LIVRE QUARANTE-CIiNQUIÈME
teuret au-delà; mais, dans les relations qu'il dte , on ne distingue pas toujours de quelle tàriété il est question. Vours noir parait répandu dans les deujc mondes. L'existence de Vours brun d'Europe dans TAfrique septentrionale est démontrée. L'Amérique a ses espèces particulières. Il en existe une dont le pelage est brun en Sibérie; c'est sur les rivages de la mer Glaciale qu'habite l'ours blanc ou maritime (^).
• Il resterait à discuter l'extension géographique de quelques petits animaux, sur lesquels il est très facile de se tromper. V hermine, ou la belette au museau noir, ne vit pas «ras tous les climats et dans les dnq parties du monde, quoi qu'en ait dit Zimmermann; die n*existe point en Amérique, et parait ne point avoir quitté l'Europe et le nord de l'Asie.
M Les rats et les souris, nos parasites incommodes, s'embarquent dans nos navires, et passent sans danger Téquateur et les cercles polaires. C'est par la navigation que ces deux espèces ont dû se répandre. Cependant sur terre, ni les rats ni les souris ne supportent lé froid de la zone glaciale ; il n*y en a point au Groenland ni dans la partie la plus septentri(male de la Laponie. En Sibérie, ils ne s'étï^ndent pas môme au-delà du 6Ϋ parallèle p).
» Concluons qu'il n'est pas démontré qu'au-, cukie espèce animale, exactement identique, se soit répandue naturellement sur tout le globe. Bans des climats qui se ressemblent, les oi^nisations ont pris des caractères qui se rapprochent sans se confondre.
• Il y a des quadrupèdes qui, pouvant supporter un très grand degré de iVoid, se sont fépandus dans les deux continents, mais ils
(0 Lft eoQleur da pelade est un caractère qui a plus iTiiiieteis fndait les voyageurs en errear. Ainsi l'ours i ^il noir existe bien dans les deux mondes , mais il appartient à deux espèces différentes. Vour$ noir proprement dit habite rAmèriqoe septentrionale; mais Vours du Tibel , Vours du Chili ( ursus omùtus) , Vours aux grandes lèvres, Vours inalais et Vours de Bornéo {ursus euryspilns) , qui forment autant d'espèces, sont noirs. 11 en est de même des ours à poil brun î Vours de Sibérie ( ursus coltaris ] est de la même couleur qae Vours brun d'Europe {ursus arctos). Le plus grand de tous les ours appartient à l'Amérique septentrionale, c'est Vouts féroce, aussi redoutable par ia taille que par sa force et son agilité ; il a S A 9 pieds de longueur. J. H.
(^ L'Islande nonrril une espèce ptrtiaillère qui pertetenom de cette Ne. J. H.
n'ont point passé les tropiques, ils n'appartiennent qu'à la zone tempérée fh)ide du DonL Le renne est de tous les animaux terrestres connus celui qui s'éloigne le moins du pôle. En Scandinavie, il ne peut guère vivre au sud du 65^ parallèle; en Russie , le climat plus froid lui permet d*exister jusque sous le 63* degré; en Asie, il descend encore plus bas, et l'extrémité de sa sphère s'étend dans la Tatarie chinoise, chez les Toungouses, au-delà du 50* degré. Cette ligne oblique, tirée depuis la Laponie jusqu'à la terre d'Yeso, est très remarquable, parce qu'elle désigne à peu près la zone glaciale physique de l*ancieii continent (*). Le renne ne trouve qu'en dedans de cette ligne le lichen (2) dont il se nourrit Comme le nouveau continent est, sinon plus froid, du moins plus inculte que la Sibérie, le renne ou le caribou du Canada , qui est le même animal, y descend jusqu'au 45«pa* rallèle.
» Vours blanc ou polaire ', animal absolument différent de l'ours ordinaire terrestre, et infiniment plus terrible', habite sur toutes les côtes de la mer Glaciale, et se laisse transporter d'un pays à l'autre sur les glaces flottantes. Cette manière de voyager a donc pu être conmiune, ou Test plutôt encore à des animaux moins grands que l'ours blanc. Ainsi les migrations des espèces animales polaires i^ prouvent pas que les deux continents aient été oontigus autrefois. Un pont de glace, tel que Cook en trouva, suffit pour les expliquer.
» Visatis ou le renard polaire, animal différent du renard ordinaire, paraît aimor le froid presque plus encore que le renne et que l'ours blanc ; car celui-ci se retire ou se cadie lorsque la nuit polaire conmience, et ce n'est qu'alors que l'isatis se montre. L'isatis n'est pas borné au voisinage immédiat du pôle; il descend jusqu'aux lies Aléoutiennes et an Kamtchatka d'un côté, tandis que de l'autre il se montre en Islande et en Laponie.
n Quelques autres espèces habiles à nager ont pu passer par les Iles Aléoutiennes ou par le détroit de Bering. Parmi ceUes-ci on doit nommer la loutre^ qui se trouve dans l*aneicÉ continent, depuis le 70" degré jusque vers le 20*, dans le royauide de Siam; mais en fenrope les pays sur la Méditerranée ne la
(0 Géorgi, Desciipt. de k Russie, UI» 1610.— (•} Ùchen rotigiferimu ^ L*
GËOGRAPHLB PHYSIQUE.
