‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 29 sur 229 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

» Le voyage de Néarque prouve cependant que les Grecs connaissaient déjà les Maeœ, habitants de l*Oman , et dont le nom est resté à la ville dé Mascate (^] ; mais Strabon ne savait , sur toute TArabie méridionale , que ce qu*il avait lu dans Eratosthène, Agatharchide et Artémidore, et que probablement ceux-ci avaient puisé dans les archives royales d'Egypte (3). Selon ces auteurs, il y avait dans le sud-ouest de TArabie quatre peuples principaux : les Chatramotitœ, nommés aussi Chair amitœ et Atramitœ , et dont le nom , déjà connu de Moïse, se retrouve dans la province d'Hadramaout ; les Castabanes , qui demeuraient au nord de ceux-ci, et qui paraissent avoir souvent changé de limites ; les Sabéens, qui occupaient la partie occidentale de FYémen, et dont la capitale , Saba, comme tous les chefs-lieux de 1* Arabie, est -désignée sous le nom générique de Mariaba , c'est-à-dire résidence royale p); enfin les Minœi,mà\ placés par d'Anville, et qui, d'après l'ensemble' des rapports des anciens , s'étendaient jusqu'aux environs de la Mecque , le Macoraba de Ptolémée. Ces Minœi^ doQl; les Madianites de Moïse étaient peut-être une branche , faisaient un grand commerce avec l'encens et la myrrhe qui croissaient dans leur voisinage : leur principale ville était Cama; celle qu'ils Appelaient JElana, au fond du golfe Arabique, conserve encore le même nom , quoiqu'on la

Sidon OB de Sidodona. Led Phéniciens qui l'habitaient formèrent des établissements dans les Iles qui bordaient la côte; ils nommèrent l'une d'elles Tylos ou Tyrost qui. reçut plus tard les noms de Tyrins, de Gyris, d*Ogyri8 et d*Organa ; c'est aujourd'hui Ormus, appelée an xiii* siècle Tueuti; l'autre reçut celui d*Aradus, aujourd'hui CharedJ. Les Phéniciens •e transportèrent ensuite près des côtes de l'Arable dans les tlesBahrein : ils nommèrent la principale de ceUes-ci Tylot^ et une autre auprès Aradus , que l'on appelle encore Arad. Après avoir formé ces établistements, ils allèrent sur les bords de la Méditerranée en continuant à transporteries noms de Sidon , de Tyr et d'Aradqs à de nouveaux comptoirs, à de nouvelles colonies. J. H.

(>] La ressemblance des noms a fait croire que cette ville occupe l'emplacement de l'ancienne Moseha dont parlent Arrien* et Ptolémée. Quant aux Maeœ , ils habitaient les environs du promontoire Mactta , que Ptolémée appelle Projmmtorium Asaborum, aujourd'hui le cap Moeendon, J. H.

(•) Diod. ni, 38, 46. — (») P/tn, YI, Î8.

nomme aussi Allah ;mÉAs les plus ridiesde tous les Arabes étaient les Sabéens, qui partageaient avec les Gerrhéens le commerce de l'Inde, et dans les maisons desquels on voyait éclater de toutes parts l'or, l'ivoire et les pierres fines.

» Au nord des lft9k9Î demeuraient les nombreuses tribus connues des Hébreux sous les noms d'Edom, d'Amalee , de Moab et autres, toutes réunies sous la dominati(m suprême des Nabaloths, les Nabathéens des Grecs et des Romains. Leur capitale, Petra^ qui probablement n'était d'abord qu'un rocher naturellement fortifié et rempli de cavernes habita* blés (^j, donna à toute la contrée le nom d'Arabia Petrœa. Ce pays, subjugué par les généraux de Tny'an, et dont la superbe Bastra devint alors la capitale. Jouissait, du temps de Strabon , d'un haut degré de liberté politique. Les rois ou chefs populaires étaient req^Kmsables. Le commerce concourait avec l'agriculture à rendre florissant Tétat de ce peuple. Une femme épousait quelquefois plusiairs fïrères en même temps (2).

)» Voilà tout ce que Strabon savait d'un pays dans lequel un de ses amis avait commandé une expédition. Elius Gallus, parti de Gléopatride en Egypte avec dix mille hommes et une flotte considérable, débarqua à Leucœ, principal port des Nabathéens. Obodas, roi de cette nation, joignit ses forces à celles de Gallus déjà très épuisées , et fit comipander ses troupes par Sylleus. Ce traître conduisit les Romains par des déserts arides, dans les pays où régnait Arétas; il leur fit ensuite traverser VArcarène, et ils n'arrivèrent qu'après ime marche forcée et excessivement difficile , à Ano^rana, qu'ils saccagèrent: les villes d'Asea et d'AthruUa eurent le même sort ; mais les Rhamanites résistèrent , et JUarsyaboi ne fut point prise. Gallus revint sur ses pas , après avoir vu périr la plus grande partie de son armée par les maladies , la fatigue , la soif et la fàlm ; il n'avait perdu que sept hommes dans les différents combats qu'il avait livrés. Toute cette expédition , qui paraît dirigée vers l'Yémen par le Necyed , ne fournit rien de positif à la géographie.

•(') Diod. XIX, 55. Comp. Illeronymufi Adohad , Cl.— rt 5ira6.XVI, influe.

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