leurs retours suivent des périodes régulières, excitent l'étonnement du peuple, qui les décore du titre de fontaines miraculeuses. La fontaine périodique de C6me, dans le Milanais , a été décrite par Pline; elle s'élève et s'abaisse d'heure en heure. La ville de Colmars, en France, dans le département des Basses-Alpes, en a une qui s'élève et s'abaisse huit fois dans une heure. 11 y en a une ÀFron^anches, dans l'ancienne province du Languedoc, dont le haussement périodique retarde tous les jours de 50 minutes. La Fontaine ronde f sur le chemin de Pontarlierà Touillon, dans le département du Doubs, s'élève avec bouillonnement. » Celle de Boulaigne, près Frécinet , dans le département de l'Ardèche, reste quelquefois plus de vingt aus sans couler, puis elle réparait durant un ou deux mois , souvent même une année, mais jamais au-delà; pendant les époques où elle coule, elle offre encore des intermittences qui durent environ ime heure. Celle de Fontestorbe, c'està-dire la fontaine interrompue, près Belesta, dans les Pyrénées, est l'une des plus curieuses : pendant les saisons de sécheresse, l'eau coule environ une demi-heure en assez grande abondance pour faire tourner un moulin, puis l'écoulement cesse durant un même espace de temps; quelquefois on la voit employer 16 minutes à augmenter de niveau , 8 à se maintenir à son maximum, 31 à baisser de nouveau

et 8 à s'inierrompr» touVà^^t, en aorte que ia durée de l'intermittence est de 03 minutes. A peine a-t>«lle atteint son plus grand abaissement, qu'on la voit s'augmenter (1). « LeBuiler-bom, en Westphalie, fait un grand bruit à ses retours ^riodiques. Près de Brest, un puits, éloigné de 75 pieds de la mer, s'abaisse avec la haute marée et s'élève lorsque ia mer baisse. L'Angleterre fournit plusieurs exemples de ces sources; une surtout près Torbay, en Devonshire, et une à Buxton, dans le comté de Derby. Il y a , selon Gruner^ une source à Engstler, dans le canton de Berne, qui a une double intermittence annuelle et journalière (^, • Mais parmi ces sources, dont il serait facile de citer encore beaucoup d'exemples, aucune n'offre une marche parfaitement régulière.

» Les sources jaillissantes ^ qui forment quelquefois des jets d'eau naturels , suivent les mêmes lois d'équilibre que les autres sources. Seulement les canaux qui leur fournissent de l'eau doivent venir de lieux très élevés ^ par une pente rapide; les eaux portées de cette manière à un réservoir souterrain , où elles se trouvent à l'étroit , s'élancent par la pression, de la même manière que les jets d'eau dont l'art embellit nos jardins.

»Les;eU et eau bouillante, qui paraissent accompagner lés volcans , suivent probablement les mêmes lois. Cependant un naturaliste français a cru que les majestueux phénomènes des sources dites Geyser, en Islande , sont produits par des vapeurs souterraines , lesquelles subitement développées, viendraient soulever une masse d'eau rassemblée dans l'ancien cratère d'un volcan (^j. Mais les bassins des Geyser reçoivent probablement leurs eaux des hauteurs qui les avoisinent. » Ces sources sont à la fois jaillissantes et intermittentes. Malgi^ l'opinion avancée par Delamétherie , les Geyser qui , dans la langue islandaise , signifient /urieuw, n'occupent point d'anciennes bouches volcaniques. Dans la vallée de Rykum , on en trouve près de cent sur une circonférence d'en* viron une lieue. MM. Polveseu et Stanley en ont fait la description : la durée de leurs érup-< tions et de leurs intermittences est très inégale; les premières sont d'environ dix minutes , et

(•) Voyez notre arlicle Sources, dans l'Encydop. moderne. j. n.

