TERRAIN SCHISTEUX
Nous comprenons sous ce nom cette série de gneiss , de micaschistes, de sdûstes et de calcaires qui présente de nombreux pffisagei des uns aux autres.
Nous divisons ce terrain en trois foimations.
Formation silurienne. — Cette formation se compose de diverses roches quartzeuses, telles que des quartzites, des psanunites, des pséphites, des poudingues, groupées d'une manière très variée, avec des schistes argileux à débris de plantes monocoty lédones, des rodies quartzeuses à texture grenue, et remplies de restes organiques ; enfin, des calcaires argileux, gris ou bleuâtres comme celui de Dudley ea Angleterre, et des schistes ardoisés comme ceux d'Angers en France.
Ces calcah*es et ces schistes sont ridies eo crustacés ; on y trouve aussi quelques débris de poissons : ce sont les plus .anciens vertébrés connus.
En Angleterre, cette formation constitue des lignes de collines dont les pentes, sont douces et qui circonscrivent des vallées peu profuides, La même disposition se fait remarquer aussi dans la Normandie.
Formation canarienne. — Cette fonnation, dont le type existe en Angleterre où elle est très développée, se compose de schistes argileux, de schistes ardoisiers, de sdiistes siliceux, de calcaires, de psammites, et de schistes chloriteux.
C'est dans cette formation que se présenteot les plus anciens corps organisés, c'est-à-dire des polypiers, des crustacés, des nautiles et des végétaux.
Cette formation est une des plus riches en filons métallifères. Les importantes mines d'étain du Comouailles en dépendent.
Les montagnes qui composent les roches de cette formation sont assez élevées. En général elles se terminent par des plateaux fort éten* dus comme dans la Belgique et la Bretagne.
Formation mieasehiêtmse. — Cette forma* tion se compose de micaschiste, de gneiss, et
GÉOGRAPHi£ PHYSIQUE.
d'autres roches qae Ton a proposé d'aj^ler fÊ^tamorphtqueSy parce qu'elles ont en effet subi , par l'effet de la chaleur, une sorte de métamorphose qui leur a 6té l'aspect qu'elles avaient pendant qu'elles se formaient.
On peut partager cette formation en deux groupes : le groupe supérieur ou nUcaschù'teuœ^ c'est-àrdire dans lequel domine le micaschiste; le groupe inférieur ou gneissique dans lequel domine le gneiss.
Au milieu du gneiss se trouvent souvent des calcaires blancs lamellaires ou saccharoïdes, le cipolin ou le calcaire saccharoide micacé ; l'ophicalce ou le calcaire talqueux ; des quartzites ou des roches de quartz, et des amphibolites ou des roches d'amphibole.
Dans les micaschistes on trouve des schistes ai^leux amphyllades , des schistes talqueux ou talcschistes, des quartzites micacés ou hyolomictes, des dolomies, des gypses, etc.
La foimation micaschisteuse contient des minerais de cuivre, d'étain, de plomb, de fer y etc., ainsi que d'importants gisements de gemmes.
Les montagnes de micaschistes n'off^nt point de pentes abruptes ni de profondes vallées; leurs contours un peu arrondis ne présentent point de saillies fort élevées; leurs sommets offrent ordinairement des plaines étendues. Les chaînes qu'elles forment sont quelquefois disposées par groupes, dont quelques sommets s'élèvent au-dessus de tous autres ; rarement deux sommets placés à peu de distance atteignent laméme hauteur .Enfin leurs pentes sont fréquemment disposées en forme de terrasses, et traversées par de nombreux ravins.
Les gneiss forment des dépôts d'une grande étendue et des montagnes assez élevées qui offrent moins de saillies aiguës et des pentes plus escarpées que la plupart des autres roches anciennes. En général on les distingue de celles de granités par leurs contours moins prononcés ; elles n'ont point les dentelures et les cimes pointues de celles-ci, enfin rarement elles présentent ces hautes sommités qui dominent toute une contrée. Ces différences tiennent probablement à la facilité avec laquelle l'action de l'atmosphère décompose le gneiss. Ces montagnes ofn*ent ordinairement de larges vallées ; on y voit rarement les précipices et les gorges resserrées qui distinguent les monta-
gnes granitiques. Si le gndss, au contraire , s'élève graduellement en forme de terrasses, elles présentent alors le même aspect que les chaînes de collines, et leur élévation est peu considérable. Ce n'est qu'au Brésil qu'on trouve des montagnes de gneiss de 1,200 pieds d'élé* vation.