LIVRE QUINZIEME
SûsconêGa TAnglfa, situé entre Flensbourget Sleswik , parait marquer leur plus grande extension an nord (i). D^à, dans le quatrième siècle , ils semblent avoir été maîtres des parties septentrionales des cercles modernes de Basse^axe et de Westphalie C) ; et , comme les noms des anciennes tribus germaniques disparaissaient à cette époque , il est probable que dès lors les dénominations à*(htphalie et Westphalie , ou Saxe orientale et occidentale, devinrent usitées. Nous n*en avons des témoignages positifs que du siècle de Charlemngne (t). L'OitphaUe s'étendait du Weser à l'Elbe ; elle comprenait aussi les conquêtes âdtessurlesThuringiens; les pays que bai-^ gnent le Weser, TEms et la Lippe^ et que les possessions des Frisons empêchaient d'atteindre la mer, formaient la Westphalie, dont les parties les plus basses portaient le nom d'Engrie, sans doute le même que celui des AngrivarUy tribu d^à connue de Tacite* Le Nord-Albingia ou le Uolstein, est indiqué comme un pagus ou canton à part. Il est probable que les cantons nommés en allemand gms, formaient autant de petits États confédérés , et que la dâiomination de PhaUe, purement g^graphique, répond à celle de contrée (^). Les frontières entre les Saxons et les Francs varièrent selon la fortune des armes. Les Saxons, maîtres pendant quelque temps de la Batavie, et alliés des Frisons, devinrent, dans le troisième siècle, des pirates redoutables. Le nord entier , n'en doutons pas , fournissait déjà des renforts à ces hordes maritimes; les liaisons subséquentes des nations Scandinaves et saxonnes le démontrent assez ; lorsque les Bretons , abandonnés des légions romaines, cherchaient de nouveaux maîtres, la Saxe et la Ghersonèse dmbrique leur en fournirent également. Les /tiTef s'établissent les premiers dans une partie du Kent, en l'an 449. Les Saxons y fondent, en 477, l'état de Sussex ou Saxe du sud; en 495, le West-Sex, et , en 527, YEsseœ. On donnait à ces provinces
(') Suhm, II, 277 sqq.; V. ch. I, etc., etc. — (•) Zoxim. III , p. 24 , 252 , lo Corp. Byz. Hieron, In Eiuéb. Scallger. pag. 187. — p) CapUut. 787, ap. Baltt%. I, 276, etc. — {*)mek^i. LU. 1. 1. In Gramm. Jsland. p. 77. FoW, terre. Osifoid et ff^esifold, en Norvège. Comp. les Elymolog. de ff'achier. Elymolog. tn voce H^éUphaWu Spelman, GioM. 210, 548. SircHmannf idiot. Omabr. 52. Clwer, German. I, 15. Schlen, ton. VlTeatphal. 421 .
le nom de Saxonie d'outre-mer. En 547, les Angles débarquent en Bemide, et fondent plus tard le royaume d'Ostangle. Le royaume de Merde commence en 585. Ces États forment la fameuse HeptareUe des Anglo-Saxons : les princes élisaient ordinairement entre eux un chef suprême qui portait le titre de monarque, tandis que les assemblées de la nation s'appelaient Wittenagemot. Les contrées situées à l'ouest de la Saveme eurent alors le nom de Pays des Galles. Les Welches, ou Bretons anciens, qui s'y réfugièrent , ainsi que dans le Gomouailles, n'étaient pas des Celtes purs, mais un mélange de Celtes, de Belges et de descendants des Romains.