(») Sckeuchur,litT Alpin., 26, II, 404. — P) DeiamétherUy Théorie de It terre, IV, 30» (t'édiUon),

G&OGRAPHIE PHYSIQUE.

les intervalles varient entre quelques minutes et une demi-heure. L'eau du bassin d*où sortent ces jets se gonQe , déborde , et le jet , avec un bruit sourd , s'élance à 1 20 pieds et 1 30 pieds d'élévation , sur un diamètre d'environ 6 pieds : la gerbe, qui produit à peu près Teffet de celle que Ton admire dans le parc de Versailles , emporte quelquefois avec elle les pierres que l'on a jetées dans le bassin. La plus puissante de ces sources jaillit d'un monticule de 30 pieds de hauteur, percé d'un trou cylindrique de 9 pieds de diamètre, dont les parois intérieures sont parfaitement unies, La surface du monticule est couverte d'incrustations siliceuses très dures, et cependant très délicates, dont quelques unes ont la forme de choux-fleurs, et . qui s'étendent à plus de 90 pieds autour de la source. La température de ces eaux, qui n'ont aucune odeur, varie entre 80 et 100 degrés du thermomètre centigrade (64 et 80 de celui de Réaumur) (>).

» On explique le jeu de ces sources , en supposant dans les terrains où elles se montrent des réservoirs et des tuyaux de conduite en forme de siphons recourbés. Tout le monde connaît l'usage des siphons , qui commencent à procurer l'écoulement à un liquide , lorsque la surface de ce liquide , dans laquelle est plongée une de leurs branches, se trouve au niveau de la courbure d'une de ces branches , et qui continuent tant que le fluide n'est pas descendu au-dessous de l'orifice de la branche. Dès que Toriflce n'y plonge plus, l'écoulement cesse, et il recommence sitôt que le réservoir est rempli au niveau de la courbui*e. Quant aux réservoirs qui fournissent à ces fontaines , les sécheresses , les pluies et la fonte des neiges y peuvent exercer une grande influence , et rendre ainsi les retours périodiques plus ou moins réguliers. Cette liaison qui existe entre l'état plus ou moins humide de l'atmosphère et les réservoirs des fontaines intermittentes , justifie Jusqu'à un certain point les conclusions que le peuple tire du mouvement de ces sources pour deviner la constitution favorable ou désastreuse de Tannée, conclusions qui font donner à plusieurs d'entre elles le nom de fontaine de disette et d^ abondance (^).

(') Voyez nolr« article Sources, dans l'Encyclop. méih. ( Géographie physique. ) J. H.

{») Kant , Géographie physique , II , part. 1 1 , P. 294.

»• Il est naturel de croire que plusieurs veines d'eau, ne trouvant pas d'autre écoulement convenable , se répandent dans des cavités soutenaines, s'imbibent dans les terres , ou même se rendent sous terre jusque dans la mer. On pourrait ainsi expliquer l'origine des sources d'eau douce qu'on voit jaillir au milieu même des flots amers de l'Océan. Les eaux rejetées par les volcans , les subites et terribles inon*» dations des mines , les rivières qui se perdent sans reparaître , les montagnes qui soudain s'engloutissent dans le sehi de nouveaux lacs, tout concourt à prouver qu'il y a des cavités souterraines assez considérables , souvent rem* plies d'eau.

» Le besoin de suppléer à la disette des sources en creusant des puits nous a procuré la connaissance d'un fait encore plus intéressant pour la géographie physique. Il paraît qu'il y a des lacs , ou , pour mieux dire , des nappes d'eau qui s'étendent sous terre à des distances considérables. Dans le département du Pasde-Calais, près d'Aire, en fouillant des puits, on^parvient toujours à une couche argileuse , laquelle étant percée , l'eau sort à gros bouillons , s'é}(^'"e , et forme des sources qui coulent continuellement (*). Dans le Modénois , on

(') Le nom de raDCienne profinee d'Artois, eom* prise dans le département du Pasnie-Galais , a fait donoer à ces puits le surnom d'artésiens. On les nomme aussi puits forés. Ils y sont eonnus depuis une époque fort reeulée, puisque celui de Ullers, A quelques lieues de Béthune y date, dlt-*oa, de l'an 1120. Ils sont creusés dans la partie supérieure de la masse crayeuse qui supporte le sol de ce pays ; mais leur profondeur varie entre 10, 90. tO et 40 métrés; aussi coûlent-ils peu de frais A construire: ce qui est d'un grand avantage pour l'industrie du département. « Aui environs de Dieppe, où la formation crayeuse acquiert une grande puissance, sept nappes d'eau ont été traversées dans un sondage fait pour un autre but que pour un puits foré. La première se trouve A environ 76 mètres de profondeur dans l'argile plastique au-dessus de la craie; la seconde, dont les eaux remontaient avec violence Jusqu'A la superficie du «ol , était sous la craie Inférieure ou glauconie crayeuse, et A sa superficie aui marnes bleuAtres, A plus de 100 mètres de profondeur ; la troisième , sous les marnes argileuses et le calcaire lumacbelle, A li7 mètres; la quatrième, au-dessous de plusieurs bancs de calcaire pyrlteui et argileux , au-dessus d'une marne argileuse , A prèe de 214 mètres; la cinquième, au-dessous de plusieurs bines calcaires durs et coq uil tiers, et au-dessus d'un banc d'argile, A près de 252 mètres de profondeur; la sixième, entre des marnes argileuses et un calcaire grenu coqulllier, A plus de 2H7 mètres

