LIVRE OUARAINTIEME
Ed 1755, les eaux du Tage s'élevèrent subitement à 30 pieds au-dessus de leur niveau ordinaire, et refluèrent dans le même instant avec une telle force, que Ton vit le milieu du fleuve à sec. Quatre minutes après, même phénomène; il se répéta jusqu'à trois fois. Des mouvements semblables eurent lieu le même Jour à Madère, à la Guadeloupe et à la Martinique. Dans le tremblement qui anéantit Lima, en 1746, l'Océan eut un mouvement de même nature, mais proportionné à la masse d'eau qui fut ébranlée; il s'élança sur la terre pendant un espace de plusieurs lieues; tous les grands vaisseaux qui étaient dans le port de Callao furent engloutis : tous les petits bâtiments furent lancés au-delà de la ville. Les navigateurs assurent que les vaisseaux éprouvent souvent des ébranlements terribles par un mouvement subit et convulsif dans la mer, fort semblable aux commotions qui secouent les continents. Ces tremblements de mer ont
abaissée Jusqu'au niveau de la mer; le 17 novembre 17S3, elle avait disparu complètement. Le 31 Janvier 1811, à la suite d'une secousse très violente, une nouvelle ouverture volcanique s'annonça vers le rivage oriental de Sainl-Micbel : de la fumée, des cendres, du »able, de la terre et d»*, Teau, furent projetés bors de la mer; la fumée s'élevait par grandes masses à quelques centaines de pieds, et des pierres étaient lancées Jusqu'à 2000 pieds. Cette éruption , après avoir duré buit jour:», c-^s>a complètement. Mais à l'endroit où elie s'était développée, et où auparavant on ne trouvait le fond qu'à GO ou 80 brasses , s'élevait un banc sur lequel les flots venaient se briser. Le 15 Juin de la même année, une seconde éruption se manifesta avec non moins de force que la première, mais beaucoup plus près du rivage; elle produisit une lie de 300 pieds de bauleur et d'un mille de circonférence , terminée par un cratère qui vomissait de l'eau chaude. Vers la lin de février 1822, on ne reconnaissait plus la place qu'avait occupée cette lie, que par la v.ipeur que l'ou voyait de temps en temps sortir de l'Océan.
Au mois de Juillet 1H3I , on signala l'éruption d'un volcan qui s'était élevé au sein de la Méditerranée, entre la Sicile, Tile de Pantellaria et le banc de Skerki, dans le voisinage de celui de Neriia. Les Anglais lui donnèrent le nom d'Ile Graham , les Français celui de Julïn , et les Siciliens celui de Fernanda ; mais ces différents noms , imposés par les navigateurs de trois nations dilTcrentcs, n'olTrcnt plus d intérêt : l'Ile, qui avait 700 mètres de circo.'îférence et 70 de hauteur le 99 septembre 1831 , était sur le point de disparaître au commencement de i 832. A la place qu'occupait s^on cratère , on voyait seulement, à cette dernière époque , s'élever à la hauteur de 20 pieds une colonne d'eau bouillante de 37 pieds de diamètre, et répandant une forte odeur de bitume. -T. II.
peut-être lieu sans qu*il existe en même temps aucun tremblement de terre ; d'autres fois ils sont Teffet des secousses sous-marines dans le fond même de l*Océan.
>» Les causes de ces catastrophes ne sont pas bien connues. Les secousses peuvent être produites par réicctricité terrestre et atmosphérique qui cherche à se remettre en équilibre ; ces phénomènes , dont on ne peut guère contester la réalité, dépendent de la oonstitutioa temporaire des saisons. L*opinion la plus généralement reçue attribue les tremblements de terre à des vapeurs élastiques renfermées dans les cavités souterraines, soit qu'elles proviennent des pluies abondantes ramassées dans les cratères des volcans, soit qu'elles se dégagent des matières enflammées avec lesquelles des fleuves souterrains ou les eaux de la mer se seraient mises en contact ; soit enlln qu'elles se développent par la fermentation de ce fluide souterrain que Deluc suppose être le résidu des eaux-mères du globe. Ces vapeurs se dilatent par la chaleur, et en cherchant une issue elles soulèvent ou ébranlent le terrain [^j.
