LIVRE DOUZIÈMB
rappelle déiert de$ Md»étimt : U avolsinait la ibrét Nolre« mmimée 5y{va iforciofia (■). Les montagnes centrales de la Scraabe portent chez le géographe d'Alexandrie le nom d'Alpes , et diez un auteur romain celui à'Alba (*) ; on les nomme encore VAlb , ce qui confirme Texactitnde de Ptolémée. Le même géographe applique aux montagnes de la Bergstraue et de la VTettéraTie le nom à'Abnobay que Pline et Tacite ^)y probablement à tort, donnent à cdles de la Souabe.
» Les contrées int^eures et orientales de la Oermanle, n'ayant point été traversée» par les armées romataies , restèrent presque inconnues aux géographes anciens. Nous savons , parTadte(^, que les Henrnmduri^ grande nation du centre de la Germanie, étaient amis des Romains. IMstkigués du reste des Germains, qui ne pouvaient commercer que sur la froiitière, ils étaient admis dans les florissaisies voies de la Yindélicie et de la Rhétie. Satts escorte, ils parcouraient le territoire ro^ nain; et tuidis qu'oh ne montrait aux autres que les légions et les camps, on ouvrait aux Hermundures les palais et les maisons de plai«» Sttiee, dont ils n'étaient point Jaloux. Mais si ron demande les ôontières exades de cette nation, la géographie est réduite à des conjectures, n est probable que la'SaaIe de Francooie les serait éts Cattes: les salines auxquelles cette rivi^ doit son nom devinrent, entre les deux nations, le si^et d'une gueire qui se termina par la destruction presque complète des Gattes if). SI quelques anciens ont cru que l'Elbe avait sa source dans le pays des B^mimdures, c'est parce qu'ils prenaient pour œ fleuve l'Egra, qui en est un affluent.
» Au nord des Hennundures et des monts Sudètes, une partie de la Thuringe et de la Saxe nwdenie était habitée par un peuple testé inconnu à Ticitt,€t que Ptioiémée appdle Teunodfmm; la dernière syllabe étant lenuAnHanndAeîm^ qui signifie pays, ce nom parait se npprocher beaucoup de oeUd ^^Thuringiens, auxquels on ne saurait assigner une origine plus vraisemblable (f).
» Lm tfwriêm bornaient les Hermundori au
(•) Amm. Mmre. XXà, é. ^ ^) F^piae. ia Proë. U. — p) Piin. IV. Toc Gemu». I — (♦) Ibhton, «. — •{J) 14eM,AMaL XIII,67.-<«)/>ia/.U.c.U.Sii4iii. flift. «Uh.T, 421, m<aa ëin.). Jbritoi, Orif. Slav. T. 183. 1
sud-est, et occupaient une partie du haut Palatinat. Tacite if) les joint aux MarcùmoMii et Qvadiy habitants de la Bohême, de la Moravie et de TAulsridie septentrionale. Ces trois peuples formaient, pour ainsi dire, le front de la Germanie de ce c6té. Plus tard, les Bcmains apprirent les noms indigènes de ^[uelques unes de ces nations et des tribus dont elles se composaient. Voilà pourquoi Ptolémée distingue , entre autres , les Kimpeê , qui demeuraient sur la rivière du môme non en Autridie. Les Baimi^ que ee géographe indique comme un grand peuple, nous paraissent être les m^es que les Marcomans , con^ quérants du Bmohemum ou la Bohême.
» César, d'après les géographes grecs O y avait confondu toutes les forêts et toufses les montagnes de la Germanie centrale sous lé nom de Foréi Hercymemnê; cette vague tradition se propagea parmi les géographes ro-^ mains (>) ; ni Pline ni Tacite ne surent t'en fonner une idée plus exacte (^. Ptolénoiée avait reeuefltt des notions plus positives; outre son mont Àbnoba en Wetliéravie, il distingua leHartz sous le nom de Mélibmup sa foirêt Gabnta et ses monts Smdète$ mmi àl'ouestde la Bohême. Il est donc obligé de reléguer la forêt Hercynienne an nord de la Moravie et vers la Hongrie. Ni lui ni les Romains , avant Dion Gassius, ne connurent les monts Géants, entre la Bdbéme et la Silésie , qui sont les montagnei Vandaldqueê de Dion (s). Cet historien indiqua pour la première fois la vraie source del'Elbe.
