LIVRE QUINZIÈME
SMamaJUeê paraissent avoir ooniirvé le nom général de Sarmates. Les Galindœ restèrent dans le canton de la Prusse qui porte leur nom. Les Yidioarii ou Widivariem, qui habitaioit vers les embouchures de la Vistule, étaient plus probablemoit un reste des G«ths. Mais passons ces régions obscures pour suivre dans Test de TEurope les migrations des Slavons. Deux nations de cette race avaient bâti, & une époque inconnue. Tune la ville de Kief ^ sor le Dnieper; Tautre la dté de Novogorod , sur les bords du lac Ihnên. Yen l'an 850 , des Scandinaves , nommés Warièguei, et conduits par Rurik, devinrent les maîtres de Tétat de Novogorod; mêlés avec les Slavons, ils formèrent un peuple connu depuis sous le nom de Russes (<). Les conquérants Scandinaves , en suivant le cours du Borysthène, soumirent aussi rÉtat de Kief , et firent retentir Jusqu'à GonstanUnople le bruit de leurs armes victorieuses. Cette course, plus rapide encore que celle des Goths , sert à nous donner une idée des hivasions des peuples du Nwd ; c'étaient moins des migrations, auxquelles le Nord n'aurait pas pu fournir, que des entreprises militaires dans lesquelles les nations, plus industrieuses, plus pacifiques, fixées en Sarmatie, ouvraient une route fodle aux audacieux enfants d'Odln.
» A Test de ces vastes contrées où les Goths, les Huns, les Sarmates et les Slavons se combattaient, se croisaient ou se poursuivaient les uns les autres, demeturaient les restes des Scythes d'Europe, connus sous l'appeliation moderne de nations finnoises. Les sièges actuels des Lanons, des Finnois, des Fermions, des Tchérémisses et des autres nations eomprises dans cette race, indiquent assez l'ancienne étendue des régions qu'ils occupèrent depuis la mer Glaciale jusqu'au Volga et vers la mer Caspienne. Am sud-est des nations finnoises, vers le lac Aral et au pied du mont Altaï, demeuraient les Turcs j et plus loin, vers le centre de l'Asie, les Igours : lesruns et les autres, 1res vraisemblablement, sont des restes des Scythes d'Asie. C'est de ce monde, presque inconnu aux Grecs et aux Romains , même à ceux de Bysance, que, dans le sixième siècle, on voit sortir un nouvel essaim de barbares, connus sous les noms de Bulgares, Awarm,
(•] Muller , Orig. gent. et Doinin. Russor. dans Goiferer, Bibliolh. hUt. V, 283.
Chazares^ Ougres, Hongrois et autres. Lei savants n'ont pu s'accorder encore sur l'origine de ces hordes, qui probablement étaient m mélange de tribus finnoises et turques.
i Les Bulgares, qui, selon les auteurs byzantins, seraient une branche des Ougres ('), mais qui offrent bien plus de traits de ressemblance avec les Turcs (^, tiraient sans doute leur nom du fleuve sur lequel ils habitaient originairement. Leur premier pays, ou la Grande-Bulgarie, était arrosé par le Volga. On montre près de Kasan quelques restes de leur capitale. Us demeurèrent ensuite sor le Kouban, et enfin près des bords du Danube, où ils subjuguèrent, vera l'an 500, les Slavons- Serviens établis sur la partie basse du cours de ce fleuve. Soumis à Leur tour par les Awares. Us s'affranchirent de ce Joug en 635; leur empire comprit alors les Cuiurgores, restes des Huns, établis vers les Palus-Méotides. La Rulgarie danubienne, démembrement de ee vaste Etat, se rendit long-temps redoutable à l'empire byzantin.
» A côté des Rulgares on voit paraître les Valaquesj Walaches ou Woloches, mélange d'andens Gètes ou Daces et de colons romains, conmie le prouve leur langue, dérivée du slavon et du latin (3j. Réfugiés dans les vallées du mont Hémus , ces peuples revinrent, par une suite d'événements, dans leurs andennes demeures, où, successivement esclaves de diverses nations, ils ne formerait des Etats indépendants que dans le treizième siècle. D'au* très restèrent au sud du Danube, et se disséminèrent jusque dans la Grèce.
» Les Awares, que de Guignes s'amuse a faire venir des confins de la CMie, paraissent plutôt être les Aorsi de la géographie andame. S'étant montrés d'abord comme ennemis des Sahires, peuples du Caucase, ils se portèrent sur le Danube, et pillèrent là Thrace en 474. Vainqueurs des Gépides, ils établirent, en 566, un royaume dans la Dade et la Pannonie, d'où Us ravagèrent toute l'Allemagne méridioiiala; leur barbarie, ainsi que liur mélange avee qudques restes des hordes hunni^ne» vivant dans le pays de Hunnivar, ou dans 4r iiaute-
(') r/tunmann, Histoire des peuples de l'est de rKo' rope, pag. 36. — («) Engel, Histoire nnlv. aUem. XLIX,263, 29S. —(3) Thunmann, Hist. des peuples, etc., p. 1G9. 5H/ser, Dace transalpine, n, ISl.etc.
HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE
DoDgrie [% les fit nmnmer HuM^Atoaréê. Il est certain que plusieurs auteurs du moyen 4ge les considérât comme de vrais Huns (^j i mais comme les historiens byzantins assurent que les Awares parvenus en Europe n'étaient i[ue des Ongres, autrefois sigets des vrais Awares f^, nous restcNOus dans le doute et Tincertitude.
»L*emplre des Ghagans, ou princes des Awares, s'étendait d^ais la mer Adriatique Jusqu'au Pont-Euxin ; il emlnrassait une grande par^ du cours du Danube et de la Vistule. Leurs courses s'étendaient Jusqu'en Thuringe (^) . Les richesses de vingt contrées étaient aoeumulées dans leurs ringi, ou camps retrandiés ; mais ce peuple brigand ne conserva pas long-temps sa funeste puissance. Très afikiblie par les guerres avec les Bulgares, la Htmavarie succomba sous les armes de Charlemagne, en 796; et, resserrée en Dacie, elle devint, dans le neuvième siècle, la proi^ des Moraviens et des Patzinakites.
1» Les Chaxares, nommés aussi Ougres blancs par les historiens byzantins, se montrèrent d'abord entre la mer Caspienne et les Palus-Méotides. Délivrés du joug passager des Huns et des Bulgares, ils étendirent leur domination Jusqu'à la rivière de Thess, et restèrent, pendant les septième et huitième siècles, la nation prépondérante dans cette partie du monde. Ennemis des Persans, et ensuite des Arabes, Fempire byzantin eut en eux de puissants alliés; mais, vers l'an 884, les Patzinakites eommencèrent à ébranler leur puissance (^). Le nom de Chazaria resta jusquedansledouzième siècle, àla péninsule de la Tauride, ai^ourd'hui la Crimée.
» Les Ougres, dont le nom s'écrit aussi Honorais, Onogttres, Hunnugares et Unnugunéwres, mais qui s'appelaient eux-mêmes Mor gyares, d'après la principale de leurs tribus (•) ,
(•) Jomandes, Gel. 63. — (•) Paul. Diac. 1 . 27; II, T.Geogr. Ravcnn. IV, 14.— (») TheophyU Vil, 8.— (♦) Greg, Turon, IV, 29. Paul, Diac. II, 10; IV, Ij. (5) Thunmam , flisl. des peuples, p. 110. Gebktffd^, HisLuoly. LI, 368. Pray , disserl. in Anal. HoDDOr. dis». 4. Suriter, Memor. popul. m, etc. —(^FûcAer, Dissert. deorigin.Viigror. 118.
vivftient dans le cinquième siècle vers les sources du Volga, dans une contrée qui conserva Jusqu'au treizième le nom de Granit Hongrie (*). Ils s'approchèrent, dans les septième, huitième et neuvième siècles, des bords du Don et des Palus-Méotides ; les ruines d'une vUle nommée Madchaf, qui se trouvent dans les déserts au sud-ouest d'Astrakhan, attestent leur séjour dans ces régions 1^) ; mais il est incertain si c'est précisément ici qu'il faut chercher la contrée Lebedias, d'où, dans le neuvième siècle, ils sortirent pour se rapprodier des monts Carpathes, d'abord comme auxiliaires des Slavons-Moraviens contre les Allemands, et^nsuite comme alliés d' Amulphe, roi de Germanie, contre la Moravie. Ils ifaiirentpar s'emparer du vaste pays qui porte encore leur nom, et d'où leurs hordes sanguinaires se précipitaient tantôt sur l'Allemagne et tantôt sur l'Italie. On les confondit avec les Av^ ares, qu'on avait d^à confondus avec les Huns ; mais comment le Hongrois à la taille élancée, à la mine nobleetfière, serait-illedescendantdel'informe Hun ou Mongol ? La langue hongroise, qui a quelques rapports avec le turc et les autres langues orientales (•), ressemble, par les caractères les plus essentiels, aux langues finnoises (^), et prouve ainsi que les Hongrois ont dû leur origine à un mélange de Tuj'cs ou Tatars, et de Finnois.
» Ici se termine, du moins pour l'Europe et pour quelques sièdes, cette immense série de hordes barbares qui, semblables aux nuages chargés de foudres qu'un vent impétueux roule les uns sur les autres, se sont précipitées des déserts du nord et de l'orient sur les fertiles régions del'occid^t et du midi. »
(•) Bayer, Geogr. Ru8sis,p. 383, in Comment. *cad. Petrop. tom. IX. Abulgazi, Hisl. généalog. p. 45. Constant. Porphyrog. etc. •— (•) Busching, Biagasln histor. et géogr. V, 531. sqq. — (3) BeregsMOSMi , sur la resseroblaDce de la langnehoDgroise ayee celle de l'Orient, 1707 (enaUem).J^a/mâi', prodromus idiom. Scylhico-Mogorico-Avarici, etc. Poson. 1T70. — (*) Sainoviecz, Demonstr. idiom. Ungar. et Lappon. etc. Copenhague, 1770. Ihre. ThunmanntH^ ger^ etc. GyamiafAlaffinitasUiigushangarice, ele. GoBt. 1799.