‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 138 sur 229 · LIVRE TRENTE- QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE- QUATRIÈME

Suite de la Théorie de la Géographie. — Des sabsUDces mlDérales qui coinposeDt la partie solide du Globe. — Première section : Minéraux; leur emploi dans les arts et l'industrie.

La croûte solide de la terre se compose de bancs, de couches, qui offrent dans leur structure plus ou moins de régularité et de solidité, et de dépôts de matières pulvérulentes, argileuses ou terreuses, disposées d*une manière irrégulière. L*étude de la succession de ces coudies et de ces dépôts constitue, selon nous, deux branches de connaissances importantes, que Ton confond quelquefois, mais à tort> en une seule : Tune est la géognosie, qui a pour objet de déterminer leur position relative; Tautre est la géogénie, qui se propose de rechercher les causes qui ont pr^idé à la formation de ces couches et de ces dépôts. Ces deux branches de connaissances constituent la géo-hffie, La première dirige le mineur dans les travaux qui ont pour objet de reconnaître le gisement des métaux employés dans les arts et rindustrie; la seconde, retraçant Thistoire des changements ou des révolutions qui ont modifié et qui modifieront encore Tenveloppe extérieure du globe, se rattache directement à la géographie physique. Mais on conçoit qu'avant de retracer les faits sur lesquels s'appuie aujoui*d'hui la géologie, il convient d'examiner quelles sont les principales substances qui jouent un rôle dans la composition de Técorcc terrestre, quelles sont surtout celles qui

par leur utilité méritent le plus d'attention. Ces notions préliminaires nous conduiront au moyen d'apprécier une importante source de richesse pour les États : la quantité de minéraux utiles ou précieux exploités sur leur territoire.

Les progrès de la chimie moderne ont prouvé la nécessité de prendre la science des analyses pour principal guide de la minéralogie, en s'appuyant cependant sur les caractères extérieurs des minéraux, caractères basés sur leurs formes, quelquefois si régulières et si variées j sur leurs structures ; sur leurs propriétés optiques, c'est-à-dire sur les couleurs propres qui les distinguent ou sur celles qu'ils reflètent en vertu de l'agrégation de leurs molécules; sur leur pesanteur spécifique; sur leurs propriétés électriques et magnétiques;

(<) M. de Haroboldt pense que c'est i l'action d'un courant sous-marin dirigé des pôles vers Téquateur qu'il faut attribuer les basses températures observées par les navigateurs à difTérentes latitudes. Le capi- Uine Becchey a trouvé la température des eaux polaires au-dessus de 6» 3 à leur surface, et à tO brasses au-dessous de 1<».4; le capitaine d'Urville, par 19 degrés de latitude australe, a puisé à 8Î0 brasses, de l'eau à 40.6, et le capitaine Kotzcbue à 526 brasses, et par le Zf degré de latitude , à î«.5.

UVRK TRENTE-QUATRIEME.

sur leur phosphoreseenoe^ sur Faction qu'opèrent sur eux certains addes; sur leur odeur ou leur saveur; enfin sur leur dureté, leur ténacité, leur ductilité, ou sur la dissemblance tirée de la comparaison des caractères qu'offrent les minéraux qui ont entre eux des rapports extérieurs. Les principes cristallographiques adoptés par Haûy seront donc long-temps encore un guide s&r pour le minéralogiste; mais la composition chimique doit désormais servir de base à la classification. Haûy Tavait senti; M. Brongniart a fait de Tapplication de ce principe Tappui de sa classification mixte; le savant chimiste suédois Berzélius en a fait une application complète; mais M. Rendant nous semble avoir été plus heureux en appliquant d*une manière plus étendue la théorie des proportions définies et le système atomique à rétude de la minéralogie. C'est donc la classification de ce savant que nous allons prendre pour guide dans cet exposé.

