‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 37 sur 229 · IIS · texte numérisé non relu

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montoire Syagros sont-îls représentés comme situés sur le golfe Sacalites. Ptolémée confirme la position du promontoire à l'ouat du golfe Sacalites; mais il semble le porter à la hauteur du cap Morebat, et faire correspondre le golfe en question à celui nommé Ginn-al-Hascic ou baie des Herbes («). D'Anville adopte cette dernière partie de Topinion de Ptolémée (2) ; mais quant au promontoire Syagros, il la rejette, et croyant lire dans le Périple que ce cap est la pointe orientale de TArabie (ce que le texte grec ne dit point) ^) , il le prend pour le cap Rosalgate des cartes modernes. De toutes ces méprises il résulterait sur la carte d'Arabie beaucoup de Yide vers le midi et Forient , tandis qu'en sui* Tant les indications du Périple, déjà appréciées par Tingénieux Bochart, nous retrouvons quelques peuples cités dans Timmense nomenclature de Pline , et même quelques villes marquées par Ptolémée. Ainsi le Moicha^ où les navigateurs échangeaient les marchandises de l'Europe et de l'Inde contre l'encens accumirié en tas le long des rivages du golfe Sacalites , n*est point le Mascate des modernes , mais im port voisin de Dofar, où se fait encore de nos jours la principale exportation de ce parfum (*). i A l'extrémité du golfe Sacalites commence le pays des Aiichœ , dans le nom desquels on . reconnait celui de Giun-al-Hascic , et de la ville d'Hasec. Devant leur contrée sont les îles de Zenobiusj ai\^ourd*hui nommées Iles de Curia-Muria. Le Périple nous fait ensuite connaître un golfe ou enfoncement où les navigateurs évitaient d'entrer {*). C'est là qu'habitaient des peuplades barbares soumises à la Perse, et que Pline nomme Ichthyophages (*). La ville à*Au8ara, citée par Ptolémée, nous fait connaître l'emplacement des AusariUs de Pline, chez qui l'on recueillait ime espèce de myrrhe (^. Devant ce golfe se trouve l'île de Serapion , riche en tortues , selon le Périple (») , probablement la CheloniHs de Pline , et la Maceira des modernes. Toute cette côte fait partie de la province de Mahran : aussi Ptolémée y place-t-il une ville à'Amara; Pline connaît

(1) PtoL Dcscr. Àrab. — (») Géogr.anc. II, 2ÎS.—

(4) JViebuhr, rArablc, pag. 286 {en ail.). En adoptant celle opinion, la posilion de Moscha s'accorderait avec celle de Morebat . ville siluée sur la côle a 10 lieues à Test de Dofar. J. H,

{*^ Peripl. M. Erylh. 19. — (• P/in. VI, M.— (T) Id. Ib. et Xlï . IC. — (») Péripl. I. c. Plin. I. c

une nation iVEpirMaranites , c'est-à-dire voisins des Maranites , ainsi qu'une tribu de CAodéens , qui semblent correspondre au pays de Cad. Les Monts- Jumeaux de Ptolémée paraissent tenir la place du cap Rosalgate , et le promontoire Corodamum représente celui de Curiat. Le Kriptos Hmen , ou port caché , rappelle le site du port de Mascate, peut-être le Machorbœ de Pline. VOmna de cet auteur semble être la ville d'Oman , dont Omana en Carmanie fut sans doute une colonie ; mais le golfe du même nom , dans le Périple , est très éloigné de la contrée des Omanites ; et ce nom arabe dénote simplement « le golfe à gauche, t Le cap Musseldon ou Mocendon , nommé Met' cela par Néarque , est le promontoire Asahon du Périple et de Ptolémée (1). Les princes grecs de Messène, contrée resserrée entre le Tigre et l'Euphrate , envoyaient leurs flottes de guerre j usqu'aux environs de ce cap (^) . Aussi le roi Juba se procura-t-il des itinéraires détaillés sur la côte orientale ; et les extraits , malheureusement très confus , qu'en a donnés Pline , comparés aux descriptions de Ptolémée , prouvent que les anciens la connaissaient peut-être mieux que nous p).

» Les Catarœi étaient une des tribus principales ; et outre la ville de Gerrha, dont nons

{') Nearck. Peripl. In Geogr.Min. I, 22. — (>) PUn. VI , 23.

