LIVRE TREIZIÈME
SuiU de l'Histoire de la Géogrtpbie. — Connalssancei des Romains sur les lies BrltiDoiquct et l'EspigM.
— Tableau de réUt de là Gaule.
n Nous avons vu que les Grecs connaissaient de nom les lies d* Albion ou Bretamké, et d*/eme(^) ; mais ils les connaissaient si mal que Strabon , en déclarant qu'elles ne valaient pas la peine d'être conquises, donne à la plus grande la figure d'un triangle, dont le plus long côté devait regarder la Gaule, et place l'autre directemoit au nord de la première. Les lies Cassitériâes ou les Sorlingues étaient , dans le système de ces anciens, peu éloignées de l'Espagne {*).
• Deux expéditions de César firent connaître une extrémité de la Grande-Rretagne. Les noms des trois promontoires d'Orcos au nord, de Caxtimii à l'est , et de BeUrium à l'occident , devinrent dès lors célèbres (*). César place même VHibemia ou l'Irlande exactement visà-vis de la côte occidentale d'Albion , et l'es-
(•) Tue. Germ. 19. — (•) Voyei THistoire d*Osnabmck, par McBser; la traduction du Tacite, par ^nton , et d'autres ouvrages allemands. — (3) Voy. cidessus, LlY. VII. -r C*i Diod. y, 18, J2. ^ppian. ïbcr. L - (^) Ou. B. Qtil. V, 13.
time une fois moins grande (i) ; mais il ne s'en tient pas moins à l'idée reçue sur la position générale de ces lies.
» Pomponius Mêla, qui vivait à l'époque même de la conquête de la Grande-Bretagne par les armées de Tcmpereur Claude, crut ifjie cette lie faisait face d'un côté à la Germanie, de l'autre à l'Espagne. Les guerriers de Borne refusèrent d'abord de se laisser conduire dans ce nouveau monde [^). Les noms des Iles Or^ codes et ceux des QEmodes ne retentissaient que de loin. Trente ans après la conquête, Pline n'osa pas tracer une description des lies Britanniques; cependant il connaît déjà les Iles Hœbudes, et en désigne quelques unes par des noms particuliers; il indique les dimensions exagérées de la Grande-Bretagne et deW'Irlande, d'après Agrippa, qui, probablement, aura mai traduit les mesures grecques de Pythéas C). Sous l'empereur Domitien , la valeur et la prudence d'Agricola soumirent les nations
(.) P. Mêla, 111,6.
(3) Plin. IV, I«.
• (») Dio. Cas». LX , I». — '
HISTOIRE DE LÀ GÉOGRAPHIE
britanniques jusqu'au pied du mont Grampius (1), aigourd'hui Grampian; et la flotte romaine, sans faire précisément le tour de toute rile (3j ,' en doubla les extrémités septentrionales, et reconnut qu^elle ne tenait point au continent. Mais le biographe et le gendre même d'Âgricola placent ïHibemia à moitié chemin entre VËspagne et la Grande-Bretagne (3).
» Ce ne fut que dans le deuxième siècle que de nombreux itinéraires et des journaux de na* vigateurs fournirent à Ptolémée les matériaux d'une description mathématique de la Grande- Bretagne ; encore cette description offrit-elle de graves erreurs. Mais la géographie historique de cette île avait été presque achevée dans le premier siècle ; ses progrès suivirent les progrès des armées de Rome.
• La Bretagne romaine, reculée, par les victoires d'Agricola, jusqu'à l'isthme qui sépare les deux golfes nommés Aestuaria de Glota et de Bodotria {*), ou gplfes de Clyde et du Forth, fut resserrée dans des bornes plus étroites par la muraille de Tempereur Adrien, dont les ruines, connues sous le nom dePicts wall, s'étendent depuis le golfe de Solway jusqu'à l'embouchure de la Tyne p). L'empereur Sévère pénétra de nouveau vers les extrémités de l'ile, et répara, entre les golfes de Clyde et de Forth, la muraille établie par un lieutenant d* Antonin (^ . Mais Garacalla abandonnâtes conquêtes de son père , et retira ses troupes derrière le rempart d'Adrien.
» Les sauvages indomptables qui arrêtèrent dans les montagnes de l'Ecosse le vol des aigles romaines, étaient désignés par les autres Bretons sous le nom celtique de Calédoniens , et reçurent depuis, dans la langue des Romams , la dénomination de Picti (^), à camuse des figures peintes dont leurs corps gigantesques étaient couverts. Mais leur chevelure bloade Indiquait une origine germanique ou Scandinave (*). Ils succombèrent plus tard sous^ la puissance des Scoti, peuple celtique venu de l'Irlande.
(•) Tac. Agric. 59.— (■) « ClûssI» Trutulensem por- » tuin tenait , unde proximo laiere BritanDl» lecto omnf rediërat. » Tac,
<3) Tae, AgrIc. 24.
(^] Ce golfe est appelé JEsturia Boderiajp&T Ptolémée. J. H.
(5) ^l. Spanian^ Hadrian. 11. — («^ Eutrop. VHl, 19. Sexi.AureL P^ictor, 86. Comp. Capii. Aur.Pios. 5. (7) Amm. Marc. XXYII, 8. Claud, de UI consul. Hon. 54. — («) Tac, Agrlc.
N Parmi les petites nations qui occupaient l'Ecosse méridionale, on distingue les Mœatm et les Novantœ, Ils étaient probablement Celtes, comme la plus grande partie des habitants de l'ile. Le poste d'Alata Castra, c'est-à-dire le camp volant , répondrait , selon l'opinion reçue , à Edinbourg (') ; mais Ptolémée le place beaucoup plus au uonl.
» La puissante naticm des Brigantes P) occupait le nord de l' An^eterre jusqu'aux bords de l'Humber, nommé Abus. Le nom celtique de ce peuple, aujourd'hui avili, avait sans doute alors ime signification plus noble, comme Uttro en eut en latin. Parmi leurs villes nombreuses brillait Eboracum, l'York moderne, alors une colonie romaine, ornée de temples et de bains publics, séjour favori de plusieurs empereurs, et l'un des remparts de l'empire. Les Parisii , petite nation vers l'embouchure de rAbus,in'est remarquable que par son nom gaulois. Leva, aijyourd'hui Chester, sujr la rivière de Dee, et lÀndumy le Lincoln moderne, probablement une colonie romaine (^), étaient les capitales, l'une des Comavii^ l'autre des Coritani.
n Trois nations belliqueuses occupaient ce qui forme aujourd'hui la principauté de Galles. Les Ordovices habitaient au nord ; ils furent presque tous massacrés, par les troupes d'Agricola (*). Dans leur voisinage était l'Ile de jtfbna, aiyourd'bui Anglesey, consacrée au culte homicide des druides, et défendue, avec toute l'exaltation du fanatisme, par les Bretons, qu'enflammait la présence des prêtresses , marchant à leur tête dans un appareil semblable à celui des furies (*), Les Demetœ demeuraient sur la côte occidentale. La nation plus puissante des Silures s'étendait jusqu'aux bords de la Seveme; quelquefois même les Romains semblent comprendre les Demetae sous le même nom i^. Les Silures résistèrent long-temps aux armes romaines, ne se jaissant ni effrayer par la cruauté , ni séduire par la clémence (^ . Leur teint basané et leurs cheveux bouclés indiquaient, selon Tacite, une origine ibérienne {•)•
» A l'est des Silures, demeuraient les Do-huni^ dans le pays desquels était Clevutn^ vraisemblablement Glocester. Les Catyeuchlam
(•) Camdeh et (Fjénville , Géog. anc. I, 109. —
(») Tac, Agric. 17. — (3) Beda et Geog. Rav. —
(4) Tac, Agric. 18.— (5) Idem , Annal. XIV, 30. —
(6) Plin. IV. 16. — {') Ta€, Annal. XII, 32. — («) Jd.
i Agric. 11.