» Si cette dernière hypothèse est vraie, comme tout nous le fait croire, les Japonais n'auraient pas eu tort de dire que c'est un grand dragon sous-marin qui souleva la ten-e par son haleine. Une semblable tradition existe dans la mythologie des Scandinaves. C'est probablement dans ce sens-là qu'Homère a donné a Neptune l'épithète d* Ennosigaios • c'est-àdire qui secoue la terre.
» Nous n'avons pas cherché à diminuer l'effroi qu'inspirent les tremblements de terre : mais nous devons pourtant contredire les écrivains systématiques qui en ont exagéré les effets, dans F intention d'y faire voir la seule cause des révolutions arrivées à la surface du globe. Il n'existe aucun exempte historiquement prouvé d'une terre ou Ile considérable qui se soit formée par une éruption volcanique ou par un tremblement de terre. Le soulèvement le plus considérable que l'on connaisse est celui du terrain volcanique de JoruUo , dans le
(') Deluc : Lettres é Blumenbich, pag. 164, 184, édition française. 11 nous semble inutile de chercher aux tremblements de terre une autre cause querelle qui produit les volcans. On sali qu'il arrive fréquemment que les commotions terrestres cessent par l'é* ruiiiion d'une montagne igni^uuie. J. H.
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
Mexique; il eut Heu en 1759: on vit, sur l'étendue d'une deroi-Iieuc carrée , des flammes sortir de la plaine ; des fragments de rochers incandescents furent lancés à des hauteurs prodigieuses ; et à travers une nuée épaisse de cendres , sillonnée par les feux volcaniques , on crut voir se gonfler la croûte ramollie de la terre. Du milieu du terrain soulevé , qui a Jusqu'à 160 mètres d'élévation , sortent quelques milliers de petits cônes volcaniques lançant de la fumée et faisant entendre un bruit ioutcrrain. Parmi ces petits volcans s'élèvent six grands volcans, qui ont de 400 à 500 mètres au-dessus de l'ancien niveau delà plaine. Strabon parle d'un terrain soulevé près de Méthone, en Grèce, à la hauteur de 7 stades, qui, en prenant le stade à 1111 au degré, forment encore plus de 700 mètres. On cite un volcan dans l'Ile de Timor , qui avait une élévation considérable, et qui, en s'écmulant tout entier, n'a laissé à sa place qu'un marais fangeux (*)• Il résulte de ces exemples, et d'autres semblables , que les terrains soulevés ou engloutis par les forces volcaniques se bornent à ces masses de rochers incandescents ou scoriflés dont se forment les cheminées des volcans, et qui, rejetées par la bouche, retombent à l'instant même autour de l'orifice [^). Les phénomènes de Jorullo se plient même à cette théorie. C'étaient des milliers de petites cheminées volcaniques, qui, en se formant au même instant , présentaient Taspect d'un soulèvement (5j.
(') Uumboldt ; Essai sur le Mexique , 249-258. Beroléingen s Volcans anciens el modernes. — ('} Delac : Traité élémentaire de géologie , §§ 210-214.
('j Un événement plus récent mérite d'êlre rapporté; il donnera la mesure des soulèvements que peuvent produire les tremblements de terre. Le géologiste anglais M. Lyell le décrit d'après le rapport de témoins dignes de confiance : nous allons traduire Ultéralemenl ce qu'il en dit.
« Le 19 novembre 1822, la cèle du Chili éprouva an tremblement de terre très destructif. Le choc fut ressenti simultanément sur un espace de 1200 milles du nord au sud. Santiago, Valparaiso et quelques autres villes furent très endommagées. Lorsqu'on examina le terrain des alentours dans la matinée qui suivit le choc, on trouva que toute la ligne de cêtes , pendant une longueur de plus de 100 milles, avait été élevée au-dessus de son premier nivea.i. A Valparaiso , l'élévation était de 3 pieds , et à Quintero de 4 pieds. Une partie du lit de la mer rc^ta nue el à sec à marée baule, avec des bancs d'bullres, de moules et d'autres coquillages adhérents aux rochers sur lesquels Ils croissaient , tous les poissons
» Tout ce qu'on a dit des Iles créées ou englouties par les volcans, se réduit doûcau sim« pie fait de l'existence des volcans sous-marins, qui tantôt forment, tantôt détruisent les bords de leur cratère. Nous développerons autre part cette observation générale en traçant l'histoire de l'ile de Santorin , l'exemple le mieux connu quMI y ait de ces sortes de révolutions. Il est aisé d'en conclure que les Ilots réellement créés ou détruits par les volcans ne peuvent être que d'une très petite dimension , et que les prétendues catastrophes de l'Atlantide et de la Frislande ne sauraient être attribuées à des éruptions volcaniques par des hommes accoutumés à examiner avant de croire.
