‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 178 sur 229 · LIVRE QtARANTE-miÈMË · texte numérisé non relu

LIVRE QtARANTE-miÈMË

foudre semble être particulièrementattiréevers les endroits marécageux , ne pourrait-on pas en chercher la cause dans la présence du gaz inflammable des marais, qui n*est qu'un gaz hydrogène impur?

» On a prétendu qu*il y a dans le fluide électrique du globe deux courants ; Tun, des pôles vers réquateur, Tautre en sens contraire. C'est une hypothèse assez probable.

» Les orages, malgré les malheurs qu'ils causent de temps en temps, et que le paratonnerre ne prévient pas d'une manière absolue, méritent d'être regardés comme un des plus grands bienfaits du Créateur. Ils répandent de la fraîcheur dans l'atmosphère échauffée et desséchée. Désaltérée par les pluies d'oitige, la plante reprend son vert brillant, la fleur relève sa tête languissante ; les moissons et les fruits, pénétrés d'une nouvelle chaleur, mûrissent plus rapidement, etThomme en silence adore le grand Être dont la puissance vient de se manifester.

» Nous allons considérer divers phénomènes ignés, mais dont aucun ne présente la terrible énergie du tonnen'e. C'est un spectacle aussi magnifique qu'étonnant que ces aurores bo-réaies, tant de fois chantées par Ossian. Dans ces météores , teints de sang et de feu , quel poète ne verrait les ombres des guerriers qui, jadis vainqueurs de la terre, à présent dominateurs des airs , se penchent de leurs nuages pour regarder les combats de leurs neveux ! Ces pâles et tranquilles lueurs ne sont-elles pas les fil les des héros qui , moissonnées dans leur printemps, plan«[it aujourd'hui sur l'aile du vent ? On entend leurs soupirs et les légers bruissements de leurs robes resplendissantes. Quelles colonnes lumineuses s'élèvent vers le iiénith et s'y assemblent de toutes parts ! C'est le palais errant des morts. Peintres et poètes , c'est à vous qu'il est permis de retracer toute cette magie. Nous devons nous borner à une description rigoureuse [^j. L'aurore lx)réale se montre toujours du côté du nord dans nos contrées européennes; elle tire ordinairement un peu à l'ouest. Au Groenland, on aperçoit quelquefois ce phénomène du côté du midi. Dans l'hémisphère austral, il se montre, mais avec un éclat affaibli, du.côté du pôle du sud. Les anciens paraissent l'avoir décrit sous les

('} Mairan, TnMé des aurores boréales', p. 115. Bergmann^ Géographie physique^ II, 96-104.

noms de lampes ou torches ardentes et autres \ aujourd'hui i! est rare dans la zone tempérée, et ne devient commun que vers le 60« degré de latitude. Il commence ordinairement trois ou quatre heures après le coucher du soleil; il s'annonce par un nuage sombre qui présente à peu près la figure d'un sèment de cercle dont Thorizon forme la corde. Ce segment vu à Upsal , pa& exemple, est d'un noir foncé, tandis qu'en Laponie il parait grisâtre ou même devient presque invisible. Bientôt sa circonférence parait bordée d'une lumière blanchâtre qui semble quelquefois se consumer tranquillement. Le plus souvent le segment nébuleux s'ouvre en crevasses; il en sort des jets et des rayons de lumière colorés en janne, rose, pourpre ou vert céladon. Un mouvement général agite toute la masse nébuleuse et éclairée ; des rayons plus vifs les uns que les autres se croisent comme des éclairs au milieu d'une vaste clarté; peu à peu il se forme au zénith une couronne brillante qui semble être le point central de tous les mouvements de la matière lumineuse. Après avoir occupé pendant une heure ou deux presque toute l'étendue du ciel , le phénomène se resserre d'abord du côté du midi, ensuite à Fouest et à l'est, et finit par disparaître au nord. Le soleil levant éteint ces clartés rivales de la sienne. Mais plus on s'éloigne du pôle, moins on voit distinctement ces diverses phases de l'aurore boréale. Elle ne parait généralement en France que comme une lumière peu élevée au-dessus de l'horizon.