» Tous les peuples germaniques n'eurent pas des destins aussi tumultueux. Les TAtiringiens, qui nous paraissent les Teurioehœmœ de Ptolémée , quoique, des savants distingués y aient voulu voir la tribu visigotidque pommée Teninges («), étendirent leurs possessions depuis les bords de l'Oder jusqu'au centre de la Germanie. Dans les quatrième et cinquième siècles, le royaume de Thuringe arrivait jusqu'aux bords du Danube , dans les environs de Batisbonne p). En l'an 631, les Saxons et les Francs se partagèrent la Thuringe; des peuplades slavonnes occupèrent les parties audelà de l'Elbe. C'est alors que le nom de Franconie fut étendu à toutes les contrées sur le Mein, et que le haut Palatinat des modernes, devenu en partie une possession bavaroise, fut appelé Nordrgau. Les Bavarois on Boiovarii, qui s'étendaient jusqu'à l'Ems et aux Alpes, descendaient peut-être en partie des anciens BoU. La syltaâ>e mr, ajoutée au nom des BoU, parait, dans quelques dialectes germaniques, avoir signifié reste ou descendant p). Mais comme il ne s'est conservé en Bavière aucune trace d'une origine celtique, on se trouve dans l'alternative ou de nier que les Boli aient été devrais Celtes , ou d'admettre que leurs descendants aient été en très petit nombre. Peutêtre le nom du pays , autrefois habité par les Celtes , passa-t-il aux nouveaux habitants ve-
(') dfascovy Hist. des Allemands , II, app. lS-27. Voy. les réfutations : SagiuariuSf de ant. slat. Tharing. 6, 8, 12, 23. Suhm, V, 137, etc. Les Thervingi habitaient an-delA dn Danube une partie de la Dacie.
(■) Geog. Kav. IV, 26. Grupen, Orig. German. II, 31 4. — (») Thunmann , Recherches sur qnelqnef peuples, 40, 4] (en ail.).
HISTOIEE DE lA GÉOGRAPHIE.
nos de l'intérieur de la Germanie (<). Les Boio- Tani, nommés d^'à Bawarii par les Francs pj^ restèrent indépendants tant que la fortune d^Goths balança celle des Francs. Leurs rois, deyenus vassaux des monarques fi'ançais, durent se contenter du titre de duc. Charlemagne réunit la Bavière à son empire. Les frontières de ce pays étaient la rivière de Lech à Vouest (^}, la ville de Botzen ou Bauzanum au midi (% et k Danube au nord. La limite oneotaJe variait avec la fortune des armes; Chariemagne retendit momentanément jusqu'à là rîTJère de Raab.
» La ligue des AUmanni, c'est-à-dire des hommes de toutes les tribus ^ se montra vers Tan 247 ; ils habitaient sur le Rhin, le Necker et le haut Danube. Dans le quatrième siècle, VAUnumma s'étendit depuis la Thuringe jusqu'à Langres en Champagne (^)*La bataille de Tolbiac, en 496, rendit tous ces peuples vassaux des Francs. De leur nom, la Germanie entière a reçu le nom d'Allemagne, en français et en italien. L'histoire des Aleroanni, traitée par des savants du premier ordre (^, oilire encore des obscurités. On ignore si les Suwi formaient seulement une des tribus principales de la ligue, ou si tous ces peuples, appelés Alemanni par les étrangers, se nommaient eux-mêmes Suevi, ce dernier ûoax s*^ant seul conservé dans le pays. On n'a pas encore expliqué l'origine des lutkangi, que trois témoignages positifs représentent comme une grande nation , voisine des Quadi et des Sarmatei, pouvant mettre sur pied 300,000 cavaliers (^) , tandis que beaucoup d'autres passages non moins authentiques en font une tribu alémannique, voisine de la Rhétie (9) , et qui parait avoir très long-temps conservé le culte d'Odin (*). C'est une énigme historico-géographique dont on ne verra probablement Jamais une solution certaine.
(*) Mamert^ German. 449 sqq., 625 sqq. — (*) Leg. Ripiuur. tic. 88. — (^ Eginhard, tH. Garol. IL PoeU Saxo apnd Ldbnitz, I, 136. — (*) PauL JHae. H, 38; IU,9; V, 86. —C«) Aihanànd, ap. Geograpb. Raveon. PT, 26. — (6) Sckœpfiin, Alemann. anliq. io eSasd. Comment. Histor. 172 sqq. — (') Dexippus.ln Corp. Byi. I, &-9. Tabula PeoUng. scgm. 4. Eumen. Paneg. IV, 10. — (») Amm. Mare, XVII, p. 96. Vales not. pag. 140. Fictor ioGallien. Ambrot, Op. III, lOG, ep. 27. Pro8, in Euseb. Scallg. bUldat, ib. 23. Sidon, AppoU.tMm. 7, V. 233 et 234. — (9) Jona$,y\i, S.Colambani, c. 26 , ap. Bed, III , 801.