UVRË TRENTE-DEUXIËME.

trooTe partout, à 63 pieds, une couche d*argiiede5 pieds, et au-dessous d'elle Fcau qui

Toutes ces nappes se montraient pourvues d'une grande force ascendante; mais A 333 mètres, la •epUéme surtout , reposant sur un calcaire argileux, fut si abondante, et son ascension eut tant d'impétuosité, que les ouvriers eurent & peine le temps de •e sauver. >

L'avantage que l'on peut retirer des puits forés a flSiit tenter des perforations dans un grand nombre de localités; mais elles n'ont pas réussi partout , ou plutôt on a renoncé sur plusieurs points A continuer le sondage Jusqu'A une assez grande profondeur. Cependant on en a établi avec succès dans les environs de Paris; et quoiqu'ils aient été percés dans des dépôts supérieurs A la craie , on y a toujours reconnu plusieurs nappes d'eau avant d'arriver A celle qui pouvait s'élever Jusqu'A la surface du sol, c'est-A-dire A celle qui partait d'un point assez élevé pour acquérir la force ascendante nécessaire: car ainsi que nous aurons encore occasion de le faire remarquer, les différentes couches qui forment l'écorce terrestre sont sur une foule de points plus ou moins Inclinées.

« Le sondage du double puits de Saint-Ouen a fait reconnaître , depuis la formation inférieure du gypse Jusqu'A la partie inférieure du calcaire grossier marin , superposé A la formation d'argile plastique, trois nappes d'eau: la première. A 9 mètres audessous du sol , dans des marnes appartenant A la première des trois formations; mais elle n'était point ascendante, parce qu'elle ne venait point d'un niveau plus élevé que le sol ; A 49 mètres, la seconde , au-dessus de la couche appelée glaucome grossière , venant de plus haut , était ascendante , mais pas assez pour jaillir au-dessus du sol; A 66 mètres, la troisième , plus abondante et venant des collines qui dominent Paris au sud, a couronné d'un plein succès les travaui entrepris. D'autres sondages , exéeutés A Saint-Denis , A Epinay , et dans divers points de la vallée de la Seine présentant des terrains analogues A ceux qui ont été traversés A Saint- Ouen , démontrent d'une manière évidente la disposition et l'origine des nappes d'eau, telles que nous venons de les exposer. On peut donc cire assuré que, partout où l'on tcnicra dans cette même vallée des sondages , ils conduiront aux mêmes résultats. Le relèvement du calcaire marin grossier sur la rive gauche de la Seine permet aussi d'y établir au moyen d'un sondage de 30 A 40 mètres environ , des puits A Jets ascendants , pour peu que l'on creuse Jusqu'A la partie supérieure de la craie, qui se relève comme les terrains qu'elle supporte. C'est ce que plusieurs exemples ont confirmé; mais si l'on entreprenait de pareils travaux sur les grands plateaux qui dominent Paris, tels que ceux de Montmorency, Meudon, Saint-Cyr, etc., comme ces plateaux sont A une assez grande élévation géologique au-dessus du calcaire marin inférieur et de l'argile plastique, la nappe qui alimente les puiis de Mont-Rouge et de Saint-Ouen serait privée de la force ascendante nécessaire pour alimenter les puits creusés sur ces plateaux. Il faudrait doncallcrchercherau-dessous de la craie les bancs marneux, et conséqucmment Im-

Jailllt aTec force (>). Dans Tintérieur du pays d* Alger, dans la contrée de Wad-Reag, les habitants , en fouillant à 200 brasses de profoo* deur, ne manquent jamais de trouver une oou" che d*ardoise sous laquelle il y a de l*eau en telle abondance , qu'ils rappellent la mer sous terre («).

