‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 48 sur 229 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

à Kachghar (^). VAuzaMtis regio semble être le canton d* Acsou , au nord-est de Kadi^iar. On ne trouve aucune trace du nom des Isse^ dones ou Eaedones de la Scythie; on sait , par Hérodote, quMls demeurent vis-à-vis des Massagètes (^) , et Ptolémée place ceux-ci au nord-est des Sacœ. On sait encore que ces peuples, vivant sur des chariots (ainsi que leur nom le dit] , occupaient le mèfne pays où les Myrmécei, ou les fabuleuses fourmis indien-

nes , ramassaient des saisies d*or (S). Ces circonstancesl^emblent leur assigner leur demeure dans rigour et vers les monts d'Alta!. Les ChattœScythœ ont été cherchés à Khotan, dans le Turkestan chinois ; mais on pourrait aussi les placer dans une vallée de rimaCn, vers les sources de Flndus, qui, selon des rapports modernes , prend son origine dans im pays nommé Cathay, c*est-à-dire le désert (^. Sans nous livrer à de plus longues rec^^ches sur les tribus vagabondes nommées Seythei d^Aêie (^) , que nous croycms être les Tatares ou les Turcs du moyen âge ; sans examiner ai le lac de Tenghis , autrefois plus étendu , a pu offrir aux anciens l'image trompeuse d*an golfe de ce prétendu Océan scytkique, sur les bords duquel Pline et Mêla indiquent même des promontoires (^, tandis que Ptolémée, plus instruit , le remplace par une vaste étendue de terreê inconnuei, livrons-nous à la dernière recherche qui doit compléter Thistolre de la géographie ancienne ; tâchons de fixer la position de la fameuse Sérique, le terme des découvertes des anciens du côté de Torient.

i Les 5ère< demeurent au milieu des régions orientales dont les Scythes et les Indiens occupent les deux extrémités ; » voilà ce qu'assurent unanimement Pline et Mêla (^). Or, puisque ces deux auteurs terminaient!* Asie un peu à Test du Gange et un peu au nord de la mer Caspienne, qu'ils regardaient comme un golfe du prétendu Océan scythique et sérique, il reste évident qu'ils devaient placer les Sèree dans le Tibet et les contrées voisines. Les dé— tails donnés par PHne confirmait cette ^plication. Après avoir nommé quatre rivières ,

(•) Ptd. VI , 15. — (•) Méroâ. I, ÎOI. — P) jEHmm. HIst. anim. 111,4. — (4) WM, Indostan, II, 464, 474. Tiefenthaur, Ibid.— (&) Les «foioiiM, dans l'Ai. Shash, les Suebi sur le TshuI, etc., etc. Voyez ciaprès notre Descript. de la Tatarie, — («) Plût. YI» 17. Mcla , UI, 7.— n PUn. \. c. Mel. 1, 2.

HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE

Ptiktras, Carabi ou Cambari, Lanos et Cyr* fuAa, qa*ii dirige vers son Océan sérique, mais qui, dans la réalité, paraissent représenter quelques rivières méridionales de la petite Roakharie, dont les eaux se perdent dans les sables du grand désert, limite naturelle des connaisisances des anciens , Pline nous indique les Toehari , les Thyri , les Casiri et les Atfoeori^ comme les principales nations de la uorique*