UYRE TAfclZIÊMË.
de Ptoiémée s'appelaient, d'après les inscriptions antiques, CatavelUtuniC^). Leur territoire atteignait le golfe de ^asli , nmnmé Metariê JEBtuatimA. Leurs voisins à l'est étaient les puissants Iceni (^) , nommés Stmettt par iHolémée^ et dont la capitale portait en commun avec plusieurs autres le nom c^tique de Venta, ou lieu d'assemblée. Les leetd occupaient le Norfollc et le SufTolk actuels. Plus au sud, dans l'Essex moderne, les rftito6anle«> nati<m nombreuse, avalent potur capitale Camaiodùnum, aujourd'hui Golchester, et n(m pas Maldon ^ comme plusieurs écrivains anglais l'ont cru (s)^ La ville de Londinium est attribuée par les Uns aux Trinobantes, par les auti^ aux Caftât*, habitants du K^t actuel, selon qu'on la phice au nord ou au sud de la Tamise* Peut-^ être cette ville, d^ floHMmle par le commerce (*) , 8*étendAit-eUe sur les deulL rives du fleuve.
» Des tribus coôipriseé sous le nom de Jl«^<», et probabtetnent venues dé la (kute belgique, occupaient la plus grande partie de cette pé^ ninsule méridionale' que forment la Tamise et la Seveme, Toitieâû et S^àrina. La capitale ou Ymta de ces Belges est le WiU-€hester actuel ^ le surnom latin de Coitmm^ ou en angloniaxon CeoBtre, étant resté k beaucoup de villes an** dmnes. Les eaux de Bath étaient déjà renom-^ mées sous le nom à'Afua Solù. L'extrémité occidentale, le Gomouailles moderne, occupée par les Domitonn ou DumnonU^ était peu f|*é* quéntée des Romains; les célèbres mines d'étain qui y avaient attiré les Phéniciens sont à peine indiquées par les auteurs latins (') ; dr^ constance d'autant plus surprenante, que ces mêmes écrivains donnent à la Grande-Bretagne des mines \le fier, d'or et d'argent (^ , et qu'un d'eux assure que Ira rivières y roulent des pierre&^mmes (J) ; Tadte nous apprend même qu'on y péchait des pertes d'une quaUté inférieure (»).
» Les autres traits physiques attribués à cette
(0 HdrOey, WU Rem. Gamberland, n. 27. — (•) Tac. Annal. XII, 80; XIV, 31. — (J) Matmert, IL P. 5, pag. 175.— (4) Tac, AnnaL XIV, 33.
(i) Plin. XXXIV, 16. César ( de B. GaU. v, 12) cite Vétain parmi les métaux exploités dans la Grande- Bretagne: il ajoute même que les mines se trouvent vers le centre du pays. JVasciiur ibi plumb'um album in mediienaneis regionibus, J. H.
(<>) Tac, Agrie. i2. Eumen. Panegjr, lY. il. — . (f) Mcla. UI, 6.-(«) Tac. I. c.
grande lie s'y retrouvent encore. La teffipératare, plus douce que celle de la Gaule septentrionale (*); les brouillards épais, les. pluies abondantes p) , la chaleur modérée de fêté, qui fh^ent mûrir* les fruits avec lenteur, et qui ne pennettaient point la culture de l'olivier ni de la vigne (») ; la verdure brillante des pâturages, où erraient d'innombrables troupeaux; l'absence des bétes féroces et des reptiles venlmeujt (*) ; tout se retrace encore aux yeux d'un observateur moderne. La Bretagne barbare ou l'Ecosse était inculte; mais la Bretagne romaine , qui , du temps de Tadte , ne produisait pas assez de blé pour ses habitants, devint, dans les deuxième et troisième siècles, le grenier des Gaules et des armées romaines stationnées sur le Rhin (>).
» VHibemia ou VIeme des Grecs (•) , qui àValt long-temps passé pour inhabitable , à cause du froid, fût un peu mieux connue par les rapport des Bretons ; on sut qu'elle Jouissait d'un ciel aussi doux que la Grande-Bretagne f), que le sol fertile y ofifrait au bétail de gras pà-' turages (•) , et que de nombreux ports y prêtaient au commerce un accès plus feu^le qne celui des côtes d'Albion, Les habitants n'étaioit pas plus intraitables que les Bretons, et Ag^ cola pensait qu'une seule l^on aurait suffi pour y maintenir la domination romaine (f). La Jalousie de Domitien arrêta ce général an milieu du cours de ses victoires, et l'Irlande retomba dans son ancienne obsi^ritë. Cependant Ptoiémée a dû avoir sous les yeux des itinéraires maritimes très étendus. Les notas de quelques peuples, comme par exemple les Srigantes , qu'on retrouve en Angleterre , et les Menapii^ qui existaient aussi dans la Belgique, semblent prouver que l'Irlande a reçu des colonies et de Celtes proprement dits et de B^ges. Les écrivaiiïs irlandais assurent que leurs traditions nationales parlentdes colons bdges sous le nom deFir-Bolg (*•). La nation la plus répandue était celle des /t>eni», dont le nom a été appliqué par les Romains à toute l'Ile ; cette
(•) Cœs, V, 12.— (•) Strab. IV. 200. 3iela, ete,
— (3) Tac. Agric. 12. — (4) Eumen, Paneg. VI , 9,
— (M Tac. Ann. XIV, S8. Zoxim. III. S. Am, Marc. XVÏII,2, Eunap, etc.
' (<) Ptoiémée rappelle Ivemia^ Pomponlos Mêla Invema , et Diodore de Sicile Im, J. H.
(7) Tflc. Agric. 24. —(8) Mêla, 111, 6. — (•) 7dc. I. C — ('«) Cr/ToAefiy; Ogigk , 14.
HISTOIBE BE LA GÉ06&APHIE.
natioD parait aipolr été ééjk oonniie des PhéniacDsC).
• Les nations celtiques de la Bretagne différaient peu des Gaulois à l'égard de leur manière de yivre (3). Leurs armes étaient les mêmes ; le grand sabre celtique à la main, ils oimibattalent sans cuirasse et sans casque 0. Leurs eabanes avaient la même forme conique que celtosdes Gaulois. Mais les naticms germaniques ou scandinayes de la Galédcmie paraissait l^ur avoir appris l'usage de chariots de bataille, ioeonnusaux Celtes du continent (*). les Bretons s'enduisaient seulement le visage d'ime couleur bleue {% tandis que les Calédoniais se .gravaient sur tout le corps les Images bigarrées de toutes sortes d'animaux (^ . La communauté des femmes dans la même féiinille, suite d'une vie patriarcale, ne se maintint à la longue que chez les Calédoniens (^). Les Bretons, soumis à de petits j^ces, bâtissaient des villagea et se livraient à l'agriculture,, ainsi qu'à l'eutretlai des bestiaux. 1)8 ne nuungeaient ni lièvres, ni poules, ni oies; ces animaux ne servaient qu'à leur amusement. Leurs longs cheveux llottai^t sur leurs ^^ides ; des moustaches couvraient leurs joues; ils portaient de» vêtements de peaux d'animaux. Leurs druides arrosaient de sang humain les autels des divinités celtiques (*) ; de nombreux disciples du continent venaient admirer la sainteté et la sagesse de ces prêtres d'une religion sanguinaire. Le Calédonien, presque sans vêtement, chargeait ses bras et ses reina de lourds anneaux de fer; dédaignant l'agriculture, il vivait du produit de sa chasse; l'écorce des arbres ou quelques raeUies sauvages lui tenaient lieu de pain ; il ne tirait aucun parti des p^^ssons qui fourmiUaieat sur ses cêtes.
• Pasàons maintenant aux Celtes du continent. Strabon nous a déjà fait connaître la division des peuples de la Gaule en Belges, Celtes fi Aquitains; tous les auteurs romains con-r ilrment la différence qui existait .entre ces trois races. César nous apprend que de nombreuses tribus de Germains, après avoir firanchi le
(") ^tien. on marit. 108 , 111. — (•) Cœs. Bell. Gall. V, 14. Slrab. IV, 200. — (') Tac, Agric. 35. Mêla. III, 6. Comp. Uerodian. III, 14. — 0) Dio. Gi«.LXXVI. H, Comp. Tac. Ibld. 12. — (S) Cœs. V, 14.— (6) Hérod. IIÏ, 14.-^7) Dio, Cass. l. c H*) 2«c. AMUl. XIV, 30. Pi^. Cai9. LXU, 13.
