À2> 103 *qq., 403 tqq. (eo ail.)* LUhietitefÇt
GEOGRAPHIE PHYSIQUE
qui a lieu dans les réglons tempérées et froides, ne cliange pas autant l'état naturel de l*atmosphère que Tévaporation tumultueuse, phénomène continuel dans la zone torride. I.es parties aqueuses répandues en grand nombre dans l'atmosphère des régions chaudes, lui enlèvent une portion de son calorique, par conséquent de son élasticité, ce qui le rend moins sensible à toute sorte de commotions, et explique la grande immobilité du baromètre dans cette zone. 11 parait certain que ni les pluies périodiques, ni les ouragans même, ne font sortir le baromètre de la tranquille uniformité qu'il montre dans le voisinage de réquateur; tandis que, plus on approche du pôle, plus ses oscillations deviennent considérables. Cette variation de pesanteur dans l'atmosphère, dans les zones tempérées, semble ne pouvoir être attribuée qu'à des variations d'élasticité produites par Tévaporation.
M La nature diverse des substances terrestres produit encore des modifications dans l'évaporatiou.Lcs gaz azoteet carbonique, dégagés abondamment de plusieurs roches, ne sauraient être indifférents dans le procès qui renouvelle sans cesse le fluide atmosphérique. Beaucoup de molécules terrestres, réduites à une grande ténuité , s'élèvent dans l'air, témoin les pluies salées , soufrées et autres. La quantité même de l'évaporation dépend de Tespèce des substances composant la surface du globe.
» La terre mêlée avec de l'eau fournit plus de vapeurs que l'eau pure (') ; ce qui est sans doute dû à une espèce de fermentation qui dégage une plus grande portion de calorique. Par une cause semblable , l'eau , au moment de sa congélation , s'évapore plus fortement. Les plantes envoient à l'air une immense quantité de vapeurs ; l'évaporation de Vhelianlhtts annuusj par exemple, est dix-sept fois plus forte que celle d'un homme , à égalité de surfaces. Quelle ne doit pas être l'influence de ces épaisses forêts qui couvrent encore tant de vastes contrées 1
n La plupart des physiciens n'ayant point encore examiné avec attention les différentes modifications de l'évaporation , se bornent à dire qu'une partie de l'eau , élevée en vapeur ,
Magatin de pbysiqae de Volgi, Ylll, 178 sqq, (en âll.).
(•) Bazin, Mémoirei de rAcadémle de Paris, 1741.
se mêle intimement à l'air atmosphérique qui la dissout ; cette eau y est invisible ; mais lorsque l'air est saturé d'eau , les particules aqueuses qui ne cessent de s'élever ne se dissolvent plus , et y restent suspendues en vapeurs vésiculaires , dont la réunion forme les nuages et les brouillards, et donne , en général, naissance à tous les météores aqueux. Il arrive aussi qu'une partie de l'eau dissoute par l'air , en s'en dégageant de nouveau par une cause quelconque, prend la forme de vapeurs vésiculaires.
» Les météores aqueux se présentent de deux manières: suspendus dans l'air, comme les brouillards et les nuages, ou tombant à terre, comme la rosée^ la pluie et la neige.
» Le froid , en condensant les vapeurs qui déjà se sont élevées en l'air, la chaleur en raréfiant l'air et sollicitant les vapeurs à se dégager de la terre et à s'élever ; enfin , un changement quelconque dans la constitution physique de Tatmosphère , produit ces réunions des vapeurs visibles que nous nommons brouillards quand ils s'étendent sur la surface de la terre , et nuages lorsqu'ils planent dans l'espace. En s'élevant dans les airs ou sur les montagnes , le voyageur franchit quelquefois une zone de nuages, et voit ces amas de vapeurs s'étendre au-dessous de lui , comme une plaine couverte de neige floconneuse /] ; mais, même sur le Chimborazo, on voit toujours à une hauteur immense certains nuages blanchâtres, semblables à des flocons de laine. Ces nuages, qui sont peut-être à une centaine de lieues du globe, doivent probablement leur élévation à réiectricité négative dont ils sont pourvus , et qui les repousse de la terre, tandis que l'électricité positive y fait descendre les brouillards ^*^). Deluc a vu un nuage très élevé descendre avec rapidité vers la terre , répandre une forte pluie d'orage , et remonter a son premier niveau avec la même promptitude , ce qui était évidemment un effet de i'électilcité ^8).
» Les brouillards sont de deux espèces, wc« et humides. Ceux-ci sont très rares dans la zone torride ; ils assiègent continuellement les régions polaires ; la raison de cette différence
0 ttev bardt , Voyageur aérien , gazelle de Berlin Juin 1810. — {«) iiui>e, sur l'Évaiioralion , chap. L, p. 991 sqq. ^ (3) Deluc, Mod'Uicailonft de Talmospliere, 11» 7i4.