LIVRE QVARANTE-GINQUIÈBIE
pou, diffère essentiellement des grossières sudstances dont sont composées les lies de la mer de Sud. Les golfes d*Arabie et de Perse paraissent, d*après les anciens, être peuplés de zoophytes qui y forment comme des forêts souterraines (*). La mer des Antilles et le golfe du Mexique doivent contenir beaucoup de madrépores. Mais qui connaît assez les diverses holothuries, astéries, méduses et autres légers embryons d*étres, pour assigner leur région natale? Les laborieux voyageurs Péron et Lssueur, qui ont si bien observé les formes fugitives et délicates des zoophytes ;^, ont trouvé le genre pyrosoma cantonné dans une seule région de la mer Atlantique, et ils pensent que chaque espèce de zoophyte a son domicile déterminé par la température qui lui est nécessaire.
M L*abtme renferme encore des monstres qu'il est dangereux d'observer de près. II nous parait probable que la grandeur des poulpes varie selon la profondeur des mers où ils demeurent. Si ledëtroitde Messine, si la Manche en offrent notoirement qui aient des bras de 10 pieds de long , pourquoi traiteralt-on de fables les récits très circonstanciés des anciens (3] et des modernes >^) , qui parient de poulpes pris dans la Méditerranée , dans la mer Atlantique et dans la mer des Indes, et dont les bras , d*après des mesures faites de sang-froid^ se sont trouvés avoir 30 à 40 pieds de long? IVe serait-il pas même dans les règles de la saine critique de suspendre notre jugement à regard de ces monstrueux polypes , désignés en Norvège sous le nom de kraken, et dont plusieurs naturalistes estimables {^] ont cru trouver Tcxlstence démontrée de nouveau par des observations récentes ^•) ?
(•) Plin. , Hist. nat. , XIII , 25. ~ (*) Voyages aux Terres australes, 1 , 492 , et l'aUas, pi. XXIX-XXXI. — (3) P/iit. , IX , 30. yElian. , Hiat. nat. » XIII , 6. — (^) Aldrovand», de Molluscis, part. Vil, c. 2. Johnston, de Exanguib. aquat. Jib. I , tit 2 , c. 1. Swediaur^ Journal de physique, 1784, vol. II, p. 284 tqq, — (*) BoxCf Hist. nat. des yers, I, p. 36. Denis Monlfon. Histoire des moHusques , II , 71 , 153-218. PenmarUt British zoology , IV , tab. 28 , fig. 44.
(•) Quoi qu'en aient dit Denis Montfort et quelques autres pour appuyer les récils des anciens sur Texistence d'un poulpe dont les bras auraient 40 pieds de longueur, et pour rendre vraisemblable ce que rapporteiitquelques navigateurs sur la taille gigantesque du kraken qui fait sombrer un vaisseau sous voiles en l'enlaçant de quelques uns de se$ bras , tandis que, par §es autres bras, il se tient atUché i quel-
• 1^sxoGçtytiesonammauxii>égita9U$\ offrent les premières ébaudies de la force créatrice; ce ne sont pas oicore des êtres individuels, ce sont des masses confuses ou ramifiées de plusieurs 6tres animés d*un oommencernent de vie (^). •
que rocher; cef énormes rooltusques et ee terribto habitant des mers du Nord doivent être relégiiés parmi les animaux fabuleux , ou du moins oo cit autorisé à admettre que tout ce qu'on s'est pla à rapporter à ce sujet n'est fondé que sur les récita exagérés de quelques matelots effrayés. Il peut exister des poulpes dont les bras aient 8 à 10 pieds de long, ce qui leur donnerait un développement da double; un navire a pu sombrer par un coup de vent au moment où quelque poulpe, d'un dimension aa-dessus de celle que c«s animaux attegnenl ordinairement, se sera montré à la surface des eaux ; mais il ne fam point oublier que le serpent de mer, d'une talOe gigantesque, dont les Journaux américains ont signalé l'existence, et que plusieurs navigateurs avaient aperçu, s'est trouvé n'être qu'on thon d'one doozaine de pieds de longueur.
Le nombre de mollusques connus s'élève à plus dt 8,000, dont 6,000 vivent dans les mers, et 2.0UO dais les eaux douces et sur la terre. J. H.
(■) Les zoophytes sont des animaux gélatineux, dont le corps est allongé et contractile, et qui n'ont d'autre viscère intérieur qu'un canal alimenuire avec une seule ouverture servant de bouche et d'anus. On les a nommés polypes dès la plus haute antiquité, parce que leur bouche est entourée de tentacules ou de bras nombreux. Tous ces animaux, dit M. G. Cuvier, sont susceptibles de former des animaux composés, en poussant de nouveaux individus, comme des bourgeons; néanmoins ils se propagent aussi par des oeufs.