» A côté des révolutions volcaniques 11 faut placer les éruplions boueuses^ phénomène qui, de temps en temps, a lieu dans les volcans,
étant morts, et exhalant les eflluves les plus désagréables. Une vieille carcasse de navire naufragé, que l'on ne pouvait approcher avant, devint accessible par terre saiisqucba diâtancc de l'ancien rivage fût aucunement diminuée. On observa que le cours d'eau d'un moulin, a en\iron un mille de la mer, acquit une pente de M pouces dans moins de 100 verges (mètres) de longueur, et l'on doit déduire do ce fait que réiévation , dans quelques parties de l'Intérieur du pays, fut plus considérable que vers la cèle. Une partie de C4-lle-ci, ainsi élevée, consistait en granité , dans lequel on voyait des fissures parallèles donl on pouvait suivre quelques unes Jusqu'à un demi-mille dans les terres. De petits cônes , d'environ 4 pieds de haut. Turent formés dans plusieurs cantons par la sortie d'eau mêlée de sable à travers des crcui en entonnoirs, phénomène très commun en Calabre. Les maisons du Chili, qui étaient construites sur le roc, souffrirent moins que celles qui étaient bAties sur des terrains d'alluvion. L'aire sur laquelle s'étendit celte altération permanente de niveau Tut estimée être de 100,000 milles carrés. On suppose que tout le pays , depuis le pied des Andes Jusqu'à une grande di>lance sous la mer, acquit une plus grande élévation. Jusqu'à environ 2 milles du rivage. L'élévation sur la côte était de 2 à 4 pieds; à la distance d'un mille dans les terres, elle doit avoir été de 6, 6 ou 7 pieds.
> Les sondes dans le havre de Valparaiso changèrent, «'t le fond de la mer s'éleva. Les chocs continuèrent Jusqu'à la fin de septembre] 893; mémealors, 48 heures se passaient rarement sans qu'on en ressentit un , et quelquefois deui ou trois avaient lieu dans les 21 heures. MM. Graham observèrent, après le tremblement de 1822, que. outre la grève élevée nouvellement au dessus du niveau de la haute marée, il y a\ait plusieurs lignes de rivages élevées les unes au-dessus des autres, conbibtant en cailloux mêlés de coquilles, et s'étcndanl, dans une direction parallèle au rivage, à la hauteur de 60 pieds audessus du niveau de la mer. » (Principle* oj Geology^ elc.LODd.» 1831.) J. 1I«
mais qui se présente encore isolé et dépendant de causes particulières. Le Macealuba, en Sicile, est le plus fameux parmi les monts ter^ rivomes, s'il nous est permis de créer ce terme nouveau ; dans l*état ordinaire , on voit une fhnge semi-fluide bouillonner dans les entonnoirs qui terminent cliaque monticule élevé sur cette montagne, ou plutôt sur cette colline argileuse. La fange, s'éievant en demi-globes, retombe après avoir laissé échapper une bulle d'air; mais il y a des époques où , après une grande pluie , tous ces petits cratères disparaissent ; la masse entière de la montagne fermente ; on entend des tonnerres souterrains ; une gerbe de boue et de pierres s*élance à 200 pieds de haut. F>rès de Sassuoto, dans les environs de Modène, plusieurs fondrières, appelées les Sùlieê^ présentent en petit des phénomènes semblai)leS ; elles ie trouvent dabs les teitres formés de terres salines et alcalines ; on en a vu sortir de la fumée et des flammes 0).
» La Crimée, et l'Ile de Taman qui en est voisine , renferment plusieurs collines d'où il sort des éruptions boueuses : sur ime langue de terre vis-à-vis de cette tie, il y a une autre colline nommée en tatar Rouh-Oho , qui , en 1794 , éprouva une explosion terrible : une colonne d'un feu rouge pâle s'élança à près de 300 pieds de hauteur ; la boue , mêlée de bitume, fut lancée à un quart de lieue de distance p). La masse entière qui avait été re- Jetée fut estimée à 100,000 pieds cubes ; c'était, selon Palias, de l'argile bleuâtre ['j. Les eol-
(>] Dolomieu, Voyage aui tleâ Lipari, in fine, Gomp. Spaltantani, Voyages, V , f 32-2^7 , traduetion de Toscan. — (*) Pallas , Voyage dans la Russie méridionale dans les années 1793 et 1794.