Suivant la définition qu'en donne M. Rendant (1), l'objet de la minéralogie est de connaître les corps qui , de temps immémorial , ont reçu le nom de minéraux. Mais nous dirons avec lui que a cette dénomination ne doit cependant-pas faire exclure, comme on Ta cru souvent, les liquides et les fluides aériformes qui se trouvent naturellement à la surfa^ ou dans rintérieur de la terre, parce que si le nom de minéraux parait peu lem* convenir, ils n'en sont pas moins des corps bruts, et ne peuvent être compris parmi ceux qu'on doit regarder comme formés à l'aide des forces vitales. »

Tous ces corps se groupent en trois classes et en familles. La première classe est celle des gazolytes : elle comprend , d'après la définition de M. Rendant, les substances renfermant comme principe électro-négatif des corps gazeux, liquides ou solides, susceptibles de former des combinaisons gazeuses permanentes avec l'oxigène, avec l'hydrogène ou avec le phtore (l'acide fluorlque). La seconde classe, celle des îeucolytes (^) , se compose des substances renfermant comme principe électronégatif des corps solides qui ne donnent généralement que des solutions blanches avec les acides, et ne sont point susceptibles de former des gaz permanents. Enfin la troisième classe,

(•) Traiié élémentaire de Minéralogie , tom. I*"", pag. 8 1^ 2« édiUon. — Pari», 1830. ^ {*) De Xiv*U blanc, et de Xvt^$> soluble.

celle des ekroieolyttê (*), est formée de substances renfermant comme principe électronégatif des corps solides susceptibles de fbrmer des sels ou des solutions colorées et ne se réduisant jamais en gaz permanent.

La nombreuse classe des gazolytes renfenne douze familles, dont la plus importante, par le nombre de ses espèces , est celle de iiUddeê, corps composés de silice, c*est-à-dire d'oxide de silicium, ou mieux d'acide silicique, soit seul, soit combiné avec divers oxides. Elle se divise en deux genres, le genre silice et le genre silicate. Dans le premier se trouve le qu€wz on le cristal de roche, minéral rayant fortement le verre, et cristallisant en prisme hexagpne; employé jadis à faire des coupes, des lustres et d'autres objets de luxe, mais remplacé au • jourd'hui par l'espèce de verre appelé cristal. Le quarz limpide estcependantencoreenui^^e pour fabriquer des verres de lunettes qui ont l'avantage de ne pas se laisser rayer. Les autres variétés de quarz sont Yaméthyste, que l'on taille pour la byouterie; le quarz jaune, ou la fausse topaze, et le quarz brun ou enfumé ou la topaze de Sibérie. L'on eropleie aussi à divers objets de luxe V agate, surtout lorsqu'elle est ornée de ces dendrites de manganèse appelées herborisations; la caicédoÙM, dont on fait des coupes, des tabatières et des cachets ; la sardtnne ou la cornaline, qui [datt par sa belle couleur rouge et sa demi-transparence; la chrysoprase, d'un vert clair et tendre; l'agate , ou la calcédoine onyx, dont les couches de diverses nuances se prêtent admirablement au talent du graveur en camées. La calcédoine géodique enhydre est une petite géode, un tubercule creux renfermant une goutte d*eau que sa transluciditépermetd^apercevoir ; on en fait aussi des byoux. La calcé^ doine jaspée, qui se nuance et se panache de rouge, de vert et d'autres couleurs, est employée aux mêmes usages que l'agate.

La silice, qui forme ces variétés précieuses, prend une pâte moins fine et donne alors la calcédoine, pierre à fusil, le quarz agate pyromaque, ou pierre à briquet, dont l'utilité n'a pas besoin d'être rappelée ; la calcédoine ce/lulaire ou pierre meulière, dont les petites cavités irréguUères en font la pierre la plus propre à la confection des meules de moulin. Ëniln , parmi les variétés que nous citerons

(•) De X9^ * couleur I et de W^, sduble.

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

aicore^ bien qu'elles ne soient d*aucane utilité dans les arts, onremarquera le quarz neetique que Ton recueille à Saint-Ouen, près Paris, et qui, tout en rayant le verre, Jouit de la singulière propriété de nager sur Teau.

