LIVRE QUATORZIEME
dirigeai^t au sud, et se ccnfondaioit avec une terre inoonnue qui allait à l'ouest joindre l'A- Mque (0* Ainsi, les voyageurs suivis par Ptolémée n'avaient point franchi la péninsule de Malaca, puisque dans ce cas ils auraient su que l'Asie, en remontant au nord, était terminée par un vaste Océan. Les géographes antérieurs à Ptoléméeont> à la vérité, circonscrit l'Asie, à l'est, par une mer qu'ils nommaient Océan oriental ; mais cet Océan n'avait aucun rapport avec les mers de la Chine ; ce n'était que le golfe de Bengale qui, par la manière très défectueuse dont Eratosthène et les géographes venus après lui avaient orienté l'Inde f'), se trouvait tout entier tourné à Test. Pline et Mêla s'expliquent clairement sur ce point, en disant: 1® que rinde était non seulement bornée par l'Océan méridional, mais encore par l'Océan oriental (^) ; Sf que la Taprobane commençait à l'Océan oriental (^) ; 3^ enûn, que la mer des Indes ne s'étendait que depuis l'Indus jusqu'au coude où commence la mer Orientale (>). Ce coude était le promontoire Colis ou Coliaeum, qui répond au cap Gomorin d'aujourd'hui, après lequel la c^ était censée remonter toujoui*s au nord, et être baignée par l'Océan oriental, comme on le voit figuré dans la carte d'Eratosthène (<) ; et c'est ce qui a fait croire, jusque vers le temps dePtolémée, que Temboudiure du Gange était tournée à l'orient, quoiqu'elle le soit au midi (7).
» Dans l'un et l'autre système des anciens, les terres connues au-delà du Gange ne pouvaient donc avoir que peu d'étendue à l'est.
(») Plolém. VII , 5. — p) CoiseUin . Géogr. analy». 85. — (3) Pomp. Meta, III, 7. Ptin. VI, 21.— (4) Plin. VI , 24. — (*) Pomp. Mêla , III , 7. - Collg tlterius partis angulus initiumque laterls ad meridiem versi. Ganges, etc. » ( D'après rintcrponcluation de Gossellln.) Plin. VI, 21. — (6) voy. l'alUs. — (7) La conûguration de Tlnde au-delà da Gange et de la Chersonèse d*Or est défigurée dans le texte et sur la carie de Ptoiémée ; Gossellln Ta restaurée avec sa sagacité bablluelle. M. Lelewel , en suivant les recherches du savant français , a également observé qu'une grande partie des dénominations entassées dans la Chersonèse d'Or sont prises et compilées maladroitement des autres contrées de l'Inde. De pareilles erreurs sont très fréquentes dans Ptoiémée. Cependant M. Lelewel pense que ce géographe avait des idées assez exactes sur l'embouchure du Gange et sur la direction des cOtes au-deli de l'Inde. J. H. — Lelewel: Histoire ancienne de l'Inde, <evec des remarques sur l'Influence qu'elle a exercée sur les contrées occidcntalQS. Warsovie, 1820. (En polonais.)
Les détaib suivants, donnés par H. Gosselliii, confirmeront cette opinion.
» Après l'embouchure orientale du Gange, confondue avec celledela rivière de Mégna, Ptoiémée trace le fleuve JLa^amec^a ('] ou Cadameda, qui repond à la rivière de Moréi. Baraeura' Emporium se retrouve dans l'endroit nommé Barracoon, situé entre la rivière de Morée et celle de GurmAillée, qui est le Tocoionnaà» Ptoiémée. La ville de Lambra peut répondre à Santatoli ; et les rivières de Zajoo et de Dombac représentent les fleuves Scutus et Tmala. Le promontoire Temala, qui répond au cap BotermangQ d'aujourd^hui, forme, dans Ptoiémée, le commencement du golfe Sabaraeut. A présent nous trouvons à la hauteur de Botermango un golfe qui reçoit la rivière d'Aracan, comme le Sabaracus reçoit le Besynga. La rivière d'Aracan se reconnaît encore pour être la Besynga, par le nom de Bèting que porte une petite Ile située à son embouchure. Au sud de ce golfe, la ville de Baraton répond à Berabœ ; le petit cap qui vient après, et l'enfoncement de la côte où était située Taeola, se retrouvent dans la pointe de Négras (*).
