‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 200 sur 229 · LIVRE QUARANTE-SIXIEHE · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-SIXIEHE

derme; mais le contact avec l'air atmosphérique l'ayant précipité , il Tient se fixer 4ans le réseau muquenx. Cette application , fournie par la diimie moderne, nous fait conoevoir pourquoi la peau des hommes blancs noircit dans certaines maladies, tandis que les n^res dans le même cas blanchissent ou p1ut6t jaunissent. L'un et l'autre phénomène indiquent un dérangement dans les sécrétions. Mais nous ne dissimulerons point le seul inconvénient de cette explication; si les nègres descendent d'une race originairement blanche, il a fallu des millions d'années pour que Faction répétée du climat leur rendit la couleur noire héréditaire. Or, les monuments géologiques semblent démontrer le peu d*antiquité du genre humain. « Ainsi, nous diront certains » philosophes, ou accordez-nous pour l'action » des causes qui ont formé les races humaines » une immense série de siècles* ou avouez que B ces races, si elles n'existent que depuis 5 à » 6,000 ans , ont dû naître de couples diffé- » rents, et qui déjà offraient tous les caractè- » res de leurs descendants 0). »

(') Qaelle que teit IMofloeace de l'actioD solaire for U peau , Il est certain que celle-ci revleot à son premier état lorsqu'elle n'est plus soumise à celle action. Cette action d'aUleurs a des bornes assez restivintes : elle n'est certainement pas de nature à transformer une nation de blancs en nègres , ni une nation de nègres en blancs, sous quelque lalitude qu'elles s'établissent, et quelque longue que puisse être la durée de l'aclion du climat. Depuis environ tr^is siècles que les Portugais sont établis sur la cdle de Guinée, sur le lerriloire qui nourrit la race nègre, on ne voit pas qu'ils aient pris une teinte plus foncée que sous le soleil du Portugal. Les Portugaises et Jet Espagnoles sont même devenues , au Brésil et aux Philipploss , plos blanches que dans leur patrie. On ne volt pj|s non plus que, dans l'Amérique septen^ tHonale, les nègres soient d'une couleur moins noire. D'ailleurs ce qui renverse toutes les suppositions des partisans de f influence des climats sur la teinte de U peau, c'est qu'aui mêmes latitudes os trouve, dans tes diverses parties du globe, àeê peuples de couleur djflTérente. Cette observation a été faite avec beaucoup de sagacité par M. Bory de Saint-Vincent : « 8ousee brûlant équateur, dit^il, qui traverse dans Paaeien monde la patrie éeê Éthiopiens et des Papous couleur d'ébÂqe, on n'a pas trouvé de nègres en Amérique ; les naturels de cette autre terre semblent au contraire être d'autant plus blancs quUls se rapprochent davantage de la ligne équlnoiiale ; et la preuve que la couleur noire n'est pas causée unique ment par l'ardeur des contrées Intertropicales, c'est que les Lapons et les Groenlandais , nés sous un ciel glacial, ont la peau plus foncée que les Malais des parties les plus chaudes defunivers. » Ajoutons que sooa

«Les nomlv^^viea variétés de cheveux dé^ pendent également des sécrétions des snbstaihces éléQientaires dont Iç corps se compose; mais ici se prése&le une contradictioa dang les faits. Parmi les nations civilisées de r£arope, la couleur 4esclieveu]( devient ocmstaBiment plus claire à mesure qu*on avance jufr^ qu*à une certaine limite vers le nord ; parmi les nations sauvages ou l)arbaFesde l'Afrique, de l'Asie et de TAmérique, on retrouve une même couleur de dieveux dans des climats absolument différents. Ainsi, tandis que l'Italien aux cheveux noirs et le blond Scandinave , bien qu'appartenant à la même variété de l'espèce humaine, offrent des effets sensi^ blés de l'action du climat , les Lapons et les Samoîèdes ont les cheveux aussi < noirs el aussi rudes que le Mongpl, le Tibétain et le Chinois , à la race desquels d'autres raisons les font Joindre. Tous les peuples nègres ont les cheveux laineux , même I^ Yc^ lofs , qui les ont un peu plus l<mgs et moim frisés ('). Il ne parait pas non plus que les chevem^ américains offrent des nuances comparables à celles qu'on voit chez les natioBi européennes. Ainsi la nature des cheveux reste toujours un des arguments les plus spécieux en faveur du système qui admet plusieqrs Ur pèces d'hommes.

» Observons pourtant que dans la race européenne la couleur des cheveia semble changer avec la civilisation, ou, ai i*on aime n^ieux, avec la dépravation des nations. La race blonde qui, du temps d'Homère, fournissait)^ la Grèce des rois et des héros, dominait encore an siècle de Tacite, en Gaule-Belgique et en Germanie; aiyourd'hui elle parait s'éteindre dans les villes du nord p).

le même climat on voit les Japonais à la pean d^m jaune-orange pâle , et les Alnos au teint bran*Terdâtre, que l'on a comparé à la couleur des écreriiHi vivantes. J. H.

. (') Bruns, Africa,V,6S.

(•} M. A. DesmouUns ( Histoire natureUe des ràeai humaines) relate des foits qui tradent à prouver l'invariabilité de la coulenr des cheveux quand 11 n'y a pas mélange de races; ainsi, depuis 800 ans qu'une race aux cheveux blonds est élabl le en Islandei, elle n'y a point éprouvé le moindre changement dan la couleur des cheveux; ils n'y ont pas pris la teinl» de la chevelure des Groenlandais. Cest donc au mélange des races qu'il faut attribuer les changements dans la couleur des cheveux chez quelques nations.