Le genre sUiee comprend encore une espèce importante comme pierre précieuse : c'est Topale, substance qui n*offire aucun indice de orlstailisation, ni double réfraction, mais qui du reste présente tous les caractères du quartz. Les bijoutiers emploient les variétés irisées, qui plaisent par leurs reflets rouges, jaunes et bleus. Parmi ces variétés se trouve l'opale laiteuse, translucide blanche, Topale ferrugineuse ou le jaspe opale, et l'opale hydrophane qui s'attache à la langue, et qui, plongée dans l'eau, change son opacité en une agréable transparence que relèvent quelquefois des reflets irisés. Mais ces variétés ne sont d'aucune utilité dans les arts.

Le genre silicate nous offre un grand nombre d'espèces. Dans les silicates alutnineuw nous distinguerons la staurotide, qui doit son nom à la forme de croix qu'elle affecte ordinairement ; le disthène, dont les variétés bleues ont quelquefois été placées parmi les gemmes ; Vémeraude, qui n'est d'aucun usage lorsqu'elle est opaque comme celle des environs de Limoges, mais qui est rangée parmi les plus belles pierres précieuses lorsque, comme celle du Pérou, elle flatte agréablement l'œil par sa belle couleur verte, et qui, avec la couleur bleue, prend chez les lapidaires le nom d'atgue-marine et celui de béril lorsqu'elle est d'un vert jaunâtre ; Yeuclase, qui cristallise en prisme et se brise facilement ; le grenat, qui forme un sous-genre et dont les diverses espèces reçoivent différents noms : ainsi le grenat noir est la mélanite, le rouge violet est Yalmandine ou le grenat syrien, le vert jaunâtre ou le rouge orangé porte les noms de grossulaire et d'essonite. Les belles variétés de grenat syrien et d'essonite sont employées dans la bijouterie et sont d'un prix élevé lorsqu'elles sont d'une teinte vive et unie.

D'autres silicates alumineux nous offrent la mésotype, substance blanche qui cristallise en prismes rhomboïdaux; la préhnite, qui se présente en flbres radiées ; Vépidote qui, par ses variétés de composition ou de cristallisation, forme un sous-genre; la méîonite ou hyacinthe blanche du Vésuve; la wemerite.

tantôt blanchâtre, grisâtre, verdâtre ou rougeâtre ; la népheline qui cristallise en prismes hexagones ; la thomsonite en prismes à base carrée ; la pinite en prismes rectangulaires ; la chabasiey substance blandie en rhomboïdes , Yamphigène en dodécaèdres; Vanaleime en cubes ; la laumonite en prismes rhomboïdaux obliques ; Vharmotome dont les prismes rectangulaires se disposent souvent en croix ; la stilbite, tantôt fibreuse et tantôt cristallisée; la naeritSy qui à l'éclat du mica joint la blancheur de la neige ; la smaragdite qui unit la couleur verte à l'^lat nacré ; Vantkophyllite, substance lamellaire brunâtre, d'un éclat métalloïde; la pagodite ou pierre de lard, dont les Chinois façonnent et nous vendent ces petites figures que l'on nomme magots.

A la suite de ces minéraux, qui ne sont recherchés que dans les collections, nous placerons comme appartenant à la même division Vidocrase^ qui, bien que de peu de valeur, est taillée pour la bijouterie lorsqu'à la couleur verdâtre elle joint la transparence; la cor-diérite dont la belle variété bleue ou violacée reçoit des lapidaires le nom de saphir d'eau ; le feldspath qui, décomposé par l'action de l'air et de l'eau , forme cette matière argileuse si utile comme terre à porcelaine, ou qui, offrant une belle teinte verte sous le nom de pierre des amazones, ou l'éclat changeant de l'aventurine sous celui de pierre de soleil, ou le blanc éclatant et nacré sous celui de pierre de lune, est recherché pour la bijouterie. Nous devons en- - core citer la labradorite, que l'on a long-temps appelée le feldspath opalin, belle substance à reflets vifs et changeants, bleus, rouges, verts, etc., que l'on emploie comme ornement dans des meubles précieux, ou i>our faire des tabatières ; et la cymophane, matière vitreuse d'un vert jaunâtre que l'on taille à facettes sous le nom de chrysolite orientale.

