LIVRE QUAKANTIÈME
prouve la stabilité du système plauétaire , il n*y a que les comètes auxquelles ou puisse avoir recours. Mais ces comètes, comment prouver qu'elles sont des corps assez solides et assez denses pour exercer de si foites attractions sur le globe terrestre ? Ticbo-Brahé , Galilée , Kepler, Labire et Herscbell, ont r^ardé les comètes comme des météores étbéréens. Ainsi, les tbéories de la terre aboutissent toujours en dernier lieu à des questions insolubles , et tout ce qu'on apprend en les étudiant, c'est d'en douter.
» D'en douter! s'écrieront queFques Ecossais en lisant ces lignes. Non, il n'y a plus lieu à des doutes depuis que Hutton et Playfalr ont découvert la vraie constitution de notre globe (']. Ne savez-vous pas que les continents actuels se détruisent par les actions de Tair, de la gravité et des eaux courantes; que leurs matériaux, transportés sur les côtes de cellesci, sont répandus par les différents mouvements de la mer sur toute retendue de son fond ; qu'une grande chaleur interne endurcit ces matériaux dont il résulte une masse semblable à celle des coucbes minérales dont nos continents sopt composés ; que , lorsque cette lente dégradation a détruit nos continents, la chaleur interne souleva en masse les coucbes formées sur le fond de la mer, ce qui repoussa la mer sur les continents rasés, et produisit de nouveaux continents, livrés à leur tour à une lente dégradation? Ces alternatives de continents naissants et périssants ont déjà été répétées plusieurs fois, et on ne peut point fixer un terme à cet encbainement de métamorphoses (3).
» Nos lecteurs sentiront d'eux-mêmes eom-» bien ce nouveau système est contraire à l'évidence des faits; seulement nous les prierons d*observer que l'idée d'une formation des coucbes minérales, par une cuisson souterraine semblable à celle qu'a opérée M. Hall dans ses fameuses expériences, mériterait d'être aj^rofondie d'une manière indépendante du système exclusif des Huttoniens.
n Pendant que les savants d'Europe di^utaient sur les théories que nous venons d'énitmérer, le Nouveau-Monde en vit naître ou plutôt renouveler un système différent jde toof les autres. Franklin supposa, d*après Anaxi* mène, que non seulement toutes les substances terrestres , mais même toute la matière en général , avaient existé comme un gaz aériforme élastique confusément répandu dans les espaces célestes. La gravitation commença à se faire sentir, les molécules gazeuses furent attirées vers des centres; il se forma des globes d'air. Ceci supposé, il est facile de concevoir tout le reste du système de Franklin; toutes les substances se laissent réduire à l'état aériforme ; donc, conclut Franklin, elles ont toutes po naître par la condensation de l'air; ainsi a dû se former la croire extérieure du globe qui , dans ce système, n'est qu'une minc^^veloppe solide autour d'un vaste fluide élastique ; les mouvements de cet air central ptoduiraient , -comme on voit, sans difficulté les tremblemoits de terre. Enfin, ce système n'est pas une simple satire des théories de la terre, comme od parait l'avoir cru , c'est une hypothèse tout aussi raisonnable et aussi ingénieuse que celles de tant d'autres géologues. »