» Ce qui caractérise le plus la Chersonèie tOr dans Ptoiémée, est l'embouchure d'un grand fleuve qui vient s'y diviser en trois branches avant de se jeter dans la mer. Ces canaux ont paru si considérables que chacun d'eux portait le nom de fleuve; on les appelait Ckrysoana, Palanda et Attaboê. Ptoiémée ne donne aucun nom à ce fleuve au-dessus de sa division,^ et il n'indique point le lieu de ses sources. Ce géographe n'avait aucune connaissance de l'mlérieur de la contrée nommée latarwn Chorè ou Région des Brigands; il n'y détermine la position d'aucun lieu ; elle était habitée par un peuple barbare, chez lequel on évitait de passer; les Indioas que le commerce
(I) PtoUm. VII, î, 3.
(3) D'Anville assigne une autre position à la plupart de ces lieux: ainsi le cap Temala est, selon lai» le cap Ncgras, appelé aussi Hanten , qui forme l'extrémité de la presqulle de l'empire Birman, resserrée entre un bras de riraouaddy et le golfe de MarUban; \t Sabaracus est le grand fleuve d'Ava OU l'Iraouaddy, la contrée appelée fiesyngitis, au fond du Sinus Sa'^ baracus /répond au territoire de Pégu , au fond du golfe MarUban; enûn Taeola, qui tient i VAwea- Chersonesus ou à la Chersonèse d'Or, est, selon d'Anville, Junzalœn, ville située au point le plus étroit de l'isthme qui Joint la presqu'île de Malacci au continent. J. H.
HISTOIBE DE LA GE06BAPHIE.
attirait diez les Sines passaient au nord de ce pays.
» Cette route rencontrait un fleuve considérable, nommé Dcuma ou Doanat, que Ptolémée conduit jusqu*à la ville du même nom qu'habitaient les Daonœ. De là jusqu'à son embouchure, le cours de ce fleuve n'étant appuyé d'aucune positionintermédiaire, faitassez voir qu'il est tracé au hasard. Il parait être le môme que celui qui vient se rendre dans la Giersonèse d'Or ; et tous ces bras de fleuve, Joints ensemble, peuvent représenter le Delta formé par l* Ava ou Tlraouaddy , partagé eu trois bras principaux, orientés précisément comme ]es fleuves Chrysoana, Palanda et Attabas. Une assez bonne preuve que les deux fleuves de Ptolémée ne peuvent se rapporter qu'à l'Ava, c'est la position de la ville de Daona siu* le fleuve du même nom, puisque cette ville existe encore siu* l'Ava, et se nomme actuellement Danor-Plou. Le fleuve même se nomme Ken^ Douen, ou rivière Douen, nom peu éloigné de Ooanas. Il est d'autant plus diflicile de ne pas reconnaître la Chersonèie (fOr dans le Delta péninsulaire du fleuve d'Ava, que cette contrée seule, dans ces régions, possède,* ou du moins exporte une assez grande alx)ndanoe de métaux précieux pour donner naissance aux épithètes pompeuses dont on la décorait. Longtemps avant Ptolémée, on avait parlé d'une îU iOr (>), d'un pays où le sol était composé d'or et d'argent (^j \ les Timvlet, ou habitants de la côte de Goromandel, y naviguaient p), et c'est d'eux que Ptolémée déclare tenir les vagues relations qu'il est obligé de suivre (^).
» L'extrémité du Delta du fleuve d'Ava , nommée aujourd'hui pointe de Bragu , représente le grand promontoire de Ptolémée , auprès duquel il plaçait Zabœ. Le Pertmulicus Sinus est une des petites baies formées par les emboudiures orientales du fleuve ; elle tirait son nom d'une ville nommée Perimuîa^ située dans une lie où l'on péchait des perles (^). On ne saurait admettre, avec d'Anville, que le Perimuiicui sinus soit le détroit de Sincapour. Comment croire, en effet, que les navigateurs aient pu prendre un détroit pour un golfe, surtout lorsque, dans l'opinion de d'Anville j ils
(•) Dion. Perieg. v. 689. — (») Plin. VI, '21. — p) Pérîpl. Mar. Eryth. In fine. — W Ptol. 1, 17. — (») PUn. IX, 35. .Elian. HisU ânim. XY, 8. TWoet, Chil. Il, Hisl. 375, ?. 45U.
devaient passer par ce détroit , le suivre dans tpute sa longueur, et en sortir pour arriver au Grand Promontoire («)? D'ailleurs, on ne pouvait approcher le détroit de Sincapour sans avoir en même temps connaissance de Sumatra dans près de deux tiers de son étendue. Il est probable que Ptolémée n'a connu aucune grande lie dans la mer des Indes, au-delà de Taprobane.