Dans les silicates alumineux fluorifbres, ou phtorifères, se trouve le mica, matière foliacée dont les grandes feuilles sont employées en Russie pour servir de vitres aux bâtiments de guerre, et dont les lamelles mêlées au sable coloré se vendent sous le nom de poudre d'or pour l'écriture.

Les sHicates alumineux chlorifères ne nous offrent encore qu'une seule substance recherchée des minéralogistes , c'est la sod(h lite, qui cristallise en dodécaèdres.

LIVBE THENT^^ÎUAT&ltME.

Si noui passons aux silicates alumineiix horifères, nous y remarquerons deux substances : YamniU en ^smes très aplatis et tranchants ; la towrmaime, dont les varioles rouges acquièrent dans la joaillerie un prix analogue à eelui du rubis, et dont les vertes et les bleues sont emi^oyées dans la bUouterie anglaise.

VhoMyne, substance vitreuse, bleue, en dodécaèdres rliomiMidaux; Vhelcine, substance Jaune en cristaux tétraèdres ; le lapi$-'lax%Ui, tpm Ton emploie comme ornement ou dont on fabrique le bleu d'outremer, sont les trois principales qui appartiennoit aux silicates alumineux $ulfurifère$.

La gadoUnite, minéral brunâtre ou Jaunâtre, si rare cristallisé; le sircon, qui se montre tantôt incolore, et tantôt brun rougeâtre, jaune brunâtre. Jaune pâle, verdâtre et bleuâtre, et qui est quelquefois utilisé dans la JaftiUerie sous les noms de hyacinthe (m de jargon^ s(»it esk tète des silicates non aJlmminmœ,

Cette seeonde division des silicates se partage en plusieurs groupes : les ferrugineux jeomprennent VUvaUe, minéral en ûûsœaux, ^1 fibres et en prismes rhomboîdaux, dont le Bom indique qu'il vient de l'Ile d'Elbe ; VaekmiU^ substance verte, dont la cristallisation est aussi prismatique, et la terre verte j que l'on a improprement appelée ehUmte, et qui se trouve dans les bancs inlérieurs de la pierre à bâtir des environs de Paris.

Les silicates non alumineux mangtméiiens comprennent le rhodomte ou le manganèse oxidé fiàliciière d'Haûy, substance rose dont les variétés oompaefees que l'on tire de Sibérie sont employées à faire des boîtes et d'autres oJbjets d'agrément; ainsi que la mareeUne, ou le manganèse oxidé, qui doit son nom à la vallée de Saint-Marod en Piémont où die se trouve.

On pourrait appeler sâieate non alumineux zincéfère la ealumitêe qui est un silicate de Jdnc. Ce minéral est d*un usage important pour la fabrication du laiton. De même on pourrait comprendre sous le nom de silicate alumineux eufr^ère, le ckryêocolU ou lecuivre bydraté-ailiceuxy et k dioptase, substanee verte, vitreuse, qui cristallise en prisme bexagone.

Les silicates non alumineux magnésiens, qui forment un grand Aombre d'espèces, comprennent le i>M((<a^|iierEe peu eslùnée, que les

lapidaires taillent en facettes; la serpenime, dont les plus belles variétés sont travaillées en tables, en plaques et en eolmmea, tàsSàm que l'une des plus utiles, appdée piem olaife, sert dans plusieurs pays à faire des poteries d*un très bon usage ; le diaUage, «obstanee verdâtre ou brunâtre d'un édat diatoyant ; le talc , matière onctueuse , tendre , écailteuse et feuilletée; la stéatite, que Ton emploie avee succès pour adoudr le frottement des madiines dont les fouages sont en bois, et qui , pulvérisée, sert à faire glisser les bottes Bor le pied, tandis que les tailleurs s'c» servait en morceaux pour tracer la coupe des habits ; la \ gnésite , dont on fabrique les pipes djtjea écume de mer.