On les divise en potppts mu, tels que les ecrifnet et les pédicellaires ; et en polypes à polypiers, que Ton a long-temps regardés comme des plantes marines. On divise ces derniers en polypiers flexibles ou non endèrement pierreux : parmi eux se trouvent des gorgones, dont les rameaux cornés se soudent en forme de larges feuilles ; les éponges, dont les fibres entrecroisées et coriaces se disposent en masses arrondies; les eorattx, dont plusieurs sont recherchés pour leur belle couleur rouge ; et en polypiers pierreux , Jamais flexibles, qui comprennent ces nombreoses bmUles de madrépores , de mitlépores , de tubiports, etc., li fécondes dans les eaux de l'Océanie.
L'Ile de Timor est remarquable par l'abondance des alcyons et des tubipores qui habitent ses parages; c'est à celle de Guam que tous les genres de zoophytes viennent s'offrir aux regirds du navigateur.
Les polypiers flexibles paraissent se plaire dans les régions tempérées : leurs dimensions diminuent à mesure qu'on s'approche des pôles. Cependant les éponges sont plus nombreuses vers l'équaieur, bien que plusieurs se montrent Jusque près de nos côtes; mais elles disparaissent complètement vers les régions polaires.
La baie des Chiens marins, dans l'Aostmlie . a para
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
Plus développés que les zoophy tes, les mollusques, tant nus que tesiacés, jouissent déjà d'une vraie existence individuelle. Parmi les premiers nous avons vu les poulpes et les sèches si communs dans la Méditerranée (*} ; occupons-nous des seconds ou des mollusques conchifères.
n Leurs divers genres ont diverses parties; les coquillages de Timor ne se trouvent sur les côtes de la Nouvelle-Hollande que jusqu'à la pointe sud-ouest; de l'autre côté, les coquillages de nie Diemen, le\s qneVhaliotis gigantea et la pkasianella, diminuent de grandeur en suivant les côtes de la Nouvelle-Hollande jusqu'au détroit du roi George, et disparaissent au-delà p). Le jambonneau ou la pinnemarine, dont le byssus éclatant éclipse la soie, ne prospère que dans les mers de l'Inde et dans la Méditerranée. La pintadine ou VhuUre à perles ne donne des produits riches et parfaits que dans les mers équatoriales. Mais l'arrangement naturel est souvent dérangé; les bâtiments auxquels les coquillages s'accrochent,
à nos natoralistes-TOTAgeurs dépourvue de polypiers pierreux , tandis que les diverses espèces d'épongés y sont très nombreuses. J. H.
(') Les poulpes, les sèches et les calmars sont un aliment pour l'habitant de l'archipel et des côtes de l'Italie. Tout le monde sait que ces céphalopodes iou\&sent de la Taculté de répandre, lorsqu'ils veulent échapper aux poursuites d'un ennemi , une liqueiM' noire qui trouble l'eau i c'est cette liqueur qui fournit aux debsinateun» la couleur appelée tépia , et celle que l'on connaît sous le nom û'encre de la Chine, Les parties Oiiseuses de ces animaux qui vivent sur DOS côtes sont vendues sous le nom de biscuitt de mer, pour être placées dans les cages des serins, auxquels elles servent à nettoyer le bec.
» Une autre famille de mollusques nus est celle des midusaires. Ce sont des animaux marins tellement mous, gélatineux et transparents , qu'ils ressemblent à de la gelée. Leur forme est celle d'un disque convexe en dessus et concave en dessous; If ur dos est orné de lignes bleues , rouges , ou d'autres couleurs, disposées en rosaces ou en cercles , qui ne sont pas •ans élégance. Leur corps se termine par un pédoncule qui leur donne quelque ressemblance avec un champignon; certaines espèces ont leur circonférence bordée de longs filaments , que l'on nomme tentacules. Malgré leur transparence et leur mollesse , les méduses paraissent se nourrir d'animanx marins , et même de poissons. La plupart de ces animaux sont du nombre de ceux qui, ainsi que nous l'avons dit plus haut , contribuent k rendre phosphorescentes les eaux de l'Océan. Ils habitent toutes les régions, mais principalement la haute mer. J. H.
(*) Piron et Lesueur , Annales du Muséum d'histoire naturelle, XY.
les transportent d'un pôle à l'autre. Ce n'est que par cette voie que les eaux de la Hollande ont été peuplées de ce taret [teredo navalis) qui détruit les vaisseaux, et menace sans cesse de ses valves perforantes les digues hollandaises (>).
