‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 59 sur 229 · partie de l'Afrique, parcoururent cette partie · texte numérisé non relu

partie de l'Afrique, parcoururent cette partie

. du monde jusqu'aux environs de Sofala à l'o-

(') L'exemplaire le rooiDt défeetaeux se eoDserveà Il Bibliolbéque de Gotha , et il en a été publié des flragnientfi Intitulés: De Mohammede Ebn^Batuta Tingiiano ejusque itineribuê Commenlatio academica^ par Jeau Godefroi Kosegarten, lena , ISiS , in-io; Descriptio terrœ Malabar , par Henri Apetz , !cna , 1819. Cet abrégé a pour auteur Mohammed Kelebi. G'etft un abrégé de cet abrégé que le savant H. Lee a publié en anglais, avec des notes , par ordre du comité de traductions de la société asiatique de Londres. Ce dernier extrait porte le nom de Mol^ammed Bylouni , et le titre suivant: 7he traveli vflbn-Batuta , Londres , 1129, in-40. (iVo<e communiqués par M, Reinaud»)

rient , et jusqu'au-delà des bords du Niger dans l'intérieur; mais sur la côte occidentale leuis connaissances semblent s'être arrêtées vers le cap Blcmc. Les six lies Fortunées des ancieos étaient connues des Arabes sous le nom de Chaledat(^]. Quelques auteurs, s'en tenant au plus grandes, n'en nomment que deux^ savoir: Lakuê, qui est sans doute Lancerote; etSaaU, qui serait alors Forteventura. Les statues qui montraient du doigt l'occident, et qui figurent sur tant de cartes du moyen âge, se trouvent indiquées par les auteurs arabes dès le commencement du treizième siècle ('). Les peuples qui habitaient ces tles soiît représenta sans barbe. Parmi les autres lies de la mer Occidentale ou Ténébreuse, les Arabes semblent avoir connu Ténériffe avec sa célèbre montagpe, sous le nom de Chaiaran. D^antres terres se montrent dans un lointain obscur. Ltle KtAhan, où les hommes ont des têtes semblables à celles des monstres marins ('J , pourrait bien être la Calédonie. La terre de Mousiakki», remplie de serpents , rappelle V Ophiusa des anciens navigateurs carthaginois : c'est peut^lre l'Irlande. Il serait trop téméraire de voir les fies de FerOœ dans celle de Ganam, c'est-à-dire des Moutons. Cependant la signification est la même. Edrisi indique encore Tile de Sahelia, où l'on achète de l'ambre jaune, et celle de Laka, où il vient des bois odoriférants. En ne marquant aucune distance , les Arabes ont ou* vert la porte à toutes les conjectures ; on n'a pas manqué de chercher ces îles en Amérique (*); on a même cité les frères Almagrurins comme ayant fait un voyage dans cette partie du monde avant l'an 1147. Ce fait mérite notre attention.

» Huit habitants arabes de Lisbonne, auxquels on donna le nom d' Almagrurins ou errants, entreprirent un voyage pour découvrir les terres les plus reculées à l'occident; ayant navigué onze jours à l'ouest et vingt-quatre au midi, ils trouvèrent plusieurs îles. L'une d'elles était très riche en brebis qui avaient la chair si amère, qu'ils n'en purent pas manger. Une autre était habitée par des hommes qui leur dirent que l'Océan était encore navigable trente journées plus loin, mais qu'au-delà l'obâcurité

(') Edrisi, Africa, edit. Hartmann, 310 sqq.- («) Jbn-al-Ouardi, Notice» eteitraiU, &&.— (^0 Êdrisi, Ibid. 316. — (4) De Guignes, Noiicc sur Ibn-at- Ouardi, p. 24.

HISTOiaE DE LA GÉOGRAPHIE.

onpéchait d'avancer. Le souvenir de leur voyage se conservait eneore au temps d'Ibnal-Ouardi, par le nom d*une rue de .Lisbonne qu*0Q avait a^^ée là rue des Aimagrurins. La relation des pays qu'ils prétendaient avoir ^ns pourrait s'appb'quer à cette grande lie hy- . pothétkiue que plusieurs cartes, faites avant les découvertes de Christophe Colomb, placent à Vocddent de l'Europe (>)• Mais il est plue naturel d'admettre la réalité du voyage, et de cnrfre que ces navigateurs auront visité les Guaries, puisqu'ils revinrent au port d*A$fi ou d'Asafi, situé dans le Magràb^Uxhsa , ou l'Afrique la plus occidentale (^j.