» On conçoit facilement qu'une couche d'argile a pu s'affoisser horizontalement par le dessèchement, tandis qu'une autre couche argileuse prenait sa retraite en haut. La fente horizontale, formée de cette manière , a pu servir d'écoulement à des lacs, ou à des rivières qui ont formé ces amas d'eaux souterraines.

» Les glaciers qui couronnent les dmes des plus hautes montagnes ont avec les sources une liaison intime et une origine commune. Les neiges , accumulées pendant des siècles, s'affaissent , se compriment et se consolident, tant par l'évaporation que par l'alternative des fontes et des regels. Ainsi se forment d'immenses calottes qui couvrent des montagnes entières , ou des champs de neige glacée qui s'étendent entre les sommets. Les hautes vallées se remplissent en même temps des neiges qui y tombent et des eaux glaciales qui découlent des sommets neiges. Enfin, les seuls découlements , joints aux avalanches , font naitre ces masses de pure glace dont les bran> ches s'étendent jusque dans les vallées inférieures. Ces dernières glaces semblent, en quelques endroits, s'accroître pendant une longue suite d'années ; elles ont même en Suisse comblé des vallées entières , enseveli des villages^ et fermé une passe entre le Valais et le canton de Berne. Mais les diminutions compensent ordinairement d'un c6té ce que l'accroissement fait gagner de l'autre, quelques années chaudes sufûsent pour rétablir l'équilibre (>).

I» Les scènes que présentent ces glaces varient auâsi bien que leur étendue: tantôt une grande masse d'eau, congelée au momeot d'une tempête, présente ces ondes qui imitent celles d'un lac ; tantôt ces in^alités di^araissent pour ne laisser apercevoir aux voyageurs

perméables, que nous avons vus exister aux environs de Dieppe. » — Voyez notre arUcle Pitiu ané^ siens , dans rEncyclopédie moderne. J. H.

(• ) Aamazsini, Topographia Mutlnensls. — [*)Shttw, Voyage en Barbarie , tom. I, p. 169. — (') Saussure, Voyages , Gruner, etc.

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

SSl

étonnés qu'un immense miroir d'une glace resplendissante. Ici , les superbes portails de cnstal tombent en ruines , les aiguilles éclatantes se brisent ; en d'autres endroits, les avalanches de neige glissent sur un champ de glace, s*y arrêtent, et, façonnées parles rayons du soleil , prennent la figure de nouvelles pyramides et obélisques.

» Uutilité constante des glaciers est de fournir aux continents, dans une progression lente et ô peu près régulière, les eaux qui, sans cette congélation , se seraient précipitées impétueusement du haut des montagnes pour inonder et dévaster les campagnes qu'elles doivent fertiliser. Grâce au^^id qui les convertit en neiges et en glaces , elles restent suspendues sur les flancs des monts , et s'écoulent en abondance de dessous les pieds de^ces masses énormes ou du sein de leurs grottes cristallines.

t Les gîaeierê, vus de Idn, dit Lamouroux, » se reconnaissent à leur couleur azurée et » transparente comme celle de l'air , à leur » coupe nette et tranchée, aux fentes à vives » arêtes qui les divisent ; ils remplissent les » hautes vallées des grandes chaînes de mon- >• tagnes , et couvrent leurs pentes toutes les » fois que l'inclinaison n'est pas trop forte, et » que la neige a pu s'y arrêter.

» Leur grandeur diffère suivant les lieux ; » dans les Alpes comme dans les Pyrénées, il » y en a de plusieurs lieues d'étendue. M. de » Humboldt n'a point trouvé de vrais glaciers » dans les Cordillères : il en existe dans le n Caucase indien , beaucoup plus élevé.

» Leur aspect varie à l'infini : quelquefois » c'est une surface unie , doucement inclinée » vers sa base ; d'autres fois elle est inégale , » raboteuse et sillonnée de fentes profondes et i dangereuses ; elles font entendre , en se for- » mant, un bruit semblable à celui du tonnerre. » Ces détonations, assez fréquentes , rompent » le silence de ces profondes solitudes, et por- » tent la terreur et l'effroi dans l'âme du » voyageur ('). »

» Les ^anchements des sources et les écoulements des glaciers en fonte, forment de petits courants plus ou moins tranquilles ; ce sont les ruiiêeatuc. Les eaux des grandes pluies se précipitent avec plus de rapidité, et sillonnent

(•) Rinmiiun Cours iiimeniaire de Géogr, pbys, — GaeD. 1831.

les flancs des montagnes par des torrentê inw pétueux et vagabonds. La réunion de ces courants forme les rivières^ qui , en suivant la pente du terrain , se réunissent le plus souvent dans un plus grand canal , qui prend le nom de fleuve f et qui porte à l'Océan \ii tribut de la terre (').