» Les Frmt ou Friscm, dont le nom indique un peuple qui creuse des canaux , habitaient, du temps d'Auguste , dans la Hollande propre; ils se répandirent, dans les deuxième et troisième siècles, depuis l'Escaut jusqu'au Weser. Ils prirent part à l'hivasion de la Grande-Bretagne par les Saxons. Les Francs , sous Pépin et Charles-Martel , vainquirent et subjuguèrent cette nation, opiniâtrement atta< diée à sa liberté et au culte de ses ancêtres. Charlemagne leur 6ta le droit d'être gouvernés par leurs propres rois. A l'occasion des guerres de ce monarque avec les Danois, plusieurs Frisons trouvèrent un asile dans les lies des côtes occidentales du Jutland. Bans toutes ces contrées on retrouve encore les traces de leur idiome et de leurs mœurs ('). Dix-huit siècles ont vu le Rhin changer son cours, et l'Océan engloutir ses rivages; la nation frisonne est restée debout comme un monument historique, digne d'intéresser paiement les descendants des Francs, des Anglo-Saxons et des Scandinaves.
» A l'est des peuples germaniques et gothiques, et quelquefois au milieu de ces derniers, nous trouvons, dans le sixième siècle, les vastes établissements des Slavons, qu'on a voulu, sans aucun argument plausible, considérer comme une nation venue d'Asie pendant la grande migration. H est aigourd'hui prouvé que les Venedœ, vers les rivages de la Baltique, les Lygii sur laVistule, et les Daces, ou Gètes , au pied des monts Carpathes, forment la souche des Slavons f^ ; et, si l'on peut varier sur le nombre d'anciens peuples qu'il faut compter dans cette famille , si l'on peut avec avantage disputer contre ceux qui y comprennent même les anciens Ulyriens (^) , du moins il ne nous semble plus permis de douter que les Slavons, aussi bien que les Grecs, les Celtes, les Germains, n'ident habité l'Europe de^* puis un temps immémorial. Procope , le premier qui les ait nommés, étend leurs demeu-
(') Wiarda, HUt. de rOstfcise (en allem.) Introduct. Comp. Suhm, y, 38, 68, etc., etc. Sprengel, Hist. d'Angleterre, p. 84. — [*) Gratterer, Disquisltio an popnloram Slavicomm originem à Getii slve Dacis liceat repelere, in Comment, Soc. Goaing. vol. XI, p. 107. Tableaa della Pologne, par Maito^Brun toro. II de la 2« édition revue et refondue parM. Léonard Cbodzko. Parii, 1880. — (>) Dolàt de lingue Ulyricâ. Venise, 1754.
LIVBE QUINZIÈME.
res dg^uis le Danube Ju5qu*aux terres des Varmi, peuple du Hecklenbourg. Jomandès , contemporain de Procope, comprend toutes ces nations sous le nom de WirUdion Veneti; il les distingue en trois grandes brandies , les Winidœ proprement dits, les Ante$ et les Slavim (>). Procope ne connaît que les Antes et les Slavini. Mais ces auteurs se sont probablement trompés tous les deux, puisqu*encore ai^ourd'hui toutes les nations slavonnes, depuis lamer Adriatique jusqu'à la Baltique , et des bords de TElbe à ceux du Volga , se donnent, d*un accord unanime, le nom diversement modifié de Slavons (^j.
» Le grand bouleversement de TEurope, en affhmchissant les Slavons et les Wendes du joug des Goths, leur donna occasion d'étendre leurs possessions à mesure que leur nombre augmenta. Les restes des Gètes, dont le nom a souvent été donné aux Slavons (3), en fuyant devant les armes de Traj^n, contribuèrent sans doute à renforcer les nations sur la Yistule. Il parait que, dans le sixième siècle, les Wendes demeuraient principalement au sud de la Baltique, les Slaves vers les sources de la Yistule et de TOder ; enfin, les ArUes, troisième branche de cette race, sur les bords du Dnieper et du Dniester. Ces Antes, qui, conjointement avec des Slaves établis en Moldavie, faisaient la guerre à Tempire grec, disparaissent tout-à-coup de la scène 'de l'histoire; ils furent, sans doute, en partie anéantis par les hordes asiatiques (*), et en partie repoussa au sud du Danube , dans la Pannonie et FlUyricum. C'est ici que nous voyons pour la première fois paraître les sept tribut de Slavons, dont la langue, encore aujourd'hui, plus rapprochée du russe que du polonais ou du bohémien , prouve leur parenté avec les Slavons orientaux ou de Russie p). Il est vrai qu'un empereur byzantin feit arriver les Slavons d'Ilïyrie, des bords de la Vistule et de l'Oder, où il place le pays de Grande-Ckr abatte et Grande-Serblie, patrie, selon lui, des Croates et des
(') Jom. Get. s, J3. — (•) Slovènes , chez Nestor, aateur rosse de 1000-1066; Slowinti, en servien, crotte et tons les dialectes illyriens; Slovieni, dans le dialecte des Cassabes, en Poméranie; Stowaki, parmi les Slavons de Hongrie» etc., etc. Adehmg, Mltbridates , n. — (>) Voyez l'Histoire de Bohême, par PfMidtka, I, 847. - (*) Siriiur, Memor. popol. I, 719. — (») AdeUmg , Mithridat. II, «14,689.