» La Germanie ne présentait, en général, que de sombres .forêts ou de tristes marécages (^. Gqpendant ses pâturages excellents nourrissaient d'innombrables troupeaux de bœufo (7). Ses forêts étaient peuplées de bisons, d'timt, d'élans et de chevaux sauvages (s). On y voyait fourmiller les oies, dont Pline connaît d<^ le nom allemand (^. Les métaux précieuxrestèrenteofouis Jusqu'à ce que l'avarice des Romains eût commencé à exploiter les mines d'orde la Wettéravie. Le fer belliqueux
(0 Tae.G^nÊÊM. 42. --(•) jiriM. Meteor. I, 13. Ap9U<m. i?iM.Ârg.iy.£ir«f<Mi*.ap.€bt. VI, 24.— (») Pomp. Mtia, etc., etc. — (4) Plki. IV. 12. Tac Oenn.aSetSO. — (5)/>î^. Càu. LV, t.— W Tac Gêna. 2, &. ~ (:) Piin, XVH . 4. ~ (•) Cœt. VL Plm, ftcMim, Comp. Béckmann, de Prsec Geim. •«canim.daM Butekini, Mém. saYsaU, etc. (1764)» 1 , 99 , CG. — (9) PX»iî, X , 22.
HISTOIRE DE LA &I06BAPHIE
Mllait HuA dans la ctbane du GemiaiD. Point de TigBoUei, point d^arbres fruitiers, si ce n'était qudques eerisien sur les IxMnds du Um ('); Huds on réeoltait de i'orge et de ravoine (^, beaucoup de légunes, entre au-* très des ndis d'une grandeur àibrme, et des nav«9ts renonuaaiés même à Borne 0. Le lin Yenait en quantité «ufflannte pour fiÀimir aux indigènes leurs vêtements ordinaires (*),
» Les DMEors-et les usages des Germains dif-
fieraient, sans doute , de nation à dation. Ta*
dte remaïqœ lui-même cette différenee; il
sait que ksGattes seuls, parmi les EonMôns
oeddentaux, oonnaissaieni; Tart de la gqerre,
manshalent en Mdre au oombat, et savaient
même exéeuter des évolutions militaires; il
Bons montre un gouvernement monarebique,
et même absolu , cbez les Sui^ms et les Goths;
il loue la conduite tranquille des Hermundu-
res : cependant il trace un portrait général des
fieimains, quidmtprinei^palement s'i^^[4iquer
aux Istœvones.
» Une taille très haute, des yeux bleus , ^^s cheveux d'un blond ardent , distinguaient cette t$(» â*hoi)Qi9fiS, plus capables d'un grand ^fort que d'im travail soutenu (^). La mère nourrissait elle-même son enfant. L'éducation des gens libres et des esclaves était également dure et grossière ; ils couchaient sur la terre à edtédes bestiaux (®). Les mariages étaient tardifs \ les deux sexes attdgnaiait ainsi et conservaient toute ia mesure de leurs I6rees naturelles. I^resque seuls parmi les sauvages , les Germains se contentaicait d'une seule femme , à l'eso^ôn des grands , qui , par intérêt ou vanité, en épousaient plusieurs. Des eérémomes touchantes marquaient l'indissolubilité du mariage : l'homme donnait à la femme une paire de bœufe , un dieval éc^pé, im bouclier et une kmce; elle lui disait aussi {»résent d'une arme ; H fallait ensuite partager les biens et les maux , vivre et mourir ensemble (^. L'adiritère était presque inconnu ; on ne plaisantait point sur le vice ^ et ni les ri^iesses ni la beauté ne sauvaient ^ dernier oj^rabre la femme impuc^que.
i>Le vétttnentoonmMjmétaitun manteau de
(•)iPlt«. 7tV,25. — (•) H. XVIII, VI, Ammiem
MarceU. XVI! , 10; XVIII , î. — (3) Piin. XIV, 5.
— (*) Id. XIX, 1.— (5) Tac. German. 4. O*. Bell.
• OaU. III, U — (6) Tac. Germ. 20. — (7) Tac.