• La sécrétion calcaire des zoophytes est déjà roche ou pierre au moment où l'animal meurt; la sécrétion calcaire des mollusques testacés, ou les coquilles, ne forme des roches qu'en se décomposant. La structure des co* raux et des madrépores est grenue; celle des coquilles est lamelleuse ou stratifiée.
» Nous arrivons à un autre ordre d'animaux plus élevé dans la série des êtres ; c'est l'ordre des insectes, dont les vers forment la plus basse échelle. L'insecte qui, dans ses métamorpho-
(*) Plusieurs mollusques bivalves, comme les huîtres, les Umes et quelques autres genres , vivent réunis en grand nombre, et forment pour ainsi dire des bancs sur une étendue considérable. D'autres, tels que les myei, les lutraires et les solens^ vivant presque solitaires, s'enfoncent çà et là dans le sable ou la vase de la plage ; d'autres , comme les pholades, par un mouvement rotatoire, percent les rochers ou les pierres que baigne la mer, et s'y font une retraite. Les térébrattUes f les peignes , les limes , les /i«/tres, sont abondamment répandus dans toutes les régions, tandis que les myes et Ipspandures paraissent n'appartenir qu'aux mers du Nord ; les cames ne vivent que dans la zone australe, et les tridacnes n'ont encore été trouvées que dans les mers situées entre l'Inde et l'Océanie. L'influence de la chaleur favorise l'accroissement de certains mollusques, ainsi que le prouve cette grande tridacne dont les valves servent de bénitiers dans l'église de Saint-Sulpice à Paris.
Parmi les univalves , la spirale , le nautile , les cônes, les o/ivet et les porcelaines, habitent les mers voisines des tropiques, quelques uns, comme \ejmeun,se tiennent à de grandes profondeurs, d'autres s'éloignent rarement des côtes ; d'autres enfin se tiennent à une grande distance des terres; on les voit voguer à la surface de U mer loi;^qu'elle est calme , ou à une profondeur plus ou moins grande selon qu'elle est plus ou moins agitée.
On a remarqué en général que la plupart des familles, qu'un grand nombre de genres, et même d'espèces de mollusques, soit bivalves, soit univalves, appartiennent A toutes les mers ou aux contrées les plus opposées, mais que cette communauté a surtout lieu entre les zones torride et tempérée. On a remarqué encore que ie nombre de genres, ou d'espèces du même genre , et le volume qu'atteignent les mollusques sont en raison directe de l'accroissement de température ; mais qu'une foule d'espèces peuvent supporter une dilTérence considérable sous ce rapport, puisqu'on les retrouve dans presque toutes les régions, tandis que certains genres ou certains groupes sont propres à certaines localités. J. H.
UVRE QUAKANTE-aNQUIÊME.
ses^ en passant par les états de larve et de chrysalide^ rappelle le développement saccessif des ognons , de la tige et des flenrs; Tiusecte qu*OD pourrait appeler une fleur ailée et animée, possède déjà dans son organisation compliquée quelques traces obscures de sensibilité, quoique Tirritabilité y prédomine enoore, et montre un instinct beaucoup plus développé que celui des mollusques (*)• C'est au
0) La distribution géographique des Insectes est toumise aux mêmes règles que celle des végétaux. « L'observation, a dit le savant entomologiste La treille, nous apprend que les pays les plus féconds en animaux à pieds articulés , eo insectes surtout, sont •eux dont la végélation est la plus riche et se renouvelle le plus promptement. Tels sont les effets d'une chaleur forte et soutenue, d'une humidité modérée et de la variété du sol. Plus au contraire on s'approche de ce terme , où les neiges et les glaces sont éternelles, soit en allant vers les pdies, soit en s'élevant sur des montagnes, k un point de leur hauteur qui, par l'affaiblissement du calorique , présente les mêmes phénomènes, plus le nombre des plantes et des insectes diminue. Enfln , dès qu'on aborde ces régions que l'hiver obsède sans cesse , les êtres vivants ont disparu , et la nature n'a plus la force de produire. » Plusieurs insectes des environs de Paris n'habitent dans le midi de la France que des montagnes sous-alpines ; les Pyrénées et les Alpes offrent des espèces propres i la Suède et aux antres contrées septentrionales de l'Europe. La taille des Insectes est généralement en rapport avec l'élévation de la température de certaines contrées : les plus grands papilloM$e trouvent aux Moluques; ceuxde la division des iroyens sont propres aux Indes orientales et à FAmérique.