GÉOO&APHIB PBYBIQCE.

tSê

• Les variétés de ta forme Al erdne semWent être de plus dUroportance que toutes celles que BOQS avons examinées. Cependant, députe que les savantes recherches de Gall (') ont démontré que la configuration extérieure du crâne dépend de la fbrme du carveau, on ne saurait considérer ces diversités dans une substance molle et susceptible de prendre toutes tes formes , comme un caractère propre à indiquer une diversité d'espèce (•). La forme du crâne BOUS parait dépendre, autant que la physionomie, du caractère moral des individus.

QuoiquMl ne soit pas possible d'assigner à dnque passion, à chaque talent, un organe particulier dans le cerveau, il semble constant que les hommes doués de beaucoup de talents et de passions fortes ont la tète plus garnie d'éminences ou de bosses que la multitude. Un autre ftiit, c'est que la nation où les individus se ressemblent le plus par le caractère offre une forme nationale constante du crAne ; quand on a vu une tète d'Hindou, on les a vues toutes (^) ; au contraire, en Europe , où les cavact^es varient extrêmement, on trouve des crânes de toutes les formes, même les plus éloignées de ce qui nous en semble le type régulier.

» La ferme du crâne dépend souvent d'une cause artificielle. Une pression exercée continuellement pendant une longue suite d'années, donne le plus souvent aux os planes du crâne une configuration particulière qui devient même nationale. Cet effet peut d^ndre de la manière d<mt plusieurs nations placent leurs enfants dans le berceau, ou bien d'une compression manuelle exercée avec soin pendant long-temps. Vesale rapporte que, de son

(>) Gatt et Spunh&tn » Anatomlè du cerreto , etc., iftc Og. Cbei SchœtL

{») Il faut lootefois iDdiquer ici une dlstinotloa intportante. Lespfotubéraiicet^i^iii^aMaMrvéeâpar Gall, et qu'il considère avec tant de talent et de sagacité comme indices des différentes facultés morales et intellectuelles, ne changent point la forme générale du crâne. L'ouverture de Tangle facial , la dépression plus ou moins grande de la botte osseuse , la saillie des pommettes, la direction des mâchoires. Vindlnai- •ondes yeux, peuvent donc être considérées comme tuUnt de caractères spécifiques. Ainsi, à rinspectlon d'un crâne, on peut déterminer à quel peuple U appartient, â moins qu'U ne provienne d'une race abâ- Urdle. J. H.

(3) Comp. le bd ouvrage : Description des Bindoui, par M. Solvyiu*

ixmp$j les Allemanda avaioil presque tout In tète aplatie postérieurement, et élargie sur iei oôtéa, parce qu'on les couchait eonatammeni sur le dos pendant qu'ils étaient au berceau (*)• Les Belges, accoutumés au contraire à mettra les enâtnts dormir sur le côté, se faisaient r^ marquer par la longueur de la tto. Les Américains sauvages, depuis la Caroline méridio-> nale juaqu^au Nouveau-Mexique, ont tous le crâne déprimé, parce qu'ils donnent dans le berceau, à leurs enfoiiits, une position dédlve, de manière que le vertex , qui, repose sur un sac rempli de sable, supporte tout le poids du corps p^.

• Un usage qui^a existé diez les nations les plus antiques comme chez les moder* nés, dans nos climats et dans les pays les plus éloignés, c'est de ramener la tête des nouveaux-nés à une forme nationale, au moyen de liens, d'instruments différents, ou de la slm* pie pression des mains. Cette habitude eut lien Jadis ou se retrouve encore aujourd'hui chei les habitants de plusieurs parties de la Gep-« manie f), chei les Belges (^), les Français («), chez quelques peuples d'Italie, chez les insulaires de l'Archipel grec {•), les Turcs, les aniciens Sigynes et les Macrocéphales du Pont- Euxin {^) ; elle est en vigueur chez les habiteoits de Sumatra, de Nicobar (*), et surtout cbe£ différentes nations de l'Amâlque, telles que les peuples du détroit de Nootka [^) ; les Chactas, nations in%ènes de la Géorgie, les Waxsashs de la Carolhie, les Caraïbes, I«j Péruviens (**), les Omaguas (^^), et chez les nègres des Antilles (*^. Cet usage fût défendu dans l'Amérique espagnde par le décret d*un concile {**). On possède les descriptions les plus exactes des moyens que ces sauvages cm*

(«) Fesale, cité par Blumenbach, § «3. — M -^<'«> . Hlstory of tbe north American Indlans , page S. — (^ J. Ghr. GoUl. Aekermam , daM lieue Migaslp fOr Aente d« BaUinger , t. II » p. 6-6, — (♦) Spigel, de Hum. Corp. Fabrice, p. 17. — (8) jin^ dry , Orthopédie , t. II , p. 3. — («) PhilUes , médecin tolrote , cité par Blumenbaeh, Strabon, 1. XI, p. 3&8. Éipp. de aérib. aq. et loc. — (^) Nie, Fonunn dans Asùttic RêBuireket, t, lU, p. 161. — (•) Mareden, HlstonrofSuroatra.p.as. — (»)4/#a»-w'» Voyages, p. 349. — (.o) Oviedo , HUtorla gepcr. de las Indias. Torqumaàû^ Monarcbla Indlana, t. III. Unoa, Relaeiodel Wage, t. II, p. 6S».— (»') La Omâaminê, Mm. de TAcad. des Sciences, 1746, p. 427.— {'») ThibauH de Chanvaton, Voyage i la Martinique, p. 39. — («») Jot. Scmt, de Aguire, Collectlo maxlma conclHo* mm omnium HlipanUe et noTi orbis, t. VI, p. t04.

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