Bhin, s'étaient mêlées avec les CeltéH, efe avaient donné nabsance à la nation et à la langue belgique (<). Des témoignages positifs prouvent en particulier l'migine germanique des Tribœei, des Nemetes et des Va$^ioneê, quibabitaieiit dans l'Alsace et vers Mayence (^ ; àesTrevni, dont le nom est resté à la ville de T^ves (>) ; de quatre trilms comprises sous le nom de Germant, et depuis sous celui de Tungri (4), tribus qu'on place dans les pays deLimbourgetde Liège ; des iV^rm* (*), peuple nombreux dans le Hainaut actuel, et éts Àduatiei (^, descendants des Ombres et des Teutons, qui demeuraient quelque part sur la Meuse (f).
» La langue des Belges, différente de celle des Celtes proprement dits, a été pndwblement transportée en Angleterre par les colonies belgiques ; eUe s'est peut-être conservée, du mo&is en partie, dans l'idiome des Gallois et de lesrs descendants les Bas-Bretons (*) ; mais vouloir, par une coDchisioB rétrograde, appliquer IjB non de lCy«nV<pie les Gallois se domMnt, àisus les Belges, afin de retrouver en eux les funeux Cimbres (*), o'est une aberratioa d'autant moins pardonnable, que nous avons un témoignage positif d'après lequel les Ombres traitèrent en ennemis les Belges (^)»
»Les ilfiiîlaini^ bornés par la Garonnacl les Pyrénées, étaient, selon Strabon, de la nies desD>ériens (^^);maisconipeil y avaitenlbérie des nations celtiques on eeltibérienkies et des peuples cantabriques, indigènes de l'Espagne, il reste à savoir à laquelle de ces deux itoiilles appartenaient les Ibériens de l'Aquitaine. Les guerres entre les Aquitains et les F(0«cof»<#, qui certainement étalent Cantabres, semblent pnwh verqttele8premiersétaientCeltibères.Plu8ieurs anci^s ont encore soutenu que les lÀgimen$,
(•) CoM. B. Gtll. I, IjII, 4j IV, 4, le. — W FUm. IV. SI. — (3) C(Bi. VIH. 25. Mêla, III, 2. Ton. Germ. J8.— (*) Ccu. II, 4. Tac. Germ. 2. — («) Ccu. 1. e. Tae. Germ. 28. Sirab. lY, 296. CaMab. — (») Qet. II , 4, 29.
(7) Les AduaHci ou Atuaikà ooMpaieat au lad des Tungri le paya comiprift tn\ft le Scaidi» (l'Escaut), le Saàis (la Sambre) et la Mosa (la Meuse ).D'An- ▼ille croit trouver l'emplacement de leur cité , appelée jéiHatucum, dans un lieu nommé Falais, entouré, comme le dit César, de marais qui en rendalenl rapproche impossible. J. H.
(S) Adelung, Mitbridat. 11, 145. — (») Hist. anc. des AUem. pktAéebmg, p. 23^ sqq.-<<*») Strttb. IV, ISft» Cu. — (>*) ld« IV, 2SS, 2S9. Àlm.
UYRE TREIZIEME.
peuples si andamcimeiit coimns et si répandus tant en Gaule qu*en Italie, étaient différents des Celtes (1) ; mais ly^aur étant un mot celtique qui signifie habitant du rivage, 11 semble que cette opinion des Grecs n*était fondée que sur une erreur. Le sang gaulois était ainsi moins mêlé que ne pensait César ; les Celtes purs occupaient les quatre cinquièmes de la Gaule ; ils en étaient les vrais indigènes (^).
» L'intérêt que le nom des Gaules inspire au plus grand nombre de nos lecteurs, nous engage a exposer en détail la géographie de ce pays d'après César, Pline et Ptolémée. Nous suivrons la division en dix-sept provinces, donnée par la Notifia Provinciarum ; divisicm qui, à la vérité, parait n'avoir existé complètement qu'au temps de Dioclétien, mais dont on retrouve ies traces dès le troisième siècle (s), et* qui d'ailleurs ofMra aux lecteurs Taperçu le plus commode.
» Lesgrandesdivisions primitives de la Gaule comme province étaient les quatre suivantes : la Gaule narbonnai$e, la GatUe lyonnaise, ï Aquitaine et la Belgique. A mesure que le pays se peupla, m fit des subdivisions et des diangements.
» La Gaule aquitanique, ou l'Aquitaine, était comprise d'abord entre la Garonne, les Pyrénées et rOcéan : on retendit ensuite Jusqu;à la Lofre. On la subdivisa en première, deuxième et troisième Aquitaqjque. La première avait pour capitale Avaricum^ aujourd'hui Bourges, la plus forte vUlede la Gaule lorsde l'invasion de César, quine lui donne cependant que quarante mille habitants (<). Cette province était habitée par huit peuples. Les Bituriges-Cubi, dans le Berri et le Bourbonnais, dominèrent ancienne-' ment sur toute la Gaule celtique : Bellovèse l'un de leurs chefs, conquit la Lombardie Van 164 de Rome ; César brûla dans un seul jour vingt villes de ce pays («). Les Bituriges exploitaient des mhies de fer («). Les Arvemi, ' qui demeuraient dans l' Auvei^e, prétendaient descendre des Troyens (7). Leurs villes étaient Nemosius ou Nemetum, depuis Augueto-Nemeium, appelée ensuite l/r6«ilrvcrna, aiyour-
(•) Diod. Sic.Yy 39. Slrab, II, 190. Dion, ffalic. etc. •— (») Timagènes , ap. Ammian. XV, etc. , etc. — 0) lyAnviUe, NoUcedc la Gaule, 12. Fop. In Prob. 18. Ruf. Fest, brev. 9. Ammian, XV, U. — (4) Cœs TH, 13. 16. 28. -.(Sj Id. Ib. 15. - (6) Strab, IV,290. «w. VII, 22. - (:) Luc. Phareal. 1 , 427.
d'hui Clermont (*), et Gergovia, sur la montagne qui porte encore ce nom. Cet fut ici qu'un Yercingetorix ou chef de guerre (^ des Arvernes^ opposa une résistance si opiniâtre au conquérant des Gaules p). Le pays des Arvemes prit sous les Romains un aspect nant; des vignobles et des châteaux en couvraient les hauteurs, et les moissons ondoyaient dans la plaine, depuis si fameuse sous le nom de la Limiagne (^). Les autres peuples de la premi^ Aquitaine étaient les Limovici ou Lemovices, avec la ville d'Augustoritum, aujourd'hui Limoges (5) ; les Gabali, dans le Gévaudan, où il y avait des mines d'argent (^ ; les Bkutem, avec leur chef-lieu Segoduntm, àepxûs nommé Civitas Bhutenorutn^ et aujourd'hui Rhodez, dans le Rouergue; les Velavi, dans le Vclai, et les Cadurci, qui o<x^paient le Querci, et dont la ville capitale, Cahors, s'appelait Ditona. Une portion des Cadurci porte dans César le nom d'Eleutheri, c'est-à-dire libres.
» La seconde Aquitanique s'étaidait.de l'embouchure du Liger, la Loire, au-delà de celle de la Garumna ou Garonne. Burdigala, Bordeaux, en fut la capitale ; les lettres illustrèrent et le commerce enrichit de bonne heure cette ville gauloise {»). Six peuples oocupaieat l'Aquitaine seconde. Les Bituriges-'Vibiêei habitaient la plus grande partie du Bordelais ; une de leurs tribus, les MeduUi, a laissé soq nom au canton de Médoc, dont on vantait déjà les vins et les huîtres (»). Une autre tribu, celle des Boii^ tirait de la résine des forte de pUis qui couvraient le canton de Buch (•). Au nord de la Garonne demeuraient les Pietanes et les Santones, qui prêterait leurs vaisseaux à César pour faire la guerre aux Vàiètes : parmi leurs villes, Xifnonum répond à Poitiers {^) ; Saintes portait le nom de Mediolanum ou ville du milieu. Les Agesinates vivaient dans le territoire d'Aisenai ("). Les Petrocorii demeu-
(•) Lancelot, }iém. del'Académ. des Inscript. VI 666. - (.) En celtc-lrlandals: Feardngo ioi>: cfesU a^re bomme-chef de rexpédltion. Afithridates II
(3) Les Arvemi, nos Auvergnats, élaient on ta peuples les plus puissanU de la Gaule : Ils dorolnaienl jur plusieurs nations voisines, telles que les GabaU. \es rellavi et les Cadurci, J. H.