» Les physiciens ont donné divers explications de ces phénomènes; celle qu'a proposée dernièrement le professeur Libes a paru aux savants réunir la simplicité à la probabilité (*)•

» Ce physicien pose d'al)ord six principes : 1° Si l'on excite l'étincelle électrique dans un mélange de gaz azote et de gaz oxigène, il en résulte de l'acide nitrique«t de l'acide nitreux, ou du gaz nitreux, suivant le rapport qui existe entre le gaz oxigène et le gaz azote qui composent le mélange. 2^ L'acide nitrique exposé au soleil prend plus de couleur et de volatilité. Schéele a observé le premier ce phénomène, et M. Libes a fait là-dessus des observations fréquentes. Ayant placé un récipient sur une sou-

(') Traité de physique, par LUfes, tom. UI^ p. 809.

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coupe contenant de Fadde nitrique , et ayant exposé le tout au soleil , il a vu que l'acide s>st coloré, et que le récipient a été rempli de vapeurs rutilantes qui s'y soutenaient longtemps en répandant une clarté semblable à celle des aurores boréales. 3^ Bans les flacons qui contiennent de Tacide nitreux, on aperçoit toujours, au-dessus de Tacide, une vapeur très rouge et très volatile qui ne se condense jamais. 4* Le gaz nitreux , en contact avec l'air atmosphérique, exhale des vapeurs rutilantes qui s'envolent dans l'atmosphère. 5"" Le gaz hydn^ène qui se dégage de la surface du globe va occuper, dans les hautes régions de Fatmosphère , une place marquée par sa pesanteur spécifique. 6"" La chaleur solaire a très peu d'activité dans les régions polaires.

» En réfléchissant sur ces principes , il est aisé de voir que, la production du gaz hydrogène-étant presque nulle dans les réglons polaires, le fluide électrique, en refluant de Téquateur vers le pôle ne doit rencontrer qu'un mélange de gaz azote ou de gaz oxigène ; que l'étincelle électrique fixe et combine ces deux gaz ; que cette réunion doit donner lieu à une production de l'acide nitrique , de l'acide nitreux ou du gaz nitreux, selon le rapport qui règne entre les deux gaz composants , et que de ces gaz et acides nitriques ou nitreux doivent s'exhaler des vapeurs rutilantes et volatiles qui donnent lieu aux phénomènes de l'aurore boréale. Si ces phénomènes n'ont pas lieu dans les zones tempérées, c'est que dans leur atmosphère fortement échauffée il se trouve toujours un mélange de gaz oxigène et de gaz hydrogène . que l'étincelle électrique fixe de préférence en y occasionnant la foudre et le tonnerre. Ces deux phénomènes ne sont point connus dans les régions polaires , parce que le gaz hydrogène y manque.

i>Les observations de Gmelin le père, dans son voyage de Sibérie, tendent à confirmer l'opinion de M. Libeê. En avançant dans la Sibérie orientale, les aurores boréales deviennent toujours plus fréquentes , plus éblouissantes ; on dirait que les contrées glaciales entre le léniséï et le cap Bering sont la patrie de ces phénomènes. Or, c'est justement la partie de l'ancien continent où le froid est le plus vif, et par conséquent où il se développe le moins de gaz hydrogène.

• Cette explication pourtant ne rend pas raison de plusieurs circonstances du phénomène , entre autres du segment noirâtre qui en forme la base ; il faut attendre que des observateurs éclairés en aient fait l'application suivie à un certain nombre d'aurores boréales. Nous demanderions à ces observateurs si l'aurore boréale ne serait pas en partie due à un e^et de mirage, si le segment circulaire ne serait pas l'image du globe terrestre lui-même, répétée dans l'atmosphère nocturne ? Alors les rayons lumineux qui paraissent sortir de ce segment nébuleux sortiraient réellement de la terre elle-même. C'est une idée que nous livrons à l'examen des savants [*).

» D'autres phénomènes ignés nous rappellent vers la surface terrestre. On sait que des matières animales en putréfaction il se développe toujours du phosphore, qui, s'enflammant par le contact de l'atmosphère, produit des flammes légères et mobiles. Telle est probablement l'origine de ces feux follets qui voltigent dans l'obscurité à la surface des terrains marécageux, sur les cimetières et sur les champs de bataille; lisent pu causer les prétendues apparitions d'esprits dans les églises , où une mauvaise habitude entassait les restes des morts. Le gaz hydrogène se combine souvent avec le phosphore; ce mélange n'est pas propre à la respiration, il suffoque subitement. C'est encore une circonstance qui semble entrer dans beaucoup d'histoires de revenants et d'apparitions p).

