‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 209 sur 229 · LIVRE QUARANTE-SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-SEPTIEME

idiomes répandus le long des monts Ourals et du Volga, le hongrois , originaire de ces mêmes régions , offrent toujours des traits de famille. Mais dans le lithuanien et ses dialectes nous voyons le phénomène d'une langue différente des langues indo-germaniques par ses racines, et qui cependant possède dans sa grammaire des finesses étonnantes , des ressources inccm* nues aux autres langues scythiques, enfin des rapports Incontestables avec le grec.

» Le Caucase , situé au centre des régions où dominent les langues indo-germaniques , loin de présenter une souche commune de ces langues, en interrompt la chaîne, et nous offre dans le géorgien, le eircassien, et quelques autres autres idiomes singulièrement rudes et simples , une famille ou plutôt un groupe de langues à part, langues peu connues et sans doute très anciennes (*).

» Mais si nous étendons nos regards sur la Syrie , la Mésopotamie, l'Arabie et TAbyssinie, la belle et intéressante Famille des langues ÀRAMiENi^s nous attachc par l'éclat de leur ancienne civilisation : abondance des sons gutturaux , richesse immense de mots , inflexions multipliées du verbe, simplicité et mémepau* vreté sous les autres rapports grammaticaux , tels paraissent les caractères communs de ces langues , parmi lesquelles nous distinguerons V arabe ancien et moderne, avec ses colonies , le moresque, répandu dans toute l'Afrique septentrionale, le geex et Vamharique, dialectes parlés en Abyssinie , et les divers idiomes arabes qui s'étendent le long de la côte orien* taie d'Afrique; V hébreu dans ses diverses modifications depuis l'antique idiome de Moïse Jusqu'aux dialectes chaldaïque , samaritain et autres, aujourd'hui éteints, à l'exception du dialecte rabbinique ou l'hébreu moderne ; le phénicien, dont le punique ou carthaginois est la branche la plus célèbre , et dont le patois arabe-maltais conserve peut-être quelques restes; le syriaque ou araméen proprement

(>) Les langues caacasîques, à l'exception de ceile des Ossètes, forment deux grands groupes, suivant M. Klaproth. Voriental comprend les dialectes des Lesghi et des Klsti ou Misidjeghi; Voccidental se compose des idiomes des difTérentes tribus des Tcberkesses et des Abazes. Ces langues se rapprochent des idiomes septentrionaux de l'Asie et de fEarope orientale qui appartiennent à trois souches différentes: Vtinisséerme, la samoîède eiVouraliennê,

dit; enfin le chaldéen, différent de Thébren ohaldalque.

» Gomme la plupart des nations qui parlent ces langues descendent, selon Moise, de 5fiii^ on a voulu désigner cette famille sous le nom général de langues sémitiques^ (m a égalemait voulu donner aux langues indo-germaniques le nom de langue$ japhétiques. Mais, enad* mettant ces deux dénominations, on tombe dans l'inconvénient d'attribuer aux desœn» dants de Gham toutes les autres langues, depuis le celte Jusqu'au mexicain , et depaii \t nègre jusqu'au chinois , malgré la dliTérenee originaire évidente de ces langues. Bomon*. nous aux résultats de l'observation.

» La Famille des langues de fAtie ortiMtaie, ou des langues monosyllabiques, dififère entièrement de celle des langues indo^germa* niques. Elle comprend le tibétain, le cIwmàs, le birman dans les dialectes de Pégou , d'Ava et autres , Vannamique dans les dialectes du Tongkin et dé la Gochinohine, et \q siamois dans ceux qui se parlent dans le KambodJe et jusqu'à la région montagneuse de la presqu'île de Malacca. Toutes ces langues manquent plus ou moins de moyens pour marquer directement les cas, les genres, les nombres, les modes et les temps , ceux qui les parient sont obligés de suppléer à l'absence des formes grammaticales et des règles de syntaxe par des intonations , des gestes , et par une sorte d'écriture hiéroglyphique (*>

» Le nord, le centre et l'occident de TAsie renferment la Famille des langues tatabes, comprenant trois ou même quatre genres de langues infiniment supérieures aux idiomes monosyllabiques. Le Itircoman, \eboukharei\ diverses langues turques ou tatares, parlées par les Tatars proprement dits, depuis la Crimée et Kazan jusqu'au Tobol, etàKhivapar lesTurcs-

(0 le tibétain et le birman offrent beaucoup àc points de ressemblance; le chinois se divise en plusieurs dialectes qui différent principalement par U prononciation : la langue des lettrés ou le kouatt^uma est basée, dit M. lUaproth, «ur les mêmes racines que tous les autres dialectes chinois, mais ses Tormes sont moins rudes, et elle s'est défait de plusieurs consonnes finales qui font partie des mots radicaux chinois. Vannamique renferme beaucoup de mots chinois qui paraissent y avoir été introduits par de nombreuses colonies chinoises établies dans TAnnam deux à trois siècles avant notre ère. Le skmcîs et la langue de Laos ne sont que des dialectes d'uo même idiome- J. H.

