‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 26 sur 229 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

magnifiquement bfltie que T»Ien fortifiée, tenait le premier rang : on y admirait le mausolée érigé par Artémise ; Hérodote, ke père de Thistoire , rhistorien Denys , le poète Heraclite et Gallimaqùe étaient nés dans ses murs. Après cette ville venait Cnidus , où Ton admirait la Vénus de Praxitèle , et où les Eudoxe , les Gtésias et les Agatharchides avaient vu le jour.

» Le long des c6tes éoliques , ioniennes et doriques , plusieurs lies favorisées par la nature étalaient encore les superbes restes de leur ancienne splendeur; de ce nombre était Leihos ou Mitylène , qui , grâce à l'historien Théophane , son protecteur auprès de Pompée, respirait de la tyrannie de Sylla; CAio«, riche de son mastic (*) , tirait du nectar de ses vignobles arvisiens P), et renfermait, sinon comme autrefois, la plus opulente ville de la Grèce (3), du moins une cité libre et importante ; Samos^ moins florissante , n'avait plus que ses belles poteries et ses nombreux chefs-d'œuvre de sculpture (*) ; mais sa capitale , jadis ime des plus considérables de la Grèce {^) , était totalement déchue : la petite mais élé^te dté de Cos s'était mieux maintenue; enfin , Rhodes, « l'épouse du soleil , » comme dit Pindare, conservait ses avantages naturels , son air pur, ses bois de construction , ses raisins , ses figues , ses marbres (^•: l'industrie de ses manufacturiers et de ses artistes l'enrichissait encore ; mais elle avait perdu , avec sa liberté, sa marine et son commerce.

»» Le géographe dont nous suivons les traces s'arrête avec intérêt sur la constitution des républiques fédérées de Lycie, déjà ébranlée par Brutus , et que l'empereur Claude anéantit. Patara était , après la chute de Xanthus , la principale ville de ce pays , riche en beaux cèdres et en platanes (7). Dans le canton d'Héphestion et dans le ravin de la Chimœra on voyait des feux , qui sortaient de la terre , voltiger sur le gazon sans le détruire (»). La Pamphylie^ d'abord restreinte à une lisière de côtes, devint , sous les rois de Syrie , une province étendue , et comprit une grande partie de l'âpre Pisidie avec Sagalassus , qui se vantait d'être

i^yDioscor. I, 90. PUn, XII, 16. — (») Firgil, Eclog. VII, 71. PUn. XIV, 7. — (3) Thuc. VIII , 15 . 24 , 46. — (i) Strab. XIV, 944. Alm. PUn, XXXV, 12. — (5) Eérod. UI, 39. 60, 139, etc. — (6) PUn. X, 22 j XIV, 8; XXIV, 1, 39, etc., etc. — (?) PUn. XII, 1, 28; XIII, 6. —(8) ScyUax, 39. Strab. PUn. Seneca, Eplst. 79. Ctesias ap. Phot. , etc. , etc.

une colonie de Lacédénone , et que peu&étre on retrouve encore dans une ville turque nommée Sparta. Ici Strabon , judicieusem^t infidèle à sa division systématique, passe le mont Taurus pour dé(Tire à la suite des autres provinces de l' Asie-Mineure la Cilicie, divisée en deux parties: l'unesumommée Jra^^Aeîa, en latin A$pera ou la Montagneuse; l'autre nommée CUicie propre. H parcourt les montagnes couvertes de cèdres et de pins qui ceignai^t ces contrées, et parmi lesquelles VAmanoê renfermait le défilé nommé porte de Syrie; il dépeint la fertile et riante plaine où s'élevait Tarsus , ville qui , par son école historique , était la rivale d'Alexandrie et d'Athènes (i). V antre Corycien , décrit avec plus de pompe et moins de clarté [wur Mêla (2) , n'est , selon Strabon , qu'un profond bassin environné de montagnes et ombragé de forêts toujours verdoyantes ; dans le fond se trouve im véritable antre d'où jaillit un ruisseau dont les eaux limpides , mais amères , se perdent sous terre : c'est là que croit le meilleur safran. Ainsi donc toutes les merveilles de Mêla et ses demeures mystérieuses de quelque divinité se réduisent à im phénomène intéressant , mais simple et naturel.

» Après cette belle description de l' Asîe-Mineure , Strabon esquisse trop rapidement l'île de Cyprus ou Chypre , riche de tous les dons de la nature , et très bien connue des anciens; ses fruits délicieux, ses grenadiers, qu'on disait plantés par la main de Vénus (^) ; ses Ûr gués qui donnaient un excellent vinaigre {*] ; ses arbustes qui distillaient la précieuse gomme appelée ladanum (^] ; ses huiles parfumées , son miel aromatique : ses vins qui provenaient en partie de ceps d'une taille énorme («) ; son froment recherché des gourmands (') ; son chanvre , ses forêts de bois de construction , objet de querelle entre les rois d'Egypte et ceux de Syrie ; les antiques mines de cuivre d'où l'Ile tirait son nom ; ses pieires-gemmes , son jaspe , son asbeste (^) ; voilà quelques uns des avantages attribués par les anciens à cette île , qui , du temps de Strabon , nourrissait probablement un million d'habitants etdavan-

(') Dio ChrysQst. Orat. Tars. Strab. — (») Pomp. Met. 1,13.— (5) Athen. III. p. 84. Cas. — (*) P/tit. XV, 16, 18.— (5) Id. XIII. 20 j XIX, 6. — («) Id. XIV, 1, 7. — (7) Athen. III, 112. PUn. XVIII, 7. — («) Strab. XIV, 1003. Alm. PUn. XXXV, lôj XXXVI, 22; XXXVII, 1, 4, 9, 10. Dioêcor. V, 116.

HISTOIBE DE LÀ 6É0GBAPHIE*

t8^ , puisque , sous le règne de Tnjan , les Juifs révoltés y massacrèrent deux cent quarante mille individus (*j. Salamis était encore la ville principale ; Citeutn rappelait le Cethim

de la géographie des Hébreux (^) ; et Paphos , consacrée à Vénus, conservait toujours son nom cher aux Grâces , quoique Ten^^ereur Auguste eût tenté d*y joindre le sien (2).

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