(*) « i£quor illud agrorum, etc. . Sidon. Apollon. IV, epislol. 21. -(5) iiin. Aolon. m,^[s)Sirab. IV, 291. — (7) Ibid. Auson, profess. Sidon AppoU. ix^ep. 13.- («) Auson. ep. I, ad Thcon. 13 ad Faui.— (9) S. Paulin, episl. ad Auson, etc.— (-) itin Anton. 469. - (••) PUp. iv, 19, * ^ ^ '"''•
HISTOIRE DE LA GEOGRAPHIE
raient dans le Périgord ; la ville dePérigueux portait le nom de Vesuna, qui est resté au château. Les Nitiobrigeê avaient pour cheflieu Aginnum^ l'Agen de nos jours. Tous ces peuples de la première et seconde Aquitaine étaient ^dc vrais Celtes.
» La troisième Aquitismique, la seule qui fût peuplée de vrais Aquitains, était aussi appelée Novem-^P(fulania, parce qu'elle était habitée par neuf petites nations. César et Pline en nomment davantage (*). Nous ne pouvons ni assigner Fépoque où ces peuplades furent réduite au nombre de neuf, ni indiquer quelles furent les tribus conservées. Les Auscii habitaient les fertiles environs de la ville d*Auch, nommée d'abord Climberris, et ensuite Atuci avec le surnom d'Augusta (^. Les Vasates, dans le Bazadois, ou le diocèse de Bazas, étalent de tous les Aquitains les plus reculés au nord. Les Tarbelli s'étendaient sur les rivages de la mer ; letirs terres sablonneuses ne produisaient que du millet ; quelques rivières y roulaient des paillettes d'or (^) ; le chef-lieu, Aqud^ Au^ustœ Tarbellicœ^ aujourd'hui d'Aqs ou Bax, était renommé par ses eaux minérales {*). Benehamum^ nom d'une ville à peu de distancé de l'emplacement d'Orthez, est passé au pays de Béam. Les Bigerrones occupaient le Bigorre. De ces régions montagneuses un vent impétueux descendait sur la plaine qui forme aujourd'hui les landes, et y soulevait les sables comme des vagues , de sorte que dans ces Syrtes gauloises on pouvait en quelque sorte faire naufrage par terre (^). Nous ne pouvons nous arrêter à déterminer la position des Convenœ^ qui semblent avoir habité le Comminges, ni celle de beaucoup d'autres tribas plus obscures encore (^.
(•) Cœs. III , 27. Plin. IV, 19. — (») Mêla , III , 2. IUd. Anton. 462. Itin. Hlerosol. 550. — (3) Strab. IV, 290. •
(4) Plin. XXXI, 2. Suivant GoMClHn, les Tarbelli occupaient les bords de l'Océan depuis les Pyrénées jusque vers i*étang d'Arcachon, dans le département de la Gironde. Il parait que du temps de Slrabon les terrains d'alluylon qui s'étendaient au pied des Pyrénées étaient riches en or» puisque le géographe grec dit que les mines que possèdent les Tarbelli passent pon** les plus estimées. Sans fouiller bien avant dar . . terre, ajoule-t-ll, on y trouve parfois des maases d'or assez grosses pour remplir la main ; le reste consiste en paillettes et en boules qui n'ont besoin que d'un léger hivage. (IV, c. 2 , § 1.) J. H.
(») Sidon.^poW. VIII, 12.
(•) Le pays des Convenœ occupait précisément le
» La Gaule ly.onnaisenous offre des groupes moins confus ('). Lugdunum ou Lyon, quoique située à une des extrémités de cette province, en fût la capitale commune; mais on s'aperçut bientôt de l'erreur de César, qui r^ardait les vastes régions occupées par les Celtes comme bien moins étendues qu'elles n'étaient, et on divisa l'énorme province en deux, puis en quatre, et même en cinq.
» La colonie romaine de Lugdunum fût fon* dée quarante-deux avant J.-C, sur le territoire des Segusiani, Siège des préteurs et d'un hôtel de monnaies, centre où aboutissaient toutes les grandes routes romaines ('], elle devint la ville la plus considérable des Gaules : soixante peuples y firent con^iruiré un autel à la ville de Rome et au génie d'Auguste p). Près de cet autel, placé au confluent du Rhône et de la Saône, alors nommée Arar^ on célébrait des fêtes communes à toute la Gaule (*}. Lugdunum possédait une académie, im vaste théâtre et des aqueducs. Cette ville était l'entrepôt du commerce entre les Gaules et l'Italie ; mais, dans le troisième siècle, les ravages des guerres civiles en éclipsèrent la splendeur.
» Parmi les peuples de la première Lyon' naisey on distinguait encore les LingoneSy au territoh*e de Langres : ils étaient alliés des Ro- . mains (*) et très puissants. A côté d'eux on * trouve la petite nation des Mandubii^ avec la place forte dUAUsia^ si fameuse dans les guerres de César («). On n'est pas d'accord sur l'em-
canton de Comminges, réparti aujourd'hui entre lea départements de la HaulC'Garonne, de l'Arriége et du Gers. Leur cité portait le nom de Lugdunum Con^ venarum. Les Convenœ étaient une des neuf peuplades de la Novem-Populania .* leur nom signifie genê rassemhléi {Iw-nMtç, comme le dit Strabon). Ils étaient les restes de brigands espagnols échappés à la guerre contre Sertorlus, et obligés par Pompée à renoncer à leurs brigandages pour vivre paisiblement dans le canton qu'il leur assigna^ J. H.
(') Selon Gossellin, cette province s'étendait, d'un côté» depuis les sources du Rhône jusqu'au-deli de Lyon, et le long de la lioire jusqu'à l'Océan; de l'antre côté, depuis les sources du Rhin en descendant ce fleuve jusque vers Bàle, puis le long de la partie méridionale des Vosges, le long de la Marne et de la Seine Jusqu'à l'Océan. J. H.
(») Strab. IV, 292 , 818. Alm. — (3) Liv. cpist. 137. — (*) Dio. Cast. LIV, 32. — (5) Tac. Hist. I, 78; fV, 67.
(6) Alesia , située sur une montagne appelée le Mont-Auxois, qui s'élève au-dessus du cours de l'Ozeraln, passait, suivant Diodore de SicUc (ÏV, 19; , V, 24 ) , pour avoir élé fondée par Herculç, Ç'eçlpour
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UVEE TEEIZI&ME.
placement des BoU. L'histoire trouve d'abord ce peuple en Italie, où il était entré par les Alpes rhétiennes ('), ensuite dans la Pannonie et le Noricum (*), sans qu'il soit possible de nier ni d*afûrmer qu'ils fussent 'venus originairement de la Celtique ; une troupe de Qoii ayant pénétré en Gaule avec les Helvétiens, y fut vaincue par César, et obtint des Eduens un asile dans leurs .terres (^). Le plus célèbre de tous les Etats gaulois Ait celui de ces mêmes JEdui ou Ëduens ; ce peuple fameux, que l'illustre Sacrovir voulut trop tard rendre à l'indépendance, avait, en aidant lesoppi^sseurs du monde à subjuguer les Allobroges et les Arvemi, acquis le vain titre de frère du peuple romain. Leur capitale ^t Augustodunum , aiyourd*hui Autun, auparavant nommée Bibracte ; la jeune noblesse de toutes les Gaules y était instruite dans les lettres grecques et romaines (^) ; les empereurs y établirent une fabrique de cuirasses (^). CabiUonum, Châlonssur-Saône, antique siège d*un commerce et d'une navigation considérables (0); et Matisco, Mâcon, où l'on faisait les flèches pour l'usage de Tarmée romaine (^), appartenaient encore à la riche contrée des Eduens (*).
» Au nord de la province que nous venons de décrire, nous trouvons la qtuitrième Lyot^ naise qui avait pour capitale Àgendicum. Elle était peuplée par les nations -ou tribus que nous allons énumérer:les Parisii^ dont le chef-lieu était Lutetia ou Leucotetia^ bâtie long-temps avant Jules César, mais qui , circonscrite dans l'Ile de la Cité!*), resta au rang des petites places fortes jusque dans le quatrième siècle et môme plus tard (^o}. Julien y résida; il agrandit et embellit cette ville dont les habitants lui plurent par la gravité
€tU qof \tê Gaulois U regtnùieit comme U capitale de tonte la Gaule.. Elle en était du aïoiDs la plui importante place de guerre. Lorsque César en fit le •lége, elle était défendue par 80,000 kommea. J. H.
