UVRE TRENTE-DEUXIÈME
Jettent. Mais on ne saurait pas dire proprement que ees rivières traversent les lacs ; leurs eaux se mèleol; avec celles du bassin où elles se répandent (<). Ces lacs ont souvent des sources propres, soit près des bords, soit dans leur fond.
» n y a quatre à cinq lacs de cette classe dans l'Amérique septentrionale qui par leur grandeur ressemblent à des mers , et qui cependant, par récoulement continuel et l'apport des nouvelles eaux fluviatiles, conservent leur limpidité et leur douceur. L'Europe, l'Asie et l'Afrique en comptent aussi plusieurs.
» La quatrième classe des lacs offre des phénomènes beaucoup plus difficiles à expliquer. Il s'agit des lacs qui reçoivent des rivières, souvent même de grands fleuves, sans avoir aucun écoulement visible. Le plus célèbre est la mer Caspienne; l'Asie en contient encore beaucoup d'autres. Le Niger, s'il n'atteint pas la mer, s'écoule plutôt dans un lac semblable que dans un marais. L'Amérique méiidionale contient le lac Titicaca, qui est sans écoulement, quoiqu'il en reçoive un autre assez considérable. En un mot, ces lacs semblent appartenir à l'intérieur des grands continents ; ils s'y trouvent placés sur des plaines élevées, mais qui n'ont aucune pente sensible vers les mers, ce qui ne permet pas à ces amas d'eau de se frayer un chemin pour s'écouler.
» Ces lacs recevant toiyours de l'eau et n'en ayant aucun débouché, pourquoi ne débordentils pas? On peut répondre, quant à ceux qui sont situés sous un climat chaud, quel'évaporation, comme Halley l'observe, sufût pour lesiV^barrasser de leur trop-plein. Reste à sav<rir là les calculs de ce célèbre Anglais peuvent avec justesse s'appliquer à des climats aussi fr>ids que, par exemple, celui de la mer Caspienne. Observons d'abord qu'on a exagéré la quantité d'eau versée dans ce bassin par les fleuves 'y il n'y a d'autres grandes rivières que le Volga, le laik ou l'Oural et le Kour qui s'y Jettent; le reste n'est composé que de petits ruisseaux. Ajoutons que toute la côte orientale verse à peine un ruisseau dans cette fameuse mer. Remarquons encore [car rien n'est à négliger dans la géographie physique) que le Volga, peu profitmd, semble s'imbiber dans les terres qui en bordent le cours ; c'est la cause de l'humidité et de la fertilité qui distinguent (') Saussure, y ojtigts, $ 10.
ces terrains des landes vdsines. Enfin, si Ton s'obstinait à supposer une espèee de dispropo^ tion entre l'étendue de la mer Caspienne et son évaporation d'un côté et le volume d'eau qu'elle reçoit de l'autre (ce que nous sommes loin d'accorder) , on pourrait encore admettre Jnsou'à un certain point rimbibition de ses eaux dans les montagnes calcaires qui la bordent vers le midi et vers le sud-est. On sait oomblm les terrains de cette nature sent poreux et spongieux. Tous les rapports s'accordent à nous décrire les montagnes au sud de la Caspienne encore plus pénétrées d'humidité et plus riches en sources que celles de la Mingréile même, ce qui prouve ou l'Imbibition, ou , ce que nous aimerons mieux, une très fbrte évaporation. L'insalubrité de l'air, près de ces lacs, est encore une circonstance qui milite en foveor de l'opinion de Halley (i)»
ù Les phénomènes physiques qu'offrent certains lacs ont de tout temps exdté l'étonnément de la multitude. Les lae$ périoâiques sont les plus communs. Ceux que l'abondance des pluies fait naître , et que le soleil , Téttporation ou l'infiltration dessèchent , paraissent peu dignes de notre attention ; œ ne sont en Europe que des mares ; mais , entre les tropiques, ces mares couvrent quelquelbis des espaces de plusieurs centaines de hmts de long et de large : tels sont les fameux lacs de Xarayes et de Paria ^ tour A tour inscrits et effacés sur les cartes d'Amérique ; celai de Caèr, au Sénégal , est bien connu : U est pro-
