‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 176 sur 229 · LIVRE QUARANTE-UNIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-UNIEME

est aisée à trouver: la compression habituelle de Tatmosphère et sa densité étaat beaucoup plus grandes vers le p4Ie, les vapeurs ne peuvent s'élever et s'éloigner de la terre. Les hrouiUardê êeei proviennent, seioQ quelques savants, des vapeurs souterraines ; ils montrent une liaison sensible avec les éruptions volcaniques. Tel était du moins le cas dq fameux ImniiilArd qui , en 1783 , enveloppa toute TEurope au montent où le feu volcani-

3 ne ébranlait l'Islande ('). En 1756, avant le ésastre de Lisbonne, un semblable brouillard se montra dans le Tyrol et en Suisse ; il parut composé de molécules terrestres , réduites à une extrême finesse P).

1 Parmi les météores aqueux tombant à terre , la roêée a fisiit naître le plus de eonjectures; elle parait être d'une double nature : elle peut en partie être produite par la transpiration des plantes, mais la plus grande quantité se forme par la précipitation des vapeurs qui , pendant un jour ebaud , se sont élevées à une hauteur peu eonsidérable. L'influence de l'électricité sur œ phénomène est certaine, quoique encore mal exi^iquée, car la rosée ne se montre al)ondante qu'après une journée où l'air a été très électrique (*;, et elle ne s'attache nulle part en plus grande quantité qu'à la sur^ fiute des corps qui ne sont pas conducteurs d'électricité, tels que le verre et la porcelaine ; les métaux, au contraire paraissent l'absorber. La rosée est nulle ou faible dans les régions pdaires,dans les contrées arides et sur les mers des zones tempérées; plus abondante sous les climats chauds, elle y remplace souvent la pluie ; mais en plusieurs pays elle est nuisible A l'accroissement des plantes et à la santé de l'homme; die l'est surtout dans les pays marécageux , où les vapeurs qui s'élèvent pendant le jour sont d'une nature malfaisante.

>• La geié$ blanekê est une rosée qui s'est gelée un moment après qu'elle est tombée. Fixée sur les arbres dépouillés de leur verdure, elle présente l'aspect d'une végétation cristalline.

» La pîuie tombe des nues lorsque les va-

(') i9<n)l(/tfffeM,IiéfleiioBa8«r1efraadbrQiillliré. BruDSwIck, 1783 (en allemand). — (*) Lamberi, Act. HclT., tMii. IIJ. ffçrgtnamt, Géogr. phyt., % leS, — (3) Du For, Mémoire sur la roêée. mmoku de rAoad. det ScioDcci, ITSe, p. S6t.

peurs vésiculaires qui en font partie se réanissent en gouttes. Ces gouttes n*ont dans nos climats que quelques lignes de diamètre, mais dans la zone torride elles ont jusqu'à un pouce. Ainsi , la dilTérenoe qu'on remarque entre la pluie d'orages et la pluie ordinaire parait n'être qu'aoddenteile, et l'origine de l'une et de l'autre peut être attribuée à une diminution d'éleetîidté dans les nuages. Les montagnes sont autant de pointes qui soutirent le fluide électrique ; voilà pourquoi il pleut presque oontinuelJement dans certains pays montagneux, oomme sur la céte orientale de la Norvège et de l'Éeosse. Dans les contrées où le tonnerre est inconnu , comme aux environs de Lnna et sur toute la c6te du Pérou, cm ne connaît pas non plus la pluie (').

» Lorsque les vapeurs aqueuses se etNigèlent soit en tombant, soil dans l'air, elles forment des n$ife$, La cristallisation ordinaire du sel ammoniac en petits cristaux plumeux 0 offre des phénomènes semblables à ^lui qui se présente dans la cristallisation de la neige. « SU l'on remplit un vase de verre, profond et w chaud , dit Mônge, d'une dissolution de sel n ammoniac saturée à ehaud , et qu'on laisse n ensuite lentement refiroidir ceHc-ci dans un » air eaime, la surfiace du liquide est la pre- » mière qui arrive à la supersaturation , tant i à cause du refroidissement direct qu'elle *• éprouve, qu'à cause de la concentration que » l'évaporation y provoque ; c'est donc à la » surface que les premiers cristaux se for^ H ment. Ces cristaux d'une extrême petitesse » sont aussitôt submergés que formés, et parce » que leur pesanteur spécifique est un peu plus » grande que celle du liquide qui les contient, » ils descendent avec lenteur; en même temps M leur volume augmente par une addition de » cristaux semMablee qui se forment sur leur w passage , en sorte qu'ils arrivent au fond du » vase en flocons blanes , nombreux et volu- » mineux. La progression rapide de la cristali> lisation est due uniquement à l'affinité des j» molécules; le premier cristal qui descend au » fond donne comme un signe de ralliement » à toutes les molécules qui avaient une ten- >• dance à se réunir. >• On peut comparer à ees piiénomènes la formation de la neige , dont les premiers eristaux, nés au haut deVatmosphère,