» Plaçons-nous maintenant à la pointe de Bragu , où était autrefois Zabœ , et consultons la route que tenaient les navigateurs pour se rendre de cette échelle à Catigara , principal entrepôt du commerce des Sines. Marin de Tyr, qui avait rapporté les itinéraires dont Ptolémée a fait usage , disait que les naviga- • teurs , en partant de Zab» |)our Catigara, dirigeaient leur roule vers le midi , et encore plus vers leur gauche (^) , c'est-à-dire qu'ils couraient dans une direction sud-est. Or, en partant de la pointe de Bragu , cette route mène directement à la côte occidentale du royaume deSian ou Siam, qui doit par conséquent représenter le pays des Sines. Ce pays, suivant Marin, Ptolémée p) etMarden d'Héraclée (*), devait être terminé au nord par les Sères, au levant et au midi par des terres inconnues, et au couchant par la mer. Il est facile de voir ' que , dans tous les parages de llnde , la côte occidentale du royaume de Sian est la seule
(*)D'AnvaU. ADliq. Géog. de Tlnde, 168, 169. Malte-Brun adopUnl sur la géographie de Ptotéraée les opiniona de Gossellin, il nous parait utile ëe rappeler encore ici celles de d'AnvilUe , afln que le lecteur puisse Juger plus facilement si le premier ne restreint pas dans des limites trop élroUes les con-> naissances géographiques des anciens sur l'Asie, ou si le second ne les porte pas un peu trop loin. Le Grand Promontoire, âfagnum Pwfiioniowum de Ptolémée, est, selon d'Anville, le cap Remania, au bout de la presqu'île de Malacca; le lieu nommé Zaba ou Zabœ correspond à Butu-Saber , qui donne le nom de Saban à l'extrémité de la péninsule ; la place que Ptolémée assigne à Thagora s'accorde avec celle qu'occupe Tingomn ou Tinguno, sur la côte orientale ; la position de Perimula , bien antérieure au Grand Promontoire , pourrait alors s'appliquer i Pera OU Perak , sur une rivière dont l'embouchure dans une baie du détroit de Malacca est sans doute , malgré l'autorité de d'Anville, le golfe appelé Peri^ muUcus. Sachons gré i Ptolémée, dit toutefois d'Anville, de connaître le nom de Malay dans celui de ^ Malei'CoUm, appliqué à une pointe particulière. 0 J* H.
0 PuU. I, U. — (3) Id. VII, a. — W Marc. HeracL in Geog. Gr«c. mlnor. I, 29.
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mtÈ QtJÀtdlIZIÈIiE.
^ toit prédâéBMit ortefttie cMnmt ee passige rex%e.
» n est étoimant qu'avant 068 recherches de Oossellin on ne se soit pas aperçu qu'en plaçant les Sines au-delà des détnrits de Malaca et de Sincapour, comme on Ta fait Jusqu'aujourd'hui^ c'était intenrertir absolument le seûs de ces passages ; que c'était vouloir persuader que les anciens se trompaient sur la direction de leur route, Jusqu'au pdnt de croire qu'ils naviguaient au sud-est en allant de Zabœ à Gatlgara, tandis qu'ils auraient couru réellement au nord; et que, dans leur manière d'orienter les pays , ils se trompaient encore Jusqu'à prendre le eouchant pour le levant , et le midi pour le septentrion ; puisque, dans les systèmes antérieurs À celui de Gossellin (^) , le pays des Sines se trouverait terminé au levant par la mer, au lieu de l'être par des terres; au couchant par des terres, au lieu de l'être par la mer ; et que les terres inconnues qui doivent se trouver au midi seraient transportées dans le nord, et remplacées par le goUe de Siam et les mers de la Chine.