(') Il eiUle d'autres uni d'été q«i» d'après tel déâoitioDS données ci-dessus , ne sont pas précisément des ftcs , bien que les géographes leur donneot Improprement ce nom. Ils ne rentrent dans aucune des classes qui viennent d'être OMatloniiées : ils en difèreot en ce qu'Us communiquent avec ks raen qui baigneni les contlDenls. « Ces amas d'eau (ainsi que nous l'avons dit dans rEncyciopédie métliodiqua} sont aux véritables lacs ce que les pénlosales sont aux Iles. Les péninsules tiennent aux terres par ira Istbme; kesaraai d'eau dont dom parient tiemant aux mers par un canal qui ne peut pat recevoir K nom de rivière. Et si l'on a santi' la nécessité dMmettre la dénomination de péninsule , on sentira de même celle de donner un nom à ces amas d'eau , que , sans blesser rexactitode des déBomiDatton» aeieatUiquei , on ne peut plut appeler lae*» »
Nous proposons donc de désigner sous le nom de pinélacs ces amas d'eau si nul dénommés josqu'i ce jour ; ils comprendront tous les lacs qui versent leurs eaux dans une mer par un canal. Ainsi un pénélae sera presque un lac, comme une péninsule est presque une Ile. J. H.
GÉOGfiAl*HlE PHVSIQUK.
SÈf
bable que I* Afrique en offre beaucoup d'exemples. Si malntenaat 11 existe dans les nombreuses cavités de la terre des lacs souterrains de cette espèce, et si c^ lacS communiquent avec d'autres lacs visibles ," il est facile de concevoir que leô eaux dé ces derniers peuvent quelquefois disparaître entièrement, ett se perdant dans le bassin des lacs souterrains desséchés. Ce bassin venant de nouveau à se remplir, les eaux en ressortent pour remplir le bassin supérieur^ Si , dans un semblable système de cavités souterraines, le dernier chaînon se trouve être un amas d*eati souterraine situé à un niveau élevé, dans le sein d'une montagne, le retour périodique des eaux dans le bassin visible peut être accompagné d'un mouvement semblable à celui des fontaines Jaillissantes. C'est par ces sortes de jeux d'hydraulique que la nature entretient les merveilles du lac de Clrkniti en îllyrie et de beaucoup d'autres de la même espèce.
*» La prétendue r^ularité de ces retours périodiques, attribuée entre autres au lac de Kanten en Prusse, n'est pas appuyée sur des témoignages authentiques. En comparant les observations faites depuis 1715 sur la mer Caspienne , on reste convaincu que ce grand lae augmente et diminue de 5 à 6 toises, selon l'abondance des neiges et des pluies dans les contrées dont 11 reçoit les eaux ; mais on Voit anssi que ces changements ne suivent aucune période ('). Des lacs, alimentés par la fonte des neiges, peuvent même changer de niveau le matin et l'après-midi, selon que l'action du soleil agit plus ou moins Sur les montagnes voisines. C'est ainsi qu'on doit expliquer » ce nous semble, les êèiches, ou hausses et baisses périodiques du lac de Genève (^).
» Les mouvements des lacs qui ne dépenddent point d'une augmentation de volume des eaux présentent des questions très compliquées# Nous doutons qu'il y ait des lacs qui communiquent sous terre avec la mer, et qui doivent à une semblable communication des marées régulières. L'équilibre de l'atmoq^hère, dérangé par l'électricité ou par d'autres causes, peut faire soulever Feau en dian-
{') Mtfichkûw, Topographie d'Orenboarg (trad. an.). I» 166-167. Pallas, Voyage dans ta Russie méridionale, 1 , 434 (en aU.). — (') Jalaberi , Mémol' res de l'Académie des sciences de Paris, 1741 , p. 32 Gimp. Sauuare, $$ 20-2&.