» Il se dégage aussi des marais un air inflammable qui est du gaz hydrogène mêlé avec de l'azote. L'air qui brûle à la surface de certaines sources connues sous le nom de fontaines ardentes , provient également du gaz hydrogène phosphore. Il existe une de ces sources dans la paroisse de Saint-Barthélémy, département de l'Isère. Le d^agement du gaz inflammable est pendant Tété si considérable, qu'on voit continuellement une flamme de sept pieds de hauteur, et que des voyageurs , à son

('] Malgré ces expllcallons et Uni d'autres qu'il serait trop long de citer, oo peut dire que la cause qui produit Vaurore boréale n'est point encore cumplélement connue. J* H.

(3) Le gaz inflammable des marais est Thydrogène proto-carboné ; celui qui s*exbale et s'enflamme à la surface des cimetières bumides est l'hydrogène per^ j phosphore. ^» H.

bùi

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aspect, se sont Imaginé voir un yHleige en combustion (').

» Les feuœ follets, nés d'un développement d'hydrogène per-phosphoré, doivent nécessairement s'éteindre rapidement ; une succession de ces feux paraîtra donc aiix yeux du spectateur être une seule flamme qui se transporte avec rapidité d'un lieu dans Tautre. En veuton approcher, l'air poussé devant nous force le feu léger à s'éloigner. Il y a d'autres feux semblables qui se montrent immobiles dans un certain endroit ; il en existait un près Rettwiek en Suède , qui était attribué à un dragon veillant sur des trésors ; un simple mineur osa diriger une fouille qui mit à découvert une caverne remplie de pyrite sulfureuse et de pétrole, dont la combustion avait été la cause du phénomène (").

» Les étoiles tombantes ou volantes sont connues de tout le monde. On les voit sous forme de petits globes de feu parcourir la voûte du ciel dans toutes les directions , en décrivant des courbes. Leur apparition est très fréquente dans les pays chauds, et pendant l'automne et le printemps dans les régions tempérées, lîlles ont probablement pour cause un gaz hydrogène plus ou moins sulfuré ; car le phosphore est trop rapidement enflammé par le contact de Talr pour qu'il puisse s'élever aussi haut. Ce qui semble prouver l'origine sulfùrohydrogénique de ces météores , c'est la considération des circonstances qui les accompagnent ou les suivent. Ces feux , à ce que l'on assure , tombent souvent à terre , et l'on ne trouve à l'endroit de leur chute qu'une matière fétide, glutlneuse, d'un blanc tirant sur le Jaune. Or, on sait que le gaz hydrogène sulfuré tient du soufre en dissolution , que l'hydrogène et le soufre ne brûlent point en même temps; que par conséquent la partie sulfureuse peut se précipiter à terre , pendant que l'hydrogène, mêlé à l'oxigène de l'air, s'allume par une légère étmcelle électrique (»).

(') Bouvier, Journal de la médecine éclairée par les sciences physiques, lom. III, n» 8. — (a) Mémoires de l'Académie de Slockholm, 1740. Bergmann, Géographie physique, II, 80.

(3) L'origine des étoiles tombantes est encore Imparfaitement connue; mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que, d'après des observations récentes, répoque où l'apparition de ces corps semblerait être la plus générale et la plus nombreuse serait vers le milieu de novembre, et notamment dans la nuit du

» Le feu de Saint-Ehne est assez générale-ment regardé comme une accumulation de matière électrique autour d'une pointe qui se meut dans l'air. Ainsi ce ^eu doit naturellement se montrer souvent au sommet des mâts d'un vaisseau naviguant avec rapidité. Les anciens ont remarqué ce phénomène; une paire de ces feux s'appelait Castor et Polhix; un seul portait le nom d* Hélène. Souvent m Vit les lances d'une armée ornées de ces bouquets électriques {*). Vu naturaliste suédois voyageant à cheval par un temps neigeux, vit ses doigts, sa baguette et les oreilles de son cheval couverts d'un feu de cette nature (*)•