Germ. IS.
toile qui laissaitèm la plus grande partie du corps. Les grands portaimri: des habits étroits, qui aecusaient les formes du corps. Lea bêtes sauvages , et même les animaux marins , leur foamissaientdes pelisses. Les feounes ornaient d'un ruban de pouipre tair vêt^n(^t de toile blanche ('). Les Suèves rdevaient les cheveux en 'un seul nceud sur le sommet de la, tète ; les Francs , descendants des Istœvons , portaient des cheveux longs ^ roulés en grades bou-* eles(^.
» Les Germains détostaimt les vUles murées ; un intervalle séparait l'une d^ l'aiitr^ leurs cabanes rustiques. Quelques uns demeuraient dans des eavemes. Tous aimaient à passer autour d'un grand foyer les longs Loisirs que leur laissaient la guerre et la ohasse (>). Du ^ier qu'Us venaient de tuer , du lait caillé , quelques fruits agrestes, voilà leur nourriture; ils ne buvaient que de la bière , jusqu'à ûe que les Bomains kur firent connaître le vin, espérant soumettre, par l^urs vices , ces peuples qui bravaient leurs armes. Les (îermains supportaient tout , excepté la soif. Les jeu]( de hasard leur faisaient ci»<Mm perdre leur sang-froid ; on ïes vit jouer tout , jusqu'àleur propre personne (*).
» Souverains dans leur maison , les hommes libres ou les Wekr [^) se faisaient servir par leurs femmes et leurs enfants ; les esdaves ou serfs labouraient les ehamps, gardaient les troupeaux, fobriquaient des objets d'habillement. Il y avait probid>lement une espèce de noblesse héréditaire chez les Goths et les autres nations venues de Scandinavie ; mais dies les nations qm prirent dans la suite le nom de Francs, tous les hommes libres étaientégaux (*)• Les grands se distinguaient par une nombreuse suite de guerriers qm recevaient d'eux leurs chevaux et leurs armes ; des festins grossiers , mais abondants , les réunissaient dans la demeure de leur d^. Tom ies hommes libres assistaient aux asseinblées de ta nation ; mais les plus puissants délibéraient d'avance entre eux , sur toutes les affoires importantes. Les prêtres présidaient ces assemblées; les
(') Tqe. 17.— (») Juven. Sat. V. Mari, passim. Ter» uiU. de Virg. vel. GoBip. Greg. Tunm. III, 18. - (3) Tue. Germ. 16. —WJV.Genn.fé.— (6)l£û6*«r, Hist. d'OsDabrnck, I, 13. — {<i) Rem», Hist. 4e U Gon^tU. franc. 18 (en ail.). Gonop. Cm. Bell. GaU. VI. 15.
LIVBE TREIZIÈME.
oracks qu'Us faisaient pr(»M>ncer par leurs dieux décidaient ordinairement de la guerre. Les sublimes horreurs de la religion odinique n'étaient point étrangères à la Germanie ; mais les Romains appliquèrent , au gré de leurs caprices , les noms des divinités grecques à celles que révérait le Nord. Celui ûeHerthay échappé à la pliune de Tacite, fiait entrevoir la vérité. Il est cependant conforme à toutes les traditions historiques de considârer la Scandinavie comme le centre du culte odinique , de même qu'elle seule possède des monuments marqués de Runes (^).
• L'influence de cette religion est visible dans toute l'histoire des anciens Germains. Le mépris de la vie et la soif des combats découlaient de cette source. Les pontifes exerçaient assurément en Germanie la même puissance qu'en Scandinavie P). Les rais , élus peut-
être par les p<nitifes , parmi les familles les pluf illustres , et les ducs ou chefis d'armée, dioisis parmi les plus braves , ne possédaient qu'un pouvoir très limité. Sans lois écrites , mais animées d'un prdond sentiment de justice, gouvernées dans leur Sntérioir par la persuasion plutôt que par l'autorité , ces nations , dans le premier siècle , se livraient encore entre elles à des guerres sanglantes qui, selon l'ex^^ression de Tacite , réjouissaient les yeux des Romains , et retardaient la chute de l'empire des Césars. Mais ces nations, sur lesquelles on avait plus souvent célébré des triomphes mensongers que remporté des victoires réelles, ne continuèrent point à vivre dans une étemelle discorde ; elles ce réunirent dans de grandes confédérations, qui , sous les noms de Gotfas, de Vandales, de Francs, et d'autres eùcore^ rendirent à l'Europe sa liberté primitive. »