(') TU'Liv. V, 35. — (*) TU'Lw. XXXVI, 38. — (») Chw. I.Î8 ; VII, II. Piine, FV, 18. Tacit, Hisl. Il, 61. Gossellin place les Boii entre la Loire et l'Allier, vers le confluent de ces deos rivières. J. H.
(4) Tac. Annal. Ill, +8. — («) Nol. Imper, c. 41.— (•) Oks. vu, 42. Not. imp. c. 66. — (') Nol. imper. e.41.
(B) Les jEdui éUienX sur la rive droite de la Saône et s'étendaient fort peu au-delA de la Loire. J. H.
(9) Cœt. VII. bl.-Sirab, IV, 297, — (-o) Ammien • MarcêlU XV, ïh. II, 27. 2oùm. III, ».
philosopt^que de leur maintieo (i); les MêUU avec Meaux, Tancien Jatinum; les Camutei^ dont le territoire comprenait les villes à'Autricumy aujourd'hui Chartres, ^ Gmabum;^ grande place de commerce , nommée depuis Civitas Aurelianorumj TOrléans de nos jours ; le^Senonesj antiques conquérants de Tltalie et de Rome mène : outre Agêndieum ou Sens, qui, déjà dans le quatrième siècle, avait pris le nom de Senonœ P), ils possédaient AnHênodorum ou Auxerre; enfin les TrieoiUi^ dont le chef-lieu, après avoir porté le nom nranain ^Augustobima^ reprit celui du peuplé , et qui, est la ville de Troyes en Ghampag^.
» La seconde Lyonnaiie^ qui répond presque à rancienne province de Nomumdie , avait pour capitale Rotoinaguê ou Rouen , habitée par les Veliocoêiet^ qui ont laissé leur iMxn altéré au Vexin. Les autres peuples étaient les AbrineaUBy dont la capitale, Ingena, selon d'Anville, répond à Avranches (') , mais que Mannert, en s*appuyant de Ptolémée, porte beaucoup plus à Test [*) ; les UneUi^ dans le Gotentin, où ils avai^t les villes de CromaUn num^ Carentan, et de Coêidiœ^ Goutanoes, ainsi que les itinéraires le démontrent (^) ; la forteresse de ComtqnHa^ que d'Anville plaee ici, était, selon un témoin oculaire (^, à l'en-
0) Julian. MIsopog.
[*) Eutrop, X , 7. Le respect que nous avons pour Malle-Brun nous fal( un devoir de lalisar intact oa passage, dans lequel il adopte ropinîon que Sens occupe l'emplacement d^ Agendicum, Sous ce rapport, il est d'accord avec d'Anville et quelques auteurs non moins distingués. Hais lorsque la première édition de cette UUtoire de la Geo^tt^U parut , la q«estion relative à V Àgendicum de César n'avait point élé examinée comme elle l'a été depuis. On n'avait pas tenu compte des sentiments de plusieurs auteurs du moyen Age, tels que Nicolas Camuzat , qui écrivait en 1610, Marlian en 1616, Charles Etienne en 1620, Jacques Charron en 1621 , André Duchesne en 163λ Tassin en 1638 , Malingre en ^40 , Davlty et Raachin en 1643 , de la Barrç en 1647 , Pb. Feirare en 16&7, Baudran vers la même époque , Hofftaian en 1677, Corneille en 1708, etqui tous s'accordent à considérer Agendicum comme Provins : Darbié-du-Bocage, dans sa carie de la Gaule; MM. Achaintre, Opoix» Doé et le docteur Barrau . dans de savantes dissertations sur le même sujet, qui nous semblent convaincantes, ont adopté la même opinion.
Provins s'appelait donc jadis Auendicum. Quant à Sens, son nom a dû toujours être Senonœ ou Seno^ nés. J. H.
(3) D'Anville , Géog. anc. I 72. — (4) Mannert , Géogr. anc. Il, 168 (deuiiëme édition}. — (5) Id. Ib. U*. — («) Amm. MarcelU XY, 11.
HISTOIRE DE LA GÊOGRAPHŒ
bouchure de la Sdne ; les Bodioeassei ou Baio~ caues^ avec leur ville Bajocœ (') ou Bayeux; les Lexovii avec Navionuigus^ depuis lisieux; les CaUti^ dont Jtdiobona ou Liileboune était le chef-lieu; les Eburovices^ qui avaient pour capitale Mtdiolanwn^ ai^ourd'hui Evreux.
» D* Anville a employé toute son érudition à démontrer que les Bidukem de Ptolémée, placés par ce géographe sur la côte septoitrionale de la Bretagne, doivent être transférés en Normandie, aux environs de Caen, où Ton a tix>uvé des monuments romains, dans un endroit nommé Vieux (>). Mais Texactitude de Ptolémée sur ce point a été défendue par Mannert,et, à cequ*il nous semble, avec succès. » La troisième Lyonnaise commençait aux environs de Tours et s*étendait sur toute la péninsule de Bretagne, péninsule presque entièrement e^acée dans la géographie systématique de Strabon^mais que Mêla décrit le premier d'une manière conforme à la vérité (3). Voici les peuples de cette province : les Turrone« occupaient la Touraine avec C««arofifunum^ qui^ dans le moyen âge, prit le nom du peuple et qui est aujourd'hui Tours ; les Andeeavi on Andes possédaient JtUiotnagus ou Angers; les Cenomani habitaient le Maine avec Yindinunhj aujourd'hui le Mans; les DiabUntœ^ autrement Diablintee ou Diablindi^ cuvaient pour chef— lieu Nœodanum , qui existe encore sous le nom Jubleins , à Test de Mayenne [*). Dans la péninsule nous trouvons les Redones^ que Ptolémée transporte au milieu des Gaules, mais dont la capitale, Condate^ est décidément Bennes. Au sud de ceux-ci étaient les Nam^ netes^ nommés Samnites par Ptolémée, qui place très loin de là , et au nord-est des Cenomani une autre nation des Namnetes avec la ville de Condivicnum; il est donc incertain si ce nom convient à Nantes, indiquée d'une manière plus certaine. sous ceux de Cm^o^ou Portus NanmeUm{^). Le géographe d'Alexan-
(0 Not. imp. c. 65. — p) lyAnville , Not. de la Gaule, 702. — 0 Mêla, HI, î. — (*) MabiUon, Ana- »ecla. pag. 268. fVesseting, Illnér. 3S6.
(*) Tab. Pming. Notit. Go//. Il serait possible que Ptolémée eût commis une erreur en indiquant sous deux noms différenls le même peuple: Strabon appelle aussi Sammies un peuple que Tyrwhitl' et Gossellin regardent comme les Namniies ou Natnnete% en corrigeant le leile qui parait avoir été altéré par «ne faute de copiste. Les manuscrits de Strabon que Ptolémée a consultés porUient peut-être les deux
4rie place encore à rcmlMmcàitre de la Vilaine un port nommé Portus Brivates , qui appar* tint dans la suite aux Visigothsf'j, et qui par conséquent ne saurait être reculé plus au nord : c'est aujourd'hui la petite ville maritime du Grolsie. Les VmeH régnaient sur les c6tes du Morbihan et sur les lies YéniHquss^ l'un des sièges du culte druidique; la ville de Vannes, connue sous le nom de Dariorigwn reçut plus tard celui de VsfMtœ (^) ; les grands mais in* formes navires de cette nation se rendaient aux lies Britanniques (^). Les Osismi occupaient l'extrémité de la péninsule avec le port Geso^ cribatej depuis Brest et le promontoire Go&«ptMn qu'on prend généralement pour le cap Mahé. Leur capitale portait le nom de Vorganium. L'Ile Sena ou des Saints était le siège d'un oracle avec neuf prétresses qui passaient pour avoir le pouvoir de guérir les maladies incurables, d'exciter et d'apaiser les tempêtes et de se transformer Ai toute sorte d'animaux (^j. La c6te septentrionale de la Bretagne appartenait^ selon Ptolémée, aux Bidukasses qui sont peutêtre les mêmes que les Bidukesii. Au sud de ces peuples, César nomme les CuriosoHtes; leur chef-lieu était CorsUium dont on croit avoir découvert les restes à Gorseul, près deDinan, » Toutes les contrées voisines de la mer étaient surnommées , en langue celte, ArénuH riqitesy c'est-à-dire maritimes [^), Cette appel"* iation, que Pline confond avec l'Aquitaine (*) , resta en particulier aux cêtes qui s'étendent de l'embouchure de la Loire vers celle de la Seine ; on les nommait tantôt Armorique et tantôt Armorieanus Tractus {^). Vers le commencement du cinquième siècle elles s'affranchirent entièrement de l'autorité des ]Elomains(9j. Leduclié de Bretagne fut un reste de VArmorique ind^ pendante, mais le dialecte celtique, qui s'y est
noms ci-dessus . et il aura éloigné deux peuples qui n'en font qu'un. Quoi qu'il en soit, d'AnvfUe, Mentelle et Gossêllln s'accordent pour donner à Nantes le nom de Condivicnum. J. H.