11 semblerait , ajoute M. Latrellle , que le voisinage de rocéan exercerait, du nord au sud, une assez grande influence sur la nature des insectes , car plusieurs espèces des environs de Bordeaux se trouvent dans les parties de l'Espagne situées sous le même méridien. Quoique les Insectes de nos départements septentrionaux soient les mêmes que ceux de l'Allemagne, il semble que I» Rhin et ses montagnes orientales forment une limite que plusieurs ne franchissent point. Vers le cours inférieur de la Seine, \k où la vigne commence à prospérer, on volt paraître les insectes des contrées chaudes de TEurope occidentale. Dans les parties de la France où l'olivier et le grenadier croissent spontanément, on remarque quelques espèces africaines. Les contrées de l'Espagne baignées par la Méditerranée nous offrent plusieurs insectes du Levant. Ceux de la côte de Ck>romandel , du Bengale, de la Chine méridionale et <hi Tibet même , semblent, par quelques affinités, appartenir au climat africain : ce climat s'étend aussi sur les lies Canaries, et même Jusqu'à Sainte-Hélène.
La forme allongée et l'atmosphère humide du nouveau conUnent expliquent comment, sous les mêmes parallèles, les insectes y différent de ceux de l'ancien. Maison y remarque let mêmes rapports et les mêmes
milieu de la plus vigoureuse végétation , c'est dans la zone équatoriale que naissent les io^ sectes les plus brillants et les plus forts. Ce sont les papillons d'Afrique, des Iodes orientales et d'Amérique dont les couleurs éclatantes rivalisent celles des métaux. C'est encore dans ces régions , et surtout dans l'Amérique méridionale, que les forêts, peuplées de millions de vers luisants , offrent à l'oeil du voyageur nocturne le spectacle d'un immense incendie. Le termite d'Afrique, nommé aussi fourmi blanche, bâtit des collines solides, et V araignée de la Guyane attaque avec succès les oiseaux. Les Antilles possèdent le plus grand des insectes terrestres, le scarabée Aercu/e. Certains genres, surtout les cousins, les abeilles et les moucbes, paraissent être répandus également sur tout le globe ; le court été du p61e en fait éclore une multitude aussi innombrable que les chaleurs de la zone torride; la moustique, qui tourmente le voyageur aui bords de l'Orénoque, ressemble à celle qui bourdonne en Laponie. Partout où l'homme n'a point desséché les marais et éelairel les forêts, les insectes régnent en tyrans; l'histoire cxmnatt plusieurs exemples de villes et de contrées rendues inhabitables par la multitude d'abeilles, de guêpes ou de cousins (\]. On
dissemblances en raison du climat. Les espèces de la Caroline diffèrent de celles des contrées plus au nord; quelques papillons de la Géorgie sont communs aux Antilles; les insectes de l'Amérique équinoxiale ressemblent à ceux de Tlle de la Trinité ; le Drésil en possède plusieurs qui se retrouvent à la Guyane; enfin , à partir du tropique , les espèces dégénèrent à mesure que l'on se dirige vers le sud. — LainUU^ Introduction à la géographie générale des arachnides et des insectes. J. H.
(•) Uirod,, V, 10. P/in., Vllî, 29-58. jEUan., XVH, 35. Pausan.f in Achalcis. Comp. Bochart^ Hierozolcon J. IV, c. 13, vol. II, p. 539 sqq. Un insecte plus redoutable par ses émigrations est Tespèce de sauterelle appelée acrydium migraiorium. Les troupes innombrables de ce criquet produisent un bruit sourd qui répand au loin l'épouvante ; sur la route qu'elles suivent, l'astre du Jour est obscurci; lorsqu'elle! s'abattent sur la terre , les arbres se brisent sous leur poids , et en quelques heures il ne reste plus , sur une étendue de plusieurs lieues, une seule feuille, un seul brin d'herbe ; tout est dévoré ; la plus belle campagne prend tout-à-coup l'aspect du plus triste désert. Si, par suite de leurs ravages , la contrée sor laquelle elles se sont arrêtées ne leur offire plus asseï de subsistances, leur mort produit un nouveau fléan* leurs cadavres putréfiés répandent dans les aln des miasmes pestilentiels qui font naître des maladiei
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
a vw des armées et des tribus entières s'enfuir devant ces faibles insectes, devenus invincibles par leur nombre. »
Parmi les insectes aquatiques ou les cruslacis, il en est plusieurs qui doivent fixer notre attention. Le polyphème géant, le plus grand de tous, habite sous Téquateur, comme Tindlque son nom vulgaire de crabe des Molu-ques; le limiUe polyphème^ que sur les côtes de l'Amérique on appelle casserole, parce qu'il en a la forme, atteint Jusqu'à deux pieds de longueur. Les crabes, dont on connaît une quinzaine d'espèces, sont, après les précédents, les crustacés qui atteignent la plus grande taille; trois espèces vivent sur les côtes de TEurope où on les recherche comme un mets délicat; les autres habitent les régions équatoriales ; toutes sont plus ou moins voraces et se réunissent en troupes pour dévorer les animaux morts. Le bemard ermite, habitant du Grand-Océan et de FAtlantique, vit au contraire dans la solitude et s'établit dans les coquilles univalves qu'il trouve vides. Dans les iles de TOcéanie, on en rencontre souvent sur la terre traînant leur maison à plus de 1,000 pas du rivage. La langouste, recherchée sur nos tables, offre plusieurs points de ressemblance avec le homard, mais se fait remarquer par ses brillantes couleurs. Le hideux tourlourou, qui vit sur terre et sous l'eau dans les régions méridionales, quitte souvent la fange ou le terrier qui lui servent de retraite pour aller pendant la nuit dans les cimetières dévorer les cadavres ('). Enfin leBphyllosomês, que l'on trouve dans les parages de quelques Iles de l'Atlantique et du Grand-Océan , sont les crustacés les plus extraordinaires par la transparence cristalline de toutes les parties de leur corps.
