LIVRE QUARANTIÈME
» Un phénomène terrible , intiraement lié avec les éruptiops volcaniques ^ demmu}^ uotr^ attention. Je veux parler 4£S treipblementsdfs terre , de ces mouvements convulslf? où la $i}r« face de la terre ^'ébranle, soit e» suivant une direction horizontale , par de? ondulations semblables à celles de la mer, sojt verticalement , lorsqu*une partie du terraîq est soujevée, Tau* Ire engloutie , soit enfin eirculairement y lorsque les masses pesantes de rochers et de terre se tournent comme sur un pivot, Telles sont les trois espèces de^mouvement distinguées par les Italiens qui s yconpaissent (*).
» Les tremblements de terre produisent les effets les plus désastreux ; ils changent souvent la surface d'un pays, de manière qu'il est difficile de le reconnaître. D'énormes crevasses semblent découvrir aux yeux des vivants Fempire des ombres ; ces fentes exhalent des flammes bleuâtres et des vapeurs mortelles ; avec le temps elles donnent naissance à des vallées nouvelles. £n d'autres endroits , les montagnes sont englouties ou renversées ; souvent détachées l'une de l'autre, elles glissent sur des terrains plus bas , et comme leur force d'impulsion redouble par chaque mouvement , ces roehers ambulants Arandiisient des vmilms el des collines. lej le vignoble entrafné ^toseeMâ de sa hauteur, et vient se placer au milieu des champs de blé ; là , des fermes avec leurs jardins , détachées en ouusse, vleanittit se joiadrc àdes villages éloignés. Autre part, denouveau lacs sont creusés au milieu des terres ; là , des rochers jusqu'alors invisibles élancent soudain leurs humides sommets du sein de la nner écumante. Des sources tarissent ; 4es rivières disp paraissent et se perdent sous terre ; d^autres , arrêtées par les débHs des rochers^ se répandent et forment de vastes marais. ïk» sources nouvelles jaillissent des flânes déefaifés de la montagne ; les fleuves naissants , dans lev jeunesse impétueuse, s'efforcent de se creuser un lit à travers les ruines des villes , des palais et des temples. L'humble ettk^m^mk la «oM» légère devient l'asile des matheureux qui ont échappé à cette terrible catastrophe; nuds tous
semble être appelée à oonlrlbuer tôt ou lard à l'avascernent de l'bisloire de notr''. planète.
Vofez notre article f^^lctm dans Yftmepk^. aé* thodfque. J. fl.
(•) Beriramd, sur les Tremblema&Ude ieree. /isis» mien. Mémoires sur le iremMeNMpI dt la CitoiMa. UamiUon , etc. , eie. ; BwruU , LeUces sur la 4
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
ceux qui auraient pu suryivrenerontpasvoulu. Od voit un ami trop ûdèle tenir embrassé le eorpe de 8<hi ami, et, dans cette posture , attendre tranquillement la chute d'une muraille qui termine ses Jours. On voit pius d'une Jeune amante se précipiter dans le gou^e qui vient d'engloutir l*obJet de sa tendresse. A Messine, nue mère , trop sensible , était déjà sauvée du danger ; pâle , et à demi-morte , elle était dans les bras de son époux qui avec beaucoup de peine l'avait rappelée à la vie. Elle Jette autour d'elle un regard presque éteint ; elle cherche le plus Jeune de ses eni^ts : hélas I elle Taperçoit sur le balcon du palais qui déjà s'écroule. Elle veut s'élancer : son époux la retient; mais l'amour maternel est le plus fort ; rien ne peut arrêter cette mère désolée : elle monte l'escalier, déjà à moitié détruit ; elle traverse la fumée et la flamme; les pierres détachées qui tombent autour d'elle semblent la respecter. Elle atteint le cher objet de toutes ses a^ecllons; elle le prend dans ses bras : au même fautant, toutes les colonnades s'ébranlent, la terre s'entr'ouvre , le palais dispars^t , et Sfoitara n'est plus I
» Ce qui rend les tremblements de terre encore plus terribles, c'est qu'on n'a point de signes sArs qui en indiquent, soit l'approche, soit la fin. Ils ont lieu dans toutes les saisons et sous toutes les constitutions atmosphériques. Un bruit souterrain les annonce à la vérité ; mais à peine est-il entendu, que déjà la terre s'ébranle. Les animaux, surtout les chevaux, les chiens et les poulets, montrent par leur frayeur une sorte de pressentiment (*). Le baromètre tombe extraordinairement bas.