Les silicates non alumineux calcaires < prennent Yédelforse ou la trémolite , qui se présente à l'état compacte ou en petites fibres d'un blanc mat; et la wollastoniie , substance blanche ou jaunâtre et d'un édat nacré.

La dernière division renferme les sûieaiss doubles à base de diaux , de magnésie et de protoxide de fer. Elle comprend les pyroxènes et les amphiboles; on y distingue ïhyperstkène, employé en bijoux à cause de son édat métalloïde ; VapophylUte , toujours blanche et couvait nacrée ; Yasbeste ou Y amiante soyeux , que Pline nomme lin incombustible, que Ton tisse quelquefois ou dont on fabrique un papier indestructible, et dont les anciens faisaient des tissus que l'on nettoyait en les jetant an feu , et dans iesquds on brûlait les dépouilles mortelles des rois.

La seconde famille des gazolites, edledes borides, est composée de corps formés d'adde borique, soit seul , soit combiné avec divers oxides. Cette famille est une des moins nombreuses en espèces ^ et comprend trois genres; mais les recherches chimiques étendront probablement son domaine.

Le genre boroœide ne renfiume qn'une seule espèce, l'acide borique hydraté, appdé mmoline, parce qu'il se recueille ^s Sasso, dans le pays de Sienne.

Le genre borate comprend le boraœ , substance blanche, saline , si commune dans les eaux de crains lacs de l'Inde, du Tibet, de la Tatarie et du Potosi, et si utUe pour fadllter la fusion des métaux et la boraeite on le borate de magnésie.

Sans le genre boré-^siUcaU se trouve la da-

OËOGRAMnœ PHYSIQUE.

ikoHte, minéral vitreux et blanchâtre, qui cristallise en prisme droit rhomboîdal ; et la botryolite ou chaux boratée siliceuse.

La famille des earbonides renferme sq^ genres peu nombreux en espèces. Le premier genre est le carbone , corps éminemment combustible qui, dans Tétat parfait, forme un minéral vitreux cristallisé , le plus dur de tous les minéraux ^ le plus estimé, le diamant, enfin , que la vivacité de ses reflets , la force de sa réfraction , placent en tète de toutes les pierres précieuses.

La substance même du diamant , le carbone mélangé avec une petite quantité d*oxide de fer, constitue le gr<qfhUe, improprement appelé mine de plomb, et qui sert à faire les crayons qoe Ton vend sous ce nom. Uni à Thydrogène, le carbone forme V anthracite, minéral noir et oombustibW', qui donne en brûlant une grande chalair, mais qui ne brûle pas aussi facilement que la houille, mélange de carbone, d*hydn^ène, d*azote et d*oxigène, employé pour le chauffoge des appartements , pour Taliment des forges, des usines et des machines à vapeur, et qui, par la carbonisatiui, fournit le gaz hydro^ne carboné dont la combustion produit le plus bel éclairage que Ton connaisse jusqu'à ce jour.

Dans le genre cor&ure on place comme espèce une substance gazeuse incolore , appelée grisou, mélange de carbone et d'hydrogène qui, dans les houillères, s*enflamme à Tapj^roche d'un corps en combustion et détone fortement lorsqu'il est en contact avec Tair atmosphérique. Une seconde espèce est le m^kte^ substance liquide, inflammable, ^ soluble en toute proportion dans Talcool. Les vapeurs du napfaÂe , que Ton tire d'Âmianos servent comme le gaz hydrogène à Téclairage de la ville de Parme. Cette matière entre dans la composition de certains vernis ; on remploie aussi comme vermifuge ea médecine.

Le melUte forme l'espèce unique du genre mellate. C'est un minéral Jaunâtre ou rougeâtre , résincrïde , cri^allisant en octaèdre et donnant à l'analyse un acide particulier appelé mellitique.

M. Beudant comprend dans le genre urate une substance nommée ^tMino^ qui forme dans les lies de Chinche près de Pisco , sur les côtes du Pérou , des amas de 50 à 60 pieds d'épaisseur et d'une grande étendue ; mais doit-on

compter au nombre dei minéraux une matière qui ne parait être que l'accumulation des excréments d'une multitude innombrable d'cûseaux?

