LIVRE PREMIER
doute il tût fttllu encore de longues années de loisir pour donner à un semblable ouvrage toute la perfection désirable. Malgré quelques imperfections^ Tessai que nous offrons au public satisfera , nous Tespérons , aux vœux des personnes qui se plaignent de manquer absolument d'un ouvrage dans lequel on puisse apprendre la géographie sans courir le risque d'èlre à jamais dégoûté de cette étude.
>» Nous osons croire que notre Précis pouri-a sei-virde guide à tout professeur jaloux d'enseigner lagéographieavecfruit;que,dans les écoles supérieures , il pourra être mis entre les mains desélèves, etqu'ii ne déplaira pointauxgensdu monde qui désireraient s'instruire sans maître.
» Surtout , puisse cet ouvrage obtenir les suffrages de ces vrais pinlosophes qui, dans toutes les sciences , apprécient et chérissent moins l'utilité matérielle des résult^its, que les nobles jouissances de l'étude en elle-même I
» Voici réconomie de notre ouvrage. Nous commençons par le tableau historique des progrès de la géographie. Nous prenons cette science à son berceau. Moïse et Homère nous présentent d'abord les mappemondes de deux peuples antiques. Bientôt , à la clarté des étoiles , le navigateur phénicien traverse la Méditerranée et découvre l'Océan ; Hérodote raconte aux Grecs ce qu'il a vu et entendu din». Le vaste système colonial de Carthage et les courses aventureuses de Pythéiis de Marseille font connaître l'Occident et font deviner le Nord. La gloire d'Alexandre répand une vive lumière sur les contrées de l'Orient. Les Romains héritent de la plupart des découvertes qu'avaient faites les nations policées de l'antiquité. Les Eratosthène , lesStrabon, les Pline, les Ptolémée cherchent à coordonner ces matériaux encore imparfaits et incomplets. Puis la grande migration des peuples vient renverser'tout l'édifice de i'ancienne géographie: c*est en périssant que les Grées et les Romains apprennent combien le monde était plus étendu que leurs systèmes ne le faisaient paraître. Peu à peu ce chaos se débrouille, et, avec une nouvelle Kurope, nais- ' sent les éléments d'une géographie nouvelle. L'esprit des voyages se réveille ; déjà il avait inutilement conduit les Arabes et les Scandinaves, ceux-là aux Moluques, ceux-ci en Amérique ; la science n'était point là pour relU.'illir le fruit de ces courses audacieuses.
Plus instruits et non moins courageux , les Italiens et les Portugais, à l'aide de Taiguille aimantée, parcourent avec sûreté la haute mer. De toutes parts tombent les barrières qu'avaient élevées les préjugés et qui rétrécissaient l'horizon de la géographie. Colomb nous donne le Nouveau- Monde. Par mer et par terre, tous les peuples s'élancent dans la carrière des découvertes, et, par leurs efforts réunis, le vaste ensemble du globe, malgré quelques onibres partielles, est enfin ouvert aux regards de la science.
»» Après avoir retriicé ces époques de la géographie, nous en exposerons la théorie générale , nous en rechercherons les principes mathématiques, physiques et politiques. Nous , emprunterons à l'astronomie ce qu'il faut nércessairement savoir sur la figure, la grandem* et les mouvements de notre planète ; à la çiu» métrie^ les notions les plus nécessaires sur l'art de représenter, dans les bornes d'un dessin peu étendu, la forme exacte des terres et des mers; nous dirons comment on détermine la distance des lieux , et comment on compare les n)esures diverses usitées dans les divers pays.
n Passant ensuite au tableau physique du globe , nous contemplerons les grands traits de la nature, les montagnes dont se hérisse la surface de la terre , les mers qui la ceignent , les fleuves et les vallées qui la sillonnent ; nous descendmnsdans les cavernesetdansles mines, nous nous pencherons sur les bords du cratère fmnant; en un mot, nous étudierons la structure du globe. Après avoir pris connaissance des mouvements de l'atmosphère et de la loi des températures, nous distribuerons dans leurs logions natales les animaux, les végétaux, tous les êtres enfin que nourrit le sein Inépuisable de la ierre. Nous .unirons par considérer l'homme dans son état naturel et politique ; nous classei-ons tes races humaines d'après les nuances corporelles qui les distinguent, d'après les langues qu'elles parlent, leseroyancesqui les consolent ou les enchaînent, et les lois qui marquent l'essor de leur civilisation ou la profondeur de leur abrutissement.
» Quelles révolutions le globe terrestre at-il subies ? C'est une question qui n'intéresse pas moins l'histoire de 1 homme que celle de la nature : un mûr examen prouve qu'elle se rattache directement à la géographie physique. »