GEOGRAPHIE POLITIQUE

Ottomans et autres tribus, se distinguent par un système grammatical assez complet, surtout à l*égard des conjugaisons, et par la faculté de composer des mots avec autant de liberté que le grec, le persan et Vallemand: on y trouve plusieurs racines germaniques (^). la langue mumgole, pauvre en combinaisons grammatieales, a pourtant des déclinaisons complètes; elle est ricbe en voyelles et en mots barmonieux. La langue tnandchaue, quoique remplie de mots monosyllabiques, possède des formes grammaticales très complètes et très variées; elle offire, cbose singulière, quelques racines grecques et germaniques (3). ht earém et le japonais renferment des mots mongoles et cbinoi8(^). Le toungouse est un dialecte du mandchou. Le samoïède en diffère. Cependant on est tenté de crob*e que toutes les langues de l'Asie centrale et septentrionale, mieux connues, se rangeront dans une seule famille.

« La partie orientale de la Sibérie nous » offre, dit M. Klaprotb, quelques faibles et » misérables tribus, qui cependant sont d'un » grand intérêt pour l'étude des langues, parce y* que celles qu'elles parlent forment quatre »> souches distinctes. Ce sont les Toukhagirei, « qui habitent à l'orient des Turcs-Iakoutes , f sur les bords de la mer Glaciale et de Tlnw dighirka ; les Koriaikes, dans le nord du » Kamtchatka; les Kamtehadalts , dans cette «presqu'île, et à l'extrémité de l'Asie, les >• Tehouktchi, qui paraissent être un peuple » venu de l'Amérique , puisqu'ils parlent la

• même langue que leurs voisins da»s cette > partie du monde, desquels ils ne sont sépa- » rés que par le détroit de Bering. La langue

• desTcbouktchis appartient indubitablement » à celle des Américains polaires, parmi les-

(>) M. Klaprotb fait remarquer que les idiomes turcs montrent une si grande uniformité, qu'un habitant de Constantinople peut, sans grande difficulté, •onprendre an Turc ou Tatare de la Sibérie ou de l'Asie centrale. J. H.

(*) Cette ressemblance tient, suivant M. Klaprotb, à quelque ancienne migration de tribus indo-germaniches vers l'Orient, mais dont l'époque restera yralsemblablement couverte d^n voile mystérieux. J. H.

(S) te coréen forme un genre de langue particulier, la langue Japonaise a une grammaire très compliquée ; mais , quoiqu'elle renferme des mots chinois qui 7 ont été importés, elle n'a, d'après M. Klaproth, aucun rapport véritable ni avec le chinois , ni avec les idiomes parlés par les nations qui avoisinent le Japon. Un dialecte Japonais est en usage dans la plupart des Iles Lleoa-kieou. J. H.

» quels il faut ranger les Groenlandais , le » Eskimaux et les habitants de Kadiak.

» La langue des Kouriles s'étend en diffé- *» rents dialectes depuis la pointe méridionale »du Kamtchatka, par les ties Kouriles et wl'Yéso, jusqu'au détroit qui sépare cette » terre du Japon. Plus à l'ouest, elle est par- » lée sur toute la grande Ile de Tarrakai et » même sur le continent de la Tatarie, à Tem- » bouchure de l'Amour, par les Galiaks et au- » très tribus de la même race. Cet idiome forme p une souche à part, et offre peu de ressem- » blance avec d'autres langues (>). »

» Les Terres Océaniques, depuis Sumatra Jusqu'au-delà d'0-taiti , nous présentent ime série d'idiomes qui tous ont des rapports avec le malais, que l'on parle dans la péninsule orientale des Indes. Le même genre se retrouve à Madagascar, mais dans un état plus parfait, avec une grammaire plus combinée. Les langues de la Famille malaise sont répandues dans cet immense archipel . Leur centre est dans les grandes Iles de Sumatra et de Java. Le tagalog et le bissayo des !les Philippines se trouvent aux îlesMoIuques et aux ties Mariannes ; 11 y en a des traces à la Nouvelle-Zélande. Ces deux langues ont aussi des rapports avec le mandchou et le mongole. Le taïtien est répandu dans toutes les petites Iles du Grand-Océan. Plus à Touest, les peuples nègres de la Nouvelle-Calédonie, de la Nouvelle-Guinée, de l'Ile Van-Diemen et de la Nouvelle-Hollande, parlent des idiomes qui probablement forment une ou plusieurs familles à part.

» L'Océanie nous présente un usage singulier : les princes, à leur avènement au trône, changent plusieurs mots du langage national. Cette institution se retrouve en Afrique. Les nombreux Idiomes des sauvages seraient-ils donc, en partie du moins, des espèces d'argots, créés et adoptés par des familles isolées et obligées d'être en garde les unes contre les autres? Cette hypothèse offre beaucoup de vraisemblance.

» Les langues de l'Afrique, extrêmement peu connues, ont paru innombrables à quelques voyageurs. D'autres pensent que cela n'est vrai que des idiomes des nègres proprement dits. En effet, depuis le Sén^al jusqu'au cap Ne-

(') Klaproth , arltole Langues , dans rEncrclopédis moderne. J. H.

Page 1