» Ptolémée place dans le pays des Sines un grand fleuve sous le nom de Senui, dont il n*a point connu la source, mais qu'il savait descendre du nord pour former un coude vers le sud , et remonter ensuite pour se Jeter dans la mer. Le cours de ce fleuve est parfaitemoit représenté par celui de la rivière Tena-Serim. Ce qui cloute beaucoup à cette ressemblance, c'est que le Senus reçoit , dans la partie méridionale de son cours, le p<^ fleuve Cotiarit, qui est représenté oacore par une petite rivière que le Tena-Serim reçoit dans une position oorrespon-dante. Peu après le confluent ^ le fleuve se divise pour former deux embouchures , que Pto» lémée a excessivement écartées, mais qui n'en seront pas moins très faciles à reconnaître.
» C'est sur le Cotiaris que Ptolémée place l'incienne vUle de Thinœ. métropole de tout le pays des Sines. Gossellin pense que cette ville est la même que Tena-Serim, dontle nom est composé de deux mots qui> traduits littéralement, ^gaiOent peuplade de Tena. Merghi , le port de Tena-Serim , représente Caiigara , le port de Thinœ (*)• Cette place conserve en-
(*) iyjinvUle,Uém, sur les limites du monde connu des anciens tu-delè du (Ainge. Acad. des Iiucnpt. XXXII, 604.
(•) lyAmiUe, AoUq. géogr. de l'Inde, m.
eore sa célébrité ; l'avantage de sa situation, et son port, qui passe pour un des plus beaux de l'Asie , avaient engagé l'andenne compagnie française des Indes orientales à y établir un comptoir, qu'une révolution lui enleva peu de temps après. L'analogie qu'on vient de remar> quer entre ces deux villes est encore confirmée par le nom du pays même où elles sont situées; car la dénomlnaàon moderne du royaume de Siam ou Ttian , comme disent les Malais , présente assez de conformité avec le nom de Sins, que ces peuples portaient autrefois. La der^ nière de ces observations n'avait point échappé à Isaac Vossius (^) ; mais il a eu tort d'en conclure que la ville de Siam devait représenter la capitale des Sines d^ Ptolémée , qu'il nomme indifféremment Sinie ou Thhiœ. Vossius n'a point fait attention que Thin» était l'ancienne capitale de ces peuples; que le nom de SiM-^ Metropoliê est moderne par rapport à Ptolémée , et qu'il n*a été en usage qu*au commencement du vi« siècle. Le premier auteur qui en parle parait être Etienne de Byzance (*] , qui écrivait sous Anastase.
» C'est aussi de Siam que parle Edrisl, sons le nom de Sinia Sinarum (') , en la plaçant dans la partie orientale du pays des Sines; tandis que , d'un autre cêté, il hidlque la situation de Caitaghora {^) ou Gatigara , ville d'un grand commerce, à l'embouchure d'im fleuve , sur la côte occidentale des Sines, baignée par la mer des Indes ; ce qui s'accorde parfiiitemoitavec la position de Merg^. Cosmas, auteur du vi* siècle, est le premier qui ait su que Tzinista , c'est-à-dire le pays des Tzines , était borné à Y est par l'Océan (') ; mais quand il parle de la ville Tzinitza, il en décrit la situation conformément à Ptolémée (*). Gossellin a encore remarqué que« Thins ou Sins est toujours portée , dans le texte grec, à plusieurs degrés au nord de l'équateur, au lieu que , dans le texte latin , elle est toujours placée à 3 d^rés au midi de ce eerde ; on pourrait en conclure qu'on a constammentche^ ché à indiquer la position de deux villes différentes , et que Thinœ ou Tena-Serim doit être regardée comme l'ancienne métropole des Sines,
(') r»tt. Obsenr. sd Mel. 3«4. — (•) Suph.dt Urb. Toce Sinm. — p) Geogr. NuMens. Cllm. II , pirt 10, ptg. 69, édit. de 1619. — (4) Id. Cllm. II, ptrt9, p. «T. — (•) Gosrou Indopl. XI , «87 , ap. Mon^foÊ cou.— .(«) Idem, II| 138.
msToniK m ïa oëôgraphie.
