LIVRE SIXffiME
présentait un carré en dedans duquel ces géographes traçaient l'Europe, TAsie et TAfrique comme une grande lie d'une figure ovale baignée de tous c6tés par la mer Atlantique. Tout en regardant notre monde comme un globe, il leur paraissait que la terre habitable à eux connue n'occupait qu'une portion quelconque de la partie supérieure de ce globe : sous Téquateur, une zone brûlante, vers le pâle, une ceinture de glaces, resserraient les contrées allouées au genre humain dans d'étroites bornes; ils crurent donc ne pas commettre une grande erreur en dépeignant cette portion de la sphère conmie une surface plane. Le seul Hipparque tenta de figurer des méridiens et des parallèles courbes comme dans nos hémisphères, mais son avis fut long-temps négligé (^}.
» Pourquoi nous arrêter plus long-4;emps sur ces routes arides où la science ne mène souvent qu'à un doute désespérant? Exposons plutôt la Géographie historique de Strabon et des auteurs qu'il a extraits ou commentés. Son ouvrage offre, sous ce rapport, deux moitiés distinctes : une description très détaillée de la Grèce ainsi que de T Asie-Mineure , et des aperçus très rapides sur les autres pays connus. Topographe exact, critique scrupuleux et modeste dans la première partie , Strabon , dans l'autre , n'est que trop souvent un abréviateui* infidèle et un juge partial et superficiel. Il doit donc nous servir de guide et non pas de maître : .en analysant sa Géographie, nous tâcherons de rappeler toutes les découvertes de son siècle , même celles dont 11 n'a tiré aucun parti.