LIVRE QUARANT&^EPTIÊME
j^ettt mt Stë flxA»; elles ont passé d'nde main dans Tautre ; le hasard a favorisé l'un^ racli««fe ïl «fetvi l'uiitre: Ccox (jui ont été maiheureiix 6\x maladroits se trouvent donc dans rimpôssibilité de rien t>r6duîre par eux-mé* mes ; Us Ibuent leurs forces on leur adresse à d'autres.
»• Vbilà le cetcle social parcouru tout entier ; lious indiquerons maintenant les diverses classes qui en résultent.
» La èiàêse productive comprend tous ceux qui tirent de la terre ou d'un autre élément quelconque des productions utiles à la société: cultivateurs, pêcheurs, chasseurs, vignerons, mineurs et autres. II y a des peuples composés en totalité d'une ou de plusieurs classes productives ; tels sont les peuples pasteurs ou nomades, les peuples pêcheurs ou tcAr/iyopAa- ^e^.DanS les Etats civilisés, il existe une classe productive toute particulière. Le savant qui i^randit Tempire dès idées et Thomme de lettres qui ennoblit les sëiitimènts et lès itiœurs, ne prOduisent-ilâ pas, de véritables Hchésses nationales, des richesses d'un ]^i*ix inestimable et d'une durée étemelle ?
% La elaèse indastriUle ttiifettiië ceux qui, en pèrfeetidnnant ou ëti cbtnbinaht deà produits bruts , en bbnlJ[)osënt déS J^i-bdiiits artificiels. Quand bfes travatii demandëtit érilinemment de l'esprit et dû goût , ilà méritent le nom de beahx-arts; qiiàfad ils exigent principalement une habileté fcdrporelle, ils s'appellent aHs mécànî'qûei: tJtie manufacture est un établiâsemeht où Un art est exercé en grand: Lé notti dfe fabrique semble surtout désignet* un Qé ces établissements où l'oil eriiplbfè de Itânds instruments et des moyens viblents.
ii La ctoêèe conifnércialè se cbniposè de cornmti-çahîi prôpremeilt dits, i|ui vendent et achètent en gros et en détail les prcJdults de la nature et de l'ai^ ; des divers genres de cornmiêsionhatreè qui facilitent l'éxecution des achats ék des ventes ; des hanqùierê et agents de changé (Jui bomeht leurs opérations aux signes représentatifs des tnarchandises ; enfin, des hamgateérs et voîtw'iers, en tant que ceui-ci, îlropriétalfes ïlè leurs moyens de transport, ne réiitren{ pks dans la classé des mercenaffes: »
Les fOésesseûrÈ de fonds de terre forment une clàsSS ii^ës j^Ul^SÂntë; Us ne produisent
rien et consomment beaucbop; mais lorsqu'ils appliquent une partie de leur supertfti à IV mélioration des terres et à d'autres tniTam utiles, Us deviennent d^ agents trèd aeti£s di la production.
Les capitalistes, ou possesseurs de valeim en numéraire, sont également des agents de la production , lorsqu'ils emploient leurs fonds directement ou lorsqu'ils les prêtent pour des entreprises utiles qui augmentât les prodnib nationaux. S'ils ne font que dépenser leur revenu Improductivement , ce sont de simples consommateurs.
Ces trois classes sont les moins nombredses, mais les plus riches et les plus influentes, «d^ tout les deux dernières.
« Nous réunissons dans une seule dasse les fonctionnaires et employés publics aveclafom armée de terre et de mer. Ne sont-ils pas ks uns comme les autres investis d'une partie plus ou moins grande de la force sociale? Ne sont-ils pas les agents dû suprême poiiToirî
» La dernière classe cotapirerid les «urwnâires de toute espèce qui louent leur trayail ft d'autres particuliers ou généralement à II sotïiété ; elle se compose des Jburoaliers et des domestiques. Cette derhière classe est sin^ tout nombreuse dans les États où règne tm grahd luxe.
» Là proportion numérique danà laquelle ceà classes se troùvëiit âàhÈ un État est m des questions des plus intéressantes de lâifeiistiquè. C'est d'après cette proportion qn'on donilë à telle ou telle Uation le nom depft^ agricole, â telle Autre celui dé peupk eo»merçant.
» Lès classés naissent de la nature mètneft la société, niais les castes et ies or dre$^ crëés pdr des \o\à et des institutions. Oneiitend par caste une classe héréditaire qui «A chargée exclusivement d'un genre d'oecopition. Ce système de division existait dans l'Inde, la Perse, l' Arabie heilreusè ei l'fr gypté ; on l'explique d'une manière bèç ^ semblable par la différeUce originaire des tribus primitives dont la rëiihiôn forma là natloo: la caste des prêtres et celle des guerriers eo Egypte étaient probablement deux tribus policées qui vinrent subjuguer quelques hordes d'agriculteurs et de paisteiirs ; ie vainqnear dédaigna de se mêler avec Jeîs vaincus, et plus tard les législateurs consacrèrent une wm^
lîÉbëftAPflîÈ ^LltTQUE.
que le haskrd ïvait établie ('). Ifeè ùirir es politiques ùàni tes États d'Europe diffèrent essentiellement des castes, en ce qu'ils ti'ônt^s d'occupatiod (|ul leur soit exclusivement léservëe, '6\x sMls en ont, coniihe Ife elet^é, \\i ne sont pas héréditaires, bans le nioyfen âge, qiiând les armées consistaient en cavalerie, la noblesse se rapprochait beaucoup de la nature d'une caste; aujourd'hui ce n'est qu'tin ordre d'État.