» L'ensemble des pentes d'où découlent les ruisseaux et rivières qui se jettent dans un certain fleuve s'appelle le bassin de ce fleuve , ou sa région hydrographique. Les bassins de deux fleuves se touchent souvent de très près; mais il est presque toujours impossible d'aller de l'un à l'autre ou moyen des rivières ou d'autres cours d'eau. Cependant en Amérique, le Cassiquiare et diverses autres rivières réunissent le bassin de l'Orénoque à celui de l'Amazone p). En Europe, les sources de la Duna , du Niémen et du Dnieper ou Borysthène se confondent presque dans une plaine marécageuse.

» Il serait (selon la sage observation de Desmarets) essentiel de bien distinguer les massiUi hydrographiques ou les groupes des montagnes qui fournissent des eaux à un certain nombre de rivières, de quelque côté que coulent celles-ci , et qui ne reçoivent point d'eau d'aucune autre part. La connaissance des massifs est nécessaire pour expliquer la nature des rivières. Les terrains calcaires fournissent des eaux d'une nature bien différente de celles qui descendent des glaciers à travers les sables ou les argiles. L'élévation des sources détermine la quantité de la pente, et celle-ci influe sur la course rapide ou tranquille, régulière ou vagabonde des fleuves et des rivières.

» L'étude de ces masses saillantes de notre » globe, dit Lamoxuroux en parlant des massifs

(') Pour rexaclilude des termes , exaeUtude qui eit si importante en géographie comme dans toutes let sciences , nous définissons de la manière suivante ce qu'on doit entendre par ruisseau , rivière et fleuve i

Un ruisseau est le plus petit de tous les couis d'eau.

Une rivière est alimentée par un ou plusieurs ruisseaux, par une ou plusieurs rivières; elle peut être ou n'être pas navigable; elle peut se jeter dans un fleuve comme dans une mer.

Un fleuve est alimenté par une ou plusieurs rivières navigables; il se jette toujours dans une mer. (Voyez dans les Encrclopédies méthodique et moderne . nos articles Rivières et F'ersants.) J. H.

(*) La Condamne, Voyage de la rivière des . zones, p. 119. Uarteink^ Humboldt t etc.

UVRÉ TRENTE-DEUXIEME.

» ou plateaux hydrographiques , est Indispen- » sahle au géographe chargé de tracer les lin mites des empires, au géologue qui veut pé- » nétrer les mystères des anciennes révolutions »du glohe, au minéralogiste qui cherche à » connaître la composition des montagnes par M les débris que les eaux entraînent ; enfin à n ringénfeur qui doit diriger de grands tran vaux hydrauliques.

»• Par l'observation des massif hydrograw phlques, Ton peut connaître souvent Tépo- » que des débordements des rivières et des t» fleuves, la rapidité, la profondeur, le volume » des eaux, leur qualité physique, et rendre » par ce moyen un service signalé à l*agricul-

■ n ture et au commerce (*). n

» Les lits des fleuves sont la partie la plus basse des grandes fentes dues à la même révolution qui a produit les montagnes. Sans doute les eaux atmosphériques ont pu faire descendre une partie des terres meubles adossées aux flancs des montagnes ; elles ont pu , par leurs sédiments, fbrraer les plaines horizontales qui occupent le fond de certaines vallées (>) ; mais jamais un fleuve n'aurait pu s'ouvrir par ses,

* seules forces une route à travers les roches solides, comme celles qui l)ordent le Haut-Rhin, s'il n'en eûtpastrouvédcvant lui l'ébauche.Aujourd'hui les eaux courantes rongent et dégradent sans cesse leurs lits et leurs rives dans les lieux où elles ont beaucoup de pente ; elles se creusent des routes plus profondes dans les montagnes composées de pierres d'une dureté moyenne; elles entraînent des pierres et en fbrment des atterrlssements dans la partie Inférieure de leurs cours ; ainsi leurs lits s'exhaussent souvent dans les plaines, tandis que dans les montagnes Ils deviennent plus profonds. Mais ces changements, répétés pendant des milliers de siècles^ ne feraient que façonner les bords du lit ; Ils ne le créent point.