Serviens d'Illyrie (>j. Cette opinion prouve seo* lement que les Byzantins connaissaient ces peuples pour être Européens d'origine ; mais quant aux Serbli, Sorabes ou Serviens de la Lusace et de la Saxe, il est prouvé que leur idiome ressemble assez peu au servien parlé sur les bords du Danube (^j ; et , à l'égard du nom de Gbrobates, Horovates ou Croates, il est appellatif; il signifie montagnards (3j, et peut, pai' conséquent , avoir été appliqué à des tribus absolument différentes entre elles. Quoi qu'il en soit, les Chrobates arrachèrent aux Awares , vers l'an 620, la Dalmatie, la Croatie et la Botnie actuelles ; d'autres tribus slavonnes donnèrent de l'existence et des noms aux petits Etats de Carinthie ou Carantanum (*), de Camiole (5), de Servie, de Zellia ou le comté de Ciiiey, nommé aussi Marche-Vénède [^\ YEtclavonie proprement dite. Mêlés aux anciens Illyriens, ils se répandirent même en Albanie et en Grèce. Nous ne cacherons point qu'il y a des raisons pour croire que plusieurs peuples slavons étaient établis dans ces régions long-temps avant la migration des peuples. Le nom slavon de Garni, peuple connu avant la naissance de J.-C., et qui occupait la Camiole (^), semble prouver que cette contrée n*a point changé d'habitants. Sans rien décider, à cet égard, remarquons seulement que l'opinion de ceux qui considèrent les anciens Illyriens comme Slavons (•) se concilie facilement avec les arguments positifs qui nous font r^arder la race slavonne comme également indigène des régions qu'arrosé la Yistule.
» Mais les grands établissements des Slaves eurent lieu en Bohême, en Pologne et en Russie. Les Teheehet, qui peuplèrent la Bohême, doivent à leur position géographique leur nom, qui signifie littéralement ceua: en avant ^ la Bohême est en effet le plus occidental des grands États fondés par les Slavons (']. Les
(*) Constant. Porphyrog, de admio. imperio, eip. 82. — (•) AdeUng, 1. c 634. — (») Gebhardi, HIsl. de Bohême, dans THlst. uni?, ail. LI, 289; LU, 8ô6. — (4) Camuptum quod corruptè vocltant Carmtê' num. Paul Diac, Y, 22. Carinihia in Ann. Fuld. ad ann. 860. — (^) Carniola , Sclavorum patria. PauL Diac, VI, 521. — («) Sclavorum regio qute Zelia tocatur. PaulDtac, IV, 40. — (7) Strab. IV, 106. PUn, III, 20, etc. — (t) Mauro Orbini, regio degli Slavi. p. 173. Doici, de Illyricii lingaae iretusUte , 17&4. Id. Epist. ZanetU confutata. Katanisich^ specim. pbilog. geograpb. Pannon. Agram. 1797. — (*) Dobrowààt DissertaUoo sur le nom de Tcheches. Prague, 1782.
HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE
Uaieheê on Lëdies fondèrent les divers dncfaés de Pologne, dont la Silésie fit paiije jusqu'en 1163. Pourquoi chercher Torigine de ces Liaiebes Jusque parmi les Laziens de la mer Noire? Il est plus naturel de les reconnaître dans les Lydiens, que déjà Pline indique sur les bords de la Yistule.
» Les annales russes de Nestor semblent, à la vérité, placer les Liaiches, qu'il nomme aussi Poliames, ou habitants des plaines, dans les environs de Kief (*)• Il se peut que les tribus I ygîennes aient été repoussées vers le Borysthène par les Goths et* les Gépides ; elles seront retournées dans leur ancienne patrie après la chute de Tempii'e d* Attila. D'autres tribus slavonnes semblent avoir toujours rempli les pays sur la Yistule et l'Oder; dès 4'an 530, on voit les Francs attaquer deux États slavons, connus également des auteurs byzantins.