géant la ibrce de pesanteur qui la retient à son niveau. Il y a dans le lac Mmon une baie où séjournent perpétuellement des nuages électriques ; aucun voyageur ne l'a traversée sans entendre gronder le tonnerre (*). Dans le Portugal il y a un étang près de Beja , dans rAlentejo , qui , par ses mugissements effroyables , annonce l'approdie d'titi orôge {% D'autres lacs paraissent agités par le dégagemaat des ga^ souterrains, ou par des vents qui roulent dans quelque caverne avec laquelle le bassin communique. Près Boleslaw en Bohême, un lac dont on n'a pu trouver la profbûdeur émet quelquefois, dans l'hiver, des Vents assez forts pour soulever en Talr des morceaux de glace pesant plusieurs quintaux ^s;. Deux lacs considérables, le Lomoni en Ecosse et le Wètter en Suède, éprouvent souvent, par le plus beau temps, des agitations violentes. Dans la Marche moyenne de Brandebourg, l'étang de Krestin commence souvent, par un temps tranquille , à bouillonner en tourbillons qui engloutissent les barques des pêcheurs {*].
» Parmi les considérations générales sur les lacs, les îleê fiottanieê occupent, chez quelques géographes, un grand espace. Mais lorsqu'on considère, d'un côté, combien il y a de marais presque inaccessibles, toujours nageant dans l'eau, et cependant couverts de broussailles et même d'arbres ; quand, de l'autre c6té, on regarde ces couches de végétaux, ces immoises forêts qu'on trouve ensevelies, et très récemment ensevelies dans les tourbières, alors on peut aisément se fermer une idée de ces ÎU$ fiottanieê que nous citent quelques géographes comme des merveilles de la nature. Ce sont tout simplement des terrahis d'une nature tourbeuse, mais très légère, quelquefois seulement tissus de roseaux et de racines d'arbres; après avoir été minés par les eaux, ils se détachent du rivage, et à cause de leur grande étendue. Jointe h Une épaisseur très mince, ils restent suspendus et flottants à la surface des eaux (*). Le charmant lac Lomond en Ecosse doit contenir quelques unes de ces iles flottantes qui, en général, paraissent ne
(•) Carver , Voyage dcns rinléflear d« TAmériqnc, elc. — («) Burges , elle par Bergmann , • 6éo* graphie pbyslqne , § 98- — W Acia eradit, I68f. — (4) Bemouilli^ Afch, des voyages, I, «6. — (5) Ptin., Uiatoife naUrtlle, il, c 9ô.,
LIVtlE TRENTE-BEUXIÈME.
pas être rares en Ecosse et en Irlande. Près de Saint-Omer, dans le ci-devant Artois, un petit lac est couvert d*ilots semblables, hes lagunes de Gomaccbio en offrent un grand nombre (<]. Les plus considérables qu'on cite sont celles du lac de Gerdau en Prusse, qui servaient de pâturage à un troupeau de 100 têtes, et celle du lac de Kolk, au pays d'Osnabruck, couverte de très beaux ormes (^).
» Il y a des lies flottantes qui tour à tour se montrent et disparaissent. Le lac Râlang, dans la Smâlande, province de Suède, renferme un Ilot flottant qui, depuis 1696 jusqu'en 1766, s'est montré dix fols , généralement aux mois de septembre et d'octobre (3). il avait 280 pieds de long et 220 de large. 11 y a une île semblable en Ostrogotlue.
» Les îles flottantes peuvent avoir influé sur la formation du globe. Celles que Pline et Senèque virent flotter dans les lacs de Bolsena, de Bressanello et d'autres, sont devenues fixes. L'Ostfrise renferme un lac souterrain qui parait avoir été couvert d'iles flottantes qui, successivement réunies, ont fini par former une croûte solide (*).