» La bourgeoisie on Te ttets-éiat P) et les paysans, forment dans (tuelques États des ordres reconnus par la constitution ; en Suède, Tordre des paysans est très influent ; il en était de même dans le Tyrol autrefois ; mais il y a encore quelques pays où les cultivateurs, soumis au joug de la servitude personnelle, forment une véritable caste condamnée à une abjection éternelle.
«Dans les États despotiques, comme eil Turquie et en Chine, il tl'y a point d'ordres ; l'esclavage rend tous les Individus égaux. Eh Kurope, c'est l'esprit de corps des ordres d'État, c'est l'équilibre résultant de leurs prérogatives , opposées entre elles et au suprême pouvoir, qui garantissent li liberté politique. C'est donc en décrivant l'Europe (Jue nous ferons connaître les institutions de chevalerie, les distitictioris hônoHflques et d'autries iristitutiôils qui ont pour but, sbit dfe marquer les degrés dans la société, soit d'en rendre la distance moins sensible.
n 11 serait de peu d'intérél de compter coimbîeti il y a de dénominations usuelles pour désigner les divers États existants sur le globe. L'emploi des termes d'ewçiVe, de toyaume, de sùttanat, de khanat et autres , s'apprendra sdfecessivement dans la partie descriptive de cet ouvrage. Il serait également inutile de nous livrer ici à des considéhitions sur \^ titres que prennent les cheli des Ët^tS; deptds le modeste président des Étàt^-Uhià jusqu'au sut)erbe empereur de la Chiné, qiii se dit fils dû Ciel, et qui pourtant n'est que le faible iniltateur des monarques persans; qui s'intitillaieht How des Vois, princes des étoiles, frères du soUU et de là lune f]. Les vdins sons
{*) Gorop. Heeretif Idées mr la potitl^ae et le commerce des «ocieiks, 1, 361 (en aUemtnd). — (') TUrt • J?(a/, ou plutôt tierce-étal , c'est-è-dirc ter^ius ifUUufi , le troisième ordre. — (') Ammian, Marc'elL \ Vil, & ;
xttu.e.
n'influent ^int sur la prospérité ni Bur la puissance des États (^j. La géographie politique ne s'occupe aussi qu'en passant des armes et des couleurs par lesquelles les divers États marquent leurs drapeaux , leurs pavillons et leori poteaux de fh>ntières.
n C'est un objet bien plus grave de connaître les forces matérielles des États; C*est le but particulier d'une vaste science nonmié arith^ métique politique (^ ; mais les résultats de cette science doivent figurer dans les descriptions de la géographie politique.
» Le premier élément est la valeur du teiritoire et de ses productions. Ici, les divers o1k> jets des trois règnes de la nature sont classés d*après leur utilité dans la vie et leur valeur comme marchandise. Les gouvernements euxmêmes ne connaissent que par approximation la Valeur de ce que produisent l'agriculture, la pèche, la chasse et les mines, et (|uelle est la proportion exacte de ce que leur nation vend à d'autres et de ce (j[ti'elle achète. Souvent \H gouvernements né publient pas rtiéme les renseignements imparfaits t}u*ils |)ossëdeht à cet égard. La géographie politi'due ne peut Aàrid pas absolument garahtir les tableaux de productions, d'exportationè et d'tmportationè qu'elle est obligée dfe recueillir avec taht dk peine. Pour tendre t^ourtant ces ibdicâtioni aussi utiles que passibles, il faut (fu'elle iîlsse connaître les valbuhs dans lesquelles lès ta bleaux de ce genre soht calculés; les tMfik nùtes^, tes potéA et les mesures de t^que pays: Cet Objet, qiki varie d'Ettit à État, ne doit nous occuper que &aiis lies descriptiôni st)éfclalés;
» Au second ràtlg; parnli les éléments de le ibrce publique, bn doit placer Vinâustrie com« merciaie et rnanufftcturière ; b'est elle qdi a(< cumula sur le rocher de Tyr; stit Ifeà aHtfes coteaux de rAttiqtie | è\& les plages ftàtlônneuses d'Alfexandirie les trésors du lÉôhde ahcifen; b'est elle ^liij dans ife ttt^i nWdferile^ fit la grandeur dé Yetiise et de la Hollande, iet entretient ettcorfe celle dié l'Ahgletertie. Id lé géographie politique doit i-êmarguieir la ^ttetioh des côtes maritime^ d'utle icdntrée', tt
{*) BecmoHni , -SyotAfmti dignitAL ilUist. DliSimi. nÙ Gap. 3, (»)t- Voyelles wvTt^ù$,d'Anh^r ypuHg^ le Seyeral Essaya on yoUiical ar)Ah|«ejip AtJPfiiiy^ cIl'. Les Traités généraux de smiisiiqàc , par Jchenmàt Tote et H^enael ( en altemanyi ).