(3) Ce qui peul prouver l'élendue des connaissaoces de Ptolémée sur l'Arabie, c'esl le nombre de peuples qu'il place dans celle conlrée. En voici le tableau : ARABIE PÉTRÉE.

Lei Saraccni, Munichlates, Pharanite, Ralthenl. ARABIE DÉSERTE.

T^i Caucbabeni, Calansi {peut-être les mêmes que les Catarei de Pline), Augubeni, Rbaabeni, Orcbeni, ifisitœ, MasanI , Agrsi, BasUinœi , Marlinl. ARABIE HEUREUSE.

Côte occidentale : Les Thamyditaî, Sidenf , Ûarrs, Banubari, Cin«docolplUB, CassaoUi, Elisari.

Côte méridionale: Les Homerilie.AdramiUe, Sachalit», AsabU

Côte orientale : Les Macœ, Nariti, ifig»i, Gernei, Thsmi , Lœanili , Bucœi.

Intérieur des Urres ; Les SceniUe, Oadil£ SaracenI Thamydeni, Apatsi, Alhrilx, Mopsaeraancs, Vadcni. Lsceni, AsUpeni, lolysite, CaUnllœ, Thanit», ManllaB, Alpin», Malichaî, Minaei, Doreni, Mocrila, Sabsi, AnchiUE, MclangUae, Dacharemœsae, ïsîUe, Bliulœi, Omanil«, Colaban», lobarilœ , Alumcrtœ , Sopbanilc, Bilbibanila, Arabanitaî, Chalramonitas, Masonil», SariUc , Sapharits , Rhatioi. Maphoril». Ascii». J. H.

UVRË ONZIEME.

avons padé plusieurs fois, celle de Rhegma florissait par le ocHnmerce depuis les siècles les plus reculés (^). Pline indique File de Tyloi , avec ses bancs de perles, ses bosquets de cotonniers, de palmiers, de tamariniers, et ses sources salées employées à Tirrigation (^. Sa description ne laisse aucun doute que cette lie ne soit le Bahrein des modernes ; sa petite Tylos est notre Arad, et YAradus de quelques anciens. Mais les îles Tyro$ et Aradm de Ptolémée occupent une position différente de celle deTylosdePline(»).

n Telles nous semblent être les parties maritimes de l'Arabie bien connues du temps de ce naturaliste. Nous ne comiaissons même pas mieux Tintérleur de cette contrée que ne le connaissaient les Romains du temps de Pline, et plus encore sous Trajan. Rechercheronsnous péniblement les traces obscures des Cfdrtpt, qui semblent être les Kedarènes de la sainte Ecriture (*) ; des Thimanei^ les Thémaniies d*Hiob , et de quelques autres tribus dont nous pourrions recoimaître les noms? Remarquons plutôt que tous ces enfants du désert,

(') Ezéch, XXVIIi 22. Bochart, Géog. sac. p. Î19. — M PUn. Vï, 28; Xli, 11. Theoph. Hist. Plant. IV, 9 î V. 6. Id. de caus. planl. II, 7.

(3) Ptol. VI, 7. Voici le tableau des lies de l'Arable, d'après Plolémée :

Sinus ArabicHs : iEni, Tiinagenis, ZigcDa, Dasmonum, Polybii, Accipitrum, Socratis, Cardamine, Are, Catacecaumene, les quatre Malaicbi, les deux Adani.

Sinus Avalites : Dioscorfde, Us deux Agalhocles, Us sept Cocomagl.

Sinus Sachalius : Organa> Serapis , les sept Zenobii.

Sinus Persicus : Appbana , Ichara , Tharo, Tylos , Aradus.

Dans le résumé de différents mémoires deGosselIln sur la Géographie ancUnne , placé en léte du RecueU de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (année 1816), on trouve exposée l'opinion de ce savant sur les lies Tyros cl Tylos de Plolémée et de Pline. Il fait observer que les anciens ont confondu dans le golfe Persique deux lies très différentes : Tune appelée Tylos et Tautre Tyros, Ce que Tbéopbraste, Polybe, Artémidore et Pline disent de Tylos se rapporte à nie d*Aual d'aujourd'hui. Tyros, qu'Ératosthéne, Strabon, Plolémée et Eustathe confondent avec la précédente , est l'Ormus des modernes. Ce qui a contribué à la méprise des anciens, c'est qu'il y avait une Aradus près Hé Tylos, et une Aradus prés de Tyros. La première est bien Arad , mais la seconde, ainsi que l'a fait remarquer d'Anville, est nie que l'on nomme Arek. J. H.