(*) Jùtbê , larl'BvtporaaM» eliap.St«6e, pig. SM 33S. — (*} Mongt , ÂDnales de chimie , Y , p. l > «^

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

déterminent, à mesure qu'ils descendent, par Texcès de leur pesanteur spécifique, la cris-* taliisatiiHi des molécules aqueuses que, sans leur présence , Tair environnant aurait retenues en dissolution. 11 en résulte des ^iles à six rayons , lorsque le temps est calme et qufi la température n'est pas assez élevée pour déformer les cristaux en fondant leurs angles ; mais Lorsque Tatmosphère est agitée et que la neige tombe de trop haut, les cristaux se heui^- Utat , sa réunissent en groupes et forment des floeous irréguliers.

» La gréU a été regardée long-temps comme de la neige ou de la pluie neigeuse qui a subi plusieurs congélations et plusieufs fontes su^ perÉdelies, en passant par différentes zones, les unes tempérées, les autres glaeiales. Les hypothèses que Ton a imaginées pour expli-^ quer sa formation ont été Jusqu'à ee jour peu satiafoisairîes. Elle parait seulement dev(^ être asskBiiée à certains phénomènes élactrîques: on sait que Téleotricité, eu combinant Toxi-^ gàne et l'hydrogène, leur enlève une partie de leur ealorique. Aussi la grêle, même eelle du printemps , est-elle aeeompagnée de traces d*éleetrieité(V C'eat par un appareil électrique qu*oii est parvenu à imiter la grêle. On peut lyouter que les éruptions des volcans sont sou« vent suivies de la chute d'énormes gréions (^). La violence avec laquelle la grêle est lancée sous un angle oblique et indépendamment du vent, s'expliquerait en supposant, avec le célèbre Volta, deux nuages situés Tun au-dessus de l'autre, électrisés en sens inverse, attirant

(>) c On eotend quelquefoU , avant la chute de la grélê , dii M. Ar«go , UD hruU, un craquement particulier qu'il serait difficile ^ mieux déûnir qu'en le comparant à celui que produit un sac de noii qu'on vide, ta plupart des météorologistes croient que les gréions peusfiés par les vents s'entrechoquent conti* MMllemeal dans les nuages qui \t& portent, et c'est là, suivant eut, l'origine du mugissement dont la ebuta d« météore est précédée. D'autres supposent que les grêlons sont fortement et divertemeat électriféi , et i«gardeni dès lors le craquement en question goMne le résulUt des peUtes décharges électriques ■Ult«t mille (ois répétées. » (Notes scienliâques : Amiuave du bureau des longitudes ,1827.)

^ grêlons varient de grosseur depuis celle d'un polslosqa'à celle d'un oeur : cependant l'orage qui , le IS Juillet I7SS, traversa en feu d'heures du midi au nord teute la France , produisU dies grêlons dont Isa plus gro6 pesaient une demi-livre. J. H.

(») Stephenêen, Tahleta de Hslande, p. 807 (en aUemaDd).

et repoussant tour à tour les gouttes d'eau qui se trouvent dans l'intervalle qui les sépare, et produisant dans ces gouttes d'eau, chai^^ d^électricité eontrairc , une évaporation d'où résulte un refiroidissement qui provoque la formation d'un noyau de glace, eu la grêle qui serait ensuite poussée dans la diagonale de sa pesanteur et de la résultante des deux diree^ tions des nuages (>j.