» La Grande-^Chrobatie embrassait la Bobéme, du moins en partie, la haute Silésie, et peut-être la haute Pologne. Les Awares subjuguèrent la Grande-Croatie; mais 5amo, particulier devenu riche et puissant par le commerce, affranchit ses compatriotes du joogde ces baîrbares, et fonda, vers Tan 623, un grand empire slavôn. Séduits par le nom de Croates, quelques historiens ont voulu circonscrire les exploits de Samo dans Tétroite sphère des r^B;M)ns illyriennes. Cependant les Wendeg-Bistdciens , ses premiers sujets, habitaient plutôt sur la Yistule, nommée Bimda par Ptolémée, que dans le petit canton de la Marcbe-Vénède. Les Belo-Croates ou Croates blancs ne différaient probablement pas des habitants de la Grande-Croatie ; la prononciation et Forthographe des Grecs byzantins leur faisaient confondre les deux mots slavons qui signifient grand et blanc (2). Après la mort de Samo, les Slavon^ formèrent de petits États [^] , parmi lesquels la Morenne ou Mahravania devint une puissance respectable. Toute la Hongre septentrionale faisait partie de ce royaume, qui, subjugué momentanément par Qiarlemagne, resserré, vers l'an 894, dans les boites 46 la Moravie actuelle , devint, en
(*) Nettor, édit. all.de Schlœlzer, p. 41.— {*) Beli on Bitlit blanc» weli, grand , en grec ^th, qu'on prononce welû — (3) Aimoin, IV, c. 23. Fr€d9§ar ^ C 48.
1177, une dépendance de la Bohème (*}. 11 est plus dlfOicile de décider en quels lieux et a quelle époque a existé le royaume slavon nommé Grande-Serblie ou Servie. Lopinion la plus généralement reçue comprend spus ce nom une partie du royaume actuel de Saxe , depuis rOder jusqu'à la Saale, pays que les SlavonsdeBohême appellent encore5er6«A:o ('% et où les armes de Charlemagne rencontrèrent si souvent une puissante nati(m slavonne ou wende , désignée dans les chroniques du temps sous le nom latinisé de Sorabes.
» Les Wendes proprement dits se répandirent dans toutes les contrées où TOder et la Yistule roulent leurs flots vers la mer Baltique. Les Lutzizoi ou Leutieii ont laissé leur nom à la Lusace; ils étaient une des principales tribus de la nation appelée Wilzes par les Allemands, et Welaiabi ou plutôt Tf todawi dans leur propre langue P). Ce nom exprime leur puissance, qui, surtout dans les septième et huitième siècles , s'étendait sur le Brandebourg, la Poméranie occidentale^ et une partie du Mecklenbourg. LOder les serait (^) des Poméraniens ou des Po-morski, c'est-à-dire peuples maritimes ^ la rivière d'Havel servait de limite entre eux et les Sorabes ou Serbes {^)': leur capitale s'appelait Bhetra. Une de leurs tribus, les VkerainSy a laissé son nom à la province d' I7*er-twarfc nom composé d'un mot slavon et d'un mot allemand , qui tous les deux signifient frontière. Les Obcftriti, nommés Afârede dans la géographie d'Alfred, occupaient le Mecklenbourg; leurs rois , dans le onzième siècle, eurent quelque célébrité. L'Elbe, appelé Labe en slavon, communiquait à une partie des Obo#ites le surnom de Po-labes (*).
» L'époque de la grande migration ne vit pas les nations sarmatiques de la Prusse et de la Lithuanie éprouver des révolutions assez bruyantes pour que l'histoire en dût conserver le souvenir. Les Estiens envoyèrent au grand Théodoric une ambassade chaînée d'im présent en ambre jaune p). Les Samogitiens ou
(<) Dobner, Recherches critiques sur la Moravie , dans les JIfém, eTune SociéU de particuliers , publiés par M. de fTarma, II. 202.— (») Adelung. Milhr., II. — (3) 7o«rf. Orig. Slav. part. III, p. 192. — (*) Adam. Brem, 19. — (5) Buçiiolz ^ Topog. anc. de Brandebourg, p. 11 et 12. — (6) Sehwartt, Géogr. de FaIlem. scptcnl. 27, a*» 241 , 289, etc. — (') J#r-