« Dans les commencements , la pente du terrahi peiit seule déterminer les eaux à couler; mais lorsqu'une fois l'Impulsion s'est communiquée à la masse, la pression seule de l'eau la fait couler, la pente fût-elle même niHle.

(•) Lamouroux, Késamé d'an Cours élémentaire de Géograph. phys. — (*) Comp. SaussurCf Voyages , SS ô*8. «20. Detamétherie, $ 161S. ( Poar l'acUon des neaTes: Bourguet , Lettres philosophiques, 181. f^mgtf Mémoires mlnértlog. vol. IIi, Mémoire sur U formaUon des vallées.)

Plusieurs grands fleuves coulent en efllet avec une pente presque Insensible. UAmazooe n*a, sur 200 lieues marines, que 10 pieds et demi de pente, ce qui fait i^ de pouce sur 1000 pieds (0. La Seine (^j, entre Valvins et Sèvres, a, sur 1100 toises, un pied de paite; la Loire en a, entre Pouilly et Briare, un pied sur 1250 ; mais entre Briare et Orléans, seulement un pied sur 2266. En Ostfrlse, deux petites rivières voisines ont offert, l'une i, l'autre f de pouce de pente sur 1000 pieds P) . La Marwede, entre Herdlnxveld et Dordrecht, baisse d*un pouce sur 1125 pieds : mais entre Dordrecht et la mer, seulement d'un pouce sur 9000 pieds (*) Même les rivières les plus rapides ont une moindre pente qu'on ne le pense communément. Le Bhfai, entre Scbaffhouse et Strasbourg, descend 4 pieds par mille géographique ; entre Strasbourg et Schenckenschantz, 2 pieds. C'est pour la même raison qu'un fleuve peut quelquefois en recevoir un autre presque aussi grand que lui , sans élargir considérablement son Ht; l'augmentation de masse accroît seulement la rapidité de la course. Quelquefois une rivière qui tombe dans une autre sous un angle très aigu, et qui a beaucoup de rapidité ou qui se grossit tout- A-coup par les pluies ou la fonte des neiges, oblige la première à rebrousser chemin et à retourner vers sa source pendant quelques instants. C'est ce qui est arrivé plus d'une fois au Khône, près Genève; l'impétueuse Arve, qui descend des montagnes de la Savoie, gonflée auHlelà de son ordinaire, a fait refluer dans le lac de Genève les eaux plus tranquilles du Bhêne; on vit les roues des moulins tourner en arrière (s).

>• Quelques fleuves n'ont point d'écoulements; les causes en sont aisées à découvrir. Le terrain ayant peu de pente, ne leur d(mne pas une assez grande force d'Impulsion ; des sables leur opposent une lente et perfide résistance. Quelquefois ces eaux sont vaporisées par le soleil, comme c'est le cas avec beaucoup de rivières d'Arabie et d'Afrique. Plus souvent

(•) La Condamine, 1. c, p. 134. — {•) PicaH, Traité du nivellement, p. 15Î. etc., etc. — (î) Brahm, Principes d'hydraulique, $ 20S ( en ail. ). — (4) f^ehen , Rivierliundigc Yerhandeling (Traité sur les rivières), p. 126 (en hollandais). Comp. Thydraulique générale de H^ebeking , en allemand. — (•) SamswrCf Voyages, S 16.

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

ees rivières s'écoulent dans des étangs , dans des marais ou dans des lacs salés.

» Les fleuves qui descendent des montagnes granitiques dans les terrains de sédiment, font souvent des $aulê ou des cataractes. Telles sont les cataracte^ du Nil , du Gange , et de quelques autres grands fleuves. Les cataractes sont aussi formées par des rivières ; le saut du Niagara en offre un magnifique et célèbre exemple. Ce sont les rivières rapides, ombragées d'arbres ou bordées de rocbes à pic qui forment les chutes les plus pittoresaues ; tantôt c'est une masse d*eau qui, avant d'arriver à terre, se disperse en une pluie fine, comme ]e Staùbbach; tantôt c'est un arc d'eau projeté en avant d'une muraille de rocher et souS laquelle on passe à pied sec, comme le Falling-spring de Virginie ; ici , dans le terrain granitique, on voit le Trolhetta et le Rhin, encore jeune, presser leilfs flots écumeux entre les rochers pointus ; là, dans les terrains calcaires, ce sont la Czettina et la Kerka qui, tombant de terrasse en terrasse, présentent tantôt ime nappe et tantôt une muraille d'eau ('). »

Les chutes formées par des ruisseaux ou des torrents reçoivent le nom de cascades. « Dans » celles-ci , les eaux du haut d*un précipice n s*élancent dans l'espace ; d'abord c'est un » ruban argenté qui se déploie sur les flancs » de la montagne; bientôt il diminue, et finit » par se réduire en vapeur et en brouillards w humides. Si le soleil les frappe de ses rayons, » il les change en diamants étincelants , il les » décore d'arcs-en-ciel mobiles et ondoyants , » et le zéphir balance au gré de son caprice » cette masse aussi légère qu'éclatante (•). »

« Il y a des cascades magnifiques créées , du moins en partie , par la main des hommes ; ainsi, on attribue au pape Clément YIII la naissance des cascades du Velino près Terni p).

« Les cascades et les cataractes, dit encore wLamouroux, perdent chaque jour de leur » élévation par la dégradation , par l'érosion »des falaises et des terrains supérieurs, ou » par l'exhaussement du sol inféiieur. Elles

(1) HerbiniSf Dlssertatlo de admirandls mundi eattractf^ , suprà et subterranels. Amsterdam , 1678. IiM. Voyages de Fortis , Carver , etc. — (') Lamouroux » Résumé d'un Cours élémentaire de Géograpb.

rbys. — (^) Opère di moosignor Claudio Todescki Rome, 1779), t. tf, p. 7t.

» devaient être cl plus nombreuses et plus «élevées dans l'ancloi monde. Chaque Jour » elles diminuent par l'action du temps qui » nivelle tout ; il agit sur elles comme sur les M autres objets que le globe présente, et dans » la suite des siècles on regardera peut-4tre to comme une fictio^ poétique les cataractes w du Nil et du Gange , le saut du Niagara, la » chute du Rhin, les cascades de Tenquedama, » de Gavarnie, etc. (*). »

^ Les cataractes de Toungouska, en Sibérie C) , ont successivement perdu de leur élévation par la d^radation des rochers, et ne sont plus que des descentes rapides.

» Lorsque le terrain n'offre pas une fklaise brusque, mais seulement une pente très rapide, et lorsqu'en même temps le lit de la rivière est resserré par des rochers , elles forment ce qu'on appelle un rapide, c'est-à-dire un courant doué d'une si grande vitesse , qu'il est impossible aux bateaux de le refouler. Les eaux y acquièrent même par la compression une force étonnante. Wintherboiham rapporte que la rivière du Gonnecticut, dans les EtaUn Unis, à quarante lieues de son embouchure, est tellement comprimée entre des rochers, qu^elle porte des morceaux de plomb comme si c'était du liège, et que, malgré les plus grands efforts , l'on ne peut pas faire entrer une pointe de fer dans l'eau. Ceci paraît exagéré.

« Les rapides ne s'opposent pas toujours à «» la navigation. S'il est impossible de les re- » monter , on peut quelquefois les descendre » et les franchir. Le sauvage dans son canot A d'écorce , le créole dans une chaloupe élé- » gante et l^ère, le commerçant dans sa bar- M que chargée des productions agricoles ou de t> celles de l'industrie, s'élancent sans crainte » sur cette espèce de gouffire qui semble prêt >»à les engloutir; ils regardent avec indiffé- » rence les tourbillons et la vélocité du fleuve, » si terrible pour le voyageur étranger à celte » navigation {•). »

» Les crues périodiques du Nil étaient r^;ardées comme un phénomène unique et comme un des plus grands mystères de la nature, jusqu'à

(') Rénmé d^un Coun étémintairt de Géographie physique. — (') ishrand Ides, Voyages au Nord , VIII, 64 sqq. Mulfer. RecueU pour l'histoire russe , VIII , 100, 118 sqq. (en allemand). — p) Lamourouit. ut sa)!rà.

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