» Edrisi connaît les Zankagi, tribu qui a donné son nom au fleuve Sénégal. Des documents du treizième siècle, conservés à Gênes, indiquent le jRû> do Ouro sous le nom arabe de Wadimel ('). Il semble donc que les connaissances des Arabes ont dépassé le cap Boyador, qui arrêta si long-temps les Portugais.

» La géographie moderne n*offire pas de renseignemoits postérieurs à ceux que donnent les Arabes sur la plus grande partie de la Nigritie. Ainsi , la discussion sur le Nil des Nigres ne saurait être séparée de la description de TAiWque. Ce fleuve, que, selon la juste remarque de M. de Lalasde, quelques, auteurs arabes font couler à l'ouest, pourra très bien un jour être retrouvé dans une rivière difTérente du Joliba ou notre Niger. La contrée Meczara, avec la ville, ou, selon d'autres, l'Ile d'Oulil, termine ici la géographie arabe à l'occident, comme le pays de LanUem au midi. La Nigritie ou la BekuM-Soudan, dont certains cantons s'appellent aussi Belad^aUTibr (pays de l'or), renfermait les villes de Tocrur, Sallah, Beroisa, €hma, célèbres par leur grand commerce, et qui peut-être florissent encore. Au nord de ces pays était le désert du Sahara, que les caravanes des habitants de Vareelun traversaient, ou sur les confins duquel elles se rendaient pour aller chercher For, les esclaves et l'ivoire du pays des Nègres.

» L'Afrique orientale , depuis l'Egypte jusqu'au cap Corientes, fut fréquentée par les

(«) Sprengel, HIH. des découY. 20. — (■) Tychsen^ dans la Nouv. biblioth. orient, et exeget. VIII, 54 sqq. — (^) Graberg, Annali di slatisUca » ÎI , 290. (>)nip. ff^aickenaer. Annal, des Voyages de Malie^ /^riut,VlI,24S8qq.

Arabes dès le dixième siècle (<). Ils y établirent leur domlnati(m et leur religion. Les noms qu'ils donnèrent aux peuples de ces contrées sont les mêmes qu'ils portent aujourd'hui. Les villes de Mélinde , Mombaza et Sofiala florissaient dès le douzième siècle (>). Les géographes arabes placent au-dessous de FÉgypte la Nubie, dont les habitants étaient très recherchés pour esclaves (•). A ce pays confinait VHabaeh ou TAbyssinle, où l'on trouvait beaucoup de girafes, et qui était limitrophe du pays de Tor (^]. Sur la même côte, plus au sud , était le pays des Zindgeê ou Zanguebar , où se trouvent les villes dont nous venons de parler, et d'autres encore célèbres par leur comr merce (*). Avec le pays de Sofala, qui , outre l'or, produisait beaucoup de fer, se terminait l'Ethiopie, connue des Arabes; car pour la terre Ouac-ouac, plus reculée encore, on ne sait où la chercher. Les Arabes ne savaient pas que la mer Herkend,c'estrérdire la mer entre l'Afrique et l'Inde, ne faisait qu'un tout avec la mer Atlantique; au contraire, quelques uns de leurs gé(^;raphes répètent les erreurs de Ptolémée sur l'adhérence des parties méridionales de l'Afrique et de l'Asie. Du moins Edrisi place près des lies de5an^etdeitfa^at, les plus reculées des Indes , une grande terre qui s'étendait de l'ouest à l'est , qui à l'ouest est unie à la côte de Zindge en Afrique, et au nord se prolongeait jusqu'aux côtes de Sin^ c'est-àdire l'Inde au-delà du Gange (^j. Les géographes arabes parlent de beaucoup d'Iles de l'Océan indien. Il est certain que dès lors Madagascar était fréquenté par les étrangers , ainsi que le prouvent d'ancieiines colonies arabes qui y sont établies (^). Massoudi dit (*] qu'à environ deux journées de navigation de Zanguebar, était l'Ile de Phanbalu, dont les habitants avaient embrassé la religion de Mahomet. Nous avons déjà fait remarquer la frappante ressemblance de ce nom avec celui de Phébol , grande lie de la mer des Indes , connue du temps d'Aristote.

» L'Ile Seranda, évidemment le Serandip des Indiens et notre Ceylan , est placée près de

(') Renaudott Anc. relal. p. 805, 806.— {^) Edrisi, éd. Hartm. 101, 118. — (») Ouardi, p. 88. — () Bakoui, p. 394. — (i) Geog. nub. p. 28. OuaMi, p.40.— (<^) Geog. nob. pag. 37. — (?) Booihbj^ Dlsocyery and Description of Madagascar. London, 164^, pag. 6. — U)Not.ctexiraiU, I, 16,

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