(t) Fredegof. Hlst. franc. 13.
. (>) Not. imper. Dariorigum est le nom que loi donne Ptolémée : mais dans la table théodosienne elle est désignée sous celui de Darioriiian. J. H.
(») Cœt. III , 8. Sirab. IV. — (4) Strab. IV , 30». Dion, Perieg, 671. Plin. IV . 19. Mêla , Ui , 6. — (*) Cœê. VII, 76. — (6) PUn. IV, 17.
(7) Du mot breton Armorik , composé de la prépo- • siUon ar (sur) et du substantif moriT; , diminutif de mor ( mer ).. - J» H.
(•) Zoùm. VI, 6*
UVBE TREIZIÈME.
oonsenré, ne pajraltmalheureusemaitpréseDt^ qu'un mélange confus du celte proprement dit, de ridiomebelgique, parlé par les Bretons insulaires qui s*y réfugièrent, et de la langue latine déjà répandue dans toutes les Gaules.
» La Gaule belgique présente cinq grandes subdivisions que nous allons parcourir de l'ouest à Test. La deuxième Belgique s'offre la première. Les Ambiant ont laissé leur nom à la ville d'Amiens, anciennement Samaro-Briva, c'est-à-dire Poot-sur-Somme. Les Aire-batei^ dont le chef-lieu, Nemetactm^yestVATras moderne, fabriquaient déjà de gros draps très estimés (^). Les Bellovaci^ qui mettaient 100,000 hommes sur pied P) , n'étaient probablement pas renfermés dans les limites du Beauvoisis moderne; ils avaient pour chefslieux d'abord Bratuspantiutn, dont l'existence, Jusque dans le onzième siècle, paraît prouvée (^) , et ensuite Cœsaromagus ou Beauvais. Les trois nations que nous venons de nommer semblent, selon César, avoir formé le Belgium proprement dit(*). Les Morini^ que Virgile appelle les plus reculés des hommes, habitaient cependant la côte voisine du détroit de Calais ; c'est dans leur pays que se trouvaient le port Itiuê ou Wissan, d*où César partit pour sa seconde expédition dans la Grande-Bretagne, et Gessoriacum, qui déjà, dans le troisième siècle, portait le nom de Bonoma (*) , d'où l'on a fait Boulogne. Les NenoH s'étendaient dans tout le Hainaut et dans le midi de la France; leurs villes étaient Cambrai, Camaracum^ Tournai, Twmacum^ et Bavai, Bagaeum, la plus anciennement connue des trois. Par leur puissance et leur constitution politique, ils avaient tant de rapports avec les Lacédémoniens, qu'on les appelait les Spartiates de la Gaule {^). De petites tribus sous leur dépendance occupaloit probablement la Côte de la Flandre actuelle, qui fût nommée Nervicanus Tractus. Plus tard, toute la côte, depuis la Seine jusqu'à l'Escaut, reçut des Saxons, qui y faisaient des descentes continuelles, le nom de Littus Saxoni-
(•) Trebell, PoL in GaUien. c. 6. P^op. in Carin. 20. Ptoléroée nomraç cette ville Origiacnm, et César JVemetocena. J. H.
(«) Cœs. II, 4. — (3) Merula, Cosmogr. II, lib. III, • p. 485. Comp. d'AnviUe. — (4) Cœs, Y, 24; VIII, 46, 47. ^ (5) Tab. Peuting, in loc. j4mm, Marc. XX , }. Comp. J^eas. Ilin. Ant. p. 363.
(f) Peozel croit qu'ils descendaient des JVevri, qu'Hérodole place dans )e nord de la Scythie. J. H.
eum ; mais le seas de ce terme dut varier, selon les incursions de ces pirates, pour qui c'était un Jeu de fendre les flots écumeux dans un ba^ teau dé cuir, qui regardaient le naufn^ moins comme un péril que comme un exercice, et chez qui tous les hommes de l'équipage, selon les occasions, étaient en même temps marins et guerriers, chefs et soldats (*).
• En retournant au midi, nous trouvons les Veromanduij avec leur dief-lieu, surnommé Augusta; c'est le bourg de Yermand, au sud de Saint-Quentin, dans le Vermandois(^. Auguste Suessionum était le chef-lieu des Sueiéûh nés et prit ensuite leur nom, d'où l'on a fait Sois^ns. Les Bemi s'étant montrés les amis des Romains, virent leur capitale, Reims, nommée en celtique Durocortontmy prospâ*^ par la faveur des vainqueurs; métropole de la deuxième Belgique, elle était le siège des lettres et des arts. Plus d'une sanglante bataille donna de la célébrité aux plaines voisines de Châlons, nommée alors Catalaunutn.
La première Belgique avait pour capitale . Augusta Treverorum , qui , à l'instar de tant d*autres villes , rejeta bientôt le surnom que la flatterie lui avait imposé , pour s'appeler simplement Treveri^ aujourd'hui Trêves; c'était le quartier ordinaire des généraux qui commandaient sur le Rhin, souvent même la résidence temporaire des empereurs ; ses écoles , ses manufactures , ses greniers , ses arsenaux en firent, dans le troisième siècle , la ville la plus importante des Gaules ('). Métis ou Metz, appelé d'abord Divodurumy capitale des Médiomatrici^ l'emportait peut-être par la splendeur de ses édifices , de sa naumachie et de son aqueduc {*). Les Leuci et les Verodvnenseê possédaient daas TuUum , Toul , et Verodu^ num^ Verdun , des capitales moins brillantes.
Entre la Belgique et le Rhin s*étendait une limite militaire remplie de forteresses, et con^ stamment occupée par deux armées romaines. On y assigna des demeures aux peuplades germaniques qui voulaient se mettre à la solde des Romains, et qu'on peut comparer aux Cosaques dits des frontières , ai Russie ^^). La Moselle séparait probablemoit les commandements mi-
(«) Sidon. Apoil in Pancg. Avit. VIII, cp. 6, etc. — (>) Ilin. Anton. 379. « Ocio decem leagis à Cameraco. » — (3) Amm, Marc, XXVII, 10 ; XXX, 3, elc* Auson, de clar. urb. — (*) Ammien Marc. XVI, 3.— (5) Tac, Annal. IV, 73. 74. Dio, Can, LUI, 11.
fflSTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE
Ijtaires (<) , dont l'un reçut le nom de Germa-
ma iuperior ou prima; Fautre celui d*inferior
ou seeimda. Pline ignore ces dénominations p) ;
Tacite ne les emploie pas toujours ('). Mais,
dans le deuxième ou troisième siècle , ces dis-
^cts furent, même sous le rapport civil, séparés de la Belgique , et formèrent deux provinces (*). Les Menapii et iesToxandri^ dans le
Brabant actuel , les Tungri , dans le pays de
Liège , Les F6n, le long du Rhin , étaient les
principaux peuples de la Germanie inférieure;
on pourrait encore y joindre les Batavi^ comme
alliés romains. Colonia Agrippina ou Cologne,
était la métropole de cette province. La forêt
Ârduerma occupait l'espace de 150 milles romains entre les Treveri et les Nervii (s). Dans la
Germanie supérieure, nous trouvons, du nord
au sud, les Vangiones^ les Nemetes et les Tri-
bocci. La capitale, Moguntiacum ou Mugvntia^ Mayence, qui est probablement le Magetobria de César («), fut long-temps le boulevard de Tempire romain ; Ptolémée est le premier qui nomme Argmtoratum^ appelé dans le moyen âge Stra-^ lebnrgum 0 ou Strasboui^.