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tandis que Si%m on Siam serait une noarelle fille devenue la capitale du pays dans des siècles postérieors à celai de Ptolémée. Ce géographe rapporte (*) qu^à Thin» , le pins long t cmr est de douze heures quarante-sept minutes t lenle seeondes , et que le soleil passe deux fois Tannée au zénith de cette ville , lorsqu'il c st élolgpédu troj^que du Cancer de 58 degrés ^ e réeUptiqae. Ces deux observations , au lieu de placer Thinœ à S degrés de Téquateur, s'acv ooident au contraire pour la fixer vers 13 degrés 30 minutes de latitude l)oréaf e , qui est celle de Tena-Sorim , à 1 degré 43 minutes près. Elles adièveraient donc de compléter les preuves de l'Identité de ces deux villes ; mais les eontradlctions dont fourmillent les diverses ëditioiis de Ptolémée Jettent quelques doutes sur oet argmnent (>)•
» La reeherdie de ThinSB nous a Mt laisser de côté la description du grand golfe ( Magma Simu ) , qui ddt baigner une partie de la côte des Sines. On le recmmalt dans cehii de Martaban. La plus intéressante des positions est celte du fleuve S§rus, que Ptolémée place prédsémoit dans le fond du golfe : ce fleuve répond à celui du Pégu : wm nom indique qu'il descend de la Sériquê ou du Tibet.«La ville de Tamara, située sur la.rive gauche, près de son embouchure , se retrouve dans un Heu ai^é Marareo. Atpithra doit être Martaban, située y comme elle , sur un fleuve peu oonsi*dérable. Enfin, Rhabana et lefieayeAMnbastuê peuvent se rapporter à Tavay et à la rivière du même nom.
Noos avmis reconnu plus haut le Senus et le Coiiarii dans les deux rivières qui baignent lee mors de Taia*-Serim. Le reste de la côte , qu'on savait se diriger vers le midi, a feit naître l'idée qu'dle se prolongeait Jusqu'en Afiriquei ou elle allait Joindre le promoi^ire Pfftsom ('). Les auteurs modernes, qui ont placé les Smeê diez les Chinois ou dans la Codilndiine, n*Qnt pas MX attention que, si les emmaissanees de Ptolémée s'étaient étendoflB jusque là, Jamais il n'aurait imaginé que Mtte côte retournât à l'occident pour former de la mer JÉrythrée un vaste bassin. Tous les ranaelgnements que les anciens auraient pu recueillir leur auraient indiqué au. contraire que la côte remontait au noid sans interrup-
(') Pwlém. VIII , 9. — (•) GoiêM. Oéog. des Oiecs analyt. 14i-14è, oot. ^ (I) Piêi. VU, 2, 6.
tion. Cette diMcuKé a été sentie par quelques géographes du seizième siècle, qui , prenattt la presqu'tte Malaise pour la Chersonèse d'Or, se sont vus forcés de supposer à l'Asie une troisième presqu'île beaucoup plus grande que les deux autres , afin d'avoir une côte dirigée au midi , et tournée vers roc<4dent , qui leur représentât celles des Mnes et de Ptolémée (^).
i Un savant moderne, Mannert, ayant cher* cbé Catigara dans l'Ile de Bornéo, a supposé que les anciens avaient pris cette lie pour une suite du continent , et la vaste mer de Chine pour un golfe (^j. Ainsi , dès qu'on s'éloigne de l'explication donnée par Gosseilin, on se trouve entrahié à des suppositiims beaucoup plus téméraires que les siennes.
n La plupart de ces méprises sont l'ouvrage des premiers Portugais qui ont parcouru la mer des Indes. Ayant cru reconnaître dans le cap de Remania le Grand Promontoh*e d^aiw ciens et l'emplacement qu'occupait Sabana ou Zab», ils nommèrent le détroit voisin Eitrêito Saboanl Les commentateurs ont été trompés par ce nom et par celui de MahirCùlon chez Ptolémée, dans lequel on a voulu voir une allusion aux Malais, quoique MaU soit un nom générique pour les montagnes. De simples ressemblances de sons ont aussi fsdt voir /a6a* Dm ou l'Ile à (h^ dans Java, et les Iles M^ molm, où un charme inconnu retenait tout vaisseau garni de clous de fer, dans l'ile de Manille , dont te nom est très moderne. Tontes les lies que Ptolémée indique dans ces parages sont de peu d'étendue ; elles se retrouvent dans les ttes Andaman , dans l'ardiipel de Merg^ , et dans les Iles qui bordent la côte (*).
