LIVRE TRENTE-CINQUIÈME
Salie de la Théorie de la Géographie. — Des substances minérales qui composent la partie solide du Globe. — Deaiième section: Roches ; lear emploi dans les arts et r industrie.
Dans le livre précédent, nous ne nous sommes occupé que des substances minérales, considérées isolément; nous avons fait voir l'ordre dans lequel les classent les principes de la chimie moderne; nous avons indiqué lenr degré d'utilité. Suivons une marche analogue dans la classification et la description des roches.
On comprend sous le nom de roche une raass|^inérale composée d'une ou de plusieurs substances. Le degré d'agrégation de ses parties ne change rien à cette dénomination. Ainsi l'argile, mélange de silice et d'alumine, qui , sèche, se laisse entamer par l'ongle, et, humecté d*eau, se pétrit sous les
doigts ; le sable, composé de silice seule ou de quartz pulvérulent, qui se divise comme de la poussière, sont des roches aussi bien que le marbre et le granit.
Un savant minéralogiste (^), qui a étudié avec autant de sagacité les roches sous le rapport mlnéralogique que sous le rapport géologique, les divise minéralogiquement en deux grandes classes : celle des roches homogènes ou simples, qu'il désigne ainsi parce qu'elles paraissent n'être formées que d'une seule
(') Voyez notre art. Métaux, dans l'Encyclopédie moderne. •'; }^' „ ,
(») M. AL Brongniart. Voyez son article Rocher dans le picUonnaire des Sciences naturelles.
substance, et celle des roches hétérogènei ou eomposéeê, qui ne sont qu*un mélange de divers minéraux. Les roches homogènes renferment quelquefois, en petite quantité il est vrai, des minéraux qui, ne faisant pas partie intégrante de la masse, ne sont point caractéristiques. Haûy avait disposé la première classe de ces roches en deux ordres : le premier comprenant les roches phanérogènes ^ c*est-à-dire composées de substances visibles ; le second formé de roches adélogèneê, c'està-dire dont la composition reste cachée à Tœil. M. Brongniart a adopté cette division. Il partage la seconde classe en deux autres ordres : celui des roches de eristaUiiation , et céïxd des roches d'agrégation.
Dans Texamen que Ton fait d*une roche, plusieurs caractères essentiels sont à considérer : ce n'est que par eux qu'on peut la reconnaître. Les principaux sont la composition, la structure, la dureté, la texture.
Lorsqu'on examine la composition, on doit distinguer les parties constituantes et les parties acct(fen(e2/e« d'une roche. Les pi*emières la caractérisent. Les secondes sont principalement des substances minérales disséminées irrégulièrement dans la roche, mais qui n*en changent pohit les caractères.
La structure présente aussi différaits caractères dont nous ne rappellerons que les principaux. On l'appelle lamellaire lorsqu'elle offre une réunion de petites lames cristallines, comme dans le marbre de Paros; sphéroidale ou globulaire^ lorsque les parties qui constituent la roche présentent une réunion de petits sphéroïdes; fragmentaire, lorsqu'en la cassant elle se divise en un grand nombre de fragments anguleux; entrelacée, lorsqu'elle se compose de parties anguleuses ou arrondies qui s'engrènent les unes dans les autres et qui sont liées par une autre substance : telles sont les brèches calcaires et s\\ice\kses\ fissile ou feuilletée, c'est-à-dire présentant la réunion d'un grand nombre de feuillets faciles à désunir, comme dans les schistes-ardoises.
La dureté dans les roches diffère selon celle des substances qui les composent : lorsque celles-ci sont d'une dureté à peu près égale, le poli qu'elles reçoivent est très vif; de là vient que les rochers homogènes ou presque homogènes acquièrent par le poli un éclat qui les fait rechercher dans nos arts d'ornement • le