» Les globes de feu ou météorolites offrent uq spectacle beaucoup plus imposant que tous les phénomènes précédents. On en volt d'une étonnante grandeur; leur lumière est quelquefois rougeâtre, mais plus souvent d'une blancheur vive et éblouissante, semblable à la flamme du zinc mêlé avec le nitre. Ils se meuvent avec la rapidité de l'éclair, et semblent parcourir les hautes régions atmosphériques^puisqu'onlesa vus en même temps à des endroits fort éloignés l'un de l'autre. Peut-être ceci n'est-il qu'une suite de leur marche rapide, qui est quelquefois de six Lieues par seconde. On les voit souvent, dans l'espace de quelques secondes, apparaître, traverser l'horizon, éclater comme un feu d'artiflce, se briser en morceaux, ou lancer des torrents de flammes. Une terrible détonation ébranle les airs et la terre au moment où ils éclatent. Il y en a qui se précipitent comme la foudre, écrasent les toits des maisons, tuent les animaux, démâtent et fracassent les navires. D'autres fois ils marchent sur la terre comme un tourbillon de feu, brûlent les végétaux, dévorent ou du moins renversent tout ce qui se rencontre sur le chemin. La foudre les accompagne quelquefois; en général, rélectridté et l'hydrogène, peut-être aussi le gaz nitreux, semblent jouer id un grand rôle ; mais l'apparition trop momentanée de ces phénomènes n'a pas permis de les observer avec soin. »

12 au 13 de ce mois. Ce phénomène a été obsenré dans des années différentes et dans diverses cootréôh toujours vers le H , le lî et le 13 novembre. J, H. (•) Homer., Odyss., XX, 133. Oc, de DiTlMt, I, 18. p'irg,, Georg., I, 47S. P/in.. HiiL Bât., fl, cap. zzxTii. Seneca, Qusst. nal., 1, 1. C^mu» Bell. Afric, Ô. Lib. XXII, 1. — (•) Fonkal, dans Berg^ mann , Géographie physique, § tZO.

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L'atmotj^ère a de tout temps contribué à augmenter le nombre des substances solides du globe; Im^plmesdêpUrreê, décrites comme des prodiges par beaucoup d'historiens grecs et romains, cmt été mises hors de doute par les observations éclairées des Biot, des CMadni et de plusieurs autres savants. Toutes ces substances , lancées sur la terre du haut des cieux, contiennent les mêmes éléments : de la silice, du soufre, de la magnésie, de la manganèse, du chrome, du fer et du nickel. Elles semblent n*étre que les noyaux des globes de ffeu qu'on voit souvent traverser l'atmosphère avec un éclat éblouissant pour disparaître en un clin â*œil. Ainsi les bolid$$o\k pierres atmosphériques seraient des concrétions formées par les gae élémentaires, et peut-être par un effet de rélectrioité. Mais elles peuvent aussi être regardées comme autant de satellites ou lunes en diminutif qui , tournant autour de notre planète, finissent par s'y réunir lorsque des causes inconnues, mais faciles à concevoir, leur ont fait perdre une partie de leur force centrifuge. Le sage Franklin a-t-il eu tort de penser « qu'il a pu y avoir un temps » où il pleuvait des pierres comme aujourd'hui «ilpleutdereau{*)? »

(') Ces corps, dont on a si long-temps révoqué «n doute rexistence , et que Ton désigne non seulement par les noms mentionnés ci-dessus, mais encore par ceux do pierrei de Joudre, pierres de la lune, airthlUes, uranoli:e!f, méiéonteâ, ciraunitei, et boœtiliee, ont été le sujet d'un grand nombre d'hypothèses pour expliquer leur formation. On a supposé qu'Us pouvaient être lancés par les volcans de la lune; et MM. Btot et Poisson ont calculé qu'il ne faudrait qu'une vitesse quatre ou cinq fois plus grande que telle d'un boulet de canon pour détacher de notre satellite un de ces corps el Tentratner dans notre atmosphère. Quelques physiciens ont pensé que des volcans sUuès près des pôles de notre planète pouvaient lancer dans l'espace des déjections i une hauteur assez considérable pour les obliger à se mouvoir autour de la terre Jusqu'à ce que des causes accidentelles les entraînant 4 sa surface. Lagrange a prouvé qu'une force douze ou quinze fois plus forte que celle delà poudre à canon suiflrait pour produire ce résultat. On peut dire qu'aucune des hypothèses proposées n'explique la cause de ce phénomène. Ce qu'il y a de certain, c'est que s'il est le résultat de la combinaison de olITérents corps émanés de la terre à l'état gazeux, ces corps sont entraînés à une hauteur qui surpasse celle que l'on s'accorde à donner i Tatmosphèrc terrestre, puisque plusieurs de ces aérolites ont été aperçues en môme temps de lieux assez distants pour faire admettre qu'elles étalent éle-