(*) Gencs. XXV. 13. Theod, Comment, in Psalm. 110. PHn. V, 11. S. Jérôme dit qu'ils doivent leur nom à un OU d'Ismaël. J. H.

vivant sous des tentes, ayant pour tout bien leurs troupeaux e.t les fruits de leur brigandage, avaient été compris par les anciens Grecs sous le nom général de Scénite$^ ou habitants des tentes ; ils le furent dans le iv« siècle sous celui de Saraceni^ ou brigands ('). Pline semble encore représenter les Saraceni comme une petite tribu au centre du désert p) ; Ptolémée les étend déjà Jusqu'aux confins de TEgypte, et Marcien les fait voisins de la Perse 0. Enfin, Ammien-Marcellln déclare que tous cenx qid autrefois étaient appelés Scénites sont com* pris sous la dénomination de Saraceni {*). Cette réunion des nomades, semblable à celle des Wahabites de nos jours , devait probablement son origine à quelque doctride religieuse inconnue; car le fanatisme seul a pu changer les descendants dlsmaêl, chez qui c'était une impiété de manger de la viande sanglante, au point de leur foire boire le sang humain, et même de se nourrir de la chair de leurs enneniis (*). Ces hordes féroces se mettaient indistinctement à la solde des Romains et des Persans (*) ; leurs courses rapides étaient toujours marquées par le pillage et la destruction H* Un turban, de larges bottes et une étoffe légère roulée autour du milieu du corps, formaient leur vêtement (^) ; ils ne connaissaient guère ni le pain ni le vin, et leur vie n'étant qu'une marche perpétuelle, ils ne concluaient que des mariages temporaires; la femme apportait en dot à son mari une tente et une lance (»).

» Des côtes de l'Arabie, les anciens, comme nous l'avons fait voir, se rendaient dans l'Inde, et surtout dans la péninsule occidentale que le Périple désigne sous le nom de Dachanabadeêj nom sanscrit, orné d'une terminaison grecque (w) , et qui rappelle la dénomination moderne de Décan. Suivons en détail les découvertes depuis rembouchure de i'Indus, où nous nous somme<s arrêtés avec Alexandre-Ie- Grand. Le vrai nom indigène de ce fleuve se montre déjà dans le Sindus de Pline et le Siti^

(•) Bockart, Gcog. sacr. Pbaieg, IT, 2. ^«emanni , etc. — (») Plin, VI , 28. — (J) Marc. UeraeL 16, in Geogr. Min, — 0) Amm, Mare. XXÏII, fl.— (5) Procop. Pers. ï, 19, 20. Amm. XXXI, 16,— (^) Malchus, \\\ cxcept. de légat. 91.— (») Amm. Marc. XIV, 4. — (a) Hieron. in vita Malchl. Plin. V|, 28. — (9) Amm. Marc. XIV. 4,8; XXIV. 1 , «te.— (•«) Dekan^ raidi. Abad, vlîîc.

HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE

dus du Bénpie (*). Après le golfe de Canthi^ nommé golfe de Kotch par les modernes, le royaume de Lariee embrassait le Guzerat et le Malvidi. Barygaxay aijyourd'hui Barotch,* sur le golfe du même nom, maintenant golfe de Gambaye, était la j^indpale ville de c(Hn-T merce de cet Etat. Oa y apportait même des sources de Tlndos la soie écrue et diverses fourrures de la Scythie ; la route des caravanes passait chez plusieurs nations inconnues, et probablement à travers le grand désert (3), Mmna§ara était la résidence d*un prince auquel le Périple donne le titre de mambarot^ c'est-à-dire en sanscrit fiMiAa^6a^ara, ou grand roi (^). L'ancienne capitale Ougein était connue des Grecs sous le nomd'OjSètie; elle exportait beaucoup de toiles fines, des pierres-gemmes et des murrhinay vases précieux dont les redierches les plus multipliées n*ont pu «faire découvrir la nature. G'est dans Tintérieur du Malvah, dans le Sircar de Bidjeygor, qu'il faut chelrcher les BUtigide Pline; le Sircar de Soret ep Guzerat représente la Syrastrène du Périple et les Syrieni de Pline.