» Tels sont les principaux ftdts que la ^y« sique a devinés à l'égard de la formation dee météores aqueux. Leur influence sur le biendtre de la terre est plus ftuïile à déterminer. Nous voyons toute la nature languir quand l'atmosphère retient trop le»g-*temps le fluide enlevé à la terre; les plantes penel^ent tristement lenr feuillage Jaunissant; les animaux sentent Leurs forces défiiiUir; l'homme lui** même, ne respirant que de la poussière, peut difficilement se procurer un asite eontre la cfaa* leur qui l*aceabie et contre la sécheresse qui le dévore; m£^8 à peine les eaux célestes se sooUeiles répandues, que tous les êtres vivants se sentent renaître : les champs reprennent leur parure verdoyante, les fleurs leur éelat, les animaux la iiiierté de leurs mouvements, les éléments de l'air leur équilibre salutaire. La neige elle4néme, dont le nom effraie les peu* pies nséridionaux , est un véritaMe bienlbi t de la nature; elle garantit les racines des plantes des effets d*iin Aroid rigoureux; elle humecte lentement des terres m la pluie ne s'arrêterait pas; elle fraie à Tliomme du nord des routée commodes et agréables sur lesquelles il glisse joyeusement dans son léger et i>riilaut traîneau, tandis que l'habitant du midi, sous un ciel nébuleux, reste également privé de$ agré* ments de l'hiver et de ceux de l'été. I^ grêle seule, parmi les météores aqueux, ne se montre Jamais que sous l'aspect d'une calamité ; les oiseaux et les quadrupèdes, par insUnct, se

(0 On connaît encore deux autres espèces de grêle ; la plus fréquente , intermédiaire eplre la pluie et la grèlc , est le grésil , petite grélo qui , dons les régions tempérées, tombe pendant l'hiver, au commencement du printemps ou à la tin de Tautomne : il ne se montre que pendant les orages passagers , et louloua sous forme de petits grains que Ton dirait comme saupoudrés de farine. L'autre espèce ne dif (ère de la précédente que par sa diapbanéilé. Ces deux sortes de grêle paraissent être des gouttes de pluie qui, tombant d*un nuage, en traversent un autre plus bas et cependant plus froid. J. H.

UVRE QUARANTE-UINIEME.

cachent dès qu'ils ca ont eu le pressentiment ; rhomine ne sait ni prévoir ce météore ni en arrêter les ravages; il a pu enchaîner la foudre, mais il volt la grêle écraser ses blés, briser ses arbres fruitiers, et endommager ses maisons mêmes , sans pouvoir y apporter au- , cun remède (*).

• L'excès d'humidité pourrait bien devenir funeste à la terre; mais il est difficile que cet excès ait lieu. La quantité des eaux atmosphériques versées par les météores aqueux varie selon les climats. Il est probable que partout la quantité de Teau évaporée détermine celle qui descend de l'atmosphère.

» Les effets salutaires des météores aqueux sont encore modifiés par la nature chimique des eaux atmosphériques. Les pluies et les rosées salées aux environs de la mer Caspienne, dues aux vapeurs qui s'élèvent d'un sol imprégné de divers sels [^) , contribuent probablement à ces eHlorescenceà salines qui envahissent peu à peu le sol jadis fertile de la Perse. Elles sont si fortes, que dans une nuit d'été froide, on les voit se déposer sur les chameaux, sous la forme d'un givre contenant du sel ammoniac. Dans le Jutland occidental , nous voyons des brouillards saumâtres s'élever du sein de la mer, consumer le feuillage des arbres, en arrêter la végétation, sans nuire à celle des graminées. Les brouillards d'futomne, en France, probablement chargés d'électricité, hâtent quelquefois la maturité du raisin.

» Parmi les météores aqueux, il y en a quelques uns qui passaient autrefois pour surnaturels , mais auxquels des observations plus exactes ont 6té tout ce qu'ils avaient de mira-

(') On t crn pouvoir détourner ce fléau par un appareil auquel on a donné le nom de paragréle; mais H parall que l'on en a exagéré ou mal constaté les eflTets. Il serait très singulier qu'un paragrèle pût élre IndlITércmment formé d'une longue perche de bois A laquelle les uns fixent une pointe de cuivre, tandis que d'anlres n'en mettent point; que les uns arment d'un fil métallique qui plonge dans le sol» tandis que d'autres négligent celle précaution , et qui cependant produirait le même efi'et ; lorsqu'il est prouvé par une foule d'exemples que les grands arbres qui s'élèvent plus que ces perches dans l'atmosphère n'empêchent pas la grêle de ravager les fiays l<>8 plus bois^, et que les paratonnerres épars dans les villes ne paraissent avoir aucune influence sur ce météore.

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