(3) On n'esi pas d'accord sur la quesUon de sa roi r fi les Salses doivent èlre considérés comme des pbénomènei volcaniques. Ainsi que nous l'ayons dit ailleurs, si l'on Tout ranger parmi ces phénomènes tous ceut qui produisent à différents interfolles le rejet a?ec violence de diverses maUères liquides ou gazeuses lancées d'une profondeur plus ou moins grande , les Salses pourront entrer dans cette catégorie. Mais en considérant que les volcans ont tous leur fbyer à une profondeur considérable; quMis annoncent leur eilstenee par des dégagements de fbmée, de gat enflammés et de maUères liquides ou en incandescence; que dans les Salses, au contraire, tout indique un centre d'acUon situé i une petite profondeur; que bien qu'il i*y manifeste de la chaleur, jamais on n'en voit sortir des matlérot Incandescentes ni liquéfiées; que leur action consiste en
UVBX QUABANTIÊME.
Knêi eroUêOntei qu'on trouve au pied du Omh case , près Bakou et près de rembonchure t« Kour, l'ancien Cyrus, tiennent à Ut mèn* classe, si ^ comme le pensent qudqvet obiv* vateurs , elles sont produites par des 80Qh*et qui rejettent une boue argileuse saline; il ifeM ibrméde cette manière des collines déVOMàm d'élévation (^).
» Les volcans eux-mêmes re|etteiit , iptcrtque avec plus de violence, des matières en fësion aqueuse; ceux qui couroimènt i« ehatfl« des Andes aux envinins de Quito ne vomissent que peu de scories, mais une énorme quantM d'eau et d'argile mêlée de carboné et àë soufre (>j. Ces exemples suffisent^ ce tious semble, pour ikire sentir que , XiAn d'être un phëiM»mène isolé et de peu d'importance, les éruptions des matières terreuses en fVision aqueuse sont encore auJdUM'bui une des sources leé plus remarquables des diangements arrivés à la sutface du globe , et qu'elles ont prolMiMe* ment eu Jadis une très grande InSueti^ èur la conflgiirationdu sol. »
Nous venons d*exposer les principaux phé-
un dégagement de gaz qui s'enflamment quelquefois, ei en un rejet de maUères argileuses , mélangées avec de l'eau et accompagnées presque toujours de bitume, de pétrole , de naphte* et sonvtnt de sel miria, on sera porté A reconnaître que les Salses et les Yolctni appartiennent à des phénomènes d'un ordre diffé^ rent. i. tt.
(') Lerch, Voyages cités për Céorgi, DescripUon de la Russie, 1, 114. « Le 27 novembre 1S27» dit M. de Humboldt , dfs craquements et des ébranlements terrestres très violents, furent suivis au village de lokmali , dans \â province dé Bakou , fl 3 lieues de la côte occidentale de la mer Caspienne, d'une éruption de flammes et de pierres. Un emplacement long de 200 toises et large de 150 brûla pendant 27 heures sans interruption, et s'éleva au-dessUs du niveau du terrain voisin. Après que les flammes se furent éteintes, on vit Jaillir des colonnes d'eau qui coulent encore aujourd'hui comme des puits artésiens. •
L'étendue de TacUon produite par les phénomènes qui se développent aui environs de Taman et de Bakou les rapproche beaucoup plus des volcans que des Salses. Une lettre adressée i ce sujet par M. ]>ni de Pétersbourg ft M. de Humboldt, confirme cette opinion. On y voit que, bien qu'il ne s'y formé point de cratères ; lés érupUons donnent naissamte i des cônes ; que les fehtes qui divisent le sol rejettent un limon argileui (Jut a beaucoup d'analogie avec les éruptions boueuses, et qu'il s'y développe une chaleur qui élè^e le thermomètre à plus de 28 degrés centigrades. Voyez P'ragments de géologie et de climo' Wlogie asiatiques, par M. de HumboldL J. H.
