LIVRE PREMIER
eu sanetuafre des scitocet historiques , que ne fc ferait une de ces méthodes rigoureuses, abstraites et applicables seulement aux scien* ces exactes. Nous avons voulu faire un livre, .et non une table des matières.
n Toutefois, en adoptant ce pinn pour notre Géographie universelle, nous sommes loin de Bi;er le mérite deH méthodes différentes de la nôtre. Qu'un nouveau Varenius, dans une géographie purement mathématique y fasse usage de toutes les ressources de la haute géométrie; qu*un autre Bergmann discute, dans le langage de la chimie et de Thistoire naturelle, les éléments d'une nouvelle géographie pkysi^ que; que les naturalistes subdivisent même la géographie physique en plusieurs sciences particulières, telles que la géographie des plantes, la géographie mlnéralogique et autres ; que les élèves et les successeurs de Bueching rassemblent avec une patience infatigable les matériaux de la eharographie et de la topographie , qui ont pour bot la description particulière d'une contrée, d*un canton, d'une ville; qu'ils étalent en d'immenses colonnes de diiffres les détails de cette branche de géographie politique^ que, d'après les Allemands, nous nommons statiitique; que d'autres savants approfondissent d'autres par- . tics, telles que la critique comparative des anciens géographes, ou l'histoire des voyages et des découvertes : rien de plus utile à la science. Rien de plus digne de t'estime du monde savant que ces travaux consacrés à un objet particulier ; rien de pius Juste que de donner à chacune de ces branches les formes les plus exactes, les plus rigoureuses, les plus scientifiques que leur nature particulière puisse admettre. Mais une géographie universelle ne pouvant, sans tomber dans le défaut d'une étendue démesurée, embrasser tous les détails de toutes les branches de la science du géographe, doit se borner à cueillir la fleur et le fruit de ces savantes discussions et de ces pénibles recherches.
» 11 y a encore un point de vue qu'il nous parait nécessaire d*indiquer aux lecteurs de cet ouvrage. Les principes mathématiques et physiques de la géographie sont immuables, mais l'état des connaissances humaines varie ; les peuples s'éteignent, les royaumes s'écroulent, les villes tombent en ruines et finissent par ne point laisser de traces de leur existence.
On peut donc se figurer une série de géographies,, dont chacune, très différente de celles qui la précèdent ou qui la suivent, serait pourtant vraie, exacte et complète pour Tannée ou même pour le siècle auquel elle appartiendrait. L'usagea consacré en quelque sorte une triple partition de la science sous ce rapport ; on comprend dans la Géographie aneienne tout ce qui est antérieur à l'an 600 de J.-G. ou à la grande migration des peuples; la Géographie du moyen-dge descend Jusqu'à la découverte de l'Amérique; le reste est regardé comme le domaine de la Géographie moderne. Mais si l'on voulait mettre dans le langage une rigueur scientifique, on devrait distinguer autant de géographies qu'il y a eu de nations et de siècles marquants. Ces géographies peuvent être considérées chacune à part comme une science particulière; ce ne sont à la vérité que des systèmes incomplets et erronés, en comparaison de ta géographie de notre siècle; mas II est intéressant, il est important, même pour les simples amateurs, d'avoir une idée de cette marche lente et quelquefois rétrograde de la science, en tant qu'elle nous est connue avac quelque degré de certitude. Nous allons tracer à grands traits cette histoire des découvertes et des systèmes géographiques , avantde commencer Texposéde la géographie moderne ; mais ce n*est toutefois que cette dernière partie que nous promettons de traiter d'une manière détaillée, et dont nous faisons l'objet principal de cet ouvrage.
n Nous circonscrirons même la géographie moderne dans de Justes limites, qui, sans la réduire à une aride et insignifiante nomenclature, l'empêcheront de se confondre avec d*autres sciences. Sans doute, les esprits bien faits aiment souvent à réunir sous le même point de vue les résultats des sciences les plus différentes par leur marche et par la nature de leurs objets. Sans doute, semblable à l'histoire, la géographie ne doit pas être blâmée de s'intéresser à tout ce qui influe sur le sort des nations et des empires ; on doit, au contraire, avouer qu'elle rend un service à d'auti*es sciences, en rappelant leurs découvertes pour les placer dans un Jour nouveau. Que, par exemple , i'^onomte politique pèse dans sa balance les forces d'un État; qu'elle évalue, canton par canton, le rapport existant entre la superficie du terrain et le nombre des habi-