Le genre carbonite ou oœaUUe ne renferme encore qu'une espèce appelée kumboldtite ou oxalate de fer.

L'adcU carbonique forme la seule espèce dn genre earbonoxide.

Dans le genre carbonate se trouvent plus de vingt-quatre espèces dont nous ne mentionnerons que les plus importantes. Le natron , ou le sous-carbonate de soude , est une substance saline qui couvre de ses efflcHrescenees neigeuses les plaines basses de la Hongrie, de r Arabie, de Tlnde, et de quelques parties de rÉgypte. On l'utilise dans la fabrication du verre et du savon.

Le carbonate de chaux comprend tous les calcaires , depuis le limpide spath d'Islande, que , pour sa propriété de doubler les objets ]orsqu*on les regarde à travers deux de ses faces opposées, on emploie dans les expériences sur la polarisation de la lumière , depuis les innombrables décroissements que présente la cristallisation rhomboïdale des variétés à formes régulières jusqu'à ces élégantes stalactites qui tapissent de mille façcms l'intérieur de certaines cavernes , jusqu^au marbre le plus commun, jusqu'à la craie que Ton pétrit en pains BOUS le nom de blanc d'Espagne , Jusqu'aux roches coquillières que Ton brûle pour les transformer en chaux vive, jusqu'à la roche compacte employée pour l'imprimerie lithographique, enfin jusqu'au mélai^ge grossier de ces molécules sédimentaires qui constituent la pierre à bâtir des environs de Paris.

Le carbonat^, de fer, appelé iidéroêe, qui renferme ordinaîremooit du carbonate de chaux, cristallise comme cette dernière substance , ou se présente en rognons irréguliers. C'est un des minerais les plus importants pour la préparaticm du fer, et que l'on traite avec le plus de facilité. C'est celui qui alimente les fourneaux appelés à la Catalane.

Parmi les carbonates de cuivre on distingue la malachites, variété mamelonnée«tt fibreuse, d'un beau vert , que l'on traite pour en obtenir le métal, ou que l'on scie en plaques pour en recouvrir des vases, des meubles et différents objets d'ornement , ou dont on fait des camées et des byoux.

UVRE TRENTE-QUATRrcME.

Dans la famille des hydrogénides se placent naturellement; comme foi:mant deux genres , Yhydrogène et Ve4m; de même qu*en tète de celle des nitrides ou axotides se rangent V azote etVair atmosphériqtie. L* azotate depotcuee, ou le salpêtre , vient ensuite ; il se forme à la surface du sol dans certaines contrées : telles sont en France quelques localités de la rive gauche du Rhône et les landes de la Gascogne, les plaines de Bihar, de Sabolcz et de Szathmar en Hongrie, la Podolie, TOukraine , les plaines de la mer Caspienne, celles de la Perse, du Bengale, de la Chine, de F Arabie, de rÉgypte, les environs de Uma et ceux de Kentucky ; dans plusieurs cavernes , à la surface des vieux murs , et dans les étables, les écuries et les caves. Cette substance fournissant Tacide nitrique ou azotique, et servant à la fabrication de la poudre à canon, on forme des salpêtrières artificielles au moyen d*un mélange de matières animales et végétales qui y en se décomposant, fournissent de Tazote, doat on tire l'acide azotique; ou bien on fabrique le salpêtre en traitant les plâtres imprégnés d'azotate de chaux et mêlés à des matières potassées. V azotate de soude, qui forme sous une couche d'argile une couche de deux ou trois pieds d'épaisseur de plus de 40 lieues d'étendue dans le district d'Atacama au Pérou , est exploité pour la préparation de l'acide azotique. Les azotates de chaux et de magnéaie accompagnent souvent l'azotate de potasse.