» Les poissons offrent déjà le commencement d^une ossification intérieure, mêlée, il
éptdémiques, dont on a comparé les ravages à ceux de la peste.
Ces insectes, qui sortent des contrées orientales de l'Asie et de l'Afrique septentrionale, se soot souvent répandas en Europe et Jusque dans la France méridionale. J. H.
(') Ce que nous ajoutons ici relativement aux crustaeés exige encore quelques mots sur leur distribu* tion géographique. Les LAthodet soot particuliers à la mer du Mord, et ne descendent que jusqu'à l'entrée du canal de la Manche; les homoles habitent la Méditerranée ; les remipèdes se tiennent dans les parages de la Nouvelle-Hollande , et les ocypode$ ne se trouvent que dans les pajs chauds et sablonneux. J* H.
est vrai, de quelques traces 4e ces sécrétions extérieures, de ces couvertures solides qui appartiennent aux reptiles et aux animaux sans vertèbres. Les poissons n'ayant ni Taveugle instinct des insectes, ni, dans un haut degré, Tinstinct motivé des mammifères , paraissent inférieurs même à plusieurs animaux à sang bl^c, quoiqu'ils fassent partie d'un ordre supérieur à celui auquel ces animaux appartiens nent. Le règne animal n'offre point une série prc^essive, mais deux grandes séries composées de plusieurs ordres progressifs chacune, de sorte que les gradations dans le perfectionnement de l'organisation ne peuvent ni ne doi^ vent se trouver continuées de genre en genre , à travers l'échelle, mais seulement de l'ensemble d'un ordre à celui d'un autre*
» Le défaut d'industrie que nous venons de remarquer dans les poissons rend probable que chaque bassin de l'Océan a ses tribus particu^» Hères qui y naissent et meurent. On connaît les stations de quelques espèces de poissons. Ainsi la morue, répandue dans toutes les mers boréales, entre l'Europe et l'Amérique, se rassemble principalement sur les grands bancs de sable au sud-est de Terre-Neuve. Poursuivie par vingt mille pécheurs, elle se reproduit avec une fécondité étonnante; on a calculé que chaque femelle portait dans son ovaire plus de neuf millions d'œufs (']. Les coryphènes et les chetodons ou bandoulières se tiennent exclusivement dans la zone torride; ce sont diverses espèces de ces genres qui, à cause de leurs brillantes couleurs, ont reçu le nom de dorades. Ce sont les ennemis les plus actifs des poissons volants, qui paiement ne se montrent qu'entre les tropiques ou tout au plus vers le 40* parallèle de latitude. Ces gexu*es se trouvent aussi bien dans l'Océan oriental que dans TAtlantique, mais il est probable que les espèces varient. On croirait les paissons électriques circonscrits dans la zone torride; en effet, le gymnote électrique appartient exclusivement à l'Amérique, et le trembltur ou le sihtrus elee-' tricus aux fleuves d'Afrique. Mais la torpille parait répandue dans toutes les mers.
n Quel œil mortel a parcouru les profondeurs de l'Océan? Qui en eonnatt les productions et la température? Combien de côtes dont les pêcheries sont mal décrites 1 En analysant même les magnifiques ouvrages des Lacépède et des
(') Cuvier, Tableau élémentaire » p. 887.