(i) Voyei let Cartes dans le Ptolémée deSylvnmiè, i51H dans Tédit. de 161S et 1^30 1 dans celle de Servêt, de 1595, etc. -^ (•) Mannêrt, V, p. f, 253.
(3) Les renseignements que fonmit Ptolémée sont tellement Tagnes, qnil est Impossible qne les géographes ne soient pas divisés d'opinion lorsqu'il s'agit de préciser la place des lienx qu'il mentionne. Ainsi . en opposant d'AnYille à Gosseilin, entre ies^ quels )a plupart des strants sont partagés, que dé dtrergences I Le Daona , suivant le premier, est la rivière de Tana^-Serim ; le CotiarU est le fleuve Cam* boge ou Ma7*Kangi et le Senus un des bru de ee fleuve ) Tltinm occupait l'emplaeeraent d'une ville dont le port a été détruit par les sables, qui fut une des plus florissantes de la Cochinchine, qui est mentionnée dans des mémoires chinois sous le nom de Tchen-Tchen et qui a donné son nom A un district appelé Thoun-hoa. lyAnviUe regarde le Maiptiu Sinui de Ptolémée comme It golli de ftiam , U ta
im
» Telles étaient les limites des découvertes que les anciens avaient faites dans le midi de TAsle. Ptolémée nous offirc encore quelques lumières nouvelles sur les progrès des connaissances dans Tintérieur de cette partie du monde. On avait de nouveau appris que la mer Caspienne n'était pas un golfe de l*Océan septentrional , et qu'elle en était même fort éloignée , puisque le Volga avait été remonté jusqu'à ses sources. En supprimant les goi^s par où Ératosthène avait cru que la Caspienne communiquait à TOcéan, on lui avait conservé sa forme prolongée d'occident en orient (0.
» Dqluis les bords de l'Iaxartes au sud, et ceux du fleuve Rha ou Volga à l'ouest , la Seytkie s'étendait au nord jusqu'à des terres inconnues, et à l'est au-delà d'une chaîne de montagnes nommée Imaûs , partant de l'Inde et se dirigeant au nord ; ayant dépassé cette chaîne , elle venait toucher à la Sérique (^). Si l'on cherche ces montagnes sur une carte moderne , on y verra les monts Belour et leur suite (^j.'Les nations les plus remarquables de la Scythie, en-deçà de l'Imaùs, étaient lés nombreuses tribus des Alani et des Massorgetœ , vers le nord et le nord-est ; les laxartœ, sur le fleuve du même nom ; les Comœdi^ autour des sources de ce même fleuve , et les Saeœ, en Boukharie (*). Dans la Scythie, audelà de rimaùs, le point le plus reconnaissable est la Catia regio, dont le nom est resté
effet , comment celui de Martaban, qni correspond, selon lai, au Sintu Sabaracuit auralMI reçu du géographe grec le nom de Grand golfe , si voisin qa'il est de celui du Bengale {Sinus Gangeticui)? Evidemment celui de Siam mérite mieux ce nom. Du reste, l'importance des fleuves qui ont leur eml>oudiure dans ce dernier et dans celui de Martaban favorise les opinions les plus opposées.
lyAnville détermine de la manière suivante les tles du golfe du Bengale et celles qui bordent la c^te de Malaca : Batacaia est Cheduba, prés des rivages de l'empire Birman; Bonœ^Fortunœ Insula est la grande Andaman $ au sud de celle-ci sont \es Maniolœ ; Barustœ , Sindœ et Sabadibœ paraissent être les Iles NIcobar ; Tacola , près de la terre ferme est QJonkseylon ; enfin Jabadii Insula ou l'Ile d'Orge est Sumatra, ayant pour capitale, suivant Ptolémée, Argenua ou Ashem. D'AnvIlle pense que ce géographe no connaissait que le nord de cette grande Ile.
{») PtoL Geogr. V, 12; VI, 14. — (•) Id.VI, 10. -^ (3) Gomp. PUn. Vf, 17. — (4} Asie , d'Anville, premtèft feuille. Aile, pir Wahl, I, 417.