» Tous les phénomènes que nous venons de considérer se montrent avec éclat ou même avec fracas : il y en a un qui se présente comme le résultat d'une petite force invisible, tranquille, mais qui n*en embrasse pas moins tout le globe teiTcstre. Je veux parler du fna^ gnétismê. Ce phénomène est fort peu connu quant à sa nature. Tout ce qu'on sait se réduit à ceci : il semble exister une matière ou force quelconque qui influe probablement sur tous les corps terrestres, mais qui se manifeste principalement en agissant sur la mine de fer oxl dulée nommée aimant. Ces substances, pré» sentées Tune à l'autre, s'attirent mutuellement par un certain point et se repoussent par un autre; elles tournent constamment ces deux points, où leur action magnétique se concentre, vers les deux pôles du monde; elles communiquent par le frottement ou par le contact, cette vertu à des barres et à des aiguilles de fer ou plutôt d'acier, de sorte qu'une telle osffuille aimantée indique par une de ses pointes le nord et par l'autre le sud, sauf quelques déviations. On cherche à expliquer ce phénomène de la direction des aimants en supposant que le globe soit lui-même un grand aimant qui exerce sa force magnétique sur tous les corps plus ou moins sensiblement (^). Nous n'entrerons pas dans les discussions auxquelles cette hypothèse donne lieu (2).

» La terre, considérée comme un grand ai'^

vées à plus de quarante lieues de la surface du globe. J- H.

(■] On a prétendu aussi qu'il existait dans les régions polaires des mines d'aimant qui accumulaient vers le pôle rinfluence magnétique ; mais les travaux de H. Ampère tendant à assigner une autre cause au magnélisme. 81 Ton considère en effet la terre comme une pile galvanique résultant de l'assemblage des difTérentes roches, on pourra mÔme expliquer les variations diurnes de l'aiguille. L'expérience prouve en effet que des disques de même nature, dont la température est différente, produisent de l'électricité : on peut donc admettre que le changement de température qui a lieu tous les jours de l'est i l'ouest pendant la présence du soleil « doit avoir de l'influence sur la position des courants terrestres. J. ÎI.

(») Mpinia , Tentamen theoriœ mat/neiieœ ; les Mémoires de Coulomb, membre de rinstUut; ceux d*Euler , dans les Mémoires de Berlin , 1761 , 1765 et 1757; les Mémoires suédois , pour les années 1760 et 1768. avec la carte de ff^ilke; les Transactions de la Société royale Irlandaise, vol. IV, Dublin. Van Suinden, Mémoires sur l'analogie de l'électrlcUô et du magnétisme. UaUy, Physique, S8720-B82.

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mant, a des p61es et un équateur différents de ceux que lui donnent sa figure et sa rotation. C*est ce que démontrent les deux espèces de déviation observées dans Taiguille aimantée.

» r^ déviation ou l'angle que Taxe de Taiguille aimantée fait avec le méridien du lieu s'appelle déclinaison; elle est orientale ou oc- *^ cidentale ; elle varie dans divers endroits du globe, à divers temps de Tannée, même à diverses beures du jour. Ces diminutions et augmentations semblent être périodiques. Les variations sont même très considérables. A Londres, la déclinaison était de 1 1° 15' à l'ouest, en 1580 ; en 1657, l'aiguille montrait directement le nord ; en 1692, on remarquait déjà 6** de déclinaison occidentale, et en 1799, cette déclinaison était montée à 2F. En 1580, la déclinaison vers l*ouest était à Paris de IV 30' ; elle a diminué jusqu'en 1663, où elle resta à zéro jusqu'en 1666 : c'est-à-dire que dans cette ville la déclinaison était nulle. Elle recommença ensuite vers l'ouest, de sorte qu'en 1678 la déclinaison était de V 28' ; en 1795, elle montait à 22«' 30' vers l'ouest ('). On trouve sur le globe des suites de points dans lesquels la déclinaison est nulle; mais ces bandes sans déclinaison changent tous les ans de position. On est obligé de refaire les mappemondes magnétiques tous les dix à douze ans.

» Les oscillations diurnes sont aussi considérables. Cc/«t« observa une variation de 12" dans une heure , et de 2 à 7 minutes dans les 24 heures. Les expériences de Cassini, faites à Paris , donnent le résultat intéressant que voici : Depuis huit heures du matin à deux heures après midi, la direction de l'aiguille se rapproche de la méridienne ; elle s'en écarte ensuite jusqu'à neuf heures du soir, et reste statlonnaire pendant la nuit. La somme des oscillations vers l'ouest l'emporte sur celle des mouvements en sens contraire (^).