» La province Maxima Sequanorum^ c'està-dire la grande Séquanaise , renfermait trois peuples . Les Rauraci avaient pour leur chef-lieu Augusta p) , dont on a trouvé les restes près d'Asgut, village du canton de Bâle ; les Èelvetti , revenus en petit nombre de leur incursion dans la Gaule , ne purent repeupler leur ancien territoire (^), baigné d'un côté par le laeus Fenefw5, aujourd'hui le lac de Constance , appelé Aeronius dans sa partie inférieure ; de l'autre, par le lacus Lemanus, le lac de Genève; le moot Jura le séparait des Sequani. Avenche, dans le canton de Vaud,jeta quelque éclat sous le nom d'Aveniicum , le chef-lieu de l'Helvétie
romaine, et on reconnaît encore Turicum dans
(') Corap; Caturer, $nrV Obringa de Ptolémée. HIst. synebronistiqne, p. 836, en ail. — p) pun, IV, 17. — P) « Pars Galiiarum quae Rhenum accolit.etc. » HIst. 1,51. — (*) j4mm. Marcell. XV, 11. Not. Gall.
(i) Les auteurs ne spot pas d'accord sur l'étendue de celte forêt des Ardennes. César lui donne 500 milles romains, que Strabon exprime par 4,000 stades; mais comme cette évaluation est exagérée, les uns, d'après l'historien Paul Orose, ne l'estiment qu'à 50 milles; les autres ont cru qu'H fallait Ure 150 milles. J. H.
(c) Cœs. I, 31. Comp. 54. € Transieram celerem neboloso flumine JYavam. > Aiison,— (7) Not. dvit. ïîall. et Geog. Ravenn.— (») SchœpfUn, Àlsat. illust. ICO.— (9) Cœ*. 1.2.
Zurich, Salodurum dans Soleure , et la Cdonia Equestris^ autrement Noiodunum^ dans Nyon, Mais les hautes vallées semblent, en partie, être restées inconnues aux Romains. Étaientelles encore l'asile inhabitable d'un éternel hivei:? ou la liberté, « bannie au-delà du Rhin et du Tanaïs , »> avait-elle encore ici trouvé un refuge inaccessible aux proconsuls et aux procurateurs des Césars? Toutes les recherches pour retrouver l'emplacement exact des quatre cantons dits Urbigenus^ Tigurinus, Tugenus^ et celui des Ambrones (»), ont été infructueuses, si ce n'est à l'égard du troisième , qui paraît décidément répondre à Zug p).
L'obscurité qui règne dans les notions des Romains sur l'âpre Helvétie ne peut étonner personne ; mais que diront les aveugles admirateurs des géographes de l'antiquité, quand on leur demandera pourquoi le pays des Régnant, « un des plus beaux delà Gaule (»), >» est resté encore plus inconnu que l'Helvétie même ? L'-lrar, depuis nommé Sauconna (<), et Saône, le baignait à l'ouest ; le Rhin (s), et , plus tard, le mont Vogesus , ou Vosges , le terminait au nord , comme le Jura à l'est ; il n'atteignait le Rhône au midi que par une lisière ; la rivière Dubis ou Doubs le traversait, et formait une presqu'île où s'élevait FMonrw> , aujourd'hui Besançon : voilà tout ce qu'on voit de certain. On devine encore quelques positions, telles que Didattium ou Dôle (•) , Arborosa ou Arbois (^), et Ariorica ou Pont-Arlier (*] ; mais, au total , cette province importante était très peu connue.
» La Gaule narbonnatêe^ qui s'étendait sur le Rhône et la Méditerranée , est la seule partie où la géographie des Romains soit sans lacune. Par sa culture florissante , par les mœurs et le mérite de ses habitants, par l'éclat de ses richesses , la Narbonnaise était moins une province qu'une seconde Italie (^). On y distinguait à la fois cinq subdivisions. La Narboneneis prima , qui répondait à peu près au Languedoc moderne , était principalement occupée par deux peuples , les Volcœ Arecomiei
(•) Strab. IV, Î29j VII , 451. Alm.
(") Il parait* que les Ambrones étaient la sonche des Liguriens. Cluvier croit que le nom d' Ambrones vient de la rivière d'Emme dans le canton de Berne. J H.
P) Cœs, I, 31.— (4) Amm. Mare.-^^) Cœt. IV, 10.
— (•) Ptol. II , 9. — (7) Ammian. XVI, î. — {•) Itin.
— (f)Pftii.III, 4.
LIVBE TBEIZIEMK.
vers le Rhôae^ et les Volem Tectoêajet vers la Garonne. On a prétendu que ces peu|4es étaient Belges et non pas Celtes [') ; mais il n*y a rim de certain à cet égard. Chez les preniiers brillait Nemmmu , a<j|j0urd*lMii Nîmes, yiUe qui, par la splendeur de ses édifices et les privilèges de ses citoyens, retraçait Rome au milieu des Gaules (^). Narbo^ le chef-lieu de la tribu des EUsyees ('), surpassait c^endant Nemausus par retendue de soni commerce, qui se maintint encore dans les siècles de la décadence des Romains , et qui attirait dans son port les flottes marchandes de toute la Méditerranée (*). Bœterrœ^ Béziers, reçut de la sq^ tième lé^n , qui y était en garnison, le surnom de SeptifMnorvm {^) ; d*où le nom de Septùnania s'étendit d*abord sur lé canton voisin (*),et, sous les Yisigoths , sur toute la province* Tolouij la capitale des Tectosages , s*était, long-temps avant les Romains , earichie par le commerce ; car ïar de Toulouse , sifunesteà Cépion et à ses compagnons de pillage, fut trouvé en lingots, ^ n*avait pas pu être enlevé au temple de Delphes, dont les Gaulois ne se rendirent point maîtres (?).
(f) « Usqne ad Tectosagps, prim&yo nomine Bel^ CES, » Auson. Maif oa doH peut-être Hre f^oleas. Le somoDi é*Areoonwsi a été éenné aux P^oUœ , parce qu'ils étaient voisins des bords de VArar ou de la Saône. Ils occapaient , dit Gossellio, les terres .comprises entre la mer, les Cevennes et le Rhône , depois WartMOBe Jusque vers la iiauteur d* Avignon. Les aotres Vole», sarDonunés TWtocâ^af, Tectotaga ou Teciosagi, devaient ce nom^ suivant Gossellin, i rhabitude qu'Us avaient de porter une casaque de laine (ucti iagùt couverts de casaques).
Les Teetoêayet falaaieiit parlie de ees lésions gauloises qui «e rendirent célèbres par leurs mtgrttions. Selon César, ils pénétrèrent en Germanie et s'élabli- . Fent dans le voisinage de Ja forêt Hercynienne ; Justin rapporte qu'un corps de Tectosages pénétra en m^iie «t se fixa dans la Pannonie ; enfin oeux qui faisaient parUe de l'armée xle Brennus quittèrent ce chef et s'établirent dans cette portion de la Phrygie qui, du tempe de saint Jérôme , portait le nom dé Galatle. ' J. H.
(•) P/fn. L c. Mêla, U, 6. Strab. rV,«S5. - P) Avien, Ora mar. 586.
(♦) Strab, IV, 576. Auson, de dar. urb. 12. Sidon, ApoU, carm. 23. Elle était Jadis sur VAiax ou l'Aude, dont le cours a été diangé depuis. J. H.
P) PHn. m, 4. —(6) Sidon, ApolL Eginhard, etc., etc.
<7) Pond(m,9^Sir4ib.rf, 287. On sait que c'est é tort que Strabon prétend que les Tectosages eurent part au pillage de Delphes , -puisqu'il est certain que l'armée gauloise leva le siège de cette ville. Cependant le pillage des trésors de Toulouse Tut r^ardéiconune
. » Les Sardonêtj qui oœupaloit le Bous^ktt, étaient un reste de Tandeime natloti des Bebryeee , dont le nom se troave aussi en Thrace, et sur les migratimis desquels nous n'avais point de renseignements (^J.