(•) Humboldt, Tableau des réglons équalorialés,
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
Domënes qui ont pu contribuer à modiûer l'enveloppe extérieure de notre globe; Toceasiou se présente naturellement de donner un aperçu des principaux faits qui appuient une théorie féconde en résultats : nous voulons parler de celle des soulèvements (*). Fondée sur des observations géologiques irrécusables, elle ne devait point se trouver à la suite des différents systèmes qui, enfantés à diverses époques, ont été honorés du titre ambitieux de théories de la terre.
fie tous temps des hommes supérieurs ont paru deviner ce que l'observation devait prouver plus tard. Kir cher passa pour un rêveur lorsqu'il attribua la formation des montagnes à des soulèvements produits par un feu central; Platjfair, Breislak et quelques auti*es, adoptèrent cette opinion , qui expliquait d'une manière simple la présence de coquilles fossiles sur des sommets fort élevés. Mais il était réservé à M. Elie de Beaumont de l'appuyer sur des faits nouveaux , et d'en tirer des conséquences aussi neuves qu'intéressantes, qui déterminent l'âge relatif des montagnes. Tous les terrains de sédiment ont dû être formés par voie de précipitation au fond d'un liquide, et se déposer en couches horizontales. Lorsque ces couches sont inclinées, elles ne peuvent l'avoir été que par l'effet d'un soulèvement. Si les couches se relèvent en s'appuyant vers l'une de leurs extrémités sur la pente d'une montagne j il est évident qu'elles sont antérieures à la formation de celle-ci; si, au contraire, leur horizontalité se continue jusqu'au {rfed de la montagne, e'est que celle-ci était déjà formée lorsque les couches se sont déposées. Telles sont les principales bases de la théorie que nous exposons; elles sont aussi simples que facilea à vérifier.
D'après ces principes, il est évident que l'horizontalité de couches de la formation houillère au pied des eollmes du Bocage, dans le département du Calvados; de celles de la formation oolitique au pied des montagnes du Morvan^ en France) du Thuringer-Waldetdu Bœhroer-Wald, en Allemagne} de celles de la
('}, Les faits rassemblés par notre strant ami M. Ëiie de Beaamont sont trop Importants pour ne pas trouTer place dans cet exposé des révoloUons arrivées i la lurface du globe. NoUI \u ferons sut- Tre de qvelqaes iparças reltlifs au feu central.
formation argilo-arénacée , ou du grès vert, aux pieds du mont Pilât, en France, de l'Erzgebirge , eu Allemagne . et des montagnes du pays de Galles et de l'Ecosse; de celles de la formation tertiaire supérieure, aux pieds des Pyrénées, des Apennins, des Alpes Juliennes, du mont Carmel, en Syrie, des Alléghanys, en Amérique, et des Ghattes, dans l'Inde; de celles de la formation tertiaire lacustre , aux pieds des montagnes de la (k)rse, de la Sardaigne, du Liban et de l'Oural ^ de celles de la formation détritique, aux pieds du Mont» Blanc, du Mont-Rose et des Alpes occidentales , des montagnes Scandinaves et des Gor^ dillères du Brésil ; enfin de celles de la portion la plus récente des terrains diluviens , aux pieds des monts Elbours , en Perse, des monts Himalaya, en Asie, et de l'Atlas, en Afrique, prouve que la naissance de ces montagnes se rapporte à huit époques bien distinctes de soulèvements qui se sont succédé dans l'ordre que nous venons d'indiquer(»). Peut-être même que la Gordiilère des Andes appartient à une date encore moins ancienne. Un &it très remarquable, c'est que les chaînes de même époque, au lieu de se trouver sur le prolongement d'une même ligne , sont parallèles à un des grands cercles de la sphère.
L'ensemble de tous ces faits, joints à ceux que la géologie pourra rassembler encore sur un grand nombre de points incertains , devra servir de fondement à une bonne classification géographique des montagnes, et sape d^'à par leur base les classifications par systèmes et groupes fondés sur les ramifications qu'elles présentent.
Quelle est donc la cause de cette force qui a soulevé les plus hautes montagnes du globe, si ce n'est celle qui produit les commotions appelées tremblements de terre, les montagnes ignivomes et les d^'ections volcaniques; si ce n'est enfin l'action même du feu central 7 Nous ne rappellerons pas les calculs par lesquels le savant Fourier a déterminé les lois du reiroidissemeut de la terre primitivement en incai^ descence et Tinfluence du feu central ; nous n'exposerons pas la longue série d'observations faites sur une foule de points de l'Europe et à diverses profondeurs , ni les intéressantes expériences faites par M* Gordier, mais nous
(>) Voyez pour les montagnes de la France, le Livre LU de cet ouvrage.