‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 131 sur 229 · LIVRE TBBNTE-DBUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TBBNTE-DBUXIEME

substances hétérogènes, et devient par conséquent très impure avant d'arriver à la terre. Les pluies qui la suivent ne souffrent point de cet ineonvéni«Dt, mais toute eau pluvieuse est sujette à se corrompre m très peu de temps.

» Les €0uœ de neige et de glace(mt une origine très diiférente de celle des eaux de pluie ; car la neige et la glace se forment par la privation du calorique, et par conséquent manquent des parties les plus subtiles de Teau i ' donc les eaux dans lesquelles ces substances se résolvent doivent être plus dures et plus lourdes que les eaux de pluie.

»• D'après l'opinion la plus accréditée, ces eaux causent à ceux qui les boivent des goitres et d'autres tumeurs (').

» IHus une eau est mélangée, phis elle est pesante* Voici) d'après Bergmmm, les rapports de quelques espèees d'eau :

llsmn êUtUUe^^ibe/à . . . 1,000

L'#md#<otirM^ la plus pure l,00iàl,0ÛS

Vewierwikre . , , . 1,010

L'Mm 4e mer « « , , 1,012

L'ettucrou^sanH . , « 1,102

» Après avoir considéré les quUités des eaux ordinaires, nous allons nous occuper des eaux minérales, c'est-à-dire de celles qui sont combinées avec quelques substances du règne minéral en quantité assez considérable pour leur dter cette absence de goût et de couleur qui est le caractère de l'eau douce p) . Ces substances étrangères s'y trouvent ou dans l'état d'une division mécanique très subtile, ou dans celui d'une vraie dissolution chimique. On divise les eaux minérales en deux groupes, les firoidee et les thermalee ou ehaudee, que l'on

(0 FertUf, In comment, de reb. In toienl. nataraK •t nedic. gMtli XXI V» 134. Gomp. ÎM., tunnl. D#câd,l,p, 46a,

(*) Les 8ob»taDces dont on a signalé la présence dans les eaui minérales sont : l*oxigène, razote , Taclde carbonique , l'hydrogène sulfuré, Paclde borique «I boraeique , l'acide sulfureux , la silice , la soude; les sulfates de soude, d'ammoniaque , de chaux, de magnésie , d'alumine , de potasse, de fer et de cuivre j les nitrates de potasse , de chaux et de magnésie; les hydrochlorates de potasse , de soude , d'ammoniaque, de chaux, de magnésie, d'alumine et de manganèse; le sous-borate de soude, les phosphates de chaux et d'alumine, et le fluate de chaux; enfin des matières végétales et animales en petite quantité. ( Voycs le Traité de ehlmie élénentiire ibéorl- <>ue et pratique par M. Thénard.) J. H.

partage ensuite en huit classes appelées : r ferrugineuêee froidu; 9f* ferrugineuees thermalee; 3^ sulfureuses froide^; 4» sulfureuses thermales ; 5^ gazeuses froides; e^ gazeuses thermales ; 7^ salines /hiides ; 9^ «alioes thermales.

1» Les acides se ocmibineot fadl^pient avec l'eau, mais ils s'emparent aussi rapidemeot de quelque substance saline, tecrause ou métaUique, de seiljp que les Mtijr a«tdii(«f ou ^osMiici n'offrent presque Jamais l*acide libre. On cite la source de Latera, à 32 milles de Y iterbe, et celle de Selvena, à 46 milles de Siém, où Tadde sulfurique libre est combiné avec l'eau (>). Les lacs d^ Gherchiaio, de CasteKNuovo ^ de Monte-Rotondo, également en Italie, ont offert radde boradque libre (») ; mais ce sont des cas rares. L'acide carbonique se trouve presque libre dans la source dite le Samerling, près Garlsbad en Bohème (>). Les eaux de cette souroe contiennent une quantité d'acide égale à leur propre volimi^ ceDes de Seltx n'en > eontleiuieilt oommunéinoit que ?, celles de Pyrment }, et celles de Spa 7.

» Les eaux ferrugineuset thermales sont les plus comq^unes; nous pourrions en oomi^ quelques centaines en Fnpce et en AUeniague. L'acide carbonique y est combiné avec de Toore ferrugineuse; on y trouve de la magnésie, du set de Gkmber, de l'alcali v^élii, du muriate de soude et d'autres substances, de sorte qu'on peut facilement les imiter. Bogmann en fabriquait, il y a 40 ana, pour son px^re usage et pour çfivà de ses ^»iiiis. Les eaux ferrugineuses froldea, comme à FcMrgei et .à Aumale, sont encore ftes comminMa. Celles de Passy contiennent du sulfate et du carbonate de chaux, de rhydrodilonte d»

inagnésie et de soude, de l'oxlde de fec et umb matière animale. Les eaux eoHme fraidee sont chargées de sulâctes de magnésie et de ciiaux; telles sont les eaux de Sedlitz, deNiedetitfuia et d Epsom. Les steppes de Iji Sibérie, au aoidest de la mer Gaspléme, sont semées de lacs de cette nature; ils fument presque une chaîne, depuis le Kouma et le bas Volga jusqu'audelà du Jeniseî (*). A côté de ces étangs on m

(') randelli , de Thermis agri Palavlni. Bergmanm, I. 34fi, — («} LavoisUr, Traité élément, de chimie, I. 2fr^> Fourcroy, Éléments de chimie, I, 50a — (3j Ampi-oiA.M^oiresdechimie, 1,320.— (4)GMi. Description de la Roiils, 111 . n-^

OÉOOBAPHIE PHYSIQUE*

Yoltqui coiiMenAentdQnatroii ou du carbonate de soude. La'^méme abondance d'eaux salines otf amèresBe trouve dans les plaines de Hongrie. Ce trait serait-il commun à tous les bassins d'anciennes eaux méditerranées ? Les eaux calmes ihermaUê sont assez nombreuses ; on eite celles de Bath en Angleterre, de Wiesebaden dans le duché de Nassau^ de Landeck en Silésie, de Glashûtte en Hongrie, de Tœplitz en Bohème, de Saint^ervais en Savoie,. une vingtaine en France, et deux ou trois en Bussie.

» La formation^des eaux acidulés est une de ces opérations journalières de la nature que la science est parvenue à connaître. Les eaux courantes trouvent dans le sein de la terre des substances acidifères , dont les acides se dégagent, soit par leur affinité pour Teau ^ soit par la fermentation qu'un acide plus fort cause parmi des acides plus faibles ; ce procédé chimique se renouvelle perpétuellement; la chaux, qui contient jusqu'à deux cinquièmes de son poids d'acide carbcmique , fournit abondamment aux eaux minérales cet acide qui en est la base générale ('). Les pyrites , très répandues sur le gh^ , donnent par dégagement de l'acide sulfurique f ). Les eaux imprégnées de cet acide vont dissoudre le fer, la chaux , la magnésie , «1 un mot tontes les substances* La silice elle^ même, qui a long-temps passé pour insoluble dans l'eau, s*est pourtant trouvée dissoute, non seulement dans l'eau bouillante des terrtins volcaniques , connne dans les sources de Geyser et Bykum en Islande , et celles du Mont-Dor et de Bourbon TArchambault en France, mais même dans des sources d'une chatenr tempérée et jusque dans les eaux communes (*). Les eaux minérales ne restent pas dans cet état où les a mises une première opératk» chimkiue ; en coulant ou en s'inûltrant, dies rencontrent tantôtun sel , tantôt un acide, ék ces diverses substances , en s'unissant , en se séparant ou en se modifiant d'après leurs affinités avec la base des eaux minérales , leur communiquent les qualités qui en font varier à l'infini la nature chimique et médicale (^

» Il s'en fhut bien que toutes ces combinai-

f) Bergmann , Géographie physiqee , 1 , 370. ~ (*) ^toproiA, Mémoires de chimie, 1 , 316.— (') j?ergmann , DissertatioB sur la source d'Upsala. Klaproth, Mémoires de chimie , 1 , 340 sqq. ,319.

(^) Ce qui parall difficile à expliquer, c*esi la présence d'une matière animale dans un grand nombre

sons soient bienfaisantes. Sans parler des vapeurs sulfureuses ou carboniques qui sortent de plusieurs eaux , il parait très certain qu'il y a plusieurs sources imprégnées de vapeurs arsenicales etmercurielles. Mais la plupart du temps on a sagement enseveli sous des amas de pierres ces affreux laboratoires où la nature elle-même fait le rôle d'empoisonneuse. Selon Bergmann , il faut , pour dissoudre l'arsenic , un volume d'eau quatorze à quinze fois plus grand, si elle est chaude ; et quatre-vingt-dix fois si elle est froide , circonstance qui, jointe à la rareté de ce minéral funeste, rend les sources arséniatées peu communes.

» Nous connaissons déjà les eauœ timple^ mmt métallifères ou qui roulent des parcelles de métal , lesquelles , n'étant pas combinées avec le fluide , se déposent successivement. Les rivières aurifères ne tiennent pas même les molécules en suspension ; elles roulent des parcelles d'or détachées de quelque rocher. Ces eaux ne sont pas minérales dans le sens propre du mot. On en pourrait dire autant des eaux cémentaires ordinaires et de la plupart de celles des mines d'or, d'argent, de plomb, d'étain, etc. On en cite qui ont formé dans une mine de Kongs]>erg un dépèt de plomb argentifère.

» Les eaux salées , ou , pour parier avec les modernes , chaînées de chlorure de sodium y sont peut-être les plus communes de toutes y mais elles existent rarement dans un état de pureté parfaite. Elles abondentlelong des monts Karpathes, des monts Ouraliens , et en géné*ral dans la zone comprise entre le 50® et le 30* parallèle de latitude septentrionale ; plus au nord, elles manquent presque entièrement; plus au mi^ , le sel cristallisé abonde à la vérité en certaines régions , comme dans le grand désert d'Afrique , mais nous n'y voycms que peu de sources salées. C'est également dans la zone tempérée du nord que fourmillent les

d'eaux minérales. Comme elle a été étudiée dans celles de Barèges par M. Longchamp , elle a reçu de lui le nom de Barégine; il a prouvé même qu'elle n'avait aucune analogie avec la gélatine par laquelle on la remplace dans les eaux minérales*arlificielles. On a prétendu qu'elle pouvait être le résultat de la décomposition de quelque matière végétale, ou peut* être de ces corpuscules sïieroscopiques qui naissent spontanément dans l'eau. Mats qu'est-ce que la matière animale? comment doit-on la caractériser lorsqu'on sait qu'elle se trouve dans un grand nombre de végéUux , et spéei«leneiit dam eeoi de la famille des crucifères? |. U*

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