i La première de ces tribus est placée par Ptolémée dans la Ractriane (> j , où elle a laissé sooDom à la contrée de Tokaristan, partie de iagrasde Roukharie. Les Thyri rappellent la ville de Kaspatyros d'Hérpdote (2) , située non loin de la contrée Paetyica, voisine de la Ractriane et de l'Inde. Tyr ou Thyr signifie , en persan , porte ; Kasp est le nom générique des montagnes p} ; Thouran est encore aujourd'hui le nom d'un district au nord de Kandahar, dans r Afghanistan. Les Coêiri, qui, selonPline, pouvaient déjà être censés faire partie de l'Inde, sont probablement les Coêpiri ou habitants de Cachemire. D'après l'ensemble de ces positions, rheoreuse vallée des Attaeori^ garantie contre les frimas du nord et les vapeurs pestiférées du midi , doit être cherchée dans le royaume de Latak. Le nom même des Attacori parait tenir à la langue sanscrite (^j ; et cette remarque, commune à la plupart des noms delaSérique, concourt, avec tant d'autres circonstances, à placer ce pays près des sources de l'Indus éL du Gange, où les anciens livres sanscrits nous dépeignent le pays sacré, le séjour de l'abondance et de la félicité , le fameux 5tri- Nagar (*). On peut même croire que la tradltion sur la longue vie des Sères («) , portée à deux cents ans , ou du moins à cent vingt , avait été puisée dans les fables sacrées des Rramines. Il est probable que les Cymi, Indiens dcmt Pline vante la longévité ('Jj demeuraient sur les bords du fleuve €yrnaba, dans la Sériqne, peut-être leKiria de la petite Roukharie-

» Les auteurs contemporains de Pline s'aceordent parfaitement avec cet exposé. D^ys

(0 Plùl. VI. — (•) Hirod. III , 102 ; IV, 44; VII, 67, 68, 85. (3) fra«,Indosl. II, 472, not. — (4) iHmik, défendu. — (») f^ahl, Indost. II, 445, SU, etC--(«) DiomPeneg. V. 753. Schol. EncpQi. mu waauH, in Geogr. Grsc. minor. III, 1.— (?) PUn. VII, î.

le Périégète ra^roche les Sères des Tocbari , selon le Périple de la mer Erythrée , les mar^ chandises de la Sérique arrivaient dans les ports de Tlnde par la route de Ralkh, aussi bien que par celle du Gange (i). Tous ces indices ne conviennent qu'au Tibet.

» Ptolémée ne diffère de ces auteurs qu'en apparence ; ses longitudes , arbitrairement établies d'après un itinéraire de caravanes marchandes , portent la Sérique au milieu de l'océan Pacifique. Une évaluation aussi évidemment fausse ne saurait mériter de longues discussions. Tenons-nous à ce que Ptolémée savait sur la position générale de la Sérique , et sur la marche des caravanes qui s'y ren* daient. La Sérique, selon ce géographe p), était bornée à Test par des terres inconnues : ce n'était donc point la Chine , baignée à Test par des mers. Au sud , les monts Emondus et Ottoroeorrhas la séparaient de l'Inde ; or, l'Emôndus et l'Imaiis des anciens forment la chaîne nommée Ëmod , Hema et Himalaya ou Himaleh par les Indiens modernes f ) ; le nom d'Ottorocorrhas est évidemment composé des mots sanscrits Uttara-Guru^ qui signifient pays du nord {*) , et ce nom reste encore , avec peu de changement , à la partie septentrionale du royaume d'Ascham (^j. Ces circcmstances fixent la position de la Sérique au nord de l'Inde. Quand nous aurons ajouté, d'après Ammien Marcellin, que les Sères étaient voisins de Y Ariane (^) , c'est-à-dire de la partie orientale de la Perse , et que la Sérique était un plateau très élevé , couronné de hautes montagnes et versant ses eaux de tous les côtés (7) , il ne peut rester douteux que ce vaste pays n'ait compris le grand et le petit Tibet , avec une lisière de la petite Roukharie , le Cachemire, et quelques autres vallées des pays montagneux où naissent Tlndus et le Gange. Aussi, comme Gossellin l'a observé, un géographe du sixième siècle traite les Sères d'Indiens (*) ; et , dans le neuvième, un autre écri-

(') Peripl.Mar.Erylh.36.— p)P(o/An.1, 11; IV, 12. — (î) fTahi, Ind08lan, II, 709. — (4) fTUford, Asialic Rcscarchcs, VI, 491. — (s) fTahl, 629-632, d'après IcsAsiaticRcscarch.-— (6) Ammien Marcell, XXIII,6. — (7) « Contra orienlalem plagam i« orbis speciem coDsert» celsorum aggerum summllates ambiunt Scia».. » Hanc itaqae planitiem undique pronâ decliviiate prœruptam , etc., Clc. » Amm, Marc, ib. — (») Steph. de Urb. in yocc Scres,

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