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naissent guère ; peut-être la culture Ten a-telte chassée. Dans le Nouveau-Monde, elle habite depuis le ô(f parallèle jusqu'à Téqualeur. La loutre marine aime les côtes du Kamtchatka et du nord-ouest de rAaiérique environ entre le GS"* et le 40" degré de latitude septentrionale.
» Llndustrieux et paisible castor a peutêtre Jadis habité tout le globe, ou du moins toute la zone tempérée boréale; car il y en avait en Italie, en Perse, en Egypte (*). La civilisation imparfaite de cette race a été détruite par rhomme. Dans le Nouveau-Monde, on trouve encore de petites républiques de castors depuis le Qpf Jusqu'au 80' parallèle boréal. Même dans les déserts du Canada, les castors se sont retirés fort loin des habitations de rhomme.
» La marte habite les deux tiers de la zone tempérée du nord, en commençant par les 67° en Europe, les 64° en Asie, et les 60° en Amérique.
» L'extension de quelques autres espèces animales est douteuse. Le loup-eervUr ou lynx, ce tigre des climats froids, n'existe qu'au sud du cercle polaire; dans l'ancien isontinent il se montre jusque dans les Pyrénées et dans la Mongolie. On ne connaît ^'imparfaitement les animaux du Nouveau- Monde, surtout de la Caroline et du Mexique septentrional, auxquels on a donné le nom de lynx. Un am*mal qui de jour en jour devient plus rare, Vélan^ semble craindre les froids extrêmes, puisqu'en Europe il ne passe guère audelà du 64' parallèle; de Vautre côté, on ne le trouve pas au sud du ô2^ En Asie,, plus on avance vers l'est, phis il devient méridional. L*élan d'Amérique, quoique peu différent, parait être d'une race particulière ; du moins, Vélan d'Asie ne dépasse pohit le Kamtchatka et les Iles Kouriles (*). La région de l'élan, en Amérique, commence sous le parallèle avec lequel elle finit en Europe , c'est-à-dire au sud de la baie d'Hudièn, et s'étend jusqu'à la Nouvelle-Angleterre, ou m4medans i'intérieoir Jusqu'à rOhio.
» V écureuil volant {iciuroptêruê} s'étend aussi loin au sud et au nord que les forits de sapins où 11 fait sa demeure en Asie et en Amérique» Ia marmotte suit en Europe la chaîne
0) G^7i,Descripl.delaa«isle;IH.— (^(;^or9t, Deicripl. de la RuMie» III» 1607.
des Alpes et des Karpathes. Elle n'existe pas en Scandinavie, mais il y en a en Pologne et en Onkraine. On la retrouve à rembouchure du Dbn et au Caucase; elle habite les monts Onrals, près de la rivière de la Kama, et de là cette race s'est étendue Jusqu'en Douarie. Dm» le Nouveau-Monde, elle se trouve depuis le Canada Jusqu'en Virginie , et même sur les llet de Bahama. Le biairean «t quelques antres petits animaux habitent également la moitié septentricmale de la sone tempéréd;
» Les quadrupèdes qui appartiennent exelih- 8iveme9t à l'un ou à l'autre des 4^x continents sont en général d'une natpre à ne poa<^ voir supporter le froid qui règne ao^elà du 60* parallèle* Le lemming, espèce de souris qui souvent marche par grands troupeaust, d'an pays dans l'autre, habite toute la zone gladale de l'ancien et du nouveau continent. Le «As^ vrotain porte-^muec habite les montagnes de l'Asie, depuis le Cachemire et l'Altti et depuis riraouaddy Jusqu'aux embouchures du fleuve d'Amour. L'Amérique ne possède aucun animal de ce dernier genre.
» Parlons des animaux qui semblent être attachés aux confins de la zone tempérée et de la zone torride.
» Le cAorneon à doix bosses parsjt originairt de la BactrianeouGrande-Boukharie (*). Il vit dans la Turquie d'Europe, dans la Crimée, et Jusque chez les Kirgfaiz et les Badikirs sous le 66^ degré de latitude, et dans un climat fort rigoureux (^. Le êhameau vit même dans ttfols la Dzoungarie, dans la Mongolie et dans le pays des Tatares-Mandchoux, où l'hiver commence en septembre et ne finit qu'en mai. Il ne s'étend pas au-delà du 2S* d^ré en Chins et aux Indes; il ne peut pas vivre dans lâprat-" qu'ile en-deçà du Gange: mais en Arabie, il a àé transporté plus près de la zone torride*
t Le ciromcutetre^ ou le chameau à une bosse, connu par sa légèreté à la course, parak ori-ginalre de l'Arabie (>j ou de l'Afrique ; Il a ét« transporté Jusque dans la Chine méridionale^ mais il prospère surtout en Afrique où 11 ha*^ bite l'Egypte, toi^ la Barbarie, les bords du Sén^l et de la Gambie, toute la Négritie, et même la Guinée et l'Abyssinie* Nous aviotoS
(') AHsL , HIsl. Mira. , n , cap. 1. PHn. Yllt , 18« Bochart , Hierozolcoii , IID. Il , cap. 4 , p. 87-89, — (•)Pa2/a#, Voyagea en Kassie, II» Wt igq.; ttl, ^ «if. — (^) Btchart , Uneo dUls.