(■) Depuis cette époque » la déclinaison a augmenté |us(|u*en 1813 qu'elle éUit de 220 28'. L'aiguille resta encore stationnaire, et en 1816 elle recommença son mouvement rétrograde. En 1824 , la déclinaison était de 23° 19' vers l'ouest; en 1829, de 22o 12' dans la même dirccUon.

En 1824 , la déclinaison était 4 Londres de 24« S'.

(«) La marche des oscillations diurnes n'est pas la même dans tous les mois de l'année ni dans tous les lieui de la terre. Elle atteint son maximum i Paris

» VineUnaison consiste en ce que l'aignilte aimantée qui, sous l'équateur ordinairement, se soutient dans Téquilibre horizontal qu'on lui a donné en la plaçant sur son pivot, s'en écarte à mesure qu'on approche des pôles : l'une de ses extrémités s*abaisse toujours vers le pôle voisin. La plus grande indinaisoD dont on ait parlé jusqu'ici est celle de 82**, observée par Phipps à la latitude de 79° 44' nord. D'après les observations de M. de Humboidt, l'intensité des forces magnétiques, et surtout l'inclinaison, augmente en allant de l'équateur aux pôles, tandis que le voyageur aérien M. Gay-Lussac a constaté qu'à 3,600 toises au-dessus de nous , elles étaient les mêmes que sur la terre (*).

» Le cercle qui coïncide avec le plan vertical passant par la direction de l'aiguille, s'appelle méridien magnétique. Les points où se cou* peraient tous ces méridiens seraient les pâles magnétiques de la terre. Un grand cercle sous lequel Tinclinaison de l'aiguille est nulle , sera Véquateur magnétique. D'après les savantes recherches du célèbre Biot (2) l'équateur magnétique forme aujourd'hui avec l'équateur terrestre un angle de 10** 50' 56" ; son nœud occidental, sur l'équateur terrestre, est à 120" 2' 2" à l'occident de Paris , c'est-à-dire près des îles Gallapagos , dans la mer du Sud,

dans le mois de Juin, et s'élève à IV ; son minimum a lieu en décembre, et est de 9'. A Londres, en juin et juillet, elle est de 19' 6", et en décembre de?' 6". Les phénomènes atmosphériques dans lesquels l'électricité Joue un grand réle ont beaucoup d'influence sur ces variations. La foudre tombant prés d'une aiguille change quelquefois tout-à-coup ses pôles.

(') Dans le voyage que M. de Humboidt lit en 1829 en Russie et en Asie, il observa les Inclinaisons suivantes :

Latitudft. l'irlinsi^ws

Ile BIroutcbicassa. 4So43'42" 15 octobre 59«SI' 4'

Sarepta 48*> 30' 26" 9 octobre C2o 16*9"

Saratof 51» 31' lî" 4 octobre 64«» 40'9'

Barnaoul 53o 19'21 ' 1 août. . 68«» 9'8"

Kychtim ôS^S?' 0" l2sepL. . G8« 45' 9"

Beresof. 66»54'36" 50 juin.. . GS» 13' 2^

Tobolsk 68*» 12' 39" 23 Juillet.. 70«65'6"

Pétersbourg 69» 56' 31" 6 déc. . . 71» 6*7

L'inclinaison varie aussi chaque année dans le même lieu : en 1798, elle était, à Paris, de Od"* 51'; en 1810, de 68» 51'; en 1817, de68« 88', et en 1823, de68o8'6". J. H.

(•) Mémoires de Humboidt ei Biot, snr les variations du magnétisme terrestre à difTérentes latitudes. Jonr^ nal de physique, frimaire an Xlll, p. 244 sqq.

d*oà il suit que son noead oriental est à 59° 57' 55'' à i*orient de Paris , dans la mer des Indes. L'équateur magnétique descend au sud de l*équateur terrestre dans l'océan Éthiopien, et s'élève au nord dans le Grand-Océan. Ainsi , im liémisphère boréal projeté sur l'équateur magnétique présenterait encore un plus grand excès de terres sur l'hémisphère aquatique opposé, que n'en présente déjà im

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hémisphère boréal projeté sur l'équateur ter-

restre, circonstance qui, jointe à la direction magnétique de plusieurs chaînes d'Iles, nous fait pressentir le grand rôle qu'a dû jouer le magnétisme dans la formation du globe.

»» Nous avons appris à connaître tous les fluides atmosphériques ; nous allons considérer les mouvements qui agitent tout cet océan de gaz et de vapeurs. §

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