» La province nommée Vimnênm commençait au lac Léman, et se tarminait aux embouchures du Bbône; ViemuL, dont elle prenait le nom , et qui , dans le troisième siède , devint la capitale des Gaides ('j ; Gmeta^ fameuse par la muraillede César , et Gratiano polie J Or«M>ble, dont l'identité avec Cularo n'est point démontrée (^)^ appartenaiait à la contrée des AUohrogei^ nation beiliqueufle que le Rhône séparait de celle des SegwUoiaL Seguitani. On doit remarquer , entre la Du— rance et la Dr6me, les Vocontii^ possédant les territoires de Dea, Die, et de Vasio, Vaîsoiu La partie orientale de ce pays est déjà jiom— mée Sc^audia ou Savoie dans le quatrième siècle if]. Parmi d'autres petites nations, oa remarque les (Jawari avec Arauno- , Orange , et Asoenio , Avignon. La colonie Arelate , aujourd'hui Arles, devint extrêmement florissante dans les deuxième et troisième siècles (^j ; ainsi, partout l'insalubrité des marais disparaissait devant la puissance et l'industrie* Tous les anciens ont admiré le champ des pierres (s) ^ aiiyourd'hui la plaine de la Crau ; le poète £&diy le avait dit que Jupiter ût pleuvoir ces pierres pour servir d'armes à Hercule contre Les Liguriens ; mais Posidonius pensait que Jupiter eût mieux aidé son fils chéri en laissant tomber cette pluie de pierres directement sur la tète de ses ennemis (?).
» L'antique MassUia, Marseille, a déjà souvent été nommée dans le cours de nos recher-^ ches. Étant une ville indépendante de lapro-
unsacrUége, parce que probablement Us passaient pour être venus de Delphes. La moindre évaluation que l'on puisse leur donner est 100,000 livres pesant d'or et 110,000 livres d'argent. Aulu-Gelle et Justin (Noct. Att. III, c. 9. — Just. XXXll. c. 3) rapportent que tous ceux qui prirent pari au pillage de Toulouse périrent d'une manière misérable. De li le pro* verbe aurum tolosanum , pour désigner les choses qu'il était dangereux de posséder. Valére-MMime (VI, c. 9, S 13) dit que le consul Gepion mourut dans les fers et que son corps fut déchiré par U main du bourreau et précipité dans le Tibre. J. H.
{*)Avien, Ora mar. 485. Scym, v.200. — (») A»m. Marc, passim.— (3) Manneri, II, part 2, pag. 100.-— (4) Anim. MarcelL XV, 11 . — (5) Ibld. Auson. « Gallula Roma, Arelas, >
W Càmpi lapidei. PHn. — (T) Strab. i\. 276 , 27a.
mSTOIBB M LA GÉOGRAPHIE.
TJiMse romaine^ elle ne fat point ornée de sqperbes édifices ; mais une ombre de liberté fit revivre dans ses murs le goût des lettres , Famour de Tétude , en un mot ce noble esprit de la Grèce, qui n*a été connu que d'un petit nombre de Romains f/U
» Trois petites provinces terminent la Gaule, la seconde Narbùnnaùe avec Forum Juliiy Fréjus, où un port artificiel contenait une flotte romaine ; dans la province des Alpes mor ritmœ, qui s*étendait depuis la Méditerranée jasqu*au montCenis, on trouvait les VediantU, possédant le port de Nicœa , et les Ca:^^!^ rigesy ayant sur leurs terres Ebrodunum, Embnm, et Bngantio, Briançon. Dans celle des Alpes graiœ, qui embrassait les sources du Bh6ne , on ne rencontrait que de petites peuplades de montagnards. On doit remarquer, dans la seconde Narbonnaise, les Salyes, qui avec leurs nombreuses tribus, parmi lesquelles on remarquait les Tricorii , et leur cité de Yapiucuim, Gap, les VulgienUSy avec Apta J%ika, Apt^ et les Sueltri, avec Antipolis, Antibes, occupaient les c6tes de la Provence.
» Les connaissances des Romains sur k géographie physique de la Gaule avaient fait des progrès considérables. Les poètes seuls conservaient Thabitude de représenter ce pays comme très firoid. Les auteurs instruits savaient que , cultivé avec soin , le riche sol de la Gaule septentrionale produisait abondamment toute sorte de blés et de grains. Plusieurs espèces de seigle et de froment étaient particulières à ce pays (^) ; Rome en tira même des provisions '^]. Les grands possesseurs de biensfonds dans la Gaule employaient des instruments d'agriculture très perfectionnés (^j. La marne servait d'engrais (^j. La culture du lin était très répandue («).
» Pline assure que la vigne , le figuier et Tollvier n'avaient point passé la barrière des Alpes lors de la grande émigration des peuples celtiques, vers l'an 400 avant J.-C (^j. Hais de son temps d^à toute la Narbonnaise produisait des vins. Il y en avait de mauvais,
(') La fondation de cette ville estantérieiire de sis fièdet à rèrecbiéiienDe. Elle n'occapait pas Jadis le même emplaeesent qa'aajoard^bui. Son port s'ou- Ttait an and , tandis qu'anjourd'hai son entrée est tattrnée vort l'ouest. J. H.
(•) PUm. XVIII , 7, S. — (3) Ge. pre Fonti^. Diù, CttS8. XXXIX. — (4) Plin. XVIU, 18, 30. — (*) Idem, XVIl. 7. S. — (6)14. XIX, l. — HM. XII, J.
il y «1 avait de bons ('] ; on les gâtait quelquefois en voulant les ccmoentrer par Teffet de la fumée (^j. Tous les plants de vigne de la Narbonnaise étaient originaires d*Alba Helviorum, qui est Alps dans le Yivarais (') , ce qui doit faire croire la vigne indigène en France. Pline parle même des vignes Bituriques ou du Berri (*) ; ainsi la permission d'avoir des vignobles, donnée aux Gaulois par Tempereur Probus (^), ne peut s'entendre que de la Lugdunensis et de la Belgica, où jusqu'alors l'hydromel et la bière , ou peutêtre le cidre , avaient été les seules boissons. La laine des moutons était grossière. On con* sommait à Rome une grande quantité de jam» bons et de saucisses de la Gaule (^). Dans les forêts de ce pays, le chêne sacré s'élevait à cêté des bouleaux et des ormeaux ; le buis des Pyrénées avait de la réputation 1^). Quelques rivières roulaient des paillettes d'or; les Éfn/hteni, dans le Rouergue, exploitaient des mines d*argent; le fer parait pourtant avoir été le métal le plus connu. Les Gaulois avaient inventé un mélange de cuivre et d'étain qui avait l'ai^parencede l'argot; ils en fabriquaient les ornements de leurs harnais et de leurs voitures ^], Parmi d'autres manufactures , la Gaule possédait beaucoup de verreries if).
» Mais cette civilisation , due à la cessation des guerres intestines , ne datait que de l'époque de la domination romaine. Un siècle auparavant, les Celtes étaient les plus grossiers de tous lès barbares (*<>)•
» Leurs druides, qui, avec les nobles, tenaient le peuple en esclavage (''j, étaient les prêtres d'une religion aussi sanguinaire que celle d'Odin, mais dont la morale et la mythologie, obscurément connues par quelques faibles indices , ne paraissent pas avoir offert l'ensemble poétique de la doctrine des Scandi* naves. Les étrangers étaient immolés sans distinction sur les autels des divinités celtiques (^^) ; on sacrifiait aussi à ces divinités tous les criminels en les enfermant dans' une grande image entourée de feu (^s). C'était dans les entrailles fumantes des victimes humaines
(•) Plin. XIV, 6, 9. — {•) Martial, Xen. 1 JJ. Plin. . I. c — P) Plin. XIV^ 8 , $. — (♦) Id. Ib. «. — (*) f"opiie. In Prob. 18. — («) Farro, R. R. I. — (7) P/m. XVI, 18. — (•) Id. XXXIV, 17.— (») Id. XXXVI, n.
— ('*) A*7fWT«Toi xwh ficp^dpm*. Diodor, SiciL V,ilO.
— (") Cm$. VI, IS. -r (••) Oiùd. IV, IS. — (•>) Oes. \.c.