‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 35 sur 229 · LIVRE ONZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIEME

telle de mittolre de It Géographie. — Décoorertes en Asie , d'aprèe Pline et le Périple de It i Érylhréenne. A. sprès J.-C. 1-SO.

» Long-temps la navigation de la mer des Indes parait être restée dans l'état où fut celle de la mer du Sud avant l'arrivée des Européens. Les voyages des Phéniciens et des Hébreux, soit vers la ville ô!Ophir en Arabie, soit vers la terre inconnue d'Ophir , offrent trop peu de certitude historique et de précision géographique , pour qu'un écrivain de bonne foi puisse se permettre d'en tirer des conclusions. Les premiers Grecs qui pénétrèrenit jusqu'aux rivages de la mer des Indes , nommée mer Erythréenne ou Rouge , trouvèrent les Arabes-Sabéens en possession du commerce de l'Inde ('). C'était de ces Arabes, nous disent-ils, que lés Phéniciens avaint tiré les marchandises qui, pendant des siècles, avaient enrichi Tyr et >idon (*). De même, les conquêtes de Sésostris, si elles sont réelles, ne s'étendirent que jusqu'au promontoire Mosylon (s), vis-à-vis de la cftte des Sabéens. Il ne reste donc que les Indiens auxquels on puisse attribuer la priorité sur les Arabes dans la navigation de ces parages. Mais les lois de Menou défendent aux Indous d'aller en haute mer, et nous venons en outre d'apprendre que tous les noms de gros navires usités dans ï'Indoustan sont d'origine arabe (*) ; circonstance qui sem-

(') Goutllin , 1. c. — (•) PeripL p. 10. — (*) Agatkare. 65. Strab. XVI, 124. Aliii. Diod, Sic, III. — (♦) Agatharch. I. c. — (*) Plin. VI, 29. — («) Noie de M, Soivpu, auteur de la description des Hindoas.

ble devoir faire rejeter toute idée cfandennef navigations lointaines exécutées par des Indiens.

» Quoique les Arabes n'eussent que des barques couvertes de cuir, et dans la construction desquelles il n'entrait pas même un clou de fer ('), leurs voyages dans l'Inde doivent remonter à une haute antiquité , puisque les denrées de ce dernier pays parvenaient à Jérusalem et à Tyr du temps de Salomon. Les trésors accumulés par les Sabéens, et qui excitaient la cupidité de l'empereur Auguste, ne purent être que les fruits d'un monopole longtemps concentré dans les mains de ce peuple» L'existence des pirates très hardis que les Grecs trouvèrent sur la cête méridionale d'Arabie p), offre encore une preuve subsidiaire de l'antiquité de liei navigation chez cette nation ; car l'avidité des pirates naît de la contemplation des richesses qu'amasse l'industrie du commerçant. Mais quand on voit ces pirates et leurs imitateurs ou descendants, sur la côte Malabar, établir leurs repaires parmi des bas-fonds et même, les Ascitœ d'Arabie, pour aller attaquer les navires et n'avoir que des radeaux soulevés par des outres (^), on ne peut guère douter que les navigateurs arabes suivaient les côtes , et que même , avec la con-

(') Pline, XII, 19. — (•) PeripL mar, Erytk. pati\m.Strat.XyhiiA.Procop. Pcrs. I, 19. — P)l>torf, III, 43. ôlro^. XVI, I1Î8. — 0) Plin.yi, «9.

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