» La Nerbudda, qui en sanscrit porte aussi le nom de N armada et Nammada (*), est désignée par Ptolémée sous le nom de Nam-mados.

1» Au SU& de FEtat de Lariee ^ venait une contrée nommée Ariaca^ et qui parait avoir eu plus d'étendue vers ('intérieur que vers les côtes. Elle correspond à peu près aux provinces modernes de Khandeych, du Daoulet- Abad et du Berar. occidental.* Ptolémée a connu les fleuves qui l'arrosent-, entre autres le Godavery, qu'il nomme Goarù; mais au lieu de les amduire vers le golfe du Bengale, il les fiait couler vers les côtes de Malabar; erreur qui s'explique par le faux système d'après lequel il traçait sa carte. Dans T Ariaca , la ville de Tagara était un marché renommé pour ses smdones ou indiennes , et ses otkania ou toiles de coton fines et grossières , qu'on expédiait de là par terre à Barygaza. Suivant le Périple ('), Tagara était à dix Journées de marche à l'orient d'une autre célèbre ville dé commerce nommée Plutana , dans le voisinage

(•) Plin, Vî, $0 Pcripl. Mar. Er. 21. — M Peripl. ?7, 58. — P) Comp* f^ahlf Asicn, 1, 40Î, lodostan , I! , 963. — (4) Amaratinha, cité par Paulin, Voyage, 233 , en aU. — (&) Langlts, dans les Rccherch. asiatiques, trad. franc. I, 445, note 1,

de laquelle on trouvait des agates onyx et d'autres pierres prédeuses. PiuUma était à vingt Journées de Barygaza, où l'on amenait les marchandises en traversant des monts escarpés, probablement ceux qu'cm nomme ai^ Jourd'hui Balaghat. Ce commerce n'existe plus; mids les endroits mentionnés par le Périple (^j se retrouvent encore sur la rive méridionale du Godavery. A 217 milles anglais de Barotch est' la ville de Pultana. Si l'on divise ce nombre de milles par les vingt jours, on aura à peu près 11 milles anglais ou ô'coss de l'Inde par jour; ce qui est la distance ordinaire que lei voitures chargée^ parcourent encore avyouiw d'hui. De Pultana à Tagara, Arrien et le Périple comptent dix journées de marche; emif séquemment les Grecs dimnaient ce dernier nom k Deoghir ou Daoulet-Abad,. l'andenoe capitale de ces contrées, qui fut long-temps fameuse ^ ses pagodes et ses fortifications taillées dans le roc (^). Elle fut très flœrissante jusqu'au règne de SchahnJéhan, qui choisit . Aureng-Abad pour la capitale de ses conquêtes dans le midi. Alors Deog^ déchut à mesure qu' Aureng-Abad s'âeva (*).

» Une chose vraiment curieuse, c'est que la partie de la côte du Malabar comprise entre Goa çt Bombay ait été, depuis les temps les plus anciens , connue sous le nom de Côtes des Pirates , à cause des forbans dont elle est infestée. Cachés dans leurs anses et ports, envircmnés de bas-fonds> ils y guettent les navires de conunerce que les vents variables obligent de serrer la côte, et viennent souvent à bout de les enlever (^). Les anciens désignent sur cette côte un groupe d'Iles nommées HeptOÊMsia chez Ptolémée (^) , et Seseerienœ dans le Périple; la ville d'Harma-Gera^ sans doute le Ghériah de nos cartes, et celle de Nitriœ , qui a (Hresque conservé son Idom dans celui de Niouty ou Newty. La côte des Pirates répond ainsi au district de Conean (^. Les géographes arabes ne parlent pas de ces pirates, parce qu'ils connaissaient mieux l'Indoustan propre que la presque lie en-deçà du

(•) Périp'. pag. 29. — (•) Tiefenthaler, Inde, 1, 346 sqq.-- (^) fniford, Asiatic ResearchCb, I, 369, et les notes ûeLûn§lèSf dans la traducUoo française, I, 449. — (*) PUn, VI, 26. Peripl. mar. Erylh.Pioto». — (S) Piolem. VIÏ , 1. — (•) Orme history of Ihe mUItary transactions of the english nation In Hindostan» 1. 1, p. 407, Jiennel, Mem. p. 30.

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