» L'ombre des forêts épaisses ou des hautes montagnçs peut empêcher certains lacs, comme leLoch'Wyn d'Ecosse, de se débarrasser des glaces perpétuelles qui les couvrent en tout ou en partie. D'autres lacs, toujours remués par des vents ou«agités par les rivières qu'ils reçoivent et les sources qui les alimentent, bravent toutes les rigueurs d'un climat glacial. Le phénomène le plus extraordinaire serait de voir des lacs se geler pendant l'été ; on l'a dit de quelques uns de la Chine, et on en a cherché la cause dans la nature saline du terrain voisin ; mais le fait parait avoir été mal observé ou mal rendu (*)•
t La profondeur des lacs varie à l'infini et ne peut être un objet de la géographie physi- ' que générale. Nous devons nous borner à contredire l'opinion populaire sur des lacs sans fond ; ceux qu'on a jugés tels ne doivent cette réputation qu'à des courants qui emportent les sondes. Mais oa ne doit pas relier parmi les
(») Girohmo iSilvesiri , Traité des lies flottaDtee aDclennes et modernes (en ttalien). — (") Kant, Géograpbie physique, II , part. I , p. 114. — (s) Bergtnann , Géogsaphie physique. Il , 238. — (}) AmaUs de la Monarchie prumewte, 1709, p^ 292 (en allemand). — (5) Mém. de VAcad. des Sciwceê, îlii.
fables les lacs à doubles fonds'qu'oi^ ^ ^^^^ ter dans là Jemtie en Suède et ailleurs (H. Go conçoit qu'une croûte, formée^ d'un tissu de raisinés, semblable aux lies flottantes, peut exister au fbndd'un lac, et, en se soulevant ou s'abaîssant, en faire varier en ai^[Mireiioe la profiMideur.
» Telles sont les principales observations à faire sur la naissance et le mouveme&t des sources, des rivières et des lacs; nous allons les considérer sous le rapport de leur nature •': chimique.
» Nous avons déjà remarqué ia propriété que possède l'eau d'absorber l'air atmosjMié^ rique. On estime que l'eau douce tient ordinairement en dissolution ~ de son pcéds d'air p). Il lui faut un certain temps^our s'en saturer, «t tous les éléments qui ooDpposoril l'air ne sont pas absorbés par reau^-ftTe0a, «nême promptitude. L^igtoe pur s'JfMAnie et s'y unit le plas facilement La J)onn»4balité des eaux douces consiste à -être coatyUle* ment saturées d'oxigène, qui ^It être sevrait renouvelé par le roulemait et l'i^tatitdfe^ ces eaux. Leur mauvaise qualité pnwlent^B de l'altération ou de la surabondante d'ail*gène ; l'une et l'autre annoncent la (Irésenoe d'une substance hétén^ne dans Teau, capaïf ble d'absorber plus d'oxigène ou de l'altère^ Ces substances hétérogènes sont dlfMmipi^.v des sels, des oxides métalliques, du du gravier, du limon.
» Ces principes^ consacrés par la défile deme, peuvent faire croire que rinfkaHkoédit expositions locales sur la nature des esoiX «fit aussi puissante que nous l'indique Hipf0* crate (^ . Les eaux exposées au Uëant, dlM^ sont limpides, inodores, molles et «gr( boire, parce que le soleil à son lever Idl rige, en dissipant les brouillards du matin qirf auraient pu s'y mêler. Les eaux exposées a« • couchant manquent de cet avantage et ne SM|, point limpides. Celles qui coulent vers lé mwUi^ \, : et sont exposées aux vents chauds^ doivsid; être saumâtres, peu profondes, et par «Què^ quent chaudes en été et froides en hivo*, f^fo-
{*) Bergmann , $ 93.
(*) Cet air est ordinairement plus ricbe eo msifêmt que celui de Tatmosphère : il est composé de 32 parties d'oxigène el de 68 d*azote. J. H. ' -
(3) Traité des airs, des eaux et des lieux , SfilX,- XX , XXII , XXV , édiUon de Comy.
GâDGRA^HIfi PHYSIQUE.
pi'es à énerver rhomme et à lai causer plihsieurs maladies. Enfin, les eaux exposées au nord doivent généralement être froides, dures et crues ; leur usage tarit le lait des femmes et les rend stédles. Tel est le système à'Hippoerate; mais on ne doit pas, avec les aveugles Hlppocra^tes, lui donner une application générale et exclusive : car il est lié à ses idées sur la nature q[>articulière des vents, et ces Idées ne contiennent que des vérités locales, applicables à la Grèce et à TAsie-Mineure.
» Les eaux de marais, d*étaug, et toutes celles qui croupissent sur le terrain, faute d'éooutement, sont malsaines; elles tiennent eh dissolution de Tazote et de Thydrogène, provenant de la décomposition des plantes, des Insectes , des poissons. L'atmosphère d'alentour se charge de ces gaz insalubres. Ceux qui habitent autour des eaux marécageuses et ceux qui en boivent mènent une vie souffrante, restent sans forces et vieillissent promptement. *
»> Dans l'ancien pays de France appelé la Sologne, pour ne pas chercher des exemples lointains, l'humidité stagnante donne au peuple des visages pâles^ des yeux layguissants, une voix faible (■].
*» Les eaux stagnantes absorbent presque toujours une grande quantité d'air fixe ou d'acide carbonique; car ce gaz est porté par sa pesanteur vers la surface des eaux et ne s'en dégage pas.
w Les eaux de collinet et de montagnes diffèrent en qualité, selon qu'elles fiiti*ent à travers des bancs de roc vif, des schistes, des quarz , des sables qu'elles ne peuvent guàre attaquer, ou qu'elles coulent sur des couches d'ar^f/e^(at5e qu'elles n'entraînent point ni ne dissolvent, ou qu'enfin elles traversent des terrains calcaires, marneux, gypseux, imprégnés de magnésie, de sel et de bitume. Celles-ci sont toujours très mélangées de substances hétérogènes, et la plupart du temps dures, crues, troubles et peu saines, du moins pour Tusage Journalier. Aussi Hippocrate, Homère et Plutarque en ont-ils déjà condamné Tusage (^). Les eaux qui, dans les terrains anciens, ont des argiles pour base, sont les plus communes de toutes; elles réunissent les qualités essen-
(•) Mém. de fa ^ocUU royale de médecine , Année 1776, p. Ô1-72. — (») Hippocrate^ l. c, J XXXV, el le 'commenlaire de Çoray > p. 107.
tieHes des eaux salubres. Celles qui coulent du roc vif sont encore plus pures et plus limpides, surtout lorsque le roulement et le frottement sur un lit pierreux leur fait éprouver une espèce de filtration.
I» Les eaux de lacs étant apportées par les sources et les fleuves, en partagent les diverses natures. Il y a des lacs qui ont les eaux exti'émement limpides : tels sont le lac de Genève et celui de Wetter en Suède. Dans ce dernier, on voit, à vingt brasses de profon- * deur, un denier au fond de l'eau. Mais les lacs qui ont les eaux dormantes ou salées, ou bitumineuses, méritent d'être regardés comme aussi dangereux et aussi nuisibles que les marais.
» Les eaux de fleuves contiennent, à la vérité, des éléments très hétérogènes et qui semblent devoir se combattre ; mais c'est peut-être autant à cette destruction réciproque des germes nuisibles, qu'au mouvement continuel, que les eaux fluviatiles doivent l'avantage de convenir au commun des hommes et d'entretenir, partout où elles coulent, la fraîcheur de l'atmosphère. Cependant elles forment souvent un sédiment de gravier et de limon. Hippocrate prétend que leur usage produit, entre autres maladies, la pierre (*).
i Les eaux de puits prennent souvent, par un trop long repos, les mauvaises qualités des eaux stagnantes.
» L'eau de mer est pour nous un vomitif; et cependant les habitants de l'Ile de Pâques, dans la mei* Pacifique, en font leur boisson ordinaire.
» Parmi les eaux du ciel, celles de pluie sont les plus saines à cause de leur douceur et de leur légèreté. Hippocrate a très bien observé les procédés admirables que la nature emploie pour distiller les vapeurs enlevées à la terre par l'action du soleil. Ces vapeurs sont agitées et roulées en tous sens; leurs parties les plus troubles et les plus terreuses s'en séparent, et, abaissées par leur poids, forment les brouillards. Le reste, plus subtil, plus léger, est encore plus parfaitement dissous par la chaleur solah-e. C'est de ce reste que se forment les gouttes de la pluie. Mais la première pluie qui tombe après une longue sécheresse, en traversant l'air, se charge de beaucoup de
f) Hippocrate, l. c, %U, el le commentaire de Coray,134.