‹ Géographie universelle (volume 2)Chapitre 61 sur 229 · LIVRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈME

Le Mavareluahar, qui devint ensuite un état mogol particulier, et porta, avec une partie de la grande Tartarie, le nom de Zagathai, était situé entre le Sihoun et le Djiboun ; après avoir arrosé cette province, et avoir passé assez près de ses villes principales, Boukhara, Samarkand et autres, ces fleuves étalent censés se jeter dans la mer Caspienne. Cette ancienne erreur, répétée par des géographes européens, est contredite par Abdul-Kerim , qut visita ce pays vers le milieu du siècle précédent. Nous avons fait voir que des idées systématiques et fausses sur rétendue de la mer Caspienne ont seules donné naissance à cette opinion. Le pays des Turcs, le Turkestan, s'étendait au-delà du DJihoun vers le nord et Test; mais ce qu*en disent les écrivains arabes ne répand qu'une lumière très faible sur la grande Tatarie, dont les conquêtes des Russes nous ont fait connaître les différentes parties. Par exemple, Edrisi fait mention d*un pays de Baghargar, au-* dessus du Tibet, dont la capitale est Tantorbre; il s'étend vers l'orient jusqu'à l'océan Ténébreux, qui fait la limite de la Chine (^)* Ce nom parait devoir sa naissance à une erreur de copiste. Suivant la remarque de d'Herbelot, le même pays s'appelle Tagazgaz, et il est souvent question de ses habitants dans l'histoire de la Chine. De ces cAtés aussi était le pays de Charchir, peut-être celui des Kirghiz (^. Dans d'autres auteurs arabes, on trouve les noms des OuzbecksetdesAcfeofA ou Olodhcos, qui vivaient dans le voisinage de Gog et Magog; les Baschkart ou Bachkirs (3), les Kaymak^ les Katzadche, et autres hordes tatares dont quelques unes ont changé de dénomination ou bien ont été exterminées par leurs vainqueurs.

» Quant à la partie la plus reculée au nord de l'Asie, où les grands fleuves de l'Obi, de lenisel, de Lena, arrosent les déserts des Tongouses et d'autres peuplades de barbares, elle resta inconnue aux Arabes. Le paya le plus septentrional de cette partie du monde , selon eux, était celui de Gog et Magog ; mais cette contrée ne se montre qu'au milieu d'un nuage de fables. La grande hauteur et l'escarpement des montagnes , la proibndeur de la neige, et le caractère farouche des habitants faisaient que peu d'étrangers

0) Geog. nnb. ptg. 263.— (•) Id. pag, 143-145. —

(9) Bakoiti. p. 541.

osaient y pénétrer; puis r«xtréme dliicarité qui en couvrait les défilés rendait la lortie singulièrement périlleuse (*). Suivant l'opinion de quelques auteurs , cette prétendue extrémité du monde était séparée des autres pays par une muraille énwme, et il fallait vingl4»iit mois pour venir de la mer Caspienne jusqw là 0» Les fables qu'ils déUtaient sur oe pays inaccessible passèrent dans la géographie des chrétiens. Voilà pourquoi les faiseurs de ca^ tes du moyen âge, et même ceux du dix-septième siècle, plaçaient dans le voisinage de la mer Caspienne une grande chaîne de montagnes, et au-delà le château de Gog et Magog 0. Des géographes moins crédules , tels que Me^ cator , Blaeuw et Saoson , ont cependant conservé sur leurs cartes Gc^ et Magog, avec o^ différence qu'ils regardèrent ces noms cités par Sanudo et Bianco comme les équivdeati deeeux des peuples mongols {*)•

• Des ambassadeurs arabes et d'autres voyageurs allèrent en Chine à une époque asseï reculée. Sous le khalife Walide qui régna de 704 à 715, des envoyés de cette nation se rendirent dans ce pays en traversant Kacfaghar, et en rapportèrent de riches présents [*). Depuis lors, les voyages par terre de Samarkand a Kanfou en Chine, furent assez fréquents (*). Dans le neuvième siècle , cet empire fut visité parles navigateurs arabes , conune nous Vnf'

{•) Geog. nub. p. Î47. — (') Ouardi^ p. 47. Bokom, p. 536. — (3) Formaleoni, suUa naatica anlict, p. 40. Bongarst Gesta Dei, t. II vers la fin.

Selon M. d'Obsson , que nous avons déjà cité, les Arabes ont pris la tradition de Gog et de Magog diu le Coran. Mthomet , qui , pour mieui cacber ki sourcei où il puisait, altérait les noms et les faits, vit dans Ézécbiel et dans l'Apocalypse les prophéties contre Gog et Magog, et fit de ces deax jioms lei deux peuples Fadjoudje el Madjoudje, qoelesatMmentateurs du Coran représentent sous fM formes monstrueuses et comme prédestinés à envahir la terre peu de temps avant la fin du monde. « Us placent, dit M. d'Ohsson, les YadJou^Jea et MadJoiMUei au-delà du fameux rempart, dans le nord de l'Aile, et d'après des autorités aussi respectées, tons les géographes mahométans font mention de ces petplei fabuleux dans la description du sepUème climat qui comprend la xone la plus septentrionale du globec On crut d'abord que les Ya4iou4Jes étaient décriée le Caucase ; mais à mesure que les conMissanees géographiques s'étendirent, on les recula vers le nord, et ils forent enfin placés sur les côtes delà mef Ténébreuse, e'estri-dire de la mor Glaciale. » J. H.

(4) fFiuem, Noord en Oost Tartary, t If. m Notices et extralU, II, 874. — (6) HenaMdoi, p. M.

HISTOIRE DE LA GÉOGBAPHIE

pnnd te Yoyage que Wabab et Abusaïd firent à Canton par mer. G'est^ selon toutes les appa* reoœi, le même endroit que Maro-Pol appelle Con/btf, et qu'il] faut appeler Kouang ; c'est là que se bornait leur commerce par mer. En 850, ils y avaient un consul et se ^ou*valent en grand nombre dans l'empire. Outre le port de Canfou , plusieurs villes de Tintérieur leur étaient ouvertes , comme Jangu, ChansB, Zayton et d'autres: leurs conounerçants connaissaient parfaitement le pays et les avantages qu'ils pouvai^t en retirer ; mais ku» géographes n'ont su ni déchiffrer ni corn- , prendre les noms des provinces et des villes. Austi ne citent-ils que les plus renommées (<], et 8ont4l8 très concis sur un pays que les deux voyageurs traduits par B^naudot ont décrit avec tant de détail. Ceux-ci y trouvèrent des communautés chrétiennes ; la langue et la reii-gkmdesArabesn'y firent quedefaiblesprogrès. C*e8t dans leur relation que nous voyons la plus ancienne mention qui ait été faite de Teau-de- Tie, du thé, de la porcelaine, et de cette monnaie diinoise de bas aloi, appelée falus, et qui conserve encore aujourd'hui son ancienne forme [^). Chez eux, et chet la plupart des géographes orientaux, la Chine porte plusieurs noms. Ils distinguent les provinces du nord de celles du midi ; ils appellent les premières Cathai et Teha-Cathai, c'est-à-dire Cathai du Thé, et leur capitale ChambalehoM Cambalu (') ; celles du midi étaieot nommées Tchin ou 5m. Il parait même que sous ce dernier nom ils comprenaient toute la presqu^ile au-delà du Gange, dcmt aucun de leurs géographes ne fait mention sous une dénomination particulière ; peutéfare est-ce là qu'il faudrait chercher plusieurs villes de Sin, dont les noms ne ressemblent en aucune manière à ceux des villes de la Oiine ; peut-être aussi ont-ils été mal entendus et écrits peu correctement ; ou bien ces villes, comme celles du TurkestaU, mentionnées par Edrisi, auront-elles été détruites avec les royaumes où elles étaient situées. L'Arménien HayUm place au midi de la Chine le riche pays de5ym^ où il y a des mines de diamants , et qui confine avec l'Inde et le Cathai (*]. L'au-

(>) AbùMl-Ftda^ Magasin giéog. de Busching , Y, nb («B allem. ).—(*) Renaudot, p. 17»26, 41,68.— (^ Geogr. min. tom. III, pag. 6&, Uenaudotf^àf^. 178. Btmller, Disqute. Histor. et Geogr. de Ghaûija, BeroL 1671, in-4«.— (4) Hayion, Hiator. orient éd. MOI- 1er, p. S.

teurdu Miroir d'Akbar, dont le témoignage est d'un grand poids, dit qu'au commencement du dix-septième siècle le P^u portait dans l'orient le nom de Cheen ou Tschin. Nous avons vu que c'est dans ces environs qu'on doit chercher le pays de Sinœ et la fameuse ville de JJiinœ (']. Pour distinguer le midi de la Chine, on lui donna le nom de Mahortehin, c'est-à-dire Grande-Chine, d'où Ton fit par corruption Manji.

M Ce que nous comprenons aii^ourd'hui sous le nom d'Hindoustan ou d'Indoustan, était divisé en deux grandes provinces, Sind et Bind. Quoiqu'on ne puisse déterminer avec précision les limites delà piemilère, on peut juger qu'elle comprenait les pays le long de Tlndus, le Lahor, le Moultan, TA^eimyr et le Goudjérate,ou plutAt une partie de ces provinces et des voisines. L'Hind était à l'orient, et renfermait les provinces de Dehly et d'Agra, le pays d'Oude et le Bengale, ou les contrées le long du Gange. Le Dékhan, ou la presqu'île méridionale, appartenait au Sind. Les Arabes ne connaissaient pas l'intérieur ni la côte de Coromandel. La connaissance certaine et détaillée qu'ils avaient du continent, finissait au cap Comorin ou Rascomr. Une partie du Sind leur fut soumise de bonne heure (^) , et au commencement du huitième siècle, à la même époque où le khalife Walid fit achever la conquête de l'Espagne et du Khorassan, ses armées réduisaient le Moultan et le Lahor; aussi tous les géographes ara^ bes offrent assez de détails sur ces régions* Ils dépeignent les délices de la vallée du Cachemire et de ses villes populeuses ; ils parlent de son climat tempéré et de la chaîne de montagnes dont elle est ceinte de tous les c6tés (') ; ils décrivent l'état florissant d^Almansoura, qui s'étendail sur tout le Delta de l'Indus ; ils connaissaient plus particulièrement le Gou^érate; ils font mention des villes àeSumenat (^), Cambay, et surtout de Nahrwakraou Nahelwahraj résidence du roi le plus puissant des Indes, connu chez les Ar£d>es sous le nom de Maha-Balara. Aboul-Feda l'appelle IWara, c'est-à-dire roi des rois (*) ; son royaume s'étendait depuis le Goudjérate et le Concan Jus^ qu'au Gange. Les autres rois de l'Inde, dont

(') Voy. d-dcMUi. llf.XIV, p. 371. — (•) Jàoul^ Ftda, AqDal. Moslem. 1. 1, pag. 427.— P) Bahoui, pag. 415. —(4) Reimel, Mém. pag. 46. — W Renau-doit pag. 154. Matsoudi, p. 9. Geograph. nub. p. 62.

UVBE SEIZIÈME.

le nombre était considérable, lui cédaient le rang. Quoique Renaudot ait prouvé que le Maha-Balara était un prince différent du zamorin de Calicut (*) , un historien anglais moderne p) a , de nouveau, confondu ces deux personnages distincts. Ce royaume de Balara fut renversé par les mabométans eu 1204 Pj. n était borné à Forient par le Bengale, État ancien et puissant qui portait le nom de Canoge, d*après celui de sa capitale. Elle était sur le Gange, et avait trois cents marchés seulement poiu- les pierres précieuses. Les ruines qui en existent encore aujourd'hui font voir qu'elle était d'une immense étendue ; cependant rAyeen-Akbery n'en £iit pas la plus légère mention. Ses rois portaient un tilre particulier, celui de Baras, Goraz ou Bouron(*) ; peut-être faut-il changer ce nom en cekii de Gourouh, d'après l'ancienne ville de Gor, à huit milles du Gange, bâtie long-temps avant Jésus-Christ, et résidence des rois du Bengale avant la conquête de ce pays par les mabométans (^j. Les géographes arabes citent encore , dans cette partie de l'Hindoustan, Benarès ou Banars, l'antique école de la philosophie indienne. Ils parlent aussi de la forteresse imprenable de Gualior (^).

» Ibn-Batouta nous apprend que Dehly tomba au pouvoUr des mahométans en 1 188 de notre ère. 11 vante la beauté de cette ville, qui de son temps était la plus vaste de l'Hindoustan et de toutes les contrées orientales soumises à l'islamisme, parce qu'elle était formée par la réunion de quatre villes. Il décrit sa muraille de onze coudées d'épaisseur, et sou ancien temple hindou, transformé en mosquée, d'une magnificence et d'une étendue sans égales. Le géographe arabe décrit ensuite Daoulet-Abad, qui alors était tellement importante qu'elle rivalisait, dit-il, avec Dehly ; la petite ville de Naxar-Ahad, habitée par des Mahrattes, peuple adonné aux arts, à la médecine et à l'astrologie; Sagar, qui portait le nom de la rivière qui l'arrosait, et dont les habitants étaient religieux et paisibles; enfin Goa, qui appartenait

(•) Renaudoty p. 155.— (*) Boberston, Hislor. disquisiUon , etc. , 96. Comp. Charniers , Asiatic Rescarches, I, 167. — {^) Ayeen-Akbery, I, pag. 91. ^ (♦) Jienaudot, p. 20. Aîassoudi , p. 9. — (*) Ayeen- Akbery, II, p. II. Tiefetithaler, p. 559 (en ail.) — (fi) Gcog. min. III, p. Ui^tbi» Basching , Magasin géogri^th. IV, 370*

au roi de Candahar, le tributaire de l'empereur de l'Hindoustan (>).

» Les Arabes ayant fréquente les cAtes de Concan et de Jfa^a&ar comme pilotes des Romains P), et ayant servi de guides aux Portugais lorsque ceux-ci découvrirent la route cherchée si long-temps pour y arriver par mer, il s'ensuit qu'elles leur étalent connues; cependant leurs écrivains ne parlent d'aucune ville de commerce aujourd'hui fréquentée, excepté de Mangalor. Il est possible que celles dont ils font mention aient éprouvé le sort général .des autres villes de l'Asie. On croit reconnaître Tanna dans l'île de Salcette, voisine de Bombay, et qui dans le treizième siècle était renommée par son commerce. Ils citent aussi la côte de Malabar, ou Melihar, ou al Mabar, comme le sol natal du meilleur poivre; ils y conuaissaient encore la ville de CoUan, Qui- Ion ou Caulam, dans le royaume de Travancor, à l'extrémité de la côte du poivre. Ils placent aussi sur cette côte une ville dont les habitants étaient Juifs (^); As avaient donc des notions sur la colonie juive qui, depuis un temps immémorial, est établie àCochin [^). Peut-être s'étaîent-ils eux-mêmes fixés de bonne heure le long de la côte du poivre. Ce qui est certain, c'est que les Portugais, lors de leurs premiers voyages à la côte de Malabar et au royaume de Cananor, y trouvèrent les mahométans, sous le nom de Mapouletes, en si grand nombre, qu'ils composaient la cinquième partie des habitants ; ce ne fut que l'arrivée des Portugais et leur présence qui les empêcha de se rendre maîtres de toute la côte (*>

» Le cap Comorin, avec ime ville du même nom, formait la limite entre le Sind et l'Bind (•). Les îles Maldives furent connues des navigateurs arabes sous le nom de Robaihat. Ils les fréquentaient dès lors pour le commerce des cauris [cyprœa moneta)^ ou coiquillages ser\'ant de monnaie , ils remarquèrent que les habitants préparaient toutes sortes de tissus avec

(') The Travels of Ibn-Balula , translalcd from Ihe abridged arabic manuscript copies, preserved in ihe pablic library of Cambridge ; with notes, illuslratife of the history, geography, botany antiquities, etc«; by the rev. Samuel Lee. B. D.

(») ^rrian. Peripl. maris Erylh. p. 10-12.— P) Magasin géogr. de Busching, IV, p. Î71. — (*) Id.XÎV, 125. Orient. Repertoriuin, etc. — (*) Orfoort/a i»rbosa, dans Bamusio, I, p. 334. — (e) Màçm^H^fP* de Busching, IV, p. 271. J7a>rotil, p. 415.

HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE

Tcnveloppe fibreuse du coco. Ils estimaient le nombre de ces îles à dix-neuf cents (>). Quelques uns de leurs géographes placent exactement près de Tlnde l'île de Ceylan, ou Serendip, et la décrivent comme étant grande, riche, bien peuplée, et produisant des épiceries, du bois de sandal et de Brésil, ainsi que des perles p). A la suite de cette lie vient ordinairement le royaume de Ramani, que l'on pourrait^ d*après la mythologie indienne, prendre pour la partie méridionale du Coromandel, où s'étend le banc des récifs nommé pont de Rama, et par où le dieu de ce nom est censé avoir passé pour combattre les géants de Ceyian (S). Une lie entre Ceylan et le continent porte le nom de Ramana-Coil ; et dans le delta formé par le fleuve Madura, il existe une ville de Ramana, ancienne capitale d'un royaume (<). C'est donc ici qu'il faut chercher nie ou le royaume de Ramani, quoique les Arabes l'aient eux-mêmes confondu avec Sumatra. La côte de Coromandel et de Bengale leur était vaguement connue sous le nom de MaKhar (*). Les deux voyageurs de Renaudot font mention, à la vérité, d'un royaume de Zor paga qui se terminait à Comor, et dont les souverains avaient le nom de Mehrage. Nous ne savons si onpeut entendre par là le titre de Maka-rajah que portaient jadis les princes mahrattes ; la ressemblance des noms est trop peu certaine, et la position du royaume de Zapaga n'est pas déterminée avec assez de précision. D'autres anciens royaumes, placés sur cette côte, sont aussi peu reconnaissables, comme, par exemple, ceux de Tafeœ, à^Hi-trage, de Mugat («). Il est peut-être môme trop hardi d'affirmer que la grande ile de Mafat d'Edrisi est la presqu'île de Malacca (7).

» Mais il n'y a pas de doute que, sous le nom de Lamery, confondu avec celui de Ramani, les Arabes entendaient l'Ile de Sumatra. Les productions de Lamery, telles que le camphre, le bois de teinture, l'or, l'ivoire, etc., sont celles que l'on tire encore aujourd'hui de Sumatra. Le nom de Lambry ou Jambée existait

(') Renaudot , pag. 1. Geog;. nub. pag. 31. — (•) Renaudot, p. 3. Bakoui , p. 400-411.— (») Wuhl, IndonsUn,!!, 66C.— (i) Id. ib. 6G8. — (5) Comp. Marco Polo et Jeun de Marignol, cilés. Géog, d'Asie, «faprés Busching, douv. édit. par H^ahl, V,parL II, 18. 19, 83. — i^)Jienaudot, p. 20 25.— (7^Gcograph. Dob. p. 36.

encore du temps de ^f arco Polo et de Mandeville. Ce dernier fait mention d'une lie de Lamery, qui est auprès d'une autre appelée Sumabar ou Sumatra. Ribeiro place sur sa mappemonde, faite en 1529, un royaume de Lambry dans l'île de Sumatra. Marco Polo (i) parle d'un ancien royaume de Fanfur, situé dans cette lie, et fameux dans tout l'orient pour l'excellence de son camphre. Les Arabes désignent sous ce nom, tantôt une ville, et tantôt une lie riche en ambre p), qu'ils placent dans le voisinage de Java. Edrisi connaît même la déuo^ mination actuelle de Sumatra, ou une autre qui n'en est qu'une variante : il l'appelle 5oborma ('), ce qui est un des nombreux noms que lui donnent les Arabes et les écrivains du moyen âge (*). Alors ses habitants étaient encore sauvages et anthropophages ; Oderich de Portenau les trouva tels dans le quatorzième siècle. Ils vendaient des esclaves engraissés aux étrangers qui abordaient sur leurs côtes (s). Java, ou Al Djauah, était déjà connue des Arabes comme une lie riche en épiceries, mais ébranlée par ses volcans, dont les ravages ont recommencé dans les dix-septième et dix-huitième siècles («). Les géographes arabes indiquèrent confusément les lies situées plus à Test, et découvertes depuis par les Portugais et les Hollandais. Au moins, les descriptions qu'ils en font, les noms qu'ils leur donnent et les fables qu'ils débitent, ne peuvent s'appliquer avec certitude à l'une de ces lies plutôt qu'à une autre : ils savaient que le pays des épiceries se trouvait dans ces parages. Très peu de temps avant l'arrivée des Portugais aux Moluques, des colons arabes venaient de s'y établir et d'y introduire leur religion et leur commerce, dans Tidor et dans Temate (^) . Leur langage, leur religion et leurs opinions se retrouvent aux Philippines, à Mindanao, et peutêtre jusqu'aux lies Carolines (»).

» Toutes ces terres avaient sans doute été découvertes et peuplées par les Malais et les

(<) De rebDS orient, p. 136.— (>) Aboul-Feda^ dans le Magesin géogr. de Busching, IV,p.S77. Bakoui, p. 415. — (3) Geogr. nub. p. 33-36. — 0) Handen, History of Sumatra , p. 6-8. — (s) Oder, de porta Naon, dans Eacluit, I, p. 45. — (6) Magasin géog. de Busching, IV, 277. Bakoui, 397-410. Radermaker, DescripUon de Jacatra dans les actes de la Société de BaUvla, I, pag. 17. — (7) yalentyn, Oude end niew OsUndien, I, pag. 135. — («) Cantova, dans Z>ebrosses Hist. des navig. aux Terres Australes, 475.

LIVBE DIX-SEPTIEME.

Japonais, long^^emps avant qu'un navire arabe lie fendit les flots de rOcéan oriental (i). A combien de conjectures les noms persans d'O* romazû et à*Ar%man$M mêlés à ceux des divi-

nités d'Otaîti, ne peuvent4l8 point donner lieu? ^ais les événements que la nuit des siècles dérobe à un examen critique ne doivent point figurer dans un précis historique. »

Page 1