>» Les tremblements de terre agissent avec une rapidité étonnante. Ce fut une seule secousse qui, le 6 février 1783, bouleversa la Calabre et anéantit Messine en moins de deux minutes. Mais ces secousses se répètent souvent pendant des mois et des années entières, comme en 1755.
» La direction des tremblements de terre est un des faits les plus remarquables de la géographie physique. Tantêt on remarque un centre d'action où les secousses ont le plus de violence, et ce centre change quelquefois de place, comme si la force souterraine faisait 4m tMMkds* Tantût oa distingue une certaine ligne selon laquelle cette force semble se mou-
(') Seneca , Qusst. nat. \l,t, 29,
voir. La sphère d'une telle révolution semble souvent embrasser un quart du globe terrestre. Le tremblement de Lisbonne fut senti au Groenland, aux Indes occidentales, en Norvège et en Afrique. Celui de 1601 ébranla toute l'Europe et une partie de l'Asie. En 1 803, on a ressenti des secousses presque simultanées à Alger, en Grèce, à Coustantinople, à Boukharest, à Kief et à Moscou,
» Aucune partie du globe ne sepible être exempte de ces terribles effets. Les Alpes ne contiennent aucune trace volcanique, et cependant elles sont souvent ébranlées par des tremblements de terre (*). La mine d'argent de Kongsberg, en Norvège, fut mise à découvert par une secousse en 1623. La zone glaciale même y est sujette ; le Groenland ressent de fréquentes secousses, et &ï 1758 la Laponie éprouva une violente commotion; la Sibérie en ressent fréquemment.
» Souvent , mais non pas toujours, la mer prend part aux convulsions de la terre (^.
(«) Golleet. Aead., t. VI. Delamiiherie , Théorie de la terre , $ 10&7.
(•) Ces convulsions sonl souveot daes uniquement à l'action des volcans sous-marins. Ccuxh;! paraissent occuper certaines réglons. Ainsi en 1780 , dans les parages de la côte sud-ouest de l'Islande , des flammes sortirent pendant plusieurs mois du sein de l'Océan ; puis on vit s'élever une tle qui lança des flammes et des pierres ponces, et qui bientôt après disparut. Près des côtes du Kamtihatka plusieurs phénomènes semblables se sont développés. Entre l'Amérique et l'Asie , dans le voisinage de l'Ile d*Ouninak, l'une des Aléoutlennes. le 8 mai 1796, on vit sortir du sein des flots une colonne de Himée, et à la suite d'une terrible secousse , s'élever une nouvelle île qui vomit des pierres et des flammes . En 1804, sa surface était tellement cbaude, qu'il était impossible d*y marcher. Elle avait alors 2 milles et demi de clrcon* férence et 350 pieds d élévation. Elle reiifermait quatre cônes , dont le plus grand paraissait être baut de plusieurs milliers de pieds. Lorsque le capitaine Langsdorf la vit en 1806 , elle continuait è croître en circonférence , et le pic en hauteur.
Plusieurs faits attestent l'existence d'un volcan sous-marin près de Tile Saint-Michel, dans les Açores. Le 11 Juin 1638, pendant un violent tremblement de terre , on vit s'élever près de cette lie une Ue volcanique de deux lieues environ de longueur et de plus de 360 pieds de hauteur, qui , malgré son étendue, ne tarda pas à disparaître. Le 31 décembre 1719, une nouvelle commotion volcanique fit surgir une nouvelle lie volcanique entre Saint-Michel et Terceire. Sa hauteur permettait de l'apercevoir de 7 à 8 lieues en mer. Elle Jetait beaucoup de fumée, de cendres et de pierres ponces; un torrent de lave coulait de ses flancs escarpés. En 1712, elle s'était