Le soufre est en tête de la famille des sul^ furides. Ce minéral , qui cristallise en octaèdres et en aiguilles , qui forme des stalactites, ou se présente à l'état terreux , est trop connu par son utilité pour que nous ayons besoin d'en rappeler les usages divers. Il ioumit l'un des acides les plus importants pour l'industrie, l'acide sulfurique, et sert à la fabrication de la poudre à canon. Dans les sulfures on comprend Y hydrogène sulfuré, qui se dégage des volcans ou se fait jour par les crevasses produites pendant les tremblements de terre , ou se trouve à l'état de solution dans un grand nombre d'eaux minérales, \e sulfure ^argent ou l'argyrose , combinaison qui fournit la plus grande partie de ce métal que les mines livrent au commerce ; la galène, ou le sulfure de plomb , qui brille d'un vif éclat et que l'on emploie concassé à la fabrique des papiers métallifères dont on couvre des boites et des coffrets de

peu de valeur, et pulvérisé, à former le vernis des poteries grossières; la blende , ou le sulfure de zinc , que l'on utilise aussi bien que la calamine comme alliage du cuivre dans la fabrication du laiton ; le cinabre, ou le sulfure de mercure , d'où l'on tire ce métal si utile pour le traitement métallurgique d'autres métaux^ pour rétamage des glaces , et pour faire divers instruments de physique; là pyrite, ou le sulfure de fer, dont on fabriquait autrefois des bijoux sous le nom de marcassite , et que Ton transforme en sulfate, utilisé dans diverses branches d'industrie ; la molybdéniu, dont les chimistes tirent l'acide molybdique ; k sulfure (f antimoine, dont on obtient à l'état de pureté ce métal si utile pour la préparation de l'ém^ tique , et comme alliage dans la fonte des caractères d'imprimerie ; le sulfure ttarseme, qui fournit les belles couleurs appelées orpim rouge et orpin jaune; enfin les sulfures de enivre, d'étain, de cobalt, de bismuth, qui ne sont point importants par leurs usages.

Les sulfo-arséniures denickel, de fer, de cuivre et de cobalt, ne sont intéressants que pour le minéralc^te ; le dernier cq^endant est exploité comme les autres minerais de cobalt pour en former l'oxide dont on fait le beau bleu, si utile dans la peinture, et pour orner les faïences et les porcelaines.

Les sulfoxides renferment V acide suifksrmise que les volcans rejettent à l'état de gaz , ou qu'exhalent les solfatares ; et le vitriol ou l*acide sulfurique hydraté , que l'on trouve coibbiné avec l'eau dans les cavernes de l'Ile de Milo,dans certains lacs , comme à Java, ou dans quelques ruisseaux, comme le Rk>-Vinagre au pied du Puracé dans l'Amérique méridionale , et toi\jours au milieu de terrains volcaniques.

L'acide sulfurique, combiné avec différents oxides métalliques, forme les suliates, combinaisons très nombreuses. Ainsi l'cm a le sulfate de plomb, qui cristallise en octaèdre; celui de baryte, facile à reconnaître par sa pe* sauteur; celui de slrontiane, qui se présente en brillants et limpides cristaux qui tapissent les cavités qu'offrent les dépêts de soufre intercalés dans les marnes et les calcaires au vel di Noto et à Mazzara, en Sicile , ainsi qu'à Conilla , près Cadiz y en Espagne , etcn petites aiguilles dans les marnes du gypse de Montmartre ; mais cette substance n'est empti^ée

GEOGRAFmE PHYSIQUE.

que pour certaines expériences dans les laboratoires; celui de chaiuc, ou le siypsej qui, après avoir perdu par la caldnation son eau de cristallisation, forme le plâtre, si utile dans les constructions, ou qui, lorsqu'il est blan^ et d'un grain fin , se travailla sous le nom d'albâtre gypseux ou d'alabastrite; et celui qui , dépourvu d'eau, spécialement celui que l'on exploite à Bardiglio , en Italie, connu sous le nom de marbre de Bergame^ plait par sa couleur d'un joli gris bleuâtre ; celui de cbaux et de soude, connu sous le nom de glaubérite, •ou de sel de Glauber; celui de magnésie, appelé sel d'Ëpsom, et employé comme purgatif; celui d'alumine, que Findustrie regrette de ne pas trouver en assez grande abondance dans la nature, parce qu'il serait précieux pour la fabrication de l'alun : il est vrai que, par compensation, quelques contrées volcaniques en renferment abondamment que l'on emploie à cet usage, et que la nature produit l'alun , ou le sulfote d'alumine et de potasse , que l'on trouve en efflorescence à la surface de certains schistes, appelés poi|r cette raison alumineua. Un seul genre compose la famille des chlorides : c'est le genre chlorure^ en tête duquel se trouve comme espèce Y acide cUorhyârique^ qui s'exhale des volcans et montre sa présence dans certaines eaux minérales. Utile dans les laboratoires de chimie, cet acide est employé dans les Mriquf s de couleurs et à la préparation des tissus destinés pour la teinture. Les principales combinaisons qui forment les espèces du genre sont le chlorure t argent, rare dans les mines d^Europe, mais commun dans celles du Mexique et du Pérou ; le chlorure de cuivre, on Vatacamite, substance verte que l'<m recueille dans le désert d'Atacama en Amérique, et qui, pulvérisée, est employée dans ce pays comme sable à mettre sur l'écriture ; le chlorure de sodium, ou le sel gemme, qui forme des dépôts considérables en Europe, sans compter celui de Dieuze en France, dont l'usage est de première nécessité pour l'homme, et même pour les bestiaux, qui le recherchent avec une sorte d'avidité ; enfin, le chlorure éPammoniaque^ ou le saUmiac, qui se trouve à la surface des laves ou &ï masses plus ou moins considérables autour de quelques volcans ou dans les solfatares de TAsie centrale, dont les caravanes le livrent au commerce sous le nom de sel de Tatarie.

Ce sel, qui sert en teinture, est employé quelquefois en médecine.

L'iode, qui doit son nom aux belles vapeurs bleues qu'il exhale par Faction de l'acide sulfurique, se combine dans la nature avec la soude, la magnésie, le zinc, le mercure et l'argent, dont il fait autant d'iodures, mais jusqu'à ce jour sans utilité pour l'industrie.

Les combinaisons de quelques substances avec le brôme^ nouveau corps chimique, sont encore trop peu connues pour que nous en parlions : laissons donc la famille des bromides, et passons à celle des phtorides qui doit son nom au phtore. La chaux fluatée, appelée plus anciennement spath fluor, et aujourd'hui fluorine, est un phtorure de chauœ. Getta^ubstance, qui affecte des couleurs variées et souvent assez vives, cette substance qui cristallise en cube, en octaèdre et en dodécaèdre, a souvent été taillée, suivant ses couleurs, sous le nom de faux rubis, fausse topaze, fausse émeraude, etc. Dans le Derbyshire en Angleterre, où elle est assez commune, on en fabrique des vases, des bottes, des chandeliers et d'autres objets : on croit même qu'elle était chez les anciens employée à fabriquer les célèbres vases murrhins. La cryolite o'u le phtorure (f alumine et de chauœ, qui n'est connue qu'en petites masses laminaires blanches, n'est recherchée que pour les collections minà^logiques, attendu qu'elle n'a encore été trouvée qu'au Groenland.

Trois substances formées de la combinaison de la silice, de l'alumine, et de la magnésie avec le phtore, forment le genre phtorosilicate : ce sont la picnite, qui cristallise en prismes irréguliers ; la co^idrodite en prismes rhomboïdaux tirant sur le jaunâtre ou le brunâtre ; et la topaze, la seule des trois qui tienne un rang parmi les gemmes. Les topazes blanches limpides, et celles qui sont d'un jaune pur, d'un jaune orangé, d'un rouge hyacinthe ou rosâtré, s'emploient fréquemment en b^outerie ; mais comme les dernières ne sont pas très communes dans la nature, on transforme les topazes jaunes en rosâtres, en les soumettant à l'action du feu, ce qui leur fait donner le nom de topazes brûlées.

Dans les sélénides, le sélénium forme les séUniures de plomb, de cuivre et d'autres métaux ; mais ces combinaisons n'offt*ent jusqu